02/12/2008

Une question de style, vraiment ?

 

 

  Un style qui ne passe pas, incompatible avec nos institutions, avec l’esprit suisse. C’était, il y a un an, l’argument-choc des opposants à la réélection de Christoph Blocher. L’homme se comportait mal, avait été très méchant avec les juges, ne respectait pas la séparation des pouvoirs, et c’était pour tout cela que, malgré les 29% de voix aux élections, on l’éjectait. Dont acte. Une question de style, nous disait-on.

  Un an après, voici le ticket Blocher-Maurer. Et le chœur des âmes, les mêmes, pour commencer à trouver que Maurer non plus, ça ne va pas. Ce deuxième candidat, pourtant, cet alter ego en forme de Canada Dry, ne s’est pas particulièrement frotté au Tribunal fédéral, ni au procureur de la Confédération, n’a jamais squatté d’autre charge que celles où les urnes – ou les instances de son parti  - l’avaient porté. Une vie plus calme que celle de son chef historique, moins aventureuse, moins de risques, moins de folie, un peu moins d’indifférence à la férocité des haines. Dans Marivaux, là où on échange les masques, l’un aurait été le maître, l’autre le valet.

  Ueli Maurer : des envolées moins tribunitiennes que son mentor, voix moins grave, verbe moins éclatant, menton moins saillant, rire moins sardonique. Un peu moins à l’aise dans les ronds de sciure des luttes à la culotte, les cantines de fêtes fédérales, ou dans les fiévreuses délices de l’Alpe, où s’encornent passionnément les bestiaux. Maurer, c’est l’homme d’une époque moins épique. Après le temps des héros, celui des hommes.

  Mais même cet homme-là, il paraît qu’on n’en veut pas. On voudrait un UDC moins dur. On voudrait un UDC moins opposé à l’Europe : s’il avait la délicatesse (malgré le vote écrasant de son parti, samedi, à Dietikon), de voter oui aux bilatérales le 8 février 2009, voilà qui étofferait avantageusement son dossier. On voudrait un UDC au verbe moins champêtre, rude affaire pour ce pauvre M. Maurer, qui n’est que paysan.

  On voudrait un UDC plus présentable dans les salons, mocassins cirés, costume trois pièces, montre au gilet. On voudrait un UDC sensible au climat, et pas seulement pour protéger ses têtes de bétail. Un UDC Kyoto. Et comme M. Maurer, ce préhistorique UDC né du monstre comme dans la plus archaïque des théogonies, n’arrive désespérément pas à convenir à ces exigences, on prépare déjà un ersatz de l’ersatz. Qui pourrait s’appeler Urs Schwaller. Ah, comme tout serait plus simple si la politique n’était confiée qu’à des notaires et des notables, entre soi cooptés, sans ces détestables signaux, tous les quatre ans, de cet intrus qui s’appelle le peuple.

 

Pascal Décaillet

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Commentaires

Blocher-Maurer : pitbull ou bouledogue? Laurel ou Hardy? Blanc bonnet ou bonnet blanc? Alors que d'autres peuples se passionnent pour Obama ou Hilary, nous en sommes réduits à devoir choisir entre la saccharine et l'aspartame! Le mépris ordinaire ou la haine naturelle! La peur dedans ou la peur dehors! Ne pouvons-nous parfois, comme Ramuz le suggérait, rêver de « grandeur »?!

Écrit par : jmo | 02/12/2008

- Le délit de sale gueule est pénalement répréhensible! Les arguments des opposants, tecnhocrates ratiocinateurs, m'on beaucoup choquée de par leur arrogance, sans ne rien apporter en contre-partie si ce n'est de prendre le pouvoir.

Si les intérêts des agrariens (suisses-allemands) ne sont pas toujours bien perçus par des citadins (romands), ce type d'invectives ne devraient avoir droit de cité.

- La repésentation populaire a décidément du mal à s'imposer dans ce pays! Constater qu'on peut être évincé alors qu'on a gagné très largement par les urnes, c'est simplement un déni de démocratie, le pire des délits publics, surtout quand il est commis dans les hautes sphères (censées donner l'exemple)!

CB-Charles Beer se la joue en déjouant les règles écrites de base, de façon réitérée, alors que CB-Christoph Blocher avec 29% de voix pour son parti l'ont fait échouer. Les notions de réussite/échec et respect/déni des lois semblent dangeureusement à géométrie variable. Comme tu l'as affirmé, cher Pascal, dans Le Matin Dimanche, avec une telle victoire "dans n'importe quel pays du monde, il serait devenu premier ministre", soit du vice-président, il serait naturellement été président de la Confédération.

Écrit par : Micheline Pace | 02/12/2008

Un casque à boulons au Conseil fédéral ?

Lors d'une brève interview après les votations de dimanche dernier, Oscar Freysinger soi-même qui, parlant des Alémaniques, les a traités de casques à boulons. Délicieuse façon de traiter ses coreligionnaires.

Ainsi donc le "ticket" UDC est composé de deux casques à boulons : l'un a été, à juste titre, éjecté du Conseil fédéral pour mauvaise conduite et l'autre qui s'apprête - hélas - à y entrer n'a pas hésité à comparer Samuel S., le demi Conseiller fédéral à un appendice sans lequel on peut vivre quand même.

Merci Messieurs de l'UDC d'enrichir notre vocabulaire.

Personnellement, et comme vous l'aurez compris, je suis plutôt du côté des rebelles : les deux casques à boulons d'Oscar le Habsbourg n'ont rien à faire à Berne.

Écrit par : Michel Sommer | 02/12/2008

Pour avoir écouté M. Maurer, je pense qu'il s'agit moins d'un problème de style que d'esprit.
Et qui voudrait élire un homme qui se juge moins capable que M. Blocher alors que ce dernier n'a fait que de dysfonctionner au sein du CF?

Écrit par : Myriam Evêquoz | 02/12/2008

Excellent article. Décaillet devient de mieux en mieux depuis quelques temps.

Son diagnostic est juste. Même si le journaliste Décaillet appartient à l'élite cultivée, au moins il ressent et comprend les sentiments des gens plus modestes que lui, qui ne comprendraient absolument pas, et sanctionneraient sévèrement aux prochaines élections, les partis de la classe politique s'ils ostracisaient encore une fois la ligne UDC voulue par l'électeur.

Donc j'espère que ces enfoirés du "Groupe 13", pour préserver leur soi-disant "style" cucu de petits bourgeois prétentieux, et maintenir un conseil fédéral d'auto complaisance entre copains, vont en effet élire un notaire terne comme Schwaller, ou faire une autre entourloupette à la pédécé, qui mettra les gens en rage. Car de cette façon l'UDC restera dans l'opposition et pourra monter à 40%, ou plus, la prochaine fois.

Quant au pédécé, j'espère que ce parti disparaîtra purement et simplement de l'échiquier politique en tombant à environ 5% des voix. C'est ce que mérite ce parti qui a trahi toutes les valeurs traditionnelles, sans exception, qu'il était censé défendre. C'est devenu le parti des loups dans la bergerie comme Neyrinck & Co. Il doit disparaître pour assainir le climat dans ce pays.

Comment disait de Gaulle, déjà, parlant des démocrates "chrétiens" ?: "Les enfants de choeur qui ont bu le vin des burettes...!" C'est assez ça. Mais cette fois les enfants de choeur du pédécé, en Suisse, ont vraiment pris une cuite avec leur vin de messe du 12 décembre, ils vont en avoir une telle gueule de bois qu'ils ne s'en remettront plus jamais. Exit le pédécé. C'est un parti qui n'a plus de raison d'être. Il va tomber dans les poubelles de l'histoire. Bon débarras!

De toute façon, Maurer n'est pas si mal. S'il est élu ce sera très bien. Il représente bien le Suisse moyen qui travaille dur et a des idées conservatrices bien carrées, et c'est une excellente chose. Mais on finira par s'apercevoir à quel point c'était une connerie de refuser la réelection de Blocher. Ils vont avoir la même politique, juste faite par un homme plus rustique et sans cette envergure d'homme d'Etat historique qu'a Blocher. On finit par s'apercevoir que la seule raison du 12 décembre était la volonté des médiocres de se débarrasser d'un homme qui leur est supérieur en tout, par son intelligence, son charisme, son succès, sa vision d'homme d'état, son argent. En tout. Et ça, la médiocratie, surtout en Suisse, n'aime pas.

Pour dire le fond de ma pensée, j'espère que l'UDC reste dans l'opposition,et qu'à partir de 2011 la Suisse entrera dans une phase historique qui durera, espérons le, très longtemps, plusieurs générations, de majorité absolue d'un parti conservateur, l'UDC, qui soit capable de faire ce que la CSU de Franz-Josef Strauss a fait en Bavière: une politique normale, celle qu'attend la majorité de la populatiion.

Tout simplement.

J'espère aussi qu'en 2011, le peuple tendra à tous ces médiocres du "centre" et de la gauche la facture de toutes leurs erreurs et de toutes leurs trahisons, et qu'ainsi l'UDC dépassera les 40-45% et pourra imposer, cette fois, trois conseillers fédéraux, et non deux, parmi lesquels, au premier rang, bien entendu, monsieur Blocher, qui aura encore bon pied bon oeil pour au moins 10 ans au gouvernement.

Ca, ce serait du vrai changement et un vrai progrès.

Écrit par : Claudine Moginet | 02/12/2008

@ Miheline Pace : Pour vous, l'UDC zuicoise est donc un parti "agrarien" ? Je dirais plurôt que les agrariens de base romands ne perçoivent pas très bien les intérêts des citadins zuricois.

Écrit par : gamine | 02/12/2008

"Maurer n'est pas si mal."
En temps de crise, ne pensez-vous pas qu'il faille au Gouvernement des hommes et des femmes d'exceptions, pas des "pas si mal" ?

CB clame partout qu'il est le meilleur de tous, mais je m'étonne que pas un journaliste ne lui demande ses solutions pour l'avenir, à part fermer les frontières et renvoyer tous les étrangers chez eux. Je n'ai pas entendu de sa part une seule idée intéressantes et valable. Quels moyens de relance de l'économie soutiendrait-il? Faut-il continuer à aider les grandes banques et bientôt les assurances en injectant de l'argent public ? Avec quelle contrepartie ? Quelles sont ses propositions pour la formation et l'encouragement à la recherche, vraies valeurs de la Suisse? Va-t-on continuer à investir dans un budget militaire pléthorique ? Quel est le rôle de l'armée en Suisse et comment voit-il son évolution ? Comment compte-t-il aider les PME suisses dans les mois qui vont venir ? A-t-il un plan de relance, est-il d'accord avec les propositions du Conseil fédéral actuel ?

Beaucoup de questions que peu de journalistes soulèvent (à moins que P. Décaillet le fasse dans ses émissions) et sur lesquelles j'aimerais bien connaître les positions des deux candidats.

Écrit par : Tatage | 02/12/2008

Où faut-il classer cet article, cher Pascal ? Parmi ceux qui règlent des comptes avec le PDC ou parmi ceux qui appellent à une droite unie par-dessus les chamailleries ? Finalement ça n'a que peu d'importance. C'est du pur Décaillet.

Écrit par : Zufferey | 02/12/2008

Christoph Blocher parle des 30% de l'UDC.
Christoph Blocher aurait-il quelques défaillances!
Je crois savoir que l'UDC faisait 29 %
Et avec la scission Moins 5 %

Cela fait 24 %

Compte-t-il toujours aussi mal! "Au secours, il revient!" Et le pourcentage de l'UDC va baisser, baisser............

Écrit par : Oceane | 02/12/2008

Bravo Oceane pour votre precision dans les comptes d'epiciers. Et savez vous combien font les verts qui reclament egalement une place au CF ?

CE

Écrit par : Eastwood | 02/12/2008

Salutations,

Quand on se revendique des droits, on doit assumer des devoirs.
Je ne suis pas sûr que Ueli Maurer soit prêt à assumer ses devoirs, de collégialité comme de fonctionnalité.

Quentin ADLER

PS: Quitte à élire un UDC pur sucre, mieux vaut élire Christophe Blocher.

Écrit par : Quentin ADLER | 02/12/2008

*Tatage, "y a ma moto qui a dératé".
Ne demandez pas à CB de gouverner le département de Finances. Il faut laisser à Néron ce qui est à Néron.
Blocher est tombé en disgrâce pour beaucoup de people, ne sachant même plus distinguer ces mérites. Il a tenu son département avec rigueur et a fait économiser beaucoup, très très beaucoup de "blé" à la Confédération. Aucun journaliste en parle et je le déplore.
Quant aux accusations gratuites qu'il est contre les étrangers, vous très mal informé. Il est contre les délinquants étrangers et éjection des moutons noirs (comme moi), lire brigands, criminels, et Dieu sait, je ne suis point Blochérien!
*Michel Sommer, avec un nom pareil, vous devriez le savoir! Casque à boulons, est l'expression péjorative, employée par les Swiss Totos pour désigner les Allemands (casque de la dernière guerre 39-45), donc rien à y voir avec nous Staubirns. Ceci pour les ignorants,
Ceci à l'adresse des Romands ignorants, y compris l'Austro-Suisse Libre-chanteur Freysinger!
L'aile UDC zurichoise pure et dure se distingue de l'aile bernoise renégate, agrarienne, un peu mou, qui a pris le virage à gauche jusqu'à se séparer.

Pour le reste, un grand bravo à Pascal Décaillet, qui a su parler avec respect au nom de très très beaucoup de vrais Suisses !
Dire que Maurer est un clône de Blocher est mal connaître ce personnage, qui a toujours vécu dans l'ombre de Christoph. Souvent pas d'accord, UM n'a jamais réussi à imposer ses vues à un CB triomphant! Réussira-t-il encore dans l'opposition à faire "souffrir et transpirer" un Ueli Maurer, élu CF à sa place?

Si l'envie vous prend, vous seriez peut-être déçu en bien, visitez mon blog "étoiledeneige" (Coup de Jarnac contre l'UDC zurichoise?), blog que notre ami Jean-François Mabut ne semble pas avoir jugé digne de mettre en évidence. Il m'en veut et je cherche toujours les raisons du pourquoi ! Suis-je trop à droite pour lui, lui qui ne laisse certainement pas, comme tant d'autres, un seul bon cheveu à l'UDC.

Écrit par : Etoile de Neige | 02/12/2008

Bonjour !
C'est exactement cela, Monsieur Décaillet: ce que veulent ceux qui prétendent parler au nom du Peuple, c'est un UDC vert et socialiste.

:o)

Écrit par : Blondesen | 02/12/2008

Réponse à Tatage.

J'ai dit que Maurer n'était pas si mal, parce que bien entendu je préfèrerais Blocher, qu'il serait préférable d'élire maintenant et qu'il eut été infiniment préférable de réélire le 12 décembre. Faute de mieux je trouve Maurer passable, quoiqu'ayant ses limites par rapport à Blocher, mais au moins c'est quelqu'un qui ne trahira pas ses électeurs comme Schmid et miss Schlumpf.

Tatage, il est évident que vous êtes à l'opposé à 180 degrés de la vision UDC et de la mienne. Donc je n'ai pas l'illusion de vous faire changer d'avis.

Mais juste pour répondre rapidement à ce que vous dites:

C'est une caricature d'affirmer que l'UDC veut fermer les frontières. Ce parti est le premier à défendre les intérêts de notre industrie d'exportation. M. Blocher a été un très grand industriel qui exportait 90% de ses produits. Croyez vous qu'il soit fou au point de vouloir que notre pays se prive de la possibilité d'exporter? Evidemment non. Seulement, les autres pays, par exemple le Royaume Uni, ont pris des mesures de protection de leur main d'oeuvre contre l'afflux de main d'oeuvre à bas salaires, provenant d'Europe de l'est.

Pourquoi les travailleurs suissses seraient-ils les seuls à ne pas avoir le droit de prendre des mesures de simple prudence?

Il est légitime, dans une période où les emplois vont se faire rare, de donner la priorité à l'emploi aux Suisses et ne pas ouvrir les vannes au dumping salarial et social. J'espère que les ouvriers ne suivront pas leurs hiérarchies syndicalistes qui sont prêtes à sacrifier les intérêts de leurs cotisants pour pourvoir faire des belles carrières dans les instances européennes.

Je vous conseille de vous renseigner sur l'arrêt Rüffert où la Cour européenne de justice a condamné le Land de Basse Saxe qui avait exigé que des travailleurs polonais soient payés au salaire allemand, à les engager au salaire polonais, sans quoi c'était contraire au droit européen. Et quand vous aurez lu ça, vous me direz si les syndicats suisses qui sont en faveur de ce genre de choses, en pratique, défendent mieux les travailleurs suisses.

Il faut arrêter avec le mensonge consistant à faire un chantage sur les électeurs avec la "clause guillotine". Tout le monde sait que même si la libre circulation était refusée chez nous, l'UE maintiendrait les accords bilatéraux parce que c'est son intérêt et que si elle les annullait elle se tirerait dans le pied ce qu'elle ne peut se permetre en cette période difficile.

"Moyens de relance de l'économie... " La force de l'économie suisse c'est qu'elle est dirigée par des entrepreneurs, non par des bureaucrates comme le voudrait la gauche, que le marché du travail est flexible, que le système fiscal est un peu moins lourd qu'ailleurs, etc. Il serait peut-être possible de commencer plus tôt que prévu certains grands travaux d'infrastucture pour stimuler un peu le bâtiment. Quand le bâtiment va tout va, on dit. Mais ne nous faisons aucune illusion. Si on écoutait les Levrat & Co qui sont complètement à côté de la plaque avec leurs appels à un interventionnisme étatique, c'est là que les dégats seraient le pires.

Vous voulez aider les PME. La meilleurs façon de les aider c'est d'avoir une politique de droite qui n'augmente pas les impôts et n'assome pas de paperasses inutiles les patrons de PME.


Je ferais plus confiance à un homme comme monsieur Blocher qu'à cette paire d'incompétents du PS qui ne savent rien faire d'autre que de remuer les émotions de manière populiste sur la question des banques.

Vous auriez peut-être voulu qu'on laisse couler l'UBS? Il aurait été beau le résultat!

Aide aux banques, vous demandez "avec quelle contrepartie"? Donc vous êtes pour une nationalisation pure et simple. Vous pensez que le genre de bureaucrates qu'un Levrat aime tant, seraient mieux qualifiés pour gérer les banques. C'est votre avis. Pas le mien.

Encouragement à la recherche: je n'ai pas l'impression que M. Blocher a voulu supprimer la recherche scientifique, au contraire. Personnellement, je pense qu'il serait nécessaire de mettre à pied un certain nombre d'agitateurs marxistes qui se sont installé dans le fromage fédéral grâce à leurs postes de "chercheurs" en sociologie etc. grassement payés, et qui abusent des deniers publics pour faire de la propagande d'extrême gauche. Ca oui. On pourrait économiser un peu là dessus. Mais c'est tout.

Enfin sur l'armée. Vous êtes de ceux qui veulent démanteler un budget militaire "pléthorique". On dirait que vous n'aimez pas l'armée. Très bien, c'est votre avis.

Mais êtes vous conscient qu'en pratique votre conception aboutira à avoir une armée de professionnels de 50'000 hommes environ qui iront se faire tuer en Afghanistan ou ailleurs aux ordres de l'OTAN, car nous serions dans l'OTAN si on suit la vision de la gauche. Et en cas de menace sur le territoire, personne ne viendrait à notre secours.

Vous direz que c'est une vision du passé. Allez demander aux gens de Yougoslavie, ou de Géorgie, si la guerre appartient au passé!

Il ne sera malheuresement pas possible de dénoncer le traité désastreux dit "Partenariate for Peace", ce qui signifie OTAN mais sans dire le mot, un traité que la pression américaine nous a forcé à signer et que la classe politique a réussi à avaliser en forçant la main au peuple et en lui mentant. C'est ainsi qu'on a adopté la réforme Armée 21 dont les conséquences sont les catastrophes de l'ère Schmid.

Maintenant tout cela mérite d'être réévalué, à la lumière de la nouvelle donne internationale (Géorgie, risque de guerre majeur en Ukraine, etc.)

Ce qu'il faut faire, c'est rééquilibrer les priorités pour remettre l'accent sur la défense du territoire par rapport aux autres missions, renoncer aux engagements à l'étranger - que de toute façon le peuple ne supportera pas si on lui demande vraiment -, le tout en respectant nos engagements internationaux dont il ne serait hélas pas possible de nous libérer pour le moment, même si ce serait au fond ce qu'il faudrait faire. Il faut aussi réaffirmer la neutralité permanente et armée qui n'existe plus depuis Flavio Cotti, Micheline Calmy-Rey, Adolf Ogi et Samuel Schmid, honte à eux!

Tout cela est très simple, mais il n'y a que l'UDC "blochérienne" qui soit capable de le faire. Ca couterait moins cher, au bout du compte, que la réduction des effectifs de la mini-armée professionnelle membre de l'OTAN que la gauche, en réalité, veut.

Bon voilà, je vous ai donné en gros mon opinion sur les points que vous avez soulevés. Je pense être assez proche des idées de monsieur Christophe Blocher, sans vouloir l'engager bien entendu.

Écrit par : Claudine Moginet | 02/12/2008

"La repésentation populaire a décidément du mal à s'imposer dans ce pays! Constater qu'on peut être évincé alors qu'on a gagné très largement par les urnes, c'est simplement un déni de démocratie, "

Mais quelle est l'UDC qui a gagné ces élections ? Là est toute la question. J'ai mis pas mal d'énergie à me battre contre des imbéciles qui traitaient l'UDC des élections fédérales de fascistes. Parce qu'il existait alors toute une droite agrarienne bien utile pour faire contrepoids aux idioties des bobos socialistes. Pour des raisons qui leur appartiennent, les forces dominantes de l'UDC ont décidé d'éliminer les agrariens (à l'exception des lâches vaudois...).
Maurer est un représentant de cette tendance du pire, appellons-la zurichoise. Et s'il a la carrure d'un conseiller fédéral, moi je peux remplacer Nadine de Rothschild pour ses cours de savoir-vivre...

Écrit par : Géo | 02/12/2008

*Geo, réflechissez et ne soyez pas trop dure avec l'aile ou la cuisse ... zurichoise. Elle peu même être succulente, par moments.
*Claudine, vous écrivez comme un homme et je suis plus près de vous que de Tatage. Vous ne semblez pas être sur la même longueur d'onde et à chacun son opinion. On verra dans 8 jours.
De toute façon, la Suisse Romande vote en principe toujours autrement que les Swiss Totos. Vérifiez et vous verrez !
Analysant les résultats, je me demande parfois s'il font exprès de voter contre le cours de l'eau !

Écrit par : Etoile de Neige | 02/12/2008

@Claudine Moginet : Vous me prêtez beaucoup d'intentions que je n'ai même pas exprimées! J'ai juste osé quelques questions que j'aimerais bien voir poser aux candidats UDC, Blocher ou Maurer. C'est tout. Je n'ai pas donné mon opinion, ou bien ?(comme on dit en Suisse romande)

J'espère que M. Blocher vous prendra dans son équipe comme conseillère, vous semblez avoir des réponses à tout. Permettez toutefois aux 71% (au moins) de la population qui n'a pas voté pour l'UDC d'avoir une opinion contraire à la vôtre.

J'ai entendu sur les ondes de la RSR CB critiquer la politique "laxiste" de Mme E. Widmer-Schlumpf face aux migrants, alors qu'elle pratique une politique de droite des plus strictes, appliquant les règlements décidés par son prédécesseur. J'ai donc quelques doutes à le voir fonctionner dans un groupe dont il ne partage pas ni les idées, ni les orientations.

Le problème de la migration des peuples à travers le monde ne se résout pas seul, dans ce petit pays isolé au coeur de l'Europe. Ceux qui le prétendent mentent. (Voir les statistiques de l'UNHCR http://www.unhcr.org/statistics/STATISTICS/48f742792.pdf ) J'ai quelques craintes quand j'entends les opinions pour le moins tranchées de ses représentants. Ils prônent l'isolement total, je pense que ce n'est pas une voix possible pour la Suisse. Le monde a changé, le mur de Berlin est tombé et GWB va prendre sa retraite.

Quant aux questions d'exportation, un franc fort nuit aux exportateurs, mais ce n'est pas la Suisse qui est maître de ce jeu, pas plus l'UDC que les autres partis. Là encore, il faut des alliances, des accords et non pas se replier sur soi. Où sont les accords, où sont les relais, où sont les politiciens visionnaires et compétents en politique étrangère et économique pour les temps de crise ? Je ne les vois pas et surtout je constate que les vraies questions ne sont quasiment jamais posées, hélas.

Écrit par : Tatage | 02/12/2008

L'UDC a fait 29% lors du dernier scrutin fédéral. D'accord avec ce chiffre, mais en réalité, étant le seul parti (avec le PBD ?!) à revendiquer officiellement le retrait de la demande d'adhésion à l'UE, c'est donc plus de 50% de la population qui le soutient. Les parlementaires fédéraux devraient ne pas le négliger le 10 décembre et élire un élu UDC (c'est à dire l'un des 2 candidats officiels, peu importe lequel !).
Quant au PDC, qu'il réfléchisse sérieusement avec qui il compte faire alliance dorénavant, sous peine de retour de flamme rapide, voire de scission entre leurs ailes "chrétienne-sociale" et "chrétienne-conservatrice".
Pendant qu'on y est, j'envoie une petite piqûre aux radicaux genevois : eux qui se revendiquent de J. Fazy, ont-ils tous oublié que son successeur, A. Carteret, a refusé son héritage politique, celle-la ayant mené Genève au bord de la ruine ?

Écrit par : R. Bouvier | 02/12/2008

Une fois de plus l'analyse de P. Decaillet est juste.
J'ajouterai que je suis surpris du nombre de parlementaires qui ont assisté aux différentes séances du CF pour savoir ce qu'il s'y passait!
Pour l'élection du CF, le parlement voulant jouer avec le résultat des scrutins, il faudra peut-être que le peuple lui fixe des règles. On pourrait imaginer que la constitution donne par exemple la présidence de la confédération pour la législature au parti arrivé en tête, un siège par tranche de 15% de suffrages recueillis avec un minimum de 10% pour avoir un siège. Les régions linguistiques devant être représentées à raison d'un italophone et 2 francophones au minimum.
Chaque parti étant responsable de choisir son(ses élus) Les partis ayant plus d'un siège ont la responsabilité de l'équilibre linguistique. Dans le cas où il n'y aurait pas de partis à deux sièges, les derniers devront compléter les "trous".
Le parlement appréciant des règles pour élire les Conseillers Fédéraux devraient aimer celles-ci.....

Écrit par : salegueule | 02/12/2008

Concernant la démocratie, le peuple à encore démontré clairement qu'il s'en foutait de la démocratie avec le refus de l'initiative des droits de recourt (qui en plus seul a été démocratiquement rejetée par seulement une minorité des électeurs de ce pays). Les gens préfèrent faire confiance à des "gens qui prétendent savoir mieux que vous" que d'être égaux quant aux choix à faire pour ce pays.

Vous votez de manière à ce que certains puissent agir à contre démocratie, il ne faut pas se plaindre ensuite que justement ces "gens qui prétendent savoir mieux que vous" ignorent ce que vous demandez dans les urnes.

Vous continuez à faire confiance à ces "professionels", à ces "experts"? Et ben justement ces experts s'en foutent de ce que vous pensez puisque EUX ont raison, et en plus vous leur avez donner tous les outils pour qu'ils puissent continuer pleinement à ignorer votre avis.

Écrit par : DdDnews | 03/12/2008

Je n'ai jamais été aussi d'accord avec vous, DdD...
La Suisse n'est pas une démocratie, mais une oligarchie représentative...et les Suisses sont très très naïfs.

Écrit par : Géo | 03/12/2008

Un complexe d'infériorité sans doute géo. Ils se rassurent en étant fier de parler de la démocratie mais qui supportent mal la défaite. Alors ils trouvent des stratagèmes politique afin que quand même, ils puissent faire ce qu'ils veulent.

Mais ce qui est paradoxalement rassurant, c'est que la grande majorité de la population Suisse l'a très bien compris, ont peut le voir avec le taux de participation. Et je suis un grand opposant de la votation obligatoire, car la non participation permet de voir qu'en réalité, certains dirigeant sont complètement non-rerpésentatif de la pensée majoritaire.

Écrit par : DdDnews | 03/12/2008

David, Géo (Roland Favre) a totalement raison.
La Suisse est tout comme la Russie, un pays d'oligarques.
Regardez le cirque concernant les élections du 10 décembre.
L'incroyable Hulk (Ueli Leuenberger) nous rejoue la fable du crapaud.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 03/12/2008

Les réflexions de R. Bouvier, salegueule, DdDnews et Géo sont chacune très intéressantes.

R. Bouvier, vous avez raison de dire qu'en réalité, sur la question centrale qui domine toutes les autres, celle de l'indépendance de la Suisse et de son refus de se dissoudre dans les sables mouvants de l'Europe bruxelloise, l'UDC ne représente pas 29% mais 51%, ou même plus, car elle représente tous ceux qui sont pour l'Alleingang.

29 ou 30%, dans un système à la proportionelle, c'est à peu près le maximum de ce que nimporte quel parti peut atteindre. Quand il y a plus de 2 partis, il est impossible, à la proportionnelle, à un seul parti d'atteindre une majorité.

Dans le système anglais, où le parti le plus fort en majorité relative recueille la majorité des sièges, l'UDC aurait une majorité écrasante du parlement et pourrait gouverner seul. Dommage qu'on ait pas le système électoral anglais.

On a beau dire que 70-71% n'ont pas voté pour l'UDC. Et c'est vrai que, sur le papier, le parlement avait le droit de ne pas voter l'homme qui dans un autre pays aurait eu droit automatiquement au poste de premier ministre. Tout cela est vrai sur le plan de l'argutie constitutionnelle et juridique. Mais dans la perception vécue, psychologique il en va tout autrement. Là cela apparaît comme une scandaleuse intrigue de palais et une entorloupette contre la démocratie.

Salegueule propose une réforme constitutionnelle très ingénieuse, qui permettrait d'éviter ce sentiment de profonde frustration et de déni de démocratie de la part de la population. Je serais pour sa réforme. Ce serait bien qu'on s'inspire de ses suggestions, mais il faut savoir que cela cimenterait le rôle prédominant de l'UDC blochérienne. C'est bien pour celà que la classe politique, attachée à ses rentes de situation, à ses privilèges, à ses aises, à ses copinages et à son confort, s'y refuse de toute ses forces.

DdDnews met le doigt sur un endroit où la chatte a mal au pied. Certes il existe en Suisse, sur le papier, la démocratie la plus étendue qui ait jamais existé, et existera jamis, probablement, sur cette planète. Mais en même temps, je suis d'accord avec DdDnews: on est déçu de constater que trop souvent le peuple se comporte comme un mouton qui se laisse faire la leçon par le préchi précha des pasteurs, instituteurs, et bien pensants de tous poils de la gauche pro ONU, verte, européiste etc., la plus platement conformiste.

Le peuple est bien pensant. Il préfère être en accord avec les tenants de l'autorité, ou de la pseudo autorité, morale. Autrefois cette autorité était exercée par des ecclésistique en robe noire, à rabats, qu'ils soient catholiques ou protestants, qui prêchaient l'ordre moral, la hiérarchie sociale, la soumission aux riches, etc. Aujourd'hui les moyens de l'autorité morale (médias, postes universitaires de sociologues, etc.)ont été monopolisés par ce nouveau clergé qu'est l'intelligentsia de gauche soixante-huitarde embourgeoisée, mais pas assagie en ce qui concerne le caractère délétère de son idéologie. Le même peuple qui votait au XIXe siècle comme ses curés ou ses pasteurs lui disaient de le faire, suit aujourd'hui, avec un conformisme désolant, les mots d'ordres de ce nouveau clergé d'intellos ou pseudo intellos, illégitime, mais d'autant plus agresssif dans sa répression morale et son absolutisme intolérant.

Il y a aujourd'hui une police de la pensée et une répression idéologique "soft" en apparence mais pire au fond que celle de l'inquisition espagnole ou du consistoire de Calvin. Pour le moment il n'y a pas encore eu de révolte ouverte contre cette férule oppressive. Mais ça va venir. Espérons le du moins.

Le peuple, dans une certaine mesure s'y soumet. C'est ce qui explique certains votes décevants. Géo a donc tout à fait raison de conclure mélancoliquement que nous vivons, non en démocratie, mais en oligarchie représentative.

C'est probablement dans la nature humaine. Rousseau ne disait-il pas? "...à proprement parler il n'y a jamais eu, et il n'y aura jamais de démo-cratie" (contrat social), et le grand meneur républicain radical Georges Clemenceau, grand défenseur de la démocratie s'il en fut, ne disait-il pas? "... en réalité nous avons toujours été gouvernés par des oligarchies d'intérêts...".

La Suisse, malgré ses institution de démocratie directe, ne fait pas exception.

Au fond, dans tous les pays du monde c'est pareil, il y a des élites régnantes, visibles ou exercant leur pouvoir en secret (pouvoir économique, financier, obédiences philosophiques, hiérarchies cléricales ou autres), elles prennent leurs décisions à l'abri du suffrage universel, et ensuite le peuple est appelé à les entériner. En fin de compte la démocratie est le meilleur système qu'aucune oligarchie ait pu historiquement inventé pour faire endosser ses propres volontés par el peuple, entité anonyme et irresponsable. Ainsi personne ne va chercher la responsabilités des vrais décideurs.

Plus le système démocratique est développé plus l'enregistrement des décisions de l'oligarchie prend du temps. En Suisse c'est spécialement lent. Mais à la fin l'oligarchie finit toujours par arriver à ses fins.

Exemple: l'ONU. Le peuple suisse l'avait refusé à 75% de majorité. Dans une vraie démocratie on se le serait définitivement tenu pour dit. Non, le clergé progressiste internationaliste, au service de l'oligarchie, a mené une campagne d'endoctrinement pro ONU pendant 16 ans, en utilisant les grandes orgues médiatiques. Quand on a jugé le peuple suffisament imbibé de la bonne doctrine, on a remis la compresse. On a demandé à un Conseiller fédéral accessoirement catholique: Joseph Deiss, connu pour sa position anti-avortement, ce qui inspirait confiance à beaucoup de gens, de se faire le porte parole de la cause, pour mieux faire passer la pilule dans les secteurs conservateurs de l'opinion. Et le pire c'est que ça a marché. Le peuple de Panurge a marché dans la combine. On est entré dans ce machin. Et c'est pourquoi maintenant nous avons le plaisir de nous faire faire la leçon par tous les Doudou Dième de ce monde. C'était le but recherché.

Maintenant l'oligarchie idéologique cléricale progressiste, représentante camouflée d'intérêts qui, eux, sont sonnants et trébuchants, et qui régne dans les médias, a deux objectifs: l'entrée de la Suisse dans l'UE et dnas l'OTAN.

Jusqu'à maintenant ça n'a réussi qu'à moitié, à cause de l'opposition acharnée et tenace d'une fraction de l'oligarchie, minoritraire, alliée au peuple, ce qui la rend très forte. Il s'agit de la mouvance emmenée par Blocher et c'est pourquoi elle est vouée aux gémonies en permanence par les médias.

On avait pourtant fait bien les choses.

On avait trouvé des laquais zélés pour servir la cause des puissants, comme Dolf Ogi, modeste prof de ski, sympathique. Vous prenez un prof de ski, vous en faites un conseiller fédéral. Avant de le nommer vous lui dites: Bon, si tu veux on va te nommer là, mais tu dois jurer de faire ceci et cela. Vous êtes prof de ski, vous faites quoi? Vous jurez, croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer, et vous crachez par terre. C'est ce qu'a fait Ogi. Et il a commencé ces réformes entamant le processus de soumission de notre armée à l'OTAN.

Ensuite Ogi est parti à la retraite. Entretemps le mouvement non conformiste emmené par le seul homme indépendantd du monde politique suisse, Christoph Blocher, s'était déjà beaucoup renforcé. Comme c'était son parti qui avait droit au siège laissé vacant par Ogi, il s'agissait pour l'oligarchie de trouver un idiot utile pour servir ses intérêts à elle, contre la volonté du parti en question et de ses électeurs. On a trouvé Samuel Schmid, un homme plutôt moyen, mais présentable, bon père de famille conservateur, avec une petite moustache à la Henri Guisan, notaire, colonel, tout pour plaire, très ambitieux car toute sa vie il avait été dans l'ombre de son frère, plus doué que lui, qui siégeait dans le prestigieux gouvernement bernois. Il voulait à tout prix être conseiller fédéral pour briller enfin. On lui a dit: on va faire de toi un conseiller fédéral mais tu dois promettre que tu vendras au peuple ce projet Armée 21 que nous voulons, et qui est synonyme d'OTAN et d'abandon de la neutralité. Il faut jurer. Il a juré, comme Ogi. Et il est passé de son étude de notaire villageoise au Palais fédéral. Evidemment la base n'était pas contente, sauf dans le canton de Berne, où l'amour propre local et l'esprit de clocher tient à maintenir à nimporte quel prix le siège bernois au Palais fédéral. Voilà pourquoi Schmid n'a jamais été accepté par son parti. (Voilà aussi pourquoi l'UDC bernoise, qui idéologiquement encore plus réactionnaire que le reste de l'UDC, a été décrite comme plus "libérale". En réalité il ne s'agissait que d'esprit de clocher bernois.)

Sur cette question et sur celle de l'Europe, la résistance du peuple est forte, parce que le peuple est allié à une représentant puissant d'une frange minoritaire de l'establishment: Blocher. Comme cela déplait au clergé conformiste des intellectuels de gauche et pro européens, on essaie de disqualifier cette mouvance et c'est pourquoi on parle de "populisme". Le populisme c'est la démocratie quand la démocratie vote d'une façon qui déplait aux médias progressistes. Rien d'autre.

L'outsider Blocher est fort car il peut se permettre d'être indépendant et de dire merde aux oligarques parce qu'il a, lui, un grosse fortune, qu'il a faite lui-même. Lui, on ne peut pas l'acheter comme un vulgaire prof de ski, en lui offrant une ascension miraculeuse dans l'Olympe du conseil fédéral. Ca ne l'impressionne pas. Il n'a pas besoin de ça.

Voilà pourquoi il fallait faire en permanence une campagne de dénigrement de cet homme et de son parti. Blocher défend des idées qui ne sont rien d'autre que le consensus auquel on cru la majorité de la Suisse démocratique de 1848 à nos jours avant que le clergé intello et l'oligarchie ne tournent internationaliste, onusienne, pro européenne. Donc on ne fait pas plus démocratique. C'est ce qui explique son succès. L'accusation de non démocratie et de populisme est une calomnie et une foutaise. Mais certains milieux timorés, gobent ce bobards car ils sont bien pensants, en effet.

Il y a eu un glissement à droite de l'électorat, qui a renforcé (triplé) l'UDC et fait perdre la moitié de leurs électeurs aux PDC et PRD, en attendant que le PS subisse le même sort. On a tout essayé pour tenter d'enmpêcher le respect de la volonté populaire qu'exprime ce fait. Tout, absolument tout! On n'est pas encore evnu à bout de Blocher, ni de la masse du peuple qui le suit.

On a toujours essayé de prendre au service de l'oligarchie dominante des éléments issus du parti de Blocher, mais pour faire une politique contraire, ou pour sortir Blocher du cercle du pouvoir.

Schmid, et Widmer-Schlumpf c'était ça.

Maintenant que l'UDC a pris des mesures énergiques, mais indispensables, pour se prémunir contre ces coups tordus, on ne peut plus refaire le même coup. Alors la classe politique tente, en désespoir de cause, de hisser sur la pavois un homme modeste, Uli Maurer, pensant qu'elle pourra finalement l'acheter et l'amener à transiger, à compromettre son parti. On sait que Maurer n'a pas l'indépendance de fortune personelle qui lui permettrait la même liberté que Blocher, son maître. On espère quil acceptera, derrière les portes closes du CF, de changer de maître. Berne vaut bien une messe. C'est ce qu'on suppute.

Ca ne marchera peut-être pas. Maurer ne trahira peut-être pas. Mais même ça on va essayer. L'oligarchie suisse est très riche et très puissante. Elle peut offfrir beaucoup de choses très tentante aux petits politiciens qui ont un peu d'ambition. Il est intéressant de noter que la classe politque n'est plus du tout choquée par l'affiche des moutons sur laquelle il était convenu de montrer une vertueuse indignation. Il ne s'agit pas de cela, la vertu et morale ont bon dos. Il s'agit uniquement des intérêts et des volontés d'une oligarchie qui veut entrer dans l'OTAN parce que cela fait partie de sa politique égoïste et intéressée liée aux multinationales.

Malgré tout cela, que Géo a très bien vu, l'existence d'un recours au peuple, par l'initiative et le référendum, reste d'une utilité inestimable. Car, de temps en temps, rarement, il arrive que le peuple se comporte vraiment en souverain et modifie le cours des choses.

C'est extrêmement rare. Mais ça a été le cas en 1992, quand le peuple a refusé l'EEE. Il a fallu, pour que le peuple s'enhardisse à ce point, une circonstance exceptionnelle: la présence d'un homme qui représentait un aspect de l'oligarchie dirigeante et une certaine autorité institutionnelle, le grand industriel, politicien et colonel Blocher, un des leaders d'un parti gouvernemental: l'UDC. C'est grâce à sa présence et à son engaement corps et âme (et même portemonnaire paraît-il) dans la bataille, que, pour une fois, le peuple a pris conscience de lui-même et a osé se rebeller un peu et ne pas se laisser mener par le bout du nez comme d'habitude.

De ce point de vue c'était vraiment un évènement historique. Normalement la volonté de l'oligarchie aurait du être satisfaite du premier coup. Eh! bien non. Il y a eu un os. Cet os s'appelle Blocher. C'est un os difficile à ronger.

Tout cela est un combat terrible pour la démocratie et pour nos libertés, qui est mené depuis une génération déjà, par Blocher et ses amis. C'est une lutte terrible car le peuple, allié à un membre "OUTSIDER" de la classe dirigeante: Blocher, est opposé à la portion majoritaire de l'oligarchie.

Et Géo a raison. L'oligarchie suisse est très puissante, oligarchie représentative, oui, car les "représentants, les élus, une fois élus, et élus pour représenter en théorie leurs électeurs, deviennent presque immédiatement des représentants, en réalité, de l'oligarchie, qui dispose de moxens presque illimités pour les manipuler, les acheter, les jouer les uns contre les autres, et en faire, en pratique, ses instruments, directs ou indirects, et tout simplement ses serviteurs.

Personnellement j'espère que ce combat sera gagné par le mouvement incarné par l'outsider Blocher. Car si l'oligarchie pro EUROTAN l'emporte avec ses méthodes cyniques et sa manipulation hypocrite et moralisatrice de l'opinion par les médias, ainsi que son alliance non moins hypocrite avec des intellos de gauche incrustés dans les médias et les universités comme dans un fromage.

Cette clique ne mérite pas le respect, du moins pas le mien, car pour la plupart ce sont des anti-militaristes et anciens objecteurs de pseudo-conscience qui dans leur jeunesse ont fait partie de comités de soldats ou de choses du genre. Ils n'ont pas voulu défendre leur pays dans les anées 1970 quand ils étaient jeunes. ils n'ont pas le droit, aujourd'hui, de donner la leçon! Voilà mon avis personnel. Et quand on entend un de ces intellos aujourd'hui plaider pour la politique militaire officielle, celle que combat l'UDC, on devrait leur demander: mon bon monsieur, avez vous fait votre service militaire, avez-vous été loyaql envers la patrie, quand vous êtiez jeune. Quel est votre cursus militaire? Ah bon , vous avez commis le refus de servir. Et maintenant vous voulez qu'on envoie nos jeunes se faire tuer en Afghanistan sous les ordres de l'ONU. Mon bon monsieur, vous n'êtes pas qualifié pour parler de ces choses là. Voilà ce qu'on devrait oser dire à ces hypocrites.

Si cette partie là de l'oligarchie et ses valets intellos l'emporte, alors ce sera la fin de cet espace de liberté que représente dans le monde la Suisse, avec sa démocratie directe, son indépendance, sa neutralité.



P.S. (Si certains sont d'accord avec moi ou souhaitent dialoguer avec moi personnellement ils peuvent le faire à mon adresse perso: novum@ifrance.com )

Écrit par : Claudine Moginet | 03/12/2008

Mme Moginet

en tant que simple citoyenne suisse ni journaliste ni ,proffesseur et en plus demeurant à geneve,je suis entièrement d'accord avec vous.

Écrit par : c.deleze | 03/12/2008

Ce que M. Décaillet omet de signaler, c'est que le PEUPLE SUISSE lui-même est opposé à 70% au retour de M.Blocher au conseil fédéral comme l'a montré un récent sondage.
Alors s'il vous plait, pour une fois dans cette république sur laquelle règne les petits copains milliardaires de l' UDCPRD, pour une fois, respectez la volonté du peuple

Écrit par : Yann Perrin | 04/12/2008

Ueli Maurer devant le groupe radical.

M. Maurer:
- Etes-vous pour la collégialité?
- Etes-vous pour une ouverture de la Suisse?
- Etes-vous pour la concordance?
- Etes-vous prêts pour travailler ensemble?

A toutes ces questions, M. Maurer répond affirmativement.

Incrédulité dans le groupe.
- M. Maurer, vous allez bien? Avez-vous un problème?
M. Maurer, répond, souriant, confiant et heureux:
- J'ai refusé de prendre les pilules béni-oui-oui distribuées par Christoph Blocher.
Ce médicament révolutionnaire a été élaboré en secret dans son usine!
- Enfin, je suis moi-même.

Écrit par : Oceane | 04/12/2008

@Claudine Moginet: J'aime beaucoup votre façon de mettre tous les œufs dans le même panier... Si je comprends bien votre raisonnement, le peuple est souverain uniquement lorsqu'il vote comme le demande l'UDC (votre exemple: non adhésion à l'EEE en 1992)?

Je vous remercie de prendre le peuple pour des crétins bêlants uniquement parce que les gens qui le composent n'ont pas les mêmes opinions que le parti défendu si vaillamment par vos soins.

De plus, vous insistez lourdement afin d'écraser les politiciens du centre ou de gauche qui sont des intellos populistes travaillant secrètement pour le compte de mouvements obscurs aux motivations inavouables.

Votre frustration et votre paranoïa sont aussi extrêmes que vos idées...

Écrit par : Hannah | 04/12/2008

Vous pouvez bien être énervée par mes propos. C'est votre droit. Mais vous ne pouvez en aucun cas contester que, en 1992, le 99.9% des médias étaient pour l'EEE, et qu'ils étaient d'accord en cela avec les corps constitués, le Conseiller fédéral Delamuraz, et tous ses collègues, les grandes têtes pensantes de l'université, tout le monde, absolument tout le monde. Et rappelez vous les propos sur le "dimanche noir", etc., qui démontraient le respect qu'on avait, du côté des médias et des autorités dominantes, pour la volonté du suffrage universel.

Par conséquent je constate que c'est l'une des très rares fois, où l'on peut dire que le corps électoral a osé défier la bien pensance officielle des donneurs de leçons, et l'autorité tout simplement. Il a osé le faire parce qu'il a trouvé un leader investi lui-même d'une certaine autorité, même si c'était un outsider opposé à la majorité de la classe dirigeante: Blocher.

Oui, c'est vrai, c'est cela qui justifie le maintien de la démocratie directe, que les nouvelles élites pro européennes aimeraient tant supprimer. De toutes façons si la Suisse entre dans l'UE, la démocratie directe sera supprimée, c'est bien ce que veulent les politiciens: le pouvoir mais sans le peuple. M. Décaillet l'a exprimé très justement en disant: "Ah, comme tout serait plus simple si la politique n’était confiée qu’à des notaires et des notables, entre soi cooptés, sans ces détestables signaux, tous les quatre ans, de cet intrus qui s’appelle le peuple".

Sans la démocratie directe, on ne consulterait même plus le peuple. On ferait tout en circuit fermé avec des élus si faciles à contrôler, je dirais même à acheter, par mille moyens détournés et absolument légaux: par des promesses de sièges dans des conseils d'administration, par des articles flatteurs dans la presse, par le fait de faciliter la carrière de celui-ci, de bloquer celle de celui-là s'il vote d'une façon qui déplait.

En Suisse nous avons encore la démocratie directe. Donc de temps en temps il arrive que le corps électoral ose voter contre les médias (qui appartiennent aux puissants, il n'y a que 3 familles d'éditeurs de journaux en Suisse, qui tiennent 80% de la presse écrite, en gros) ou à l'Etat.

Citez moi un autre cas où le peuple que le 6 décembre 1992 ou le peuple a voté contre les mots d'ordres de tous les médias. Ces cas là, on peut les compter sur les doigts d'une main.

Le plus marquant a été le vote du 6 décembre 1992. Car là vraiment une volonté centrale de l'establishment a été mise en échec.

Mais rassurez vous, le bulldozer de la propagande politique est en marche. Il s'agit d'isoler l'UDC en la traitant de populiste. Quelqu'un comme M. Décaillet fait exception, car il a une certaine indéopendance d'opinion. Eh! bien voilà, il lui est arrivé des misères à la radio d'Etat. Pourquoi donc? Parce que la liberté de pensée n'est pas trop appréciée par les censeurs de la gauche bien pensante au pouvoir dans les médias.

On est prêt à préparer le terrain pendant des années mais à la fin on est bien décidé à atteindre l'objectif. La Suisse, pour cet establishment là, doit adhérer à l'Europe de Bruxelles, et elle doit aller dasn l'OTAN.

Espérons que sur ces deux points la volonté de l'establishment sera, exceptionnellement, mise en échec complètement par la démocratie directe et par l'UDC, car il faut bien voir que seule l'UDC est dissidente sur ces deux points, l'UDC blochérienne, bien sur, il y a aussi un tas de gens à la Spuhler & Co, à l'UDC, qui défendent le point de vue de l'establishment. Mais Blocher, lui, est un patriote. Il sait que si on entre dans l'UE et/ou dans l'OTAN (ça revient quasiment au même) ce serait la mort de la Suisse.

La seule chose qui puisse empêcher cela à long terme, ce serait une véritable prise de pouvoir, durable, de l'UDC tendance blochérienne. Je veux dire une nouvelle formule magique avec 3, si possible même 4 UDC blochériens au CF, et une majorité automatique au parlement pour une politique consistant à jouer "hard ball" avec l'UE, ses diktats, ses provocations et sa tendance à faire passer la Suisse sous des fourches caudines et à la mettre au chantage en permanence.

Le plus comique c'est que tous ces journalistes qui donnent le ton: les Jacques Pilet, les Frank A. Meyer en Suisse allemande et le Roger de Weck, le plus dangereux de tous, dans les deuix parties linguistiques de la Suisse (accesoirement président de l'Institut des Hautes etudes Internationales à genève, alors qu'il n'a aucune qualité pour cela, étant un journaliste, pourquoi l'a-t-on nommé, lui?) tous ces gens sont tous des anciens gauchistes qui dans les années 70 ont défilé en criant "Yankes go home", "Ho! ho! ho chi minh!" et autres conneries du même style.

Et maintenant ils se sont fait les idiots utiles et les alliés objectifs de l'entrée de la Suisse dans ce que j'appelle l'EUROTAN, c'est à dire une politique folle consistant à rendre inévitable une troisème guerre mondiale - en Europe - en transformant le processus d'intégration européenne en une pure et simple courroie de transmission de l'OTAN, qui elle même est devenue une alliance, non plus défensive mais offensive, destinée à encercler la Russie.

Ca ira jusqu'au jour où tant va la cruche à l'eau, qu'à la fin elle se casse.

On a vu les premiers signes en Géorgie. L'OTAN ne conçoit même pas que la Russie, à un certain moment, voyant ses intérêts vitaux menacés, puisse faire la guerre vraiment. Ce jour viendra pourtant, si on continue comme ça. Et là on s'apercevra que l'Europe continentale n'est pas défendue.

On a supprimé les armées dans tous les pays d'Europe occidentale, les armées de conscription je veux dire, pour une défense territoriale, qu'on aurait du redimensioner et non suppriomer. On les a remplacées par des mini armées de métier qui sont toutes en train de guerroyer en Afghanistan, en Irak, et partout sauf là où elle devraient être. Il n'y a plus qu'en Suisse qu'on a encore un petit reste d'armée et encore c'est uniquement grâce à l'UDC blochérienne car si on avait laissé faire les Samuel Schmid & consorts sans les déranger, on y serait déjà dans l'OTAN. On aurait trouvé un moyen d'y entrer sans demander l'avis au peuple, ou en mentant au peuple, comme sur Armée 21). La pression est terrible pour nous obliger à faire comme les autres.

Si ces gens atteignent leur objectif, le jour du danger, et il peut venir sans crier gare, on l'a vu en Géorgie, on s'apercevra que les troupes suisses sont à Kaboul en train de défendre la démocratie, la civilisation et patati et patata, tous les grands mots synonymes d'impérialisme américain.

Ce jour là, enfin, on finira par comprendre le sens du combat de M. Blocher depuis 30 ans pour une Suisse indépendante, et pour la neutralité permanente et armée. Malheureusement ce sera un peu tard.

Écrit par : Claudine Moginet | 04/12/2008

Mme Moginet,

Votre analyse est de style lépeniste! et Vos calculs sur la majorité UDC, fantaisistes.
Pour votre gouverne, il y a eu scission à l'UDC. A ce sujet,je ne veux pas me répéter! Il leur reste 25 %.
Par contre, je vous annonce que lors des dernières élections des communes de Berne, l'UDC a perdu 10% des voix qui est allé au PDB.
Je pense que l'UDC de Blocher est une mode qui passe tout comme LE PEN en France.

Écrit par : Oceane | 04/12/2008

Mme Moginet,

Votre analyse est de style lépeniste! et Vos calculs sur la majorité UDC, fantaisistes.
Pour votre gouverne, il y a eu scission à l'UDC. A ce sujet,je ne veux pas me répéter! Il leur reste 25 %.
Par contre, je vous annonce que lors des dernières élections des communes de Berne, l'UDC a perdu 10% des voix qui est allé au PDB.
Je pense que l'UDC de Blocher est une mode qui passe tout comme LE PEN en France.

Écrit par : Oceane | 04/12/2008

"J'avance masqué!", Descartes.
On parie combien que c'est Blocher qui sera élu ?

Écrit par : Daniel N. | 05/12/2008

Non, décidément non, M. Décaillet, je ne partage pas votre analyse !

M. Blocher a été écarté du Conseil fédéral, pour toutes sortes de raisons, dont celles que vous énumérez, et c'est très bien ainsi.
L'homme avait, entre autres, sa propre conception de l'exécutif - le Conseil fédéral - qui est rappelons-le, un "collège gouvernemental" et non pas un gouvernement formé par et autour d'un Premier ministre désigné le Parlement comme dans la plupart des démocraties européennes. Faire partie du Conseil fédéral requiert une qualité essentielle, celle de pouvoir travailler en équipe et surtout la faculté de s'accommoder des décisions consensuelles. A l'évidence M. Blocher n'a pas cette qualité, pas plus qui n'a de respect de la fonction qu'il occupait, lui qui se gaussait des institutions helvétiques avant son élection devant les médias. Rappelez-vous lorsqu'il hochait la tête devant les cameras de la TV, singeant et se moquant du Parlement, conseillers nationaux et conseillers aux Etats, suggérant par là que ce Parlement n'était qu'une chambre d'enregistrement des volontés du Conseil fédéral. Cela, vous semblez l'avoir oublié M. Décaillet ...?

M. Blocher s'est moqué de nos institutions politiques, il s'est assis sur elles en ne respectant pas la séparation des pouvoirs, qu'on se rappelle l'affaire Roschacher. Dois-je encore vous rappeler sa prestation faite lors d'une visite à Ankara, devant la presse, déclarant que la reconnaissance du génocide Arménien par la Suisse "lui faisait mal au ventre", lui, censé représenter la Suisse officielle ... En français cela s'appelle de la trahison !

Et il y en aurait encore beaucoup d'autres faits à rappeler pour qui veut bien s'en souvenir ...

M. Blocher a cru pouvoir gouverner la Suisse comme un autocrate, comme le patron d'une entreprise industrielle du XIXème siècle ...

Durant sa fonction au Conseil fédéral, M. Blocher a démantelé de nombreuses structures au sein de son département (Justice et Police), sans autres raisons que de dégraisser l'administration fédérale, mais sans analyser les conséquences de ses actes, agissant en parfait irresponsable. Les dégâts commis sont considérables et il faudra des années pour rétablir la situation.

Non, la Suisse n'appartient pas à M. Blocher et ce qui est bon pour Blocher ne l'est pas forcément pour la Suisse !

Pour en revenir à votre article, il y a cependant un point sur lequel je suis d'accord avec vous, si je vous ai bien lu, c'est lorsque vous suggérez que si Blocher ne convenait plus l'an dernier, il n'y a aucune raison pour que Maurer puisse convenir cette année, lui son "alter ego en forme de Canada Dry" (sic).

Oui, d'accord avec vous, si Blocher n'est pas compatible au Conseil fédéral, Ueli Maurer ne l'est pas non plus. MM. Kaspard Baader et Hans Fehr pas davantage, ainsi que toute l'aile blochérienne de l'UDC, tous ceux qui sont à la botte de M. Blocher. Ces gens sont nuisibles et ont causé beaucoup de préjudices à la Suisse et de ces gens-là je n'en veux pas !!!

Ce n'est pas d'un démolisseur dont la Suisse a besoin, mais d'un rassembleur, d'une personne oeuvrant pour la prospérité et le bien du pays. D'une personne qui travaille à la cohésion du pays.

Non, d'un semeur de zizanie, la Suisse n'en veut pas !

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hotaux | 05/12/2008

Bonjour,

Dans mon précédent message, à la liste des personnes incompatibles avec la fonction de Conseiller fédéral, j'ai omis de faire figurer le sieur Christoph Mörgeli, l'éminence grise de l'axe du mal ...

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hotaux | 05/12/2008

les extrêmes se touchent ... et s'il n'y avait pas d'UDC pour corriger un peu le tir de la gauche dépensière, on irait où, dites-le-moi !
Heureusement, nous avons les multi-partis et à chacun son opinion. Je n'ai pas forcément raison, mais vous non plus !
Quant à Mörgeli, je ne l'aime pas non plus. Mais Ueli Maurer, pas clône du tout de Christoph Blocher, était toujours à l'ombre de ce dernier et n'avait pas les bras libres. Quant à Christoph Blocher, il n'est pas aussi noir que le mouton noir et dit tout haut ce que beaucoup d'autres pensent tout bas!
Bien à vous

Écrit par : Etoile de Neige | 05/12/2008

Certains déclarent qu'il ne faudrait pas élire U. Maurer, prenant prétexte qu'il est le sosie de C. Blocher, et qu'il faudrait élire quelqu'un de PDC-compatible, voire le candidat écologiste.
Ceux qui prétendent qu'il faut abandonner le système arithmétique pour adopter un système programmatique devraient être cohérents et voter pour l'UDC. En effet, la majorité est opposée à la politique socialo-écologiste (moins de 30% !), ou du moins leur donne le même poids qu'aux Bourgeois (UDC+PBD), ces derniers entendant que la majorité du corps électoral est opposé à l'UE (ce qui n'est pas synonyme d'opposition à la poursuite de la voie bilatérale, je le précise !). Dès lors, pourquoi le PDC et ses alliés entendent-ils changer la politique du CF, en le faisant basculer du centre-droit au centre-gauche ? Si un parti doit finir dans l'opposition, ne serait-ce pas plutôt le PS, au vu de l'histoire ?
Depuis le 12.XII.2007, j'ai décidé de ne plus voter pour un quelconque candidat PDC. Selon le résultat du 10, peut-être me sentirai-je obliger d'ajouter des candidats UDC sur mon bulletin dorénavant. Et vous ?

RB

Écrit par : "Né le 06.12.1992" | 05/12/2008

Etoile des Neiges, je partage complètement votre vision des 3 élus UDC dont vous parlez. Je crains que "l'éminence grise" pense réellement ce qu'il déclare.
Quant aux deux candidats officiels, de même qu'une Rita Fuhrer, il y a beaucoup de gesticulations à destination de leurs électeurs les plus durs, mais ils sont profondément pour les bilatérales par exemple (même s'ils ne peuvent le déclarer actuellement !) CB n'avait-il pas renoncé au référendum il y a 18 mois...
Ce serait dommage de "droitiser" davantage les électeurs de l'UDC. Que dirons-nous aux journalistes européens le jour où le PNOS et/ou les Démocrates Suisses (ces partis d'extrême-droite qui ne subsistent qu'au niveau de législatifs communaux) seront en mesure de constituer un groupe au Conseil national ?

Écrit par : R. Bouvier | 05/12/2008

Combien de temps faudra-t-il pour que les défenseurs inconditionnels de M. Blocher s'aperçoivent qu'il y a, à leurs côtés en Suisse, de très nombreuses personnes (apparemment, plus nombreuses que ces derniers d'ailleurs, mais les sondages sont toujours ambigus) qui sont et resteront des critiques tout aussi inconditionnels de ce personnage et, surtout, de ses idées. C'est ce qui s'appelle un conflit politique, et pour le moment, en bonne logique démocratique et ne vous en déplaise, les seconds ont généralement gagné. Les choses peuvent bien sûr changer, et il sera alors temps de repenser les alliances et les rapports de force.

Bien sûr, on accuse toujours les médias de marcher pour "les autres". Figurez-vous que je pense exactement la même chose, mais avec une perspective renversé et en songeant donc plutôt aux votes perdus sur la caisse maladie unique, sur la réforme de l'assurance chômage, sur la réforme de l'Université de Genève, pour prendre quelques exemples au hasard. Et l'exception que je chéris, ce n'est pas le refus de l'EEE, mais le refus du paquet fiscal en 2004! Mais j'imagine que dans ce cas, le peuple a bien sûr été abusé par les intellos gauchistes contre la sagesse exprimée par "l'axe oligarchique radicalo-PDC", qui pour une fois avait miraculeusement raison. Il doit en être de même pour "l'initiative des Alpes" en 1994 ou le refus de la 11e révision de l'AVS en 2004 encore.

Les défenseurs de M. Blocher ne peuvent évidemment se rendre compte du soulagement qui a envahi de très nombreux citoyens le 12 décembre 2007 en apprenant que l'Assemblée fédérale était enfin revenue à la raison et avait décidé de se débarrasser de ce triste histrion. L'authenticité des sentiments et des idées politiques n'est l'apanage d'aucun groupe. Je ne conteste pas celle des partisans de l'UDC blochérienne - je combats leurs idées politiques, ce qui est bien différent - mais de grâce acceptez que des individus puissent être de bonne foi contre vos positions politiques sans les accuser de tromper le "peuple" ou d'être à la solde de Washington ou de Bruxelles!

A propos de M. Décaillet qui est à l'origine de cette longue conversation électronique, peut-être devrions-nous lui conseiller de ne pas trop ressasser son amour désormais contrarié avec le PDC... Sans compter que l'esprit de revanche après ce qui s'est passé le 12 décembre l'an passé me semble considérablement obscurcir votre jugement. Le ressentiment est mauvais conseiller, l'éventuel lecteur de Nietzsche que vous êtes devrait le savoir! Donc, pour être clair, il serait tout à fait logique que la coalition (de circonstance, je l'accorde volontiers) qui a permis d'éjecter M. Blocher du Conseil fédéral se reforme mercredi prochain, puisque les circonstances très spéciales qui l'ont créée sont à nouveau réunies, à peu de choses près.

Cordialement à tous

Écrit par : Antoine Chollet | 06/12/2008

En Suisse il n'y à pas de vraie gauche, les socialistes sont un parti du centre, et tout le reste est soit à droite, soit très à droite ou soit même fachisant.
Ce n'est pas étonnant dans ce pays ou l'on a tellement l'habitude d'obéir aveuglément à celui qui gueule le plus fort.

La Suisse est une bergerie et les Suisses en sont les moutons.
Les bergers ? ils sont dans les conseils d'administration des grandes sociétés. Les chiens des bergers ? Ils viennent du chenil dahUt-DC à Zurich.
Le loup ? Se cache dans les coffres (vides) des ex-grandes banques suisses.

L'Europe regarde et se marre doucement, oh oui alors, il y a encore du travail pour parvenir à soigner le crétinisme des Alpes.

Écrit par : NEM | 06/12/2008

"Cet intrus qui s'appelle le peuple", comme dit M. Décaillet, est opposé au retour de C. Blocher au conseil fédéral, des sondages l'ont clairement montré. Et il y a fort à parier que la majorité de "cet intrus qui s'appelle le peuple" est aussi opposé à ce que M. Maurer fasse son entrée au conseil fédéral.
Ceci dit, si l'assemblée veut élire M. Maurer, qu'elle le fasse, nous verrons bien dans la pratique si cet homme a du talent ou pas.

Écrit par : Pierre Péquignat | 06/12/2008

"nous verrons bien dans la pratique si cet homme a du talent ou pas"
C'est là que le bât a mal aux pieds. C'est long 4 ans, le cas Blocher l'a démontré. Et lui au moins avait certaines compétences...

Écrit par : Géo | 06/12/2008

M. Chollet

Vos analyses sont subtiles, mais la réalité ne vous donne pas raison.

Comme vous êtes un éminent politologue, vous me permettrez un peu de jargon:

Vous ne pouvez pas nier que le "mainstream", "l'axe oligarchique PDC-PRD" comme vous l'appelez, à quoi s'ajoutent les socialistes et même la plupart des verts, , bref la classe politique, si on lui laissait le champ libre aurait tôt fait:

A. de faire entrer, sans le dire, la Suisse dans l'UE
B. de faire entrer, également sans le dire, la Suisse dans l'OTAN.

Le contester serait de la mauvaise foi.

D'ailleurs c'est très simple, pour le vérifier, répondez honnêtement, en âme et conscience, à ces 2 questions pour vous-même:

A. Consentez-vous à ce que notre pays soit "eurocompatible" en tout et se "mette en réseau" avec l'UE, en tout, au point d'en faire partie de fait même sans l'être formellement?

B. Consentez-nous à ce que notre armée soit "interopérable", "NATO-compatible" etc., c'est à dire devienne plus ou moins une armée de métier dont l'objectif ne soit plus la défense du territoire suisse, mais la "promotion de la paix", un peu partout dans le monde, où l'UE et/ou l'OTAN le voudront?

Répondez en conscience à ces deux questions svp, et pas d'hypocrisie.

Ne dites pas: oui je suis pour la mise en réseau, mais pas pour l'adhésion, ni: oui je suis pour l'interopérabilité mais pas pour l'OTAN. PAS D'EQUIVOQUE svp, pas de faux-fuyants, rigueur et honnêteté intellectuelle. On ne peut pas biaisser sur ces questions.

Si, au fond, en substance, vous êtes obligés de répondre oui aux deux questions, ou si vous ne parvenez pas à y répondre clairement NON, ce qui reviendrait au même, alors ça explique pourquoi vous êtes anti Blocher. Car son refus obstiné de ce à quoi, au fond, vous aspirez par dessus tout, vous est insupportable.

Mais n'oubliez pas qu'il n'y a pas de consentement pour celà dans la population, pas plus qu'en Irlande, pas plus que dans aucun des pays européens qui, tous, si on laissait la parole au peuple, voteraient à 55% contre ce protectorat US et ce super-état européen libéral-social et oligarchique, et que toutes populations qui subissent l'UE et en souffrent, tous envient la Suisse, de n'être pas, pas encore, prise au piège de ces deux institutions (OTAN et UE) qui sont des nasses: une fois qu'on a commis l'erreur fatale d'y entrer, on ne peut plus jamais en sortir, on est obligé d'en subir les évolutions, même si cela veut dire l'appauvrissement, même si ça veut dire, bientôt, la guerre.

Donc la majorité du peuple, qui va d'eurosceptique à antieuropéen, même si tout le monde ne se reconnaît pas dans la personnalité, les manières et le style de Blocher, cette majorité est malgré tout d'accord avec lui sur ces deux points, EXISTENCIELS pour notre pays.

Bien sur qu'il y a beaucoup de gens qui ont de la peine avec la rudesse de Blocher et de son parti. Mais sur le fond, sur l'essentiel, il y a une majorité pour l'Alleingang, cette à dire pour ce que l'UDC, seule contre tous, défend.

Qu'il y ait aussi des UDC de tendance famille Schlumpf, PAI des années 70, etc., qui ont une autre sensibilité et se sont réjoui le 12.12.2007, c'est vrai. (C'est peut-être votre milieu, vous portez un nom bien vaudois, vous êtes peut-être d'une famille PAI.)

Mais il y a aussi beaucoup de non-UDC (comme moi qui ai toujours été PDC, avant d'être dégoûtée) qui sont en fureur depuis le 12.12.2007, qui n'ont pas avalé ce putsch et ne l'avaleront JAMAIS.

Probablement il y a plus de gens, parmi les sympathisants de droite, à qui c'est resté en travers de la gorge, que de gens qui s'en sont, ouvertement ou secrètement, réjouis. Beaucoup plus! Et ces gens là ils ne voteront plus jamais pour un autre parti que l'UDC, à condition toutefois que l'UDC reste dans la même ligne, celle dite "blochèrienne".

Écrit par : Claudine Moginet | 07/12/2008

Comme je suis interpellé, en tant que citoyen et non d' "éminent politologue" bien sûr (!), je me permets quelques réponses rapides.

Pour être tout à fait franc, je pense aussi que la grande majorité des élites politiques (mais pas seulement eux) est favorable à une adhésion de la Suisse à l'Union européenne. Je suis moi aussi de cet avis, pour des raisons un peu trop longues à expliciter ici (ce n'est pas le sujet d'ailleurs). Je ne crois pas en revanche que l'adhésion à l'OTAN soit, de la même manière, un objectif largement partagé, et je ne suis pas pleinement d'accord avec votre analyse sur cette question. La compatibilité avec les forces armées de l'OTAN - significativement augmentée ces dernières années en effet - ne signifie pas ipso facto adhésion, puisque - toutes compatibles que soient à l'avenir les armées suisse et de l'OTAN - la dimension essentielle demeure tout de même le caractère obligatoire d'une intervention de défense (selon les missions historiques de l'alliance atlantique) ou, depuis le Kosovo, d'attaque. Il y a donc une différence très importante entre une armée suisse OTAN-compatible et une Suisse membre de l'OTAN. Je peux en revanche vous suivre sur un point: c'est une opinion très largement partagée au DDPS et dans la classe politique (et qu'il est tout à fait légitime de contester) que notre sécurité nationale se garantit hors de nos frontières, y compris dans des opérations en collaboration avec l'OTAN.

Cependant, au-delà de ces évaluations, il faut reconnaître que la détermination des critères "existentiels" est elle-même politique. Séparer en deux les citoyens suisses sur les critères que vous avez choisi est une solution, on peut en choisir une autre, ou l'on peut - ce serait ma position - remarquer que les oppositions changent selon les sujets et les situations (c'est d'ailleurs ce qui permet de remettre en cause tous les "röstigraben", réels ou imaginaires). Dès lors, si la ligne blochérienne de l'UDC rassemble en effet une majorité qui va bien au-delà de sa représentation au parlement sur la question de l'adhésion à l'UE, on ne peut pas en inférer aussi simplement que Blocher est en réalité majoritaire en Suisse. Cela revient à mélanger les logiques électorales et référendaires, ce qui me semble être une erreur.

Pour ma part, je ne considère par le dossier de l'adhésion de la Suisse à l'UE comme prioritaire, comme un thème primant toute autre considération et réglant mes amitiés et inimitiés politiques. Certains pro-UE m'insupportent, certains anti-européens ont ma sympathie, et je crois pouvoir dire la même chose à propos de l'OTAN (n'étant pas moi-même en faveur d'une adhésion, pour que les choses soient claires). Mes désaccords avec les positions politiques de Blocher sont nombreux, et je crois pouvoir dire que le dossier européen n'est pas le plus important d'entre eux. En revanche, je suis prêt à admettre que ç'aura sans doute été l'influence la plus durable de l'UDC blochérienne de freiner ou d'empêcher toute adhésion de la Suisse à l'UE, de cela il faut lui faire crédit et lui en reconnaître la responsabilité.

Enfin, la Suisse est un pays, et c'est une qualité rare, où l'on peut être assuré qu'une adhésion à l'UE, à l'OTAN ou à toute autre organisation internationale sera soumise à référendum populaire. Ce seront dans ces situations-là qu'il faudra se prononcer sur ces questions, et non lors de l'élection du Conseil fédéral. Celle-ci est du ressort de l'Assemblée fédérale - l'on peut bien sûr légitimement contester cette attribution, ce qu'a fait parfois l'UDC en demandant l'élection par le peuple, mais elle semble avoir un peu abandonné l'idée; il est vrai qu'elle pose de redoutables problèmes - et il est évident que (comme dans tout autre régime parlementaire, ne songeons qu'à l'Italie ou à Israël) les logique qui régissent les décisions d'une assemblée ne sont pas exactement les mêmes que celles qui prévalent lors des élections ou des référendums. Le PS suisse l'a appris à ses dépends durant toute son histoire, l'UDC en fait la cruelle expérience depuis quelques années, et la suppression de ce hiatus supposerait, à mon avis, une transformation assez profonde des institutions politiques suisses.

Cordialement

P.S.: J'ajoute, pour être transparent, que je ne suis ni Vaudois, ni issu d'une famille PAI, mais Neuchâtelois, et ma famille était traditionnellement plutôt libérale!

Écrit par : Antoine Chollet | 07/12/2008

Dans une vraie démocratie, le CF serait élu par le peuple. S'en serait fini de ces complots minables entre partis.

Écrit par : Johann | 08/12/2008

C'est bien ça. Vous êtes pour l'adhésion à l'UE et à l'OTAN, même si vous enrobez ça de circonlocutions embarrassées pour noyer le poisson.

Le résultat pratique de votre théorie selon laquelle "la sécurité nationale se garantit hors de nos frontières, y compris dans des opérations en collaboration avec l'OTAN" ça signifie qu'on veut aller dans l'OTAN, mais sans le dire officiellement. Vous êtes donc sur la ligne Keckeis - Schmid & Co.

Au moins les choses sont claires.

D'autre part vous avez complètement tort, ou vous êtes extraordinairement mal informé, ou naïf, si vous croyez que la question se décidera en référendum.

Vous oubliez que l'on nous fait entrer dans l'UE et dans l'OTAN sans vote du peuple, par une accumulation de petits traités partiels, non soumis à référendum, décidés en CF et dont le résultat finit par équivaloir à une adhésion pure et simple.

C'est du viol de la démocratie mais c'est ce qui se fait. C'est même pire. C'est de la tr....on tout court. De ce point de vue il faut absolument soutenir la demande d'initiative de l'ASIN pour que tous les traités soient soumis à référendum.

Savez-vous quelle est la conséquence automatique du fait que la Suisse, qui a reconnu l'indépendance illégale du Kosovo, participe à des opérations de l'OTAN ? C'est qu'en cas de guerre en Europe la Suisse serait traitée, à juste titre, à la même enseigne que les membres à part entière de l'OTAN. Elle ne serait plus protégée diplomatiquement par son statut de neutralité comme elle l'était dans le passé.

En clair ça signifie que son territoire pourrait être occupé, sans violation du droit international. Et si elle n'a plus de défense territoriale, elle ne pourrait même plus se défendre.

Il faut avoir le courage et la rigueur intellectuelle de voir les choses en face. Bien sur, comme la Suisse fait toujours dans la demi mesure on pourra compter sur elle pour participer aux opérations de l'OTAN à la retirette, d'autant que l'opinion publique n'est pas favorable et ne supporterait pas que la vérité crue lui soit dévoilée. Mais cela ne change rien au fait essentiel: Elle sera traité par un agresseur potentiel comme un membre à part entière de l'OTAN, c'est à dire occupée. Là est la question.

Écrit par : Moginet Claudine | 08/12/2008

La réflexion de l'UDC est d'inspiration totalitaire.

Cette façon de l'UDC dans tous les blogs de traiter un individu qui ne pense pas comme elle:
"Vous êtes naïf.
- Vous êtes mal informé.
- Vous ne comprenez rien.
- Vous avez tort...."

L'UDC se pare de vertus légitimes en ridiculisant et humiliant l'interlocuteur.

Son approche omnipotente est un danger pour la démocratie.

Écrit par : Oceane | 08/12/2008

Comme souvent dans ce genre de débats, à naïveté, naïveté et demi... Croyez-vous sincèrement que la neutralité de la Suisse l'aurait protégée d'une attaque des forces du Pacte de Varsovie, au temps de la guerre froide et dans cette perspective de cauchemar? Allons, soyons sérieux.

Écrit par : Antoine Chollet | 08/12/2008

Les documents récemment déclassifiés du pacte de Varsovie prouvent que les état-majors de cette organisation prenaient la défense nationale suisse et sa neutralité très au sérieux. Elle était absolument crédible et pour ma part je suis certain que si la pacte de Varsovie avait déclenché une opération contre l'Europe de l'Ouest, (et il y pensait) la Suisse aurait été le seul pays qu'ils n'auraient pas pu occuper, avec la France peut-être, mais seulement à cause de leur dissuasion nucléaire.

Donc réponse: oui sans aucune hésitation.

Et c'est pourquoi ça me fait si mal qu'une poignée de gradés ambitieux rêvant de faire les beaux avec leurs collègues de l'OTAN, alliés paradoxalement avec des antimilitaristes anti armée, aient réussi à nous démolire notre armée.

Écrit par : Moginet Claudine | 09/12/2008

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