24/01/2009

Manuel Tornare, ou la pyrotechnie du désir

Donc, la tornade.

Les socialistes genevois s’imaginaient déjà une campagne bien peinarde, la parité apaisée entre un sortant et la nécessité d’une femme. Une campagne de petits vieux, au fond, sans tension ni désir. Promenade de santé. Juste pour digérer.

Mais c’est quoi une campagne, connaissez-vous seulement le poids des mots ? Acte de guerre. On s’y étripe, on s’y surprend, on s’y piège. Et fratricide, en plus : le pire des ennemis, en politique, c’est le plus proche, ton autre toi-même, celui qui te ressemble. Peut-être dort-il dans ton lit, se faufile-t-il dans tes rêves.

Bref, hier, Manuel Tornare a surgi. Comme un delta de dilatation dans les équations trop sages des puissants penseurs du PS. A la mathématique d’ombre de leurs prévisions, le nouvel arrivant va substituer une physique de lumière. La campagne, il daignera l’inonder de ses rayons, submergeant de pénombre la géométrique tristesse de ses rivales. Trianons, jardins, jets d’eau, fééries, pyrotechnie du désir : il suffira au Prince d’apparaître. Le soleil aura rendez-vous avec la lune, juste pour l’indicible plaisir de l’éclipser.

Il suffisait de le voir, hier soir : ce sourire, cette illumination de la prunelle dévoilant l’extase d’avoir joué un sacré coup à la grisâtre égalité des camarades. L’homme avait rajeuni de dix ans, piétinait d’en découdre, pulvérisant la parité comme poudre d’archaïsme. Ah, le beau candidat !

Social-démocrate, cultivé, bon magistrat pouvant se prévaloir d’un bilan, apprécié d’une bonne partie de la droite, le maire de Genève constitue, et bien au-delà de son parti, le candidat idéal pour accéder au Conseil d’Etat. Mendésiste, il ne méprise pas l’économie. Humaniste, il ne méprise pas l’individu. Lettré, il ne confond pas la culture, ni l’éducation, avec l’assistance sociale. Dans son combat, qui cherche-t-il à abattre ? Une femme, vraiment ? Vous croyez ?

Oui, les socialistes se préparaient à confondre une campagne avec une promenade dans le vieux parc solitaire et glacé, cher à Verlaine. Et puis, soudain, le Soleil est arrivé. Ils vont tout entreprendre, mille parasols, pour l’empêcher de nous irradier. Mais lui, déjà, a remporté la première manche. De l’astre au désastre, l’équilibre tient parfois à un fil. Celui du destin, peut-être ?

Pascal Décaillet

18:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Bonjour !
hé! hé!
C'est tout le drame des socialistes: ils aiment tellement tout ce qui est gris, morne, insipide, incolore et inodore que quand quelqu'un apporte un peu de lumière, ils se réfugient sous leurs vieilles dentelles.
Regardez ce qu'on fait (ou ne font pas) celles et ceux qui ont été élus...
Il est grand temps que la Gauche se remette à briller !

:o)

Écrit par : Blondesen | 24/01/2009

Ben moi j'aurais mille fois préféré Longet plutôt que le prince Colgate. Mais René a eu l'élégance de s'effacer pour la parité. Et je dois dire qu'il mérite du respect pour ça, bien plus que mister-gros sabots. Enfin, bon...

Écrit par : Sandro Minimo | 25/01/2009

Cher Monsieur,
Encore quelques lignes ciselées que je viens de déguster comme un plaisir de matin dominical.
Vous ne me ferez pas croire que la candidature de M. Tornare vous a surpris. Peut-être que votre PME spécialiste en destins et carrières aura autant de chance avec ce poulain (ce pur-sang devrais-je dire en vous lisant) qu'avec J-S. Eggly que vous aviez profilé dès le lendemain de la Constituante et qui risque bien, hélas, d'en devenir l'un des présidents.
Recevez, cher Monsieur, mes salutations distinguées.

p.losio

Écrit par : pierre losio | 25/01/2009

Si ce soleil brille que pour ces amis, la rose perd ces belles pétales...

A voir les travaux depuis sa brillance, changement dans le social ? et tas de neige à la treille ? c'est du sport!
Il y des rayons chez Tornare qui sont dirigées selon la météo politique et affective.

Sa candidature cachée aux dames de son parti les condamnaient à ce retrouver à trois... sur un article.
C'était pour faire, une page pleine et seul, Messieurs...

Écrit par : philemon | 25/01/2009

Enfin un peu de soleil dans la vie politique du canton le plus seul et le plus triste de Suisse! Saluons donc Tornare et soutenons-le!

Écrit par : jmo | 25/01/2009

Bon ben, voilà. Quand tu as foiré au CA de la Ville de Genève, tu seras toujours assez bon pour siéger au CE. On y a besoin d'autres calibres. Non merci, Monsieur Décaillet, pourquoi donc cette complaisance ?

Écrit par : Dixit | 25/01/2009

Bon point M. Tornare et J.S Eggly ont des egos disproportionnés et ne savent pas s'éclipser. Le premier fait du micro-management et le deuxième après des décennies comme député aux Etats n'a même accouché d'une souris. Bref, deux hommes usés par des années stériles de pourvoir et qu'il faut vite mettre au placard !

Écrit par : sirène | 27/01/2009

Pleure pas, Manu !

On sait que t'es perdu pour les femmes…

Mais toutes les nanas n'sont pas comme ça !

Un clic sur une jolie souris et c'est le déclic…

Go the Music !

Patrick Bruel - Marre de cette nana-là !
Année 1983
Auteurs compositeurs Gérard Presgurvic
Label Barclay
Référence 817 103-7
Durée 4 m 5 s

http://www.youtube.com/watch?v=6kkAjrldZKQ&feature=related

http://www.youtube.com/watch?v=BBTxGxB2fWs&feature=related


Pleure pas, pleure pas, pleure pas.
Toutes les nanas n'sont pas comme ça…

Pardonnez-moi si j'arrive un peu en r'tard
Mais ma maman n'voulait pas que j'sorte ce soir.
Elle m' fait toujours, quand j' viens vous voir,
Mon cher amour, tout une histoire.

Des aventures, j'peux dire qu'j'en ai eu des tonnes,
Mais celle-ci dure depuis trois mois et ça m'étonne
Car l'amour m'est v'nu par hasard
Quand j' suis monté dans sa jaguar.

Méfie-toi de cette nana-là…
Toi de cett' nana.
Chaque fois qu'on tourne le dos,
Tu retombes dans l mélo,
Mélo, mélo, mélo, mélo.

Elle a beaucoup insisté pour que je m' fasse
Percer l'oreille pour qu'elle puisse m'offrir un diam's.
Maintenant, je m'fais traiter d'pédé
Pour faire plaisir à ma poupée.

Pour les vacances elle veut qu'on aille à Saint-Trop'
Chez des amis qui paraît-il sont très pop.
Non seulement j'ai plus un copain,
Mais en plus faut qu'j'me fasse les siens.

J'en ai marre de cette nana-là,
Marre de cette nana.
J'étais bien mieux avant,
Câliné par maman,
Tout l'temps, tout l'temps, tout l'temps, tout l'temps.

Il en a marre de cette nana-là,
Marre de cette nana.
T'étais bien mieux avant,
Câliné par maman,
Tout l' temps, tout l'temps, tout l'temps, tout l'temps.

J'en ai marre de cette nana-là,
Marre de cette nana.
J'étais bien mieux avant,
Câliné par maman,
Tout l'temps, tout l'temps, tout l'temps, tout l'temps.

Pleure pas, pleure pas, pleure pas.
Toutes les nanas n'sont pas comme ça.
J'pleure pas, j'pleure pas, j'pleure pas.
Pourvu qu'elles soient pas toutes comme ça…

Un jour, j'ai dit : "C'est fini maintenant je m'casse !"
À peine parti, j'avais d'jà les flics sur mes traces.
Elle leur a dit qu'j'avais volé
Le diam's de mon oreille percée.

J'me suis fait prendre en traversant la frontière.
Procès, jugement, trois mois ferme, j' suis sorti hier.
Elle m'attendait dans sa jaguar.
L'amour m'est rev'nu par hasard.

Marre de cette nana-là,
Marre de cette nana.
On t'avais bien prév'nu
Mais tu nous as pas crus.
Salut, salut, salut, salut…

Il en a marre de cette nana-là,
Marre de cette nana.
On t'avait bien prév'nu
Mais tu nous as pas crus.
Salut, salut, salut, salut…

Il en a marre de cette nana-là
Marre de cette nana…
On t'avait bien prév'nu
Marre de cette nana…
Mais tu nous as pas crus
Salut, salut, salut, salut…
Marre de cette nana, marre, marre, marre…

Écrit par : Patriiiiiiiiiiiick !!! | 31/01/2009

Les anciens patriciens bernois avaient une fière devise : Servir et disparaître ! De notre temps ce serait plutôt et tous partis confondus: se servir et paraître ! Les fins de carrière de nos édiles sont souvent cahotiques. Ils ne se résignent pas à la retraite.

Écrit par : Guy Le Comte | 04/02/2009

Dernière nouvelle:

"Le Conseil d'Etat a adopté un projet de loi visant à accorder une aide financière à la Fondation du stade de genève. Cette somme couvrirait le montant du résultat d'exploitation à hauteur de 2,05 millions de francs en 2009. Ce montant aurait vocation à diminuer au cours du temps: 2,02 en 2010, 1,87 en 2011 et 1,8 en 2012."

Je ne voterai cet automne pour aucun des con-seillers sortants. Je voterai pour les candidats qui se seront opposés à cette mesure scélérate. Et j'espère qu'un référendum sera lancé si ce projet est adopté par le GC. On se fout de la gueule des contribuables.

Écrit par : Johann | 04/02/2009

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