26/02/2009

Darbellay, forme olympienne

Pas encore 38 ans, des dents comme des poignards, une dionysiaque ivresse de vivre, une attraction magnétique pour l’altitude, celle du pouvoir. Alors, il marche. Il les connaît, ces cabanes de mon enfance, lever à 2 heures du matin, le guide qui réveille toute la chambrée, et on s’équipe et on s’harnache. Cliquetis, chaussures, on grommelle, ou maugrée, mais on y va, dans le froid. Lampe frontale. Et départ pour la Ruinette. Ou le Pigne. Et c’est l’arête, comme une lame : à gauche le vide, à droite le vide. Le destin d’un centriste. Disons juste une hyper-sensibilité à la direction du vent, il faut bien rester debout, non ?

Depuis quelques jours, Darbellay-le-Cosaque s’est mis en tête de harceler Merz. Le pauvre argentier est en pleine retraite de Russie, et l’autre, la nuit, hulule et vocifère, menace, gronde, tournoie. Plus une seule intervention sans qu’il ne demande quasiment la tête du président de la Confédération ! Bon, c’est clair, il la veut, la place de Couchepin : aussi vrai que les Français parlent aux Français, les Valaisans succèdent aux Valaisans, alors ça le tenaille, ça le travaille, ça fermente au-dedans. Et ça se voit, tellement ! L’ambition du pouvoir, c’est comme l’amour : il y a un moment où on ne s’en cache même plus. La fuite en avant. Vers quel destin ?

Reste que cette voracité assumée fait plaisir à voir. Avec ou sans le Kilimandjaro, un fauve reste un fauve. Il est né comme ça, Darbellay, et en plus il a la compétence, et une force de travail exceptionnelle. Son destin est d’essayer de conquérir le pouvoir. Il réussit ou non, mais l’appel de la chasse, régulièrement, l’invite à reprendre le sentier de la guerre. Pour ma part, je préfère mille fois cette franchise dans le rapport au pouvoir à l’hypocrisie de ceux – ou celles - qui en crèvent tout autant d’envie, dans leurs viscères, mais se contentent « de se tenir, le cas échéant, à la disposition de leur parti ».

La Suisse va traverser des temps difficiles. Pour affronter les tempêtes, il faut des caractères. Pas des gentils. Pas des doux. Des caractères.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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23/02/2009

La nausée par l’équilibre

Sur sept conseillers d’Etat genevois, cinq se représentent. Autant dire que la marge de renouvellement de l’électeur, si ce dernier devait appliquer avec obédience les consignes des partis, est bien faible !

Donc, justement, pas d’obédience. Pas de fidélité aveugle. Du sens critique, du droit d’inventaire, de l’imagination : on a trop longtemps, dans ce pays, reconduit par automatisme, par routine, des équipes fatiguées. Copains, coquins, compagnons de réseaux, amitiés transversales, jeu de ficelles où tous se tiennent. Terroir, Territoire, amicales, tutoiements, bedaines de cocktails, réconciliations à la buvette, quand ça n’est pas sur l’oreiller. La bonne vieille politique de toujours, à gauche comme à droite d’ailleurs, bien pépère. Avec une incantation, magique : l’équilibre.

Mais c’est quoi, l’équilibre ? C’est une force qui en annule une autre. En sciences physiques, c’est passionnant ; en stratégie de victoire, c’est un tantinet désespérant. Pour qu’une vision du monde l’emporte (pour quatre ans) sur une autre, il faut une dialectique d’affrontement, avec des moments d’offensive qui passent par un déséquilibre, un imprévu, une percée. Privilégier la guerre de mouvement sur celle de position. L’équilibre, il viendra bien plus tard. Comme résultante d’une confrontation, non comme donnée de base, pataude et résignée.

Ainsi, quand j’entends dire que telle personne va casser la baraque sous le seul argument qu’elle « représente la sensibilité des communes », je me dis qu’il pourrait peut-être exister, ici-bas, des desseins un peu plus ambitieux. Oh, je ne demande pas Arcole, ni qu’on se saisisse chaque jour du drapeau pour franchir le pont sous la mitraille, mais enfin la « sensibilité des communes », j’ai connu des slogans de campagne plus exaltants.

De quoi s’agit-il, cet automne ? D’élire un gouvernement, pour quatre ans, en période de crise économique et financière, qui malheureusement ne va pas se tasser d’ici novembre. Ce Conseil d’Etat aura besoin d’une action commune et cohérente, et pas juste tricotée pour le discours de Saint-Pierre. Il aura besoin d’hommes et de femmes de caractère, avec de l’audace, de la vision. De gauche ou de droite, l’électeur en décidera. Mais de grâce, des personnalités fortes. Pas des passe-murailles.

 

Pascal Décaillet

 

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22/02/2009

Une petite gifle, Darling ?

Sur le vif - Dimanche 22.02.09 - 17.25h

 

Il s’appelle Darling, ça ne s’invente pas, et déjà, depuis que je viens de prendre connaissance de son existence terrestre, il est mon chéri, mon trésor. Oh, le beau cas, étincelant comme une cuiller à thé trônant nue au milieu du living room.

De son état, il est ministre britannique des Finances. Dans l’hebdomadaire « The Observer » de ce matin, il vient de donner ses ordres au dictaphone à notre pays sur ce que nous devons faire en matière de secret bancaire. En clair, l’abolir : « La Suisse doit réformer ses lois fiscales et bancaires pour les aligner sur celles de l’Europe ». Dont acte, Aye, Aye, Sir, et surtout pardonnez aux misérables vermisseaux de fromage montagneux que nous sommes, du haut de notre goitre, du plus profond de notre état d’arachnide de farine, de n’y avoir point songé plus tôt.

Ils sont gentils, les ministres britanniques ou allemands des Finances. Chaque fois qu’ils parlent du secret bancaire, ils donnent quelques milliers de voix à la cause de son maintien. Parce que nous, les habitants de ce petit pays bien modeste, bien fragile, bien insignifiant face à la grandeur salée d’Albion, nous avons peut-être, en effet, à nous interroger sur le secret bancaire. Mais il se trouve que nous apprécierions de le faire entre nous, sans chancelier ni échiquier, sans pompes ni circonstances, sans les grands de l’Europe qui nous tannent et nous pourlèchent le poil.

C’est ainsi. Les contours de notre destin, nous aimons les dessiner entre nous. C’est là notre petite faiblesse, notre péché mignon, notre Petit Liré contre vos Palatins. Cela, Monsieur le Ministre, porte un très beau nom, que votre pays a d’ailleurs maintes fois défendu avec panache dans l’Histoire : cela s’appelle démocratie.

Pascal Décaillet

 

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21/02/2009

Scarlett et Rhett

 

Sur le vif - Samedi 21.02.09 - 17.50h

 

Un ticket Charles Beer – Véronique Pürro pour le Conseil d’Etat, ce sont les noces du blanc bonnet et du bonnet blanc, de la carpe et du lapin, de la vague et de son écume, du prince et de celle qui porte sa traîne, de Dupont et de Dupond. Ca n’est pas un ticket, c’est un pléonasme, une homophonie, une redondance.

Autant élire Stanley et Livingstone, Simon et Garfunkel, Daphnis et Chloé. Comme si le parti socialiste genevois – dont nul ici, évidemment, ne saurait contester l’infinie sagacité – n’avait plus d’autre ressort que de se brandir à soi-même son miroir, produire et reproduire les mêmes figures, homme adroit et femme gauchère, je te vois, tu me vois, nous ne voyons que nous, dans l’infinité réflexive de la glace et de son tain. C’est totalement son droit, chacun vit sa vie. Les électeurs jugeront.

Car enfin, Véronique Pürro, c’est la garde noire de Charles Beer. C’est comme si on élisait un ministre et son garde du corps. Elle ne jure que par lui, parle comme lui, ne rêve que de traverser les enfers en sa compagnie, il est Orphée, elle est Eurydice, la vie est belle, rose comme les doigts de l’aurore, étoilée comme l’Europe, crépusculaire comme le grand soir. Scarlett et Rhett Butler, devant Atlanta en flammes.

Oui, la vie est une valse. Comme chez les libéraux, on écarte le meilleur au profit d’un couple de rêve. Parité, parité chérie, tu me tiens, j’adore t’offrir ma barbichette, nous dansons sur l’autel du sacrifice.

Juste un épilogue pour rappeler qu’en démocratie, ce ne sont pas les partis qui décident, mais le peuple. Ce dernier voudra-t-il vraiment reconduire les cinq conseillers d’Etat sortants qui se représentent ? Ces cinq bilans sont-ils, de façon égale, à ce point étincelants ? Ce droit d’inventaire que les congrès des partis se refusent à exercer, par conformisme, par le poids des habitudes (et l’habileté des réseaux internes), le peuple, cet automne, devra en faire usage. Hélas, la partitocratie est telle que les choix sont quasiment bétonnés d’avance. En cela, Genève n’a guère à envier au Valais.

En attendant, va pour la valse. Le printemps approche, la vie est belle, elle nous sourit. L’automne, ce sera pour plus tard. Sur les cendres d’Atlanta, les feuilles se laisseront mourir. Et un beau jour, comme à la fin du film, Rhett coiffera son grand chapeau et partira. Et nous, devant le générique, nous resterons encore assis quelques instants. Avant de reprendre le fil de nos vies.

Pascal Décaillet

 

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09/02/2009

Un aristocrate pour diriger l’économie allemande

Au moment où des centaines de milliers de spectateurs se ruent dans les salles pour découvrir l’histoire du colonel comte Claus von Stauffenberg, le héros de l’attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler, c’est un homme intimement lié à sa famille et à son milieu, le baron Karl-Theodor zu Guttenberg, 37 ans, étoile montante de la CSU bavaroise, qui devient ministre allemand de l’Economie. Il sera le plus jeune titulaire de cette charge depuis le début de la République fédérale d'Allemagne, en 1949. La nouvelle sera officielle en fin de matinée.

Le milieu des Guttenberg, c’est celui de l’aristocratie catholique bavaroise, noblesse d’Empire, farouchement opposée à Hitler. Le grand-oncle du nouveau ministre, Karl Ludwig Freiherr von und zu Guttenberg (1902–1945), lié à l’amiral Canaris, fut assassiné dans sa cellule par la Gestapo la nuit du 23 au 24 avril 1945, suite à l’attentat du 20 juillet 1944. Son grand-père, Karl Theodor Freiherr von und zu Guttenberg (1921-1972), officier de la Wehrmacht, fut aussi un résistant à Hitler, avant de devenir secrétaire d’Etat à la Chancellerie, sous Kiesinger, de 1967 à 1969.

Un jour de 1938, alors qu’ils occupaient la Residenz de Würzburg, cette perle entourée de coteaux vinicoles, au bord du Main, les Guttenberg furent les seuls, au moment du passage de Hitler dans les rues de la ville (il se rendait au Congrès de Nuremberg) à refuser de pavoiser leur maison. Ils firent même fermer les rideaux. Seul le prestige de leur nom, et la nécessité pour Hitler, à ce moment, de ne pas se brouiller avec l’aristocratie militaire, leur valut d’échapper aux pires ennuis.

A noter enfin que les résistances allemandes à Hitler furent d’autant plus courageuses qu’elles ne furent pas légions. Le complot du 20 juillet, certes, mais dont il faut se garder d’idéaliser les motifs (ces officiers-là n’avaient-ils pas suivi le Führer pendant les heures de gloire ?). Mais aussi la Rote Kapelle, l’admirable résistance communiste. La plus bouleversante de toutes demeurant le mouvement dit de la « Rose blanche » : quelques étudiants munichois, autour de Hans et Sophie Scholl, distribuant, juste après Stalingrad, des tracts antinazis devant l’Université de la capitale bavaroise, refusant de se rétracter, et finalement décapités à la hache, à l’aurore de leur vie.

C’est aussi un livre, aux Editions de Minuit, « La Rose blanche ». A tout lecteur de ce blog, j’en recommande amicalement et chaleureusement la lecture.

 

Pascal Décaillet

 

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06/02/2009

Le chômage monte, donc tout va bien

Un communiqué de presse sur les chiffres du chômage, c’est toujours un exercice de style. L’avaler, le reproduire comme tel, sans en décortiquer la sémantique, c’est benoîtement porter la parole du pouvoir.

Dernier exemple, la prose commise aujourd’hui par l’Office cantonal de l’emploi nous annonce que le taux de chômage est passé, à Genève, de 5,9% à 6,2% entre décembre et janvier. C’est une hausse importante. Ce sont les faits. Et cela devrait être le titre.

Le titre ? Lisez celui du communiqué officiel : « Hausse du chômage en janvier : Genève suit la tendance nationale ». Certes. Mais voilà diluée, par une adorable pirouette aussi gracile qu’un petit rat de l’opéra, la réalité intrinsèque de Genève.

Manipulation ? Le mot serait trop fort. Disons astuce. Laquelle tourne presque à l’ubuesque lorsqu’on nous explique, quelques lignes plus tard, que le nombre de chômeurs progresse moins à Genève qu’au niveau suisse. Juste en omettant de nous rappeler qu’en valeur absolue, le chômage genevois demeure au double de la moyenne nationale.

Pirouettes ? Cacahouètes ! Peanuts. Juste un petit apéritif avant les votations, et n’ayant – bien entendu – strictement aucun rapport avec le menu électoral de ce week-end.

 

Pascal Décaillet

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05/02/2009

Le grand frisson

A trois jours d’un scrutin historique, la Suisse retient son souffle. Les derniers sondages, certes, veulent encore murmurer une victoire du oui, mais avec une sourde et singulière progression du non, cette marge d’incertitude qui dilate les vaisseaux, sécrète les sueurs. La crise financière mondiale, dont les habitants de notre pays guettent avec angoisse les effets sur l’économie réelle, mais aussi la montée du chômage, l’incroyable nervosité des milieux économiques dans cette campagne, autant de signes pour nous persuader que rien n’est joué. Bref, le grand frisson.

Résultat des courses dimanche, sans doute dès les flashes radio de 12h pile, grâce aux projections nationales des instituts de sondage. La majorité requise étant simple, la cause, sur le plan national, pourrait être entendue assez tôt dans l’après-midi. Passionnante, alors, sera la carte des cantons : on sait à quoi on peut s’attendre au Tessin. Mais Genève ? De cette Suisse du 8 février 2009, quelles seront les lignes de fracture ? C’est tout cela, au fur et à mesure des résultats, que nous verrons apparaître, doucement, dans l’après-midi de dimanche, comme la révélation d’une photographie.

Pour les opposants, pourtant, la campagne avait mal commencé. Une UDC divisée, un leader historique qui tourne sa veste, un Ueli Maurer condamné par sa nouvelle fonction à la castration du silence, l’aile économique du parti qui prône le oui, de pesantes leçons de casuistique sur les effets néfastes du « paquet », climat de brouillard déroutant pour un parti habitué à la cristalline clarté du bien.

A l’inverse, les partisans du oui étaient partis en campagne la fleur au fusil. Fanfan la Tulipe ! Ils avaient pour eux la quasi-totalité de la classe politique suisse, des leaders d’opinion, des médias, se prévalaient de la Raison pure et triomphante, rejetant dans l’encre noire des passions inavouables les motifs de voter non. Ils avaient pour eux le Progrès et la modernité, l’Histoire qui serait en marche contre les sables mouvants du conservatisme. Une fois de plus, comme dans la campagne du 6 décembre 1992, ou celle sur le Traité européen, en France, le 29 mai 2005, on a cru bon de faire passer les partisans du non pour de gros balourds mal dégrossis, incarcérés dans leurs mythes, insensibles aux flammes éclairantes du logos. Le résultat, on l’a vu.

Hallucinants, dans cette campagne, auront été les moyens mis en œuvre par les milieux économiques, la récurrence métronomique, mille fois recommencée, de leur argumentaire : « Un franc sur deux gagné à l’étranger », «  clause guillotine », « pas de plan B ». Toutes choses peut-être vraies, sans doute même. Mais dont la prosaïque répétition, qu’on imagine macérée dans quelque officine de media-training patronal, n’est pas de nature à emporter les foules. Ni d’une nature sémantique (le coup de l’Apocalypse nous a déjà été fait en 1992), ni surtout rhétorique : on n’arrache pas un oui du peuple avec des syllabes de notaires. A cet égard, on notera la pauvreté d’invention verbale du camp du oui, qu’on imagine toujours en costard cravate, établissant un décompte d’exportations dans l’arrière-cour d’un port-franc.

Voilà. Ultime croquis de campagne avant le verdict du peuple. Les arguments, jusqu’au dernier instant, iront s’entrechoquant. Et dimanche, dans un sens ou dans l’autre, nous tenterons de comprendre.

 

Pascal Décaillet

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03/02/2009

Simone Weil, cendre et lumière

Il y a les livres qui vous informent, ceux qui vous forment, ceux qui vous façonnent, et ceux, tellement plus rares, dont la braise, au-dedans de vous, demeure. Pour ma part, de nombreux poètes, à commencer par Rimbaud. En une dame, une petite dame toute frêle emportée à 34 ans par la tuberculose, Simone Weil.

 

Chaleur, lumière, vigilance au profond de l’obscur, état de veille, verticale tension de l’esprit, je crois qu’on peut dire tétanisation. Et ce livre, donc, parmi les autres mais au-delà des autres, « La Pesanteur et la Grâce ». A lire, à dévorer, à caresser des yeux et de l’esprit, à embrasser de joie. A s’y agripper, parfois, aussi, de désespérance, tant le doute s’y mêle à la foi, le présent à l’absence, le vide à la plénitude. Un livre sur Dieu ou sur l’absence de Dieu, je n’ai jamais su.

 

Bachelière à 15 ans, agrégée de philosophie à 22, ouvrière volontaire en usine, née juive pour mourir chrétienne, sauvage rétive à l’institution ecclésiale, Simone Weil aurait eu cent ans aujourd’hui. A ceux qui ne l’ont pas lue, je dis : « Lisez la Pesanteur et la Grâce », j’ai presque envie d’ajouter : « S’il vous plaît ».

 

Philosophe ? Oui, bien sûr. Mais allégée du poids de la démonstration. Poète ? Par l’éclat de certaines formules, le choc des contraires. Philosophe et poète, au fond, à l’image des présocratiques. « De même, écrit-elle justement dans la Pesanteur et la Grâce, il faut aimer beaucoup la vie pour aimer encore davantage la mort ».

 

Simone Weil, vous êtes là. Vous nous accompagnez.

 

 

Pascal Décaillet

 

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01/02/2009

Terras, semper Terras !

Catholique, attaché à mon Eglise et à son unité, c’est avec nausée que j’accueille les propos de M. Williamson sur les chambres à gaz, je l’ai écrit, je le répète. L’antisémitisme est quelque chose d’insupportable, il n’y rien d’autre à dire.

 

Cela posé, juste un mot sur la désespérance de certains carnets d’adresses. On leur dit Rome, ils pointent Terras. On leur dit Pape, ils ciblent Terras. Automatisme des Temps modernes, le génie de Charlot en moins. Terras, ou alors Hans Küng, toujours les mêmes, semper eadem !

 

Rédacteur en chef de la revue « Golias », Christian Terras n’est pas en cause. Il a bien raison de répondre, si on l’appelle. Mais ceux qui le sollicitent, lui, toujours lui (ou alors Hans Küng), dès que Rome s’offre aux ressentiments ! Schéma sagittal de maths moderne, A a pour image B, donc Pape = Terras, et les méninges, faute de les creuser, on les ménage, bien pépères, dans les lobes et les limbes.

 

Alors, va pour Terras, va pour Hans Küng, va pour les flèches du schéma. Quand la curiosité se dissout dans la géométrie descriptive, il nous restera toujours, pour réinventer le monde, la mer de Valéry. Toujours recommencée.

 

Pascal Décaillet

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