15/09/2008

Le diamant intransigeant


Edito du 7-8  -  Radio Cité  -  Lundi 15.09.08  -  07.05h

 

Parmi tous ceux qui ont fait l’Histoire de la Suisse depuis la guerre, il est celui que je regrette le plus de n’avoir jamais rencontré, ni interviewé. Il était un homme d’un bloc, d’une matière, d’un combat, toute sa vie entièrement tournée vers un objectif. Roland Béguelin, qui nous quittait il y a quinze ans, et dont nous nous réjouissons, sur cette antenne, de recevoir le biographe, Vincent Philippe, était un croisé de sa cause. La cause du Jura.

Je me souviens de lui sur les ondes, son verbe étincelant, la perfection de son français, ses fougues, ses colères, son art d’habiter la parole. « Diamant intransigeant », disait l’autre jour son biographe, à la Radio Suisse Romande : on ne peut mieux résumer cet homme, précieux comme un Croisé, volcanique. Il était la plume, il était l’épée, il a été, très longtemps, à l’ère des grands combats, la voix du Jura.


Les lectures de jeunesse de Béguelin sont bien éloignées de celles d’un homme de gauche, bien qu’il fût socialiste, par la suite. Il y avait chez lui un combat ethnique, un appel à la Louve romaine, parfois, oui, contre la culture germanique, ce qui, aujourd’hui, choque. Mais il fallait ce canton, il fallait percer, convaincre. Il fallait une avant-garde, lumineuse et courageuse. Ce fut le rôle de Béguelin. Quinze ans après sa mort, hommage à lui.

 

Pascal Décaillet

06:46 Publié dans Editos Radio cité | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

J'ai personnellement eu le privilège de m'entretenir et même de militer aux côtés de Roland Béguelin lorsque nous avons, avec mon comparse de l'époque, lancé le projet d'une Genève indépendante et libre.

Fred Oberson est mon témoin pour dire que ce brillant politicien était un homme de coeur, de pensée et aussi d'action, de ténacité, mais surtout un homme avec un grand H.

Il nous a invité à participer à la grand messe jurassienne la fête du Peuple jurassien et m'a donné l'occasion, unique, de m'exprimer devant cette foule très impressionnante.

A la fin de mon intervention, il était là et avisant mon évidente émotion il me glissa: Un Peuple qui se sent fort c'est toujours impressionnant, même pour moi qui connais la majeure partie d'entre eux!

C'est donc à cet Homme et pas uniquement au lettré et au stratège que je souhaite rendre hommage aujourd'hui.

Sur le plan politique, se fût surtout une immense communicateur qui a su réveiller jusqu'au bord de la révolte les Roraques en leur rappelant qu'en politique la seule chose qui n'existe pas c'est la fatalité.

Il a su se tenir à l'écart des lambris dorés du pouvoir jusqu'au bout, se contentant, volontairement, d'un rôle de parlementaire. Il a toujours estimé que sa part du combat était ailleurs, dans la restauration de de l'honneur de ce bout de pays et de son Peuple.

Aujourd'hui de tels politiciens nous manquent pour une raison simple, ils préfèrent les lambris aux combats, plus exigeants et moins valorisants, du moins à première vue, c'est à dire forcément à courte vue.

Merci à Roland Béguelin d'avoir su restaurer cette flamme qui devrait animer tout Suisse digne de ce nom, celle de l'indépendance de l'esprit pour commencer.

Au moment où les Genevois sont appelés à réécrire leur Charte fondamentale, espérons qu'ils sauront faire le choix de cette restauration et non pas celui, plus simple d'un simple toilettage, forcément décevant car très limité!

Osons rappeler qui nous sommes et affirmer nos valeurs et les limites que nous entendons poser à leur érosion. Ce n'est pas un acte de fermeture, bien au contraire, c'est un acte de courage dont l'objectif est, au final de garder à Genève ses libertés et sa vocation d'ouverture au monde, sans les pensenteurs d'un appareil vieillot et désuet.



Patrick DIMIER
LISTE No9 MCG
Mouvement Changer Genève

Écrit par : patrick dimier | 15/09/2008

Il est toujours fort "amusant" de constater que certains politiciens (ici Monsieur Dimier) plus portés sur les combines politiques que sur les idées politiques utilisent des hommes d'envergure pour nous faire accroire une de leurs "fadaises".

Oui, je persiste et persifle: Monsieur Dimier "utilise" Roland Béguelin pour assoir sa "politique".
La preuve: il signe avec un no de liste électorale!

Écrit par : Père Siffleur | 16/09/2008

@ vous Père Siffleur, le persiflage sous anonymat est une signe de lâcheté.

dommage que vous n'ayez pas le courage d'affronter M. Dimier sur le fond du propos.

Je ne saisis pas le sens de votre attaque car rendre hommage à un homme qui a fait l'histoire du pays, ajouter un Canton, ne me semble pas de nature à faire campagne, mais constitue un acte d'humilité que vous feriez bien d'avoir.

Je crois que les sages disent que l'on ne se grandi pas en dénigrant l'adversaire, on s'abaisse.

Écrit par : Frédéric Martin | 18/09/2008

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