23/02/2009

La nausée par l’équilibre

Sur sept conseillers d’Etat genevois, cinq se représentent. Autant dire que la marge de renouvellement de l’électeur, si ce dernier devait appliquer avec obédience les consignes des partis, est bien faible !

Donc, justement, pas d’obédience. Pas de fidélité aveugle. Du sens critique, du droit d’inventaire, de l’imagination : on a trop longtemps, dans ce pays, reconduit par automatisme, par routine, des équipes fatiguées. Copains, coquins, compagnons de réseaux, amitiés transversales, jeu de ficelles où tous se tiennent. Terroir, Territoire, amicales, tutoiements, bedaines de cocktails, réconciliations à la buvette, quand ça n’est pas sur l’oreiller. La bonne vieille politique de toujours, à gauche comme à droite d’ailleurs, bien pépère. Avec une incantation, magique : l’équilibre.

Mais c’est quoi, l’équilibre ? C’est une force qui en annule une autre. En sciences physiques, c’est passionnant ; en stratégie de victoire, c’est un tantinet désespérant. Pour qu’une vision du monde l’emporte (pour quatre ans) sur une autre, il faut une dialectique d’affrontement, avec des moments d’offensive qui passent par un déséquilibre, un imprévu, une percée. Privilégier la guerre de mouvement sur celle de position. L’équilibre, il viendra bien plus tard. Comme résultante d’une confrontation, non comme donnée de base, pataude et résignée.

Ainsi, quand j’entends dire que telle personne va casser la baraque sous le seul argument qu’elle « représente la sensibilité des communes », je me dis qu’il pourrait peut-être exister, ici-bas, des desseins un peu plus ambitieux. Oh, je ne demande pas Arcole, ni qu’on se saisisse chaque jour du drapeau pour franchir le pont sous la mitraille, mais enfin la « sensibilité des communes », j’ai connu des slogans de campagne plus exaltants.

De quoi s’agit-il, cet automne ? D’élire un gouvernement, pour quatre ans, en période de crise économique et financière, qui malheureusement ne va pas se tasser d’ici novembre. Ce Conseil d’Etat aura besoin d’une action commune et cohérente, et pas juste tricotée pour le discours de Saint-Pierre. Il aura besoin d’hommes et de femmes de caractère, avec de l’audace, de la vision. De gauche ou de droite, l’électeur en décidera. Mais de grâce, des personnalités fortes. Pas des passe-murailles.

 

Pascal Décaillet

 

10:36 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Les mandats politiques sont de 4 ans et dans un projet comme le lancement du PAV par exemple, il est difficile de le faire sur une si courte période. Par contre, la population aimerait que les futurs élus "rendre des comptes" à la population en l'informant de l'avancement des travaux ou des projets et arrêter de faire des "effets de manche" inutiles. Par exemple, le département de la police et justice doit montrer un plan de stratégie, de coopération avec les autres cantons pour lutter contre les trafics de toute sorte, que le Département de l'instruction publique prenne des mesures en matière d'enseignement, de gestion, de prévention et de punition et que les décisions soient claires et discutés pour toutes les parties prenantes. Les gens veulent du concret mais surtout une politique qui ne soit plus celle de "stop and go" avec des ordres et contre-ordres.

Écrit par : demain | 23/02/2009

"Lon-get (re)Pré-si-dent !"
Voilà un homme qui indique la bonne voie à suivre et donne des directives claires pour l'avenir de la République.
Ce n'est pas tous les jours que le Peuple de Gauche a la chance d'avoir à sa tête un visionnaire qui voit aussi loin dans le rétroviseur !

mdr!

:o)

Écrit par : Blondesen | 23/02/2009

" ... quand ça n’est pas sur l’oreiller" !

... Des noms!... Des NOMS !... DES NOMS!...

... Ou quand Monsieur Décaillet se prend pour un journaliste de "Voilà Gaci"!

Écrit par : Père Siffleur | 23/02/2009

Et dire que l'on regarde d'un air outré le Venezuela avec un Chavez qui, oh!horreur, pourrait être réélu à vie ....c'est vraiment l'hôpital qui se fout de la chârité ! comme quoi, on devrait d'abord balayer devant notre porte !

Écrit par : Café | 23/02/2009

Ce serait le rêve : pas d’obédience, pas de fidélité aveugle! Même les électeurs d'une formation (et non sensibilité) politique ne seont pas convaincus de certains choix qui n'en sont pas. Mais rebelote ...

Des reconductions automatiques ne révèlent qu'une chose: l'état d'aliénation dans lequel est engluée la majorité des gens, le "à quoi bon?!", un sentiment d'impuissance frisant le néant tel "tous pareils, tous pourris". Le moment de la désignation des candidats est déjà problématique ... et on insiste à faire croire qu'il n'y avait personne d'autre! Drôôôôle autant que pathétique!

Aucune audace ne s'est exprimée, aucun sens critique ne s'est dégagé durant cette législation. Entre une droite arrogante autant que stupide et une gauche dissimulatrice autant qu'opportuniste, il n'y a pas de choix réel, ni de principe, d'ailleurs.

Les processus de décision (quel oxymoron!) relèvent bien plus de mécanismes que d'actes volontaires, effectivement! Dans ce pays, caractérisé par l'autogoal et des échecs cuisants, on préfère la familarité à l'inconnu du changement. Cet esprit d'autoflagellation se retrouve - hélas - dans beaucoup de domaines.

Quant au profil psy recherché, c'est bien la bêtise alliée à la mesquinerie qui dominent, étonnamment, le tout enrobé de langue de bois plus ou moins éprouvée. La gouvernance désormais synonyme de "capacité de faire chier" revient finalement à une gestion "administratives" des affaires publiques sans prévoyance, sans sens politique ni grandeur, avec une propension au syndrôme de Peter.

Le choix du citoyen s'en retrouve bien réduit : marche ou crève! (D'une société qui ne donne envie de rien, le taux de suicides en constitue une preuve.)

Copains-vilans coquins entre tous, les politiques en place peuvent continuer à vivre grassement, en vase clos, sur le dos des contribuables, formant ainsi une caste à part et au-dessus de la mêlée.

Dans ce jeu de bacs à sable qui se termine parfois autour du verre de la réconciliation ou dans une sombre histoire de cul à deux balles (qui n'a rien à voir avec la passion de Cléopâtre et de l'empereur), il n'y a guère de place pour la noblesse de la tâche, une hauteur de vue.

Genevois, quand vous réveillerez-vous? Votre vie vaut plus qu'un semblant de formule magique. On espère au moins que vous ferez preuve de courage en refusant de donner votre voix à des tickets bidons imposés, à nettoyer le plancher comme ce fut le cas pour Spoerri, reconduite au froceps, quitte à connaître un deuxième tour!

Écrit par : Micheline Pace | 23/02/2009

M. Décaillet, pourquoi ne vous présentez-vous pas aux élections? Puisque vous avez l'air de parfaitement savoir quel renouvellement il faut à Genève, vous devriez mettre vos belles théories en application et cesser de vous gausser à distance, sans jamais vous impliquer...

Écrit par : genevois | 23/02/2009

@genevois: le job du journaliste est d'informer, de provoquer le débat mais pas d'y participer, il y a manifestement confusion des genres.

Les deux exemples vivants qui portent les doubles casquettes ne font pas leur travail ou à moitié, l'un en se mettant là ou il n'a pas sa place et la'utre en nous faisant croire qu'il est la Rolls du journalisme alors qu'il peine à être Chevrolet.

Sur le fond:
Si la Constituante ne doit réformer qu'une seule Institution, c'est bien celle du Gouvernement. On a bien tentendu ce matin sur les ondes de Radio-Cité le silence de mort qui régna suite à la question de Pascal Décaillet: quel projet avez-vous à proposer aux Genevois si vous gouvernez ensembles?

Le système actuel permet l'exercice de deux vices, le premier est de faire n'importe quoi car la collégialité est un réel parachute doré à l'errance politique les couacs judiciaires du Conseil d'Etat en étant le preuve. Le deuxième une oreiller de paresse dont M. Moutinot aura été un abonné assidu en compagnie de M. Cramer, avec un avantage au premier c'est qu'il nous coutera nettement oins cher sur le long terme.

Il faut donc avoir le courage de tirer les conclusions qui s'imposent et prôner une gouvernement qui a à sa tête un seul patron. Qu'il s'appelle 1er ministre ou Gouverneur est secondaire.

Les législatures doivent être portées à5 ans pour l'Exécutif renouvelable une fois, soit 10 ans au pouvoir ce qui permet de réaliser les grands ouvrages et au peuple de virer les incompétents.

A ce dispositif doit s'ajouter l'initiative destitutive qui permettra de congédier un gouvernement insatisfaisant ou ne respectant pasla loi, comme c'est le cas actuellement.

Écrit par : Patrick Dimier | 23/02/2009

Cher Monsieur Dimier,
Seriez-vous favorable au système actuellement pratiqué dans le canton de Vaud, avec la très raisonnable présidence du Conseil d'Etat de M.Broulis.
Je ne sais pas ce que prévoient les textes constitutionnels concernant ses compétences (s'ils existent). Peut-être, vous qui êtes juriste (non,non, je n'ironise pas, c'est une vraie question) seriez-vous disposé à m'éclaire sur ce sujet ?
D'avance je vous remercie.
p.losio

Écrit par : pierre losio | 02/03/2009

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