12/11/2008

L'agneau sacrificiel

 

La démission de Samuel Schmid, ce matin, n’est pas un acte politique, c’est un rituel sacrificiel, un inexorable cheminement de l’agneau pascal vers le couteau. Il fallait que cela fût. Cela est.


Samuel Schmid n’est pas mort hier, pour la seule et évidente raison qu’il était déjà mort ! Nul, sur cette terre, ne peut mourir deux fois. Mort, politiquement, depuis l’affaire Nef, et peut-être même déjà avant. Roi sans couronne, chevalier sans monture, combattant sans bannière, Jean sans Terre, ombre sans soleil. Assez de raisons, me semble-t-il, pour avoir envie de s’éclipser plus ou moins discrètement. Avec, en cadeau de départ, ou comme viatique, l’acceptation, finalement, du programme d’armement par le National. Comme un ultime bijou à un amant – ou une maîtresse – dont on prend congé.


Cette démission, à peine accélérée par les récents ennuis de santé du conseiller fédéral, c’est l’aboutissement d’un « annus horribilis » pour un magistrat qui avait sans doute cru avec un peu trop de naïveté qu’il allait pouvoir tirer profit du départ de Christoph Blocher. Un vent de traîtrise – disons un zéphyr – a soufflé au sein de son ex-parti, certaines évidences sont apparues, on a commencé à parler de double jeu, c’était déjà fini.

Le reste, ça n’était plus que l’inexorable, juste à accomplir. Les quatorze stations d’un chemin de croix, jusqu’à l’annonce de ce matin. Le rituel du pèlerin, du pénitent, en attendant le châtiment, qui sonnerait comme une libération. Dès le 1er janvier 2009, Samuel Schmid sera, à nouveau, un homme libre. Dégagé de cette perpétuelle machine à tuer qu’on appelle le pouvoir. A coup sûr, cet honnête homme pourra – on le lui souhaite sincèrement – redevenir un homme heureux.

 

Pascal Décaillet

17:43 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Ce n'est vraiment pas cela qui a causé le départ de Schmid. Ce sont les efforts cumulés de l'UDC et de la presse de caniveau, dont le rôle est de s'agiter dans tous les sens, à la merci de tous les vents. Recherchez l'édito en une de 24 heures de Serge Gumy : S.Schmid doit partir.
Sale petit bonhomme. Je lui souhaite 120 ans de malheur...

Écrit par : Géo | 12/11/2008

L'affaire Naef a été la goutte pour faire déborder le vase. A l'agneau tondu je souhaite une bonne et heureuse retraite, retraite qu'il aurait mieux fait d'annoncer à la suite de l'Euro2008. C'est indéniablement un honnête homme. Ainsi, le crédit militaire, avec le soutien de l'UDC, pourra passer la rampe. La lutte pour sa succession risque d'être pationnante, ne pensez-vous pas?

Écrit par : Etoile de Neige | 12/11/2008

Enfin une bonne nouvelle pour ce pays.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 12/11/2008

ÉdN,

Si Monsieur S.Schmid est un honnête homme, ses derniers ennuis de santé ne sont alors que "peanuts" par rapport à un Halzheimer déjà à un stade qui ne lui permettait plus de se souvenir que le "général" Nef avait la justice sur le dos lorsqu'il a été pressenti pour devenir le chef de l'armée!

Il est aussi possible que vous appeliez "honnête" tout politicien qui ne mente pas plus, mais pas moins que les autres! Vérité et politique n'ont jamais fait bon ménage!... Et cela de la soi-disant gauche à la droite la plus extrême en passant par le centre.

Écrit par : Père Siffleur | 13/11/2008

Une fois n'étant pas coutume, je suis d'accord avec Géo.
J'ajouterai que la santé de M. Schmid est sans aucun doute plus atteinte qu'il veut bien le laisser paraître. Il m'a paru hier engoncé dans son costume, le visage rouge et boursouflé.
Personnellement, je garderai de lui un excellent souvenir, n'oublions pas toutes ses réussites, et son année de présidence a montré un homme d'Etat près du peuple.
Si son parti n'avait pas dérivé (n'oublions pas que les agrariens sont à l'origine de l'UDC et que l'aile zuricoise dure n'a jamais supporté qu'une aile plus modérée existe dans son parti comme dans les autres), les erreurs de M.Schmid n'auraient jamais eu les conséquences qu'on connaît. Quel est le politicien qui peut se glorifier de n'avoir jamais commis d'erreur ?
Je souhaite à M. Schmid que sa santé lui permette de jouir de sa retraite.

Écrit par : gamine | 13/11/2008

Bonjour Monsieur DECAILLET,

Votre article concernant la démission de Monsieur SCHMID relève du grand Art dans les mots que vous avez su trouver. Si Monsieur Samuel SCHMID a effectivement commis un certain nombre d'erreurs, notamment dans l'affaire NEF, il n'en demeure pas moins qu'il a été poussé vers la sortie avec des piqûres de rappel à base de venin. Le pouvoir est bel est bien une machine qui peut tuer, par des attaques incongrues. Alors, on peut se poser la question : Monsieur SCHMID n'a-t-il pas toujours été un homme politique, plutôt qu'un homme de pouvoir, recherchant le bien du pays, plutôt qu'une assise personnelle. Telle une chasse à cour, n'a-t-il pas été simplement - la victime - le cerf que l'on a traqué jusque dans ses derniers retranchements, un meute ayant été lâchée contre lui pour reprendre le pouvoir. Les hommes et les femmes changent face au pouvoir - ne doivent-ils pas revenir tout simplement à la politique à la représentation des citoyens et non à leur propre incarnation sur des "trônes" qu'ils se sont créés. C'est une réflexion qu'il convient de mener pour que Dame Politique se montre à nouveau sous son vrai visage avec des traits réels, ceux qui doivent ascender au bien commun.

Écrit par : beatrice fuchs | 13/11/2008

*Père siffleur, vous avez un peu raison, mais ce mensonge diplomatique a porté à conséquence. Etant dans le collimateur de l'UDC, il aurait dû réfléchir à deux fois avant de répondre. Néanmoins, à part cette faute, il a toujours honnêtement servi et defendu notre pays. Ceci a aussi été confirmé par ses collègues, ainsi qu'Adolf national (O g i), tous des menteurs-euses d'après vous. Que celui qui n'a jamais dit de contre-vérité s'annonce! Quant à votre remarque au sujet d'Alfred, oui Alfred Alzheimer, elle m'a fait sourire, mais au 2e degré.
Je suis assez d'accord avec "beatrice", bien qu'il fallait s'y attendre que l'aile zurichoise de l'UDC ne le laisse pas dormir tranquillement sur ses deux oreilles! C'est cela la politique des couteaux tirés. Santé Samuel et longévité!
En tant que passionné de football, venez un peu dans la Cité de Calvin pour sortir Servette de sa torpeur et pour "honorer" par votre présence le magnifique stade de Genève. Mais, je pense qu'à Berne toute le monde vous accuserait de trahison; de trahir - non pas les Old- mais les Young Boys.

Écrit par : Etoile de Neige, Bruno Mathis | 13/11/2008

Très bien dit, Béatrice Fuchs, et pour une fois je trouve le dessin de Bürki moins médiocre que d'habitude...

PS@ Ce ne serait pas plutôt Christophe Keckeis qui aurait du se rendre compte de la gravité du problème Nef ?
Tout cela est à géométrie variable : ce cher Moritz Leuenberger, si fin, si cultivé, bla,bla,bla, était ministre de la Justice quand un imbécile de psychiatre a accordé un congé à un criminel hyper-dangereux, Ferrari, qui s'est empressé d'aller bouchoyer une pauvre fille de 19 ans sur la colline du Hirzel.
Que je sache, Moritz L a continué sa carrière sans autre...

Victor Dumitrescu@ A part le fait que Samuel Schmid ne faisait pas partie de la petite camarilla fasciste zurichoise (qui est en train de couler l'UDC, soit dit en passant), qu'avez-vous à lui reprocher concrètement ? Je serais TRES intéressé de le savoir...

Écrit par : Géo | 13/11/2008

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