13/12/2017

Le Parlement n'est pas une cour d'école !

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Sur le vif - Mercredi 13.12.17 - 15.47h

 

Si vraiment, ce matin, chacun des 246 parlementaires de notre Confédération a reçu, sur son bureau, une circulaire lui expliquant, comme à des élèves de 15 ans, la différence entre "flirt" et "harcèlement", c'est que notre Parlement cherche à pulvériser, dans l'ordre de l'infantilisation et celui du ridicule, tous les murs du son imaginables.

 

Nous, les citoyennes et citoyens, pourquoi envoyons-nous des gens siéger sous la Coupole ? Réponse : pour qu'ils fassent des lois. Punkt, Schluss. Si ces lois nous déplaisent, attaquons-les par référendum. Le souverain, en dernière lecture, c'est le corps électoral tout entier, près de cinq millions de Suisses et Suissesses, ça n'est pas le Parlement.

 

Nous les envoyons siéger pour qu'ils fabriquent des lois. Ce qui se passe entre eux, de bon ou de mauvais, de remarquable ou de répréhensible, de l'ordre de l'élévation de l'âme ou de la grosse lourdeur que je suis le premier à détester, tout cela doit nous laisser parfaitement indifférents.

 

Si des parlementaires estiment que certains de leurs collègues ont transgressé la loi (qui doit être, en République, notre seule norme), ils peuvent évidemment déposer plainte, c'est le droit de tout citoyen. Si cette plainte n'est pas classée, qu'elle est instruite, aboutit à un procès, puis à une condamnation définitive, alors oui, l'intéressé doit démissionner. Non parce qu'il est un gros lourdaud. Mais, tout simplement, parce qu'il a enfreint l'une des lois de notre pays. Alors que, justement, il est censé les fabriquer.

 

Pour ma part, comme je l'ai écrit dans d'autres textes, tant que la personne n'est pas condamnée par la justice, elle peut continuer - si elle le souhaite - à exercer ses fonctions.

 

Quant à distribuer à 246 personnes adultes, vaccinées, choisies par les citoyens de 26 cantons pour les représenter au plus haut niveau de notre pays, une circulaire relevant de la cour d'école, il y a là, de la part du Parlement, une précipitation à s'agenouiller devant la pression médiatique, tout simplement hallucinante.

 

Qu'ils fassent des lois, au mieux. Le reste ne relève pas du journalisme politique. Mais du potin. Ou de la délation.

 

 

Pascal Décaillet

 

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La vie privée, ça existe, bordel !


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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 13.12.17

 

Je dois être un homme d’une autre époque. Pour moi, les mots « vie privée » ont un sens. Et la séparation, drastique, entre existence intime, justement, et action publique. Ainsi, les politiques, les élus : autant je suis favorable à un exercice critique intransigeant de leurs actes, dans l’exercice de leurs fonctions, autant leur vie privée m’est indifférente. Je vais plus loin, et suis conscient d’être minoritaire sur ce plan : il m’est assez égal de savoir que tel ou tel aurait « fauté » sur le plan de la morale (définie par qui ?), ou des convenances, s’il s’avère excellent dans l’exercice de son mandat. Ouvrons les livres d’Histoire, les biographies des grands hommes : pouvez-vous m’en citer un seul dont la vie privée fût parfaite ? Quelle importance ? On ne le juge pas à cette aune-là, tout simplement.

 

Je dis que je dois être d’une autre époque, parce qu’aujourd’hui, sans doute sous influence américaine, nos médias ne font plus la moindre différence entre vie privée et vie publique. Sous prétexte « d’exemplarité » (dans quelle Constitution, quelle Charte fondamentale, quelle loi, ce concept est-il inscrit ?) des élus, il faudrait que ces derniers soient parfaits. Des anges. Sans la moindre aspérité. Oui, cela nous vient des Etats-Unis, d’un certain puritanisme qui, de longue date, à vrai dire dès les premiers colons, sévit Outre-Atlantique. Et cela nous a été importé ces dernières années. Homme d’un ancien temps, je conteste absolument l’opportunité de cette importation. Je continuerai, jusqu’au bout, à juger les hommes et les femmes politiques en fonction de leurs résultats, non de ce qu’ils sont sur le plan privé.

 

Cette volonté de résistance à l’esprit du temps m’a amené à ne pas accabler Mark Muller, pas plus que Valérie Garbani, ni Yannick Buttet. Bien sûr, s’il y a plainte pénale, que cette dernière est reçue, instruite, donne lieu à un procès, et qu’il y a un jour condamnation, l’élu devra se retirer : non parce qu’il aurait enfreint la morale, mais la loi. Eh oui, la loi, la codification qui nous est commune, que nous devons tous respecter. Mais à mes yeux, tant qu’il n’y a pas condamnation, la personne peut rester. Je me sais minoritaire à penser cela, mais l’exprime néanmoins.

 

Et puis, il y a les réseaux sociaux. Le poids, de plus en plus insupportable, de la délation. Pour un rien, on dénonce. On jette l’anathème. On confond l’information avec la rumeur. On salit. Jusque dans la presse, on donne crédit à des accusation anonymes. On va jusqu’à sanctifier la catégorie « victime », sans que la justice, seule habilitée à statuer, n’ait été saisie, sans qu’une affaire ait simplement été instruite, sans qu’il y ait eu procès, encore moins condamnation. Alors, on juge, à l’emporte-pièce. En fonction de la morale ambiante, celle du moment. Sous la pression de groupes, lobbys ou corporatismes qui font régner une véritable terreur, et vouent à la damnation ceux qui ne vont pas dans leur sens. Je suis peut-être un homme d’une autre époque, mais cette dérive-là, je la rejette, de toutes mes forces.

 

Pascal Décaillet

 

 

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07/12/2017

La meute

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 06.12.17

 

L’une des fonctions essentielles du journalisme, c’est de faire apparaître, au mieux de ce qu’on peut, quelques parcelles de vérité. Contre quoi ? Mais contre le mensonge, pardi ! Ou, tout au moins, la dissimulation, l’omission, les petites cachotteries, pratiquées par le pouvoir.

 

Le pouvoir politique, seulement ? Non : tous les pouvoirs du monde ! Dès qu’une personne commence à en disposer, elle est naturellement amenée à en abuser. Et à dissimuler ces abus, sous le tapis. Face à cela, dire les choses, telles qu’elles sont, est salutaire. C’est l’une des missions de la presse.

 

Mais cela, en aucun cas, ne justifie l’esprit de meute. L’acharnement. Le piétinement d’un élu, pour des motifs externes à son action politique, pour le faire craquer. C’est, hélas, exactement ce qui se produit dans l’affaire Buttet.

 

Du côté de certains médias, dits de « service public », il y a eu un moment où on a cessé d’informer, pour pratiquer la chasse. En sonnant l’hallali. Contre un élu, on a lancé la meute. Une fois lâchée, plus possible de l’arrêter. Elle se nourrit de ses propres hurlements. Tant qu’elle n’a pas sa proie, elle est incontrôlable.

 

Avec le recul, en analysant cette affaire, on établira la façon dont elle aura été montée en épingle. Scénarisée. Comme une partie de chasse, oui. Je ne suis pas sûr que cette conception du journalisme rende service à ses auteurs. Dans une période, si j’ai bien compris, où on s’apprête à leur demander des comptes sur leur pratique du métier.

 

Pascal Décaillet

 

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06/12/2017

Ne faites pas cela, M. Trump !

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Sur le vif - Mercredi 06.12.17 - 13.50h

 

En s'apprêtant, d'ici quelques heures, à reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, Donald Trump va commettre une faute politique de tout premier plan, depuis qu'il est aux affaires.

 

Une faute, par rapport aux autres acteurs du Proche et du Moyen Orient. Le monde arabe. Mais aussi le monde perse. Faut-il rappeler que la Mosquée al-Aqsa est l'un des quatre lieux saints de l'Islam ?

 

Ville "trois fois sainte", confluent du judaïsme, du christianisme et de l'Islam, Jérusalem appartient, par sa nature incomparable, au patrimoine de toute l'humanité. Ces trois religions doivent pouvoir s'y exercer en paix, l'une à côté de l'autre. Il faudrait idéalement, pour atteindre cela, une zone démilitarisée. Le moins qu'on puisse dire est qu'on en est assez loin.

 

A Jérusalem, Israël a sa place, qui est grande et ne saurait être niée. Mais la Palestine aussi, en tant qu’État, libre, souverain, indépendant, dans des frontières antérieures à celle de 1967, donc avec autorité sur la partie orientale de la ville. Et les couvents chrétiens, principalement là-bas de rite oriental, syriaque, arménien, géorgien, copte, doivent pouvoir y exercer toute la richesse de leur spiritualité.

 

Comment pouvez-vous atteindre un tel but, en reconnaissant cette ville unique au monde comme la capitale de l'un des États en conflit ? La gifle, pour le monde arabe et musulman, tout autour, mais aussi pour un monde persan en pleine renaissance de ses capacités, serait dévastatrice.

 

Aucun amoureux du Proche-Orient (j'en fais partie) ne peut souhaiter une telle décision américaine. Au demeurant, d'aucuns se demanderaient si, dans ces conditions d'obédience à certains groupes de pression, il n'eût pas été plus simple de voter pour l'original. Entendez pour Mme Clinton.

 

Pascal Décaillet

 

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25 ans après : je vous raconte mon 6 décembre

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 06.12.17

 

6 décembre 1992 : il y a juste 25 ans, le peuple et les cantons disaient non à l’Espace économique européen (EEE). Du côté du peuple, un non de justesse, avec un clivage ville-campagne, très marqué. Du côté des cantons, une Suisse alémanique qui disait non, ainsi que le Tessin. Une Suisse romande, avec les deux Bâle, donc pour être précis une Suisse occidentale, qui disait oui, mais se trouvait minorisée. En 32 ans de journalisme politique, la campagne EEE a été la plus importante que j’aie eue à traiter, celle où les enjeux apparaissaient comme les plus vitaux. Correspondant, à l’époque, au Palais fédéral, je l’ai couverte à fond, dans toutes les régions du pays, suivant à la trace un homme d’Etat inoubliable, Jean-Pascal Delamuraz, ainsi que le valeureux combattant Adolf Ogi. Et voyant poindre, de l’autre côté, l’ombre d’un Commandeur qui allait dicter la politique suisse pendant le quart de siècle à venir : un certain Christoph Blocher. Que je connaissais déjà, depuis 1986.

 

Je le dis tout net : j’étais partisan de l’EEE. Dans mes commentaires, je défendais cette position, très franchement. Etais-je, comme beaucoup de correspondants parlementaires, sous l’emprise de Jean-Pascal Delamuraz, de son verbe, de son charme, de ses formules, de son humour ? La réponse, sans doute, est oui. Un quart de siècle plus tard, je mesure, non sans dimension critique à mon propre égard, à quel point nous, les Romands, avions tendance à reproduire le discours de ce diable d’homme, et… à sous-estimer la verticalité tellurique du non. Nous avons eu tort, c’est certain. Nous allions, en quelque sorte, à Waterloo, sans nous imaginer pouvoir y rencontrer Blücher, le redoutable Maréchal Vorwärts, ce Prussien de 73 ans qui allait décider de la victoire, au soir du 18 juin 1815. Blücher, Blocher, ça sonne un peu la même chose, non ?

 

Oui, nous étions partis la fleur au fusil, comme de jeunes soldats qui sifflotent, dans l’innocence de ce qui les attend. Le 1er mai 1992, sept mois avant, j’avais couvert, à Porto, la cérémonie de signature de l’Accord EEE, en présence de toutes les huiles de la Communauté européenne et de l’AELE (Association européenne de libre-échange). Il faisait beau. La délégation suisse était de bonne humeur. Il nous semblait, à tous, que la ratification par le peuple et les cantons, quelques mois plus tard, ne serait qu’une formalité. Pauvres de nous ! Epris de modernisme continental, nous avions juste totalement sous-estimé le poids de la Vieille Suisse, mais aussi la volonté inébranlable d’une majorité de nos compatriotes de demeurer un pays souverain, même si l’Accord EEE ne mettait pas, officiellement, en cause ce point. Bref, Berne était allé trop vite, le taureau Delamuraz en tête. Plus vite que la musique !

 

25 ans après, beaucoup me disent qu’au fond, les Suisses ont eu raison, le 6 décembre 1992, de voter non. C’est peut-être vrai. Mais cette campagne hors-normes a été celle de toutes les énergies de ma jeunesse. En suivant, à la trace, un homme que je ne suis pas prêt d’oublier, parce qu’il incarnait la passion joyeuse de l’Etat, frémissante comme le souffle de la vie : Jean-Pascal Delamuraz.

 

Pascal Décaillet

 

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05/12/2017

La lyre d'Orphée

 

Sur le vif - Mardi 05.12.17 - 14.30h

 

Il y avait tout de même, avec Jean d'Ormesson, quelque chose de singulier.

 

Tout le monde le connaissait. Tout le monde l'adorait. Tout le monde l'écoutait - je dis bien "l'écoutait" - avec enchantement. Il faut dire qu'il parlait merveilleusement. Je dis bien "il parlait".

 

Bref, tout le monde reconnaît comme "écrivain" (et je ne nie pas, une seule seconde, qu'il le fût), un homme que l'on connaissait principalement pour... le son de sa voix.

 

Sur tous ces gens, combien ont-ils vraiment lu ses livres ?

 

Certains, bien sûr. Ou même beaucoup, je veux bien. Mais évidemment pas tous.

 

Voilà donc un diable d'homme qui écrivait des livres. Et auquel tous donnaient quittance d'être "un grand écrivain". Non pour avoir lu ses ouvrages... Mais pour avoir été envoûtés par le son de sa voix.

 

Il y a, dans ce destin, comme un hommage lointain à la lyre d'Orphée.

 

Pascal Décaillet

 

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02/12/2017

Le Roi du Bar

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 Commentaire publié dans GHI - Mercredi 29.11.17

 

Vous passez chez votre tailleur, vous lui commandez deux ou trois costumes. Sur mesure. Idem, chez votre bottier. Un saut chez le parfumeur. Une fois que tout est prêt, vous vous pointez au premier cocktail venu, si possible dans le monde de la finance. Et, au moment où s’entrechoquent les coupes de champagne, le regard tourné vers l’Ouest, vous prononcez, de l’extrême Finistère de vos lèvres, le mot « innovation ».

 

L’effet, vous verrez, sera garanti. Les plus belles invitées se presseront vers vous, les journalistes économiques et financiers vous prêteront une oreille attentive, les chroniqueurs mondains noteront chacune de vos paroles, les paparazzi vous mitrailleront. Vous serez le roi du bar, le King du cocktail. Elvis, à Memphis.

 

Le lendemain, la presse financière proposera votre portrait, sous le titre délicieux : « Innovation : Arthur Dupont se lance ! ». Votre téléphone se mettra à sonner, en continu. Vous n’arriverez plus à répondre à votre courrier électronique. Sur les réseaux sociaux, on saura tout des choix d’Arthur, la vie privée d’Arthur, les petits plats d’Arthur. Le Temps vous appellera, pour un portrait « décalé ». La presse dominicale orangée vous consacrera une triple page, « L’homme qui pense autrement ».

 

Vous n’aurez rien eu à faire. Vous n’aurez créé aucun emploi, encore. Vous aurez juste, au bon moment, murmuré, dans le couchant, le mot suprême. Celui qui blanchit le désir et sanctifie les âmes.

 

Pascal Décaillet

 

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01/12/2017

Le feu

 

Sur le vif - Vendredi 01.12.17 - 06.42h

 

Dans quelques années, des spécialistes de l'Histoire des médias examineront la manière dont la presse aura traité les questions dites de "harcèlement", aujourd'hui.

 

Ils y verront un phénomène de brasier. Une étincelle. Un bidon d'essence. Le feu, qui emporte tout sur son passage, pendant quelques jours. Les médias qui perdent toute distance, se nourrissent les uns les autres, se transmettent le feu, prêchent, moralisent, appellent à la démission. Remplacent le sens critique par l'esprit de meute.

 

Au final, un conformisme. Face à la mode de pensée d'un moment. Avec ses chasses aux sorcières, ses ayatollahs, ses procureurs, exigeant des têtes.

 

L'information, dans notre pays, mérite mieux que ce feu propagé, pulsionnel, mimétique, grégaire. Elle exige distance, recul, exercice de la critique, lucidité face à la facilité des modes. Solitude, loin des chapelles rédactionnelles, où règnent les obligations d'adhérer. Nous en sommes très loin.

 

Je le disais hier, déjà : la presse romande secrète elle-même le poison qui finira par l'emporter.

 

Pascal Décaillet

 

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30/11/2017

L'honneur d'un homme

 

Sur le vif - Jeudi 30.11.17 - 08.18h

 

Jeter en pâture un conseiller national sur la seule base d'une plainte, avant même que cette dernière ne soit instruite, sans qu'il y ait le moindre procès, ni la moindre condamnation, dans une affaire n'ayant rien à voir avec la vie publique de l'intéressé.

 

Céder à l'ignoble climat de délation généralisée qui nous infeste depuis quelques semaines, et que pour ma part, je ne cesse de dénoncer.

 

Et la revue de presse RSR qui en surajoute en ouvrant avec ce sujet, avec cette pseudo-neutralité de ceux qui ne font que citer : "C'est pas moi qui le dis, c'est le journal !". Comme si le choix des sujets, dans une revue de presse, n'était pas un acte sémantique de première responsabilité. Et le feu, mis aux poudres.

 

Il est où, le pire des harcèlements ? Il est où, le tintamarre ? Ils sont où, les Tartuffes ? Elle est où, la plus dégueulasse des injustices ? Celle qui porte atteinte, en s'engouffrant dans cette mode si facile de la chasse aux sorcières, à l'honneur d'un homme ?

 

Désolé, mais les faits relatés n'ont aucune espèce d'intérêt public. Ils n'engagent en rien la capacité de l'homme à exercer ses fonctions de conseiller national, au service du pays, ce qui est d'une dimension hautement supérieure à ses éventuels écarts dans l'ordre de la bienséance, de la convenance, ou de la vague de morale ambiante, propice à l'immonde floraison des délations.

 

Que ce genre d'affaire, d'ordre strictement privé, se règle en privé ! Il n'y a strictement, de mon point de vue, aucun intérêt public à en faire état. Ensuite, si elle aboutit un jour à une condamnation définitive par les seuls habilités à statuer, les juges (et non les moralistes), nous verrons. Mais nous n'en sommes pas là.

 

La presse romande sécrète elle-même le poison qui finira par lui être fatal.

 

Pascal Décaillet

 

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29/11/2017

Pour la vérité, enfin, dans les Balkans

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 29.11.17

 

L’Histoire des Balkans est, depuis plus de trente ans, donc déjà bien avant l’éclatement de l’ex-Yougoslavie (1991), l’une de mes passions. Elle est complexe, terriblement. Elle se mêle avec intimité à l’Histoire des langues, des alphabets (cyrillique ou latin), des religions (catholicisme, orthodoxie, Islam). Elle révèle les grandes fractures des derniers millénaires : entre l’Empire romain d’Orient et celui d’Occident, puis entre Empire ottoman et austro-hongrois.

 

Au milieu des années 80, on sentait bien que le fragile équilibre construit par Tito, libérateur du pays en 1944-45, puis homme fort, ne tarderait pas à s’écrouler. Dès la chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989, les choses étaient claires : l’Allemagne d’Helmut Kohl allait provoquer la réunification, redevenir une puissance politique, donc jouer dans les Balkans (avec l’Autriche, ancienne puissance tutélaire) un rôle majeur. La suite, on la connaît : indépendances proclamées en Croatie et en Slovénie, immédiatement soutenues par l’Allemagne et l’Autriche (1991), puis par les instances européennes ; guerre sanglante et tragique en Bosnie, dans laquelle intervient l’horreur de Srebrenica, Accords de Dayton en 1995 (qui ne règlent rien devant l’Histoire), puis guerre au Kosovo, avec afflux de réfugiés, en 1999.

 

Au cours de ces événements, le Général Ratko Mladic, commandant militaire des Serbes de Bosnie, qui vient d’être condamné à perpétuité, à La Haye, par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), a, assurément, commis le pire. Notamment, à Srebrenica. Cela, il ne s’agit en aucun cas de le nier. Mais cela ne doit pas nous interdire une réflexion sur les crimes commis, non seulement côté serbe, mais par l’ensemble des forces en conflit. Avez-vous entendu parler, par exemple, de l’Opération Tempête, commise par les Croates, contre les Serbes de Krajina, au cours de l’été 1995 ? Oh certes, on rappellera que le TPIY a d’abord condamné son chef, le Général croate Ante Gotovina, en 2011 (avant qu’il ne fût… acquitté en appel en 2012). Mais enfin, on ne peut s’empêcher de remarquer que les gens de de La Haye ont montré, tout au long de son existence, davantage de zèle à pourchasser les Serbes que les autres.

 

Autre exemple : l’Armée de libération du Kosovo, adulée par une partie de la presse romande à la fin des années 1990, et ses exactions, notamment en matière de trafic d’organes. Face à ces gens-là, la « justice internationale » de La Haye a-t-elle montré la même inflexibilité que face aux Serbes ? La réponse, clairement, est non. On nous permettra donc, sans pour autant défendre M. Mladic, d’émettre les plus grands doutes sur l’impartialité des juges et du Ministère public de La Haye, sur leur indépendance par rapport au camp des puissants, à commencer par l’OTAN, les États-Unis. Sans oublier le rôle de l’Allemagne de M. Kohl, qui reste à écrire. On attend énormément, dans ce domaine, des historiens. La balle est dans leur camp. A eux, au fil des années, de rétablir les équilibres, de faire enfin apparaître la vérité.

 

Pascal Décaillet

 

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28/11/2017

Manu l'Africain

 

Sur le vif - Mardi 28.11.17 - 14.12h

 

Je viens d'écouter le discours d'Emmanuel Macron à Ouagadougou, en prélude de sa tournée africaine. Il dit beaucoup de choses intéressantes, humanistes, autour du continent africain, et de la nécessité du lien avec nos pays.

 

Oui. Mais la manière dont il l'énonce, la mise en scène autour de son discours, le paternalisme impossible à dissimuler, tout cela laisse percevoir que, quel que soit le Président français, sa couleur politique, son idéologie, et même peut-être sa sincérité, la Françafrique n'est pas morte.

 

Depuis Charles de Gaulle, l'homme de l'éclatant Discours de Brazzaville (30 janvier 1944), sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, jusqu'à Emmanuel Macron, en passant par le très africain François Mitterrand (ministre de l'Outre-Mer en 1951, crois-je me souvenir), la visite d'un responsable français en Afrique continue de parachever à l'infini l'aimable déplacement du colon, venu saluer les foules, et relever les compteurs.

 

Pascal Décaillet

 

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27/11/2017

Ceux qui se retroussent les manches

 

Sur le vif - Lundi 27.11.17 - 12.20h

 

"Start-up", "innovation"... Je ne suis jamais tombé, une seule seconde, dans cette mystique lustrée de la modernité. Ces mots m'agacent, depuis toujours. Ils relèvent plus de l'incantation que du réel.

 

Mon père (1920-2007), mon grand-père paternel (décédé en 1941) étaient entrepreneurs. Mon père était, en plus, ingénieur, il a passé sa vie à construire des ponts, des tunnels, des galeries dans la montagne, des maisons. Moi-même, à mon minuscule niveau, je suis, depuis douze ans, entrepreneur. Cela signifie, principalement, que je suis mon propre patron, j'assume le risque économique, j'ai investi dans des locaux, du matériel, comme des dizaines de milliers de responsables de PME, en Suisse. Je prends le risque : tout peut s'écrouler, à tout moment.

 

Je ne dis pas qu'il ne faut pas innover. Je dis que je n'aime pas la facilité liturgique du mot "innovation". Je ne dis pas qu'il ne faut pas démarrer (je l'ai fait, le 6 juin 2006, au Registre du Commerce), je dis que le mot anglais "start-up" m'emmerde. Ensuite, chacun fait ce qu'il veut, utilise le vocabulaire qu'il veut. N'étant pas pour le langage inclusif, je ne vais évidemment pas plaider pour l'exclusif.

 

La vérité, je vais vous la dire. Le monde du travail me passionne, depuis l'aube de mes jours. Il y a des gens, tous métiers confondus, qui arrivent dans leur atelier, leur cuisine, leur pâtisserie, leur usine, leur bureau, sur leur chantier, peu importe, et qui se retroussent les manches. Et ils se mettent au boulot. Et ils bossent dur, toute leur vie. Et ils se montrent inventifs, réformateurs, parce qu'ils savent très bien qu'ils faut s'adapter, pour survivre.

 

Ce sont ces gens-là que j'admire. A commencer par les plus modestes d'entre eux. Ceux qui, malgré l'ingratitude du salaire, ou du revenu, considèrent, au fond d'eux-mêmes, que rien ne vaut un travail bien fait. Des délais respectés. Du professionnalisme dans le geste. Ce sont ces gens-là, depuis le commis de cuisine jusqu'à l'aide-infirmière, qui font avancer une société.

 

Ceux-là font leur boulot, toute l'année, toute leur vie. Sans nous bassiner avec le mot "innovation". Qu'il me soit permis, ici, de leur rendre hommage.

 

Pascal Décaillet

 

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26/11/2017

Parole et Silence

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Sur le vif - Dimanche 26.11.17 - 14.15h

 

Depuis toujours, je m'intéresse à l'Histoire, à la langue, à la musique. Sur ce qui touche à ces domaines, je puis me montrer fort disert. Comprendre, techniquement, la révolution induite par le "clavier bien tempéré", à l'époque de Bach, me passionne totalement, par exemple. Ou comment fonctionne la récurrence d'un leitmotiv, chez Wagner.

 

Tout autant, il est quantité de thèmes qui m'indiffèrent. Notamment, ce qu'il est convenu d'appeler, depuis un demi-siècle, les "sujets de société". Je n'en nie pas la pertinence. Mais n'ai rien à dire sur eux.

 

Depuis des décennies, je me passionne pour l'Histoire de France, celle de l'Allemagne, pour nos 26 Histoires cantonales suisses, pour celle de l'Algérie, de l'Afrique du Nord en général, du Proche-Orient, de la Grèce, des Balkans. Pour l'Histoire militaire, notamment la Guerre à l'Est, entre le 22 juin 1941 et le 8 mai 1945. Pour les grandes batailles du passé, par exemple celles de la Révolution, du Consulat et de l'Empire.

 

Depuis l'enfance, je brûle de capter le fil conducteur du destin allemand. En tout cas depuis Frédéric II, jusqu'à nos jours. C'est l'un des enjeux majeurs de ma vie intérieure.

 

Tout autant, l'Histoire des religions me passionne. Celles issues du Proche-Orient, au premier plan. Mais aussi de la Grèce, de Rome. Je peux, au Musée étrusque de Volterra, ou à celui de la Villa Giulia, à Rome, passer des heures à rêver devant un vase à figures rouges, qui nous raconte une scène mythologique. Laissant errer mon esprit, je me récite Homère.

 

Mais il est quinze mille autres sujets, régulièrement débattus à longueur de journées sur nos antennes, dans nos journaux, sur les réseaux sociaux, sur lesquels je n'ai strictement... rien à dire ! Du coup, je m'abstiens, totalement.

 

J'invite chacun de nous à délimiter exactement les sujets où il se sent capable d'intervenir. En prenant soin de mettre à l'écart ceux sur lesquels il n'a, simplement, rien à dire.

 

A tout cela, rien de grave. Rien, ni personne ne nous oblige à donner notre avis sur tout. Soyons conscients de nos zones de compétences. Et, pour le reste, sachons nous abstenir.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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25/11/2017

La matrice

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Sur le vif - Samedi 25.11.17 - 12.46h

 

Je n'utilise jamais le mot "Occident". Ni "valeurs occidentales".

 

Je me sens certainement plus proche d'un adepte du Soufisme dans le Sinaï égyptien, ou d'un chrétien copte dans la région d'Assouan, ou d'une icône byzantine, ou géorgienne, de la Vieille Ville de Jérusalem, dans le quartier de la Porte de Damas, que d'un boursicoteur de Wall Street.

 

La toute récente actualité, dramatique, accentue en moi cette fraternité, tous courants confondus, toutes religions mêlées, pour une région du monde, quelque part entre le Nil et l'Euphrate, qui, depuis mon premier voyage là-bas en 1966, m'apparaît comme matricielle de la nôtre.

 

C'est pourquoi, il y a si longtemps, en 1971, j'ai choisi d'étudier le grec. Première étape vers d'autres langues, dès que j'aurai du temps. Le russe ? L'hébreu ? L'arabe ?

 

Unterwegs zur Sprache, pour reprendre l'éclatante formule de Heidegger. Celle qui figure un chemin vers la langue.

 

Donc, un chemin de connaissance.

 

Le seul qui vaille.

 

Pascal Décaillet

 

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24/11/2017

La sainte ferveur de l'innocence

 

Sur le vif - Vendredi 24.11.17 - 06.46h

 

En analyse politique, il y a ceux qui, assoiffés d'Histoire, lisent des livres et des témoignages (issus de TOUTES les parties), pour reconstituer les chaînes de causes et de conséquences.

 

Ceux-là sont disciples du grand Thucydide, le génial auteur de la Guerre du Péloponnèse (5ème siècle avant JC). Mais aussi, de Michelet, Fustel, les Annales, Marc Bloch, Jacques Le Goff, Pierre Milza.

 

Le principe est simple : sur une région donnée, tiens les Balkans par exemple, ou l'Allemagne, ou l'Algérie, ou le Proche-Orient, on commence par se renseigner. En consacrant quelques années (toute sa vie, en fait) à lire des livres, visionner des archives, approcher la complexité du réel. C'est prodigieusement vivifiant : l'un des bonheurs de l'existence.

 

Jamais définitive, en perpétuelle correction d'elle-même, la vision des problèmes se tisse et se déconstruit constamment, en fonction des nouveaux documents, témoignages.

 

Et puis, de l'autre côté, il y a l'armada des moralistes. Ils ont une grille de lecture, une fois pour toutes, celle des bons et des méchants. Ils sont avec les bons, contre les méchants. Avec les victimes (ah, la sanctification de la victime !) contre les bourreaux. Ils s'étranglent, s'indignent, dénoncent, chassent les sorcières, capturent les écrans, clouent au pilori. Les réseaux sociaux colportent et amplifient leur clameur.

 

Avec eux, la vie est plus simple : la sainte ferveur de l'innocence, en noir et blanc.

 

Pascal Décaillet

 

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Massacrés sur leur lieu de prière

 

Sur le vif - Vendredi 24.11.17 - 16.07h

 

Au moins 235 morts, lors d'une tuerie sans précédent dans une Mosquée du Sinaï égyptien, de tradition Soufie. C'est un événement considérable, dans un Proche-Orient où la tension monte de plus en plus. L'attentat le plus sanglant de l'Histoire de l’Égypte.

 

J'ai consacré de nombreuses émissions, ces dernières semaines, à cette montée de violence, qui me semble préfigurer un conflit plus général, dans les mois qui nous attendent. Hier encore, nous proposions un Spécial Liban. Ce soir, s'il y avait eu GAC, je l'aurais consacré à tenter de comprendre la tradition de la mystique Soufie, à l'intérieur de l'Islam.

 

Là, à la Mosquée Al Raoudah, à Bir al Abed, dans le Nord du Sinaï, à environ 50 km de la frontière avec Gaza, les victimes sont des Musulmans. Des fidèles, sur leur lieu de culte. Comme, à travers le monde, des centaines de millions des leurs.

 

Ces gens-là, assassinés sur leur lieu de prière, leur vie devrait-elle moins nous importer que celle d'autres attentats, sous ces latitudes qu'on appelle "l'Occident", mot qui ne veut rien dire ? Chacun de nous est l'Occidental d'un autre, l'Oriental d'un troisième.

 

Ce qui s'est passé dans le Sinaï est abominable. Les premières victimes d'atrocités, dans le monde musulman, sont souvent des Musulmans eux-mêmes. Il serait bon de ne pas l'oublier.

 

Pascal Décaillet

 

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Avec Guy Mettan

 

Sur le vif - Jeudi 23.11.17 - 22.31h

 

Hallucinant procès intenté à mon confrère Guy Mettan, directeur exécutif du Club Suisse de la Presse (dont je suis membre à la fois à titre individuel et comme entrepreneur), par la section suisse de Reporters Sans Frontières (dont je suis membre en continu, et sans faillir, depuis sa création).

 

En gros, RSF reproche à Guy Mettan d'accueillir des gens... dont les idées ne leur plaisent pas ! C'est lié à la Russie. La TG en fait état.

 

Il me semblait que l'essence et l'honneur du journalisme était de donner la parole à tous.

 

RSF défend la liberté de la presse au bout du monde. Mais pas à Genève.

 

Bravo, RSF !

 

À Guy Mettan, esprit indépendant et courageux, auteur d'un ouvrage historique absolument remarquable sur la russophobie, Cf mon blog du 26 avril 2015, mon appui total.

 

Pascal Décaillet

 

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22/11/2017

Priorité à la cohésion sociale de la Suisse !

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 22.11.17

 

Serge Gainsbourg, dans l’une de ses apparitions visuelles qui ne fut pas des plus heureuses, avait un jour allumé son briquet, et grillé, devant la caméra, un billet de banque. Le Français sans dents, celui qui ne touche presque jamais le moindre billet, avait apprécié. L’image m’est revenue, ce dimanche 19 novembre, à la lecture de la presse alémanique, lorsque j’ai appris que la Suisse remettait ça, dans la grande plaisanterie dite du « milliard de cohésion » pour l’Europe de l’Est.

 

Il s’agissait, il y a une décennie, en pleine euphorie de l’idéologie des bilatérales, d’aider les nouveaux membres, depuis 2004, de l’Union européenne : Chypre, Estonie, République tchèque, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Slovaquie, Slovénie. Dans cette théologie du Marché-Roi, le dogme sanctifiait l’échange et l’ouverture des frontières : il fallait les favoriser à tout prix. Par exemple, en injectant un milliard. L’exercice étant arrivé à terme cette année, voilà que Berne, sous l’impulsion de M. Cassis, entendrait le reconduire, avec cette fois 1,3 milliard, rallonge due à la Bulgarie, la Roumanie et la Croatie. Petit cadeau de bienvenue à M. Juncker, le président de la Commission européenne, en visite en Suisse ce jeudi 23 novembre. Que du bonheur !

 

En apprenant la volonté de Berne de reconduire cet accord, mon sang, comme celui d’un très grand nombre de nos compatriotes, n’a fait qu’un tour. Et j’ai pensé à Gainsbourg. Car enfin, parlons de cohésion, oui ! La cohésion, comme citoyen de ce pays, je suis pour ! Ce milliard, injectons-le dans une aide, à l’intérieur de nos frontières, à nos concitoyens les moins favorisés. Dans un pays qui patine dans sa recherche de solutions pour redessiner l’avenir des retraites, ou faire baisser les primes maladies, ou aider les seniors en difficulté, ou les jeunes à trouver un emploi, il y a peut-être d’autres priorités que de griller un milliard pour une institution, l’UE, dont nous ne sommes même pas membres. Nous devons bien être les seuls au monde à pratiquer aussi allègrement une telle inversion des priorités, entre les nécessités de nos équilibres internes, tellement essentiels à la substance même de notre pays, et le souci d’image à l’extérieur.

 

Si nos élites bernoises, M. Cassis en tête, ne perçoivent pas cela, c’est qu’elles n’ont strictement rien saisi aux profondes mutations de nos pays d’Europe, en dix ans. Les grandes illusions multilatérales ne fonctionnent plus. Nos sociétés veulent revenir à des repères nationaux. Et construire, oh oui, des cohésions sociales qui accordent la priorité aux résidents des différents pays. Cela s’appelle la préférence nationale. Il n’y a là aucune xénophobie, aucun rejet de l’Autre. Simplement, on resserre les liens, à l’intérieur de nos différentes communautés de destin, définies pas l’Histoire, le sang versé, les traités, les frontières. Cela s’appelle une nation. Pas le nationalisme ! Pas la violence ! Pas la guerre ! Non, juste la reconnaissance de ce qui, à l’intérieur d’un périmètre, nous est commun.

 

Pascal Décaillet

 

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21/11/2017

Populistes, veuillez perdre, SVP !

 

Sur le vif - Mardi 21.11.17 - 15.01h

 

Allemagne : c'est la faute aux populistes, s'ils ont percé aux dernières élections. En substance, la puissante réflexion éditoriale de la TG, ce matin.

 

En clair : Mesdames et Messieurs les "populistes", veuillez, si vous tenez absolument à vous présenter à des scrutins, faire campagne discrètement, à reculons, sans bruit, et surtout sans déranger l'ordre établi, soit les partis jusqu'ici au pouvoir. De sorte qu'ils puissent y demeurer.

 

Et veuillez, le jour du verdict, avoir la décence de perdre.

 

Pascal Décaillet

 

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20/11/2017

Le billet de Gainsbarre

 

Su le vif - Lundi 20.11.17 - 10.28h

 

Au citoyen, père de famille, contribuable et petit entrepreneur que je suis, il faudra un jour expliquer pourquoi la Suisse grille un milliard (comme Gainsbourg, son billet) pour la "cohésion" de l'Union européenne. Dont l'élargissement inconsidéré à l'Est déploie ses effets dévastateurs.

 

Il ne me dérangerait pas qu'on investisse ce milliard dans la cohésion sociale... de la Suisse ! Les plus précaires de nos compatriotes en ont sacrément besoin.

 

Pascal Décaillet

 

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