13/06/2008

Suisse-Europe : l’essentiel et l’accessoire



Édito Lausanne FM – Vendredi 13.06.08 – 07.50h



C’est donc en mai 2009, très certainement, que nous voterons sur la reconduction de la libre circulation, et sur son extension à la Bulgarie et à la Roumanie. Fallait-il à tout prix lier ou dissocier ces deux objets ? La question, qui a pas mal remué le Parlement (il a tranché hier pour la première solution) ne m’apparaît pas comme primordiale. Pire : l’insistance portée, depuis des semaines, sur ce point, est un indice de plus de la propension des Suisses, dans le débat européen, à mettre le doigt sur des questions mineures, laissant de côté l’essentiel.

Car enfin de quoi s’agit-il, dans ce vote de l’an prochain ? De l’avenir européen de notre pays ! Non en termes institutionnels (la question n’est pas mûre), mais en termes de vitalité économique avec nos voisins. C’est une étape capitale. C’est, à coup sûr, le moment le plus important de la législature 2007-2011. Après l’échec de l’Espace économique européen, le 6 décembre 1992, il a bien fallu, au milieu des décombres, reconstruire quelque chose. C’est toute l’aventure des relations bilatérales : pragmatique, pas drôle, pas romantique, mais tellement fondamentale.

Il faut avoir vécu ces négociations si prosaïques, où nos diplomates ont souvent été brillants d’ailleurs, pour saisir à quel point, en politique (pour ceux qui en auraient encore douté) tout n’est que rapport de forces. Or, à ce jeu-là, dans cette affaire, la petite Suisse a beaucoup obtenu de la grande Europe. Pourquoi s’en plaindre ? Mieux : cette voie bilatérale, tout ennuyeuse et besogneuse qu’elle soit, se trouve avoir l’heur de plaire au seul souverain de ce pays, le peuple. Les grands rêves multilatéraux n’ont pas la même chance.

Petit pays, la Suisse vit de ses échanges. De l’ouverture économique, elle n’a rien à craindre. Maintes fois, par le passé, elle a su affronter, à son avantage, des situations de concurrence. Et, pendant toute son Histoire, les flux migratoires n’ont fait que l’enrichir. Alors, au printemps 2009, sauvons déjà cela. La suite, nous en parlerons plus tard.

08:17 Publié dans Editos Lausanne FM | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Je ne suis pas du tout d'accord avec votre analyse. Effectivement, il fut un temps ou l'immigration enrichissait ce pays, une immigration provenant d'Italie, d'Espagne, du Portugal, principalement. C'était une immigration choisie, selon des critères économiques uniquement.
Depuis, nous sommes victimes d'une immigration subie qui n'enrichit en rien et appauvrit notre pays, faisant exploser violence, conflits culturels et religieux, l'aide et les assurances sociales. Voilà pour le premier point.
La libre circulation, ensuite; pour les gens de ce pays, le seul avantage est de ne plus devoir attendre dans la même file que les ressortissants africains dans les aéroports de l'UE. A part cela, que dalle! Quel Suisse s'expatrie en France ou en Allemagne pour gagner le tiers de son salaire?
Si nous avons besoin de travailleurs étrangers, rien n'empêche de délivrer des permis selon les besoins. Rien. Comment faisions-nous avant?
Cela évitera cependant l'afflux (parfaitement justifié, entendons-nous bien) de milliers de frontaliers cassant les prix et ruinant le salarié Suisse alors obligé de s'adapter au nouveau barème de salaires en vigueurs. Un jeune ingénieur s'engage à 4000.- / 4500.- actuellement. Un architecte EPFL à 4000.-
De la faute des patrons? Moi-même faisant parti de cette catégorie, vous n'avez pas le choix, sinon la concurrence moins regardante sur la provenance de ses employés tue votre entreprise, c'est aussi simple que cela!
Non, la libre circulation n'est qu'une énorme escroquerie, qu'on se la dise...
Moi j'invite nos concitoyens à mettre un terme à cette mascarade. Et à cette arnaque diplomatique qui veut tout mélanger, dont le but ultime est de nous faire adhérer au "machin" par la petite porte...

Écrit par : CCH | 13/06/2008

CCH voit juste. Les politiciens suisses pro-européens ont réussi à nous faire croire que nous dépendons de l'Europe. Alors que nous tenons le couteau par le manche! Nous sommes au centre géographique de cette Europe des politiciens, pas celle des peuples. Nous gérons la traversée des Alpes, nous avons le "château d'eau" de l'Europe. Nous achetons beaucoup plus à l'Europe que ce que nous lui vendons! Nous sommes "leur client". C'est donc à l'Europe de faire le nécessaire pour nous garder comme client. Il est certain que la Suisse à moins à perdre dans une confrontation avec l'Europe que le contraire! Il faut que nos gouvernants en prennent conscience et qu'ils cessent de penser le contraire.

Écrit par : salegueule | 14/06/2008

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