04/09/2008

La duchesse de Berry

Edito du 7-8  -  Radio Cité  -  Jeudi 04.09.08  -  07.05h

 
Et alors quoi ? Il paraîtrait qu’il ne faudrait pas attaquer les femmes en politique. Les femmes qui exercent un pouvoir. C’est ce que j’ai cru entendre, l’un de ces matins, de la part d’une éminente directrice de théâtre, dans un billet sur une radio publique.

Les méthodes d’une magistrate de la Ville de Genève avec son personnel, ses cadres supérieurs ou moyens ? Une tonalité d’arrogance, et même cassante, nous confirment de nombreuses sources. Mails il ne faudrait pas en parler.

Plutôt que de donner son point de vue, il faudrait laisser faire les images du monde. Un sourire, dans un journal dominical, une interview franchement pas trop dérangeante. Et ce Livre d’Or, ces très grandes heures de la duchesse de Berry, il faudrait le laisser passer, sans le tempérer d’une vision critique, en fonction de ce qu’on sait, de ce qu’on a pu établir, au fil des mois, en recoupant les témoignages.

Que la personne critiquée soit une femme ne joue strictement pour rien dans l’affaire. Ce que nous tentons de dévoiler, ce sont les mécanismes du pouvoir. Hommes, femmes, gauche, droite, aucune importance. Tout pouvoir doit être décodé. Ou alors, nous renonçons à une part cardinale de notre mission.

 

Pascal Décaillet

08:26 Publié dans Editos Radio cité | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Égalité ? ... juste un concept ...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 04/09/2008

Les femmes politiques ne doivent pas être attaquées sur le plan personnel mais sur leurs manquements au sein de leur fonction, c'est clair que toute la classe politique (femmes inclues) doit aussi rendre des comptes à la population.

Écrit par : demain | 04/09/2008

Il s'agit bien de mécanismes du pouvoir avec ses codes à décrypter. Et là, malheureusement, il faut constater que les femmes au pouvoir n'ont rien inventé. Souvent, elles affichent la même arrogance que les hommes, la corruption leur vient naturellement sans qu'aucune conscience morale ne vienne l'arrêter et l'incompétence une fois installée les indiffère, également.

Si c'est ça l'égalité, c'est certes très décevant.

Pourtant il y a tellement de femmes de qualité, qu'on ne voit pas forcément! Peut-être, ne montrent-elles pas ces caractéristiques...

Écrit par : Micheline Pace | 04/09/2008

Je dois dire que je constate avec bonheur que la rentrée pour Pascal Décaillet se fait de manière fracassante. Qu'il puisse nous procurer encore beaucoup de billets qui dérangent parce que politiquement peu "corrects", en rompant clairement avec le discours lénifiant des "officiels et officielles". J'adore cette provocation intelligente.

Écrit par : Dixit | 04/09/2008

N'était-ce pas Françoise Giroud qui affirmait que l'égalité entre hommes et femmes serait atteinte le jour où une femme incompétente occuperait un poste important?

A Genève, les exemples se multiplient...

Bonne nouvelle: l'égalité est atteinte.

Mauvaise nouvelle: les femmes sont aussi bêtes que les hommes.

Bonne journée?

Écrit par : N. Chauvet | 04/09/2008

M. Chauvet, vous avez raison : l'galité est ENFIN atteinte! Espérons qu'on puisse passer à une nouvelle ère, l'air y étant devenu irrespirable.

Pour info : la citation est celle d'Elisabeth Guigou, Ministre de la Justice, lors d'un discours devant un parquet d'hommes politiques qui la outillaient.

Écrit par : Micheline Pace | 04/09/2008

Elisabeth Guigou... une de mes femmes préférées en politique. Belle intelligence, pensée claire. Et séduisante en plus... pfff je vais voter Guigou à la Constituante. Ah bon, elle ne se présente pas? Dommage...

A part cela, je vois que ce billet et les commentaires piétinent allègrement sur mes plates-bande habituelles! Tant mieux, démontons les codes de l'abus de pouvoir, pour les femmes comme pour les hommes. Mais attention: soit vous êtes tous des misogynes, soit je ne le suis pas...

Plus sérieusement: le pouvoir on n'y coupe pas, même dans le pouvoir par délégation comme dans notre démocratie représentative. Pour autant, le pouvoir n'est pas seulement une chose à combattre: bien utilisé par des politiciens intelligents, honnêtes, intègres et bienveillants, cela peut être même formidable. C'est bien de l'abus ou de la mauvaise utilisation du pouvoir dont nous devons nous méfier, et qu'il faut démonter systématiquement.

Écrit par : hommelibre | 04/09/2008

Il y a une double question dans ce billet.

La première est la critique du pouvoir lorsque celui-ci s'exerce de façon non conforme à l'éthique de gouvernance (transparences des processus, lisibilité et impartialité des décisions, interdiction absolue, dans notre système, de vision partisane de la fonction publique).

Dans le cas qui nous occupe, et comme vous le dite, qu'il s'agisse d'une femme ou d'un homme est totalement irrelevant.

Ces pratiques ne font aucunement exception dans la méthode gouvernementale de la gauche de la gauche, c'est à dire le pré carré des dogmatismes.

La deuxième question soulevée est plus complexe car elle a trait, in fine, à la compétence ou plus précisément encore, à l'aptitude à gouverner.

Les meilleurs parlementaires du monde font rarement de bons gouvernants et les excellents gouvernants searaient, s'ils y ségeaient, de mauvais parlementaires.

la raison à cela est assez simple.

On attend du parlementaire qu'il défende les principes politiques qui l'ont conduit à siéger. Il a doit donc jouer à fond et en plein son rôle de combattant de la cause qui fonde le parti politique auquel il appartient et qui justifie son poste.

Tout au contraire, le gouvernant NE PEUT plus représenter SA "chapelle" politique, car un bon gouvernant sait qu'il agit pour toutes celles et ceux qui forment le corps sociétal qu'il dirige.

Ainsi donc, lorsqu'un gouvernant, quel qu'il soit et quel que soit son sexe, agit de façon partisane, viole l'éthique de la bonne gouvernance.

Plus la taille de l'ensemble gouverné est petite plus les effets de la déviance sont perceptibles car les administrations sont plus petites (même si elles sont pléthoriques comme c'est le cas à Piogre).

Celles et ceux qui prétendent que le simple fait que le gouvernant soit une gouvernante l'immunise de toute approche critique ne connaît pas l'importance de cette distance nécessaire entre le gouvernant et sa "chapelle".

Ce qui est, en soi, une faute d'une telle gravité que la seule sanction possible est de pouvoir démettre celui qui franchit ce mur infranchissable, quelle que puisse être l'attraction séductrice de la violation pour l'égo de l'individu concerné.

Ce qui est le plus affligeant c'est que ces pratiques perverses viennent presque systématiquement de ceux qui hurlent avec les loups lorsqu'un grand patron de l'économie privée agit de façon autoritaire, oubliant par là la différence profonde qui existe en la gestion du capital privé et celle du bien collectif.

Merci pour le billet et les questions forts pertinentes qu'il soulève.

Patrick Dimier
LISTE 9 MCG
Mouvement Changer Genève

Écrit par : Patrick Dimier | 04/09/2008

Elisabeth Guigou. Vue à Canal + dans une émission de divertissement où l'auto-dérision était de mise, elle a manqué un peu de sens d'humour alors que les attaques étaient pour une fois contrôlées... Mais les femmes politiques en général sont très concentrées sur le fait politique et ne sont pas spécialement drôles mais peut-être est-ce incompatible.

Écrit par : demain | 04/09/2008

Désolé de contredire Mme Pace: c'est bien à Françoise Giroud que nous devons cette excellente formule, prononcée à une époque où Mme Guigou n'était encore qu'une adolescente...

Écrit par : Martin | 04/09/2008

@ Martin : vous avez raison de me contredire, sauf sur un point: à une génération d'intervalle, cette phrase fut exprimée dans deux contextes différents; son sens est légèrement autre : de la plume de Giroud, elle devait se comprendre presque littéralement, de la bouche de Guigou au faîte de sa carrière politique, elle avait déjà un sens plus ironique. CQFD;))

Écrit par : Micheline Pace | 05/09/2008

euh, dites, à la dernière ligne du 2ème paragraphe, est-ce un lapsus clavis que ce "mails" au lieu d'un "mais" ? ... les sources de l'information sont parfois insondables...

Écrit par : Christine Rizzi | 06/09/2008

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