29/06/2009

Le Climatique et la rose des vents

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C’est reparti : alors que nos moites sueurs s’enfoncent dans l’été, revoici Ueli le climatique. Forme olympienne : plus Vert que Vert ! A chaque prise de parole, cinq ou six fois le mot « crise ». « Crise mondiale », « crise planétaire », « crise climatique » : à l’entendre, la Suisse n’est plus qu’un champ de ruines, livré à cinquante degrés permanents de canicule, le gaz carbonique seigneur et maître, l’Apocalypse imminente.

Le but ? Ma foi, fort simple. Placer un Vert, le plus vite possible, au Conseil fédéral. Un Sage. Un qui aurait compris le danger qui échappe un peu aux pourceaux d’ignorance et d’impéritie que nous sommes. Enfin, quand je dis « nous », je veux juste parler des quelque 91% de Suisses qui, à tort et dans un accès de stupidité digne des grandes errances et des hérésies albigeoises, n’ont pas jugé bon de voter Verts aux élections fédérales d’octobre 2007. Ah, les sottes gens !

Mais qu’importent les chiffres, qu’importe la raison, lorsque vient poindre, de son groin d’immondices, la Fin du Monde ! Pour tenter de la contrer, cette chienne dévoreuse du temps, peu importent la volonté du peuple, la République, la majorité, toutes ces fadaises enfantées par d’obscures Lumières. Non. Seul compte l’Autel de la Sagesse. Un Vert, vite ! Un Vert, bien frais, bien tassé. Un Vert providentiel. Un Sauveur.

Mais pas tout seul, le Vert. Dans l’esprit du Climatique, homme courtois, il n’est pas question de brûler la politesse aux socialistes. Alors, va pour les rose des vents, va pour deux socialistes et un Vert ! Voilà qui colle parfaitement, non, avec le signal délivré par le peuple en octobre 2007.

Le voilà donc, l’allié de circonstance que certains s’imaginent pour le 16 septembre. En clair, il est assez légitime que Christophe Darbellay tente de récupérer le siège perdu par Ruth Metzler. Mais le Valaisan ne peut décemment opérer cette manœuvre par des alliances qui casseraient la cohérence interne de la droite suisse. Une droite à qui le corps électoral a largement accordé sa confiance, aux dernières élections fédérales. C’est simple, c’est juste de bon sens. Comme de se mettre à l’ombre lorsque le temps, pour quelques heures, se réchauffe.

 

Pascal Décaillet

 

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Le pays des ocres

Lacouture - Raymond Jean.gif

 

 

Tribune de Genève - Lundi 29.06.09

 

Pour moi, les vacances, c’est lire, lire et lire encore. Comme je suis loin d’être seul dans ce cas, je vous recommande un petit bijou, le dialogue de deux éclatants octogénaires, le biographe de génie Jean Lacouture (1921) et l’essayiste Raymond Jean (1925), auteur, entre beaucoup d’autres, de « La lectrice », d’un « Nerval » et d’un « Eluard ».

Ces deux hommes se sont connus au Maroc en 1958, et, régulièrement, se croisent l’été dans le Vaucluse, département de fierté républicaine, de vignes vierges, d’olives et de premières figues, le « pays des ocres », comme ils l’appellent, le Luberon. Non loin, la Durance, le gris moiré des alluvions où l’Alpe se charrie jusqu’à la mer.

De quoi parlent-ils ? De tout ! Voltaire, Rousseau, la communauté juive de Salonique, Combat, le Monde, Clavel, Jacques Rivière, Gide, Ben Barka. Et si c’était eux, la Durance, avec le charivari des sables et des graviers, les troncs, les branches d’une vie d’homme, juste dans le siècle ?

Rien, dans ce dialogue de 120 pages, qui suinterait le didactique. Juste la vie, qui s’écoule et nous rafraîchit l’âme. Sublime vieillard que Lacouture, vin de vie boisé, de la plus parfaite tradition bordelaise. Et Raymond Jean, à niveau, pour des répliques à faire frissonner les ambitions de la Mort. A lire, vite.

 

Pascal Décaillet

 

*** Raymond Jean, Jean Lacouture : « Dialogue ininterrompu, Maroc 1958 - Luberon 2008. Entretiens au pays des ocres ». L’Aube, mai 2009.

 

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28/06/2009

La chance perdue

 

Le Matin dimanche - 28.06.09

 

Pierre Maudet, jeudi après-midi, hésitait encore. Penché sur l’extrême bord du Rubicon, à deux doigts du plongeon, il a préféré renoncer. Dommage. Il y avait là la salutaire espérance d’une fenêtre ouverte, avec l’irruption d’un vent glacé, dans le hublot d’un vieux grenier où suinteraient la lésine, le roussi, le poussiéreux avachissement du poids des ans.

Surdoué de l’action publique, Pierre Maudet est aussi un homme d’une rare culture sur l’histoire des idées, la genèse et l’évolution des partis politiques depuis la Révolution française : James Fazy, Jules Ferry, Guizot, Mandel ou Mendès France n’ont aucun secret pour lui, il est imprégné de passion républicaine, capable d’en parler pendant des heures. Bref, un arrière-pays, chose hélas de plus en plus rare dans la classe politique. Radical, il sait pourquoi il l’est, d’où vient ce parti, comment le régénérer pour relancer le pays.

Cette candidature, sans doute, avait bien des risques d’aller se fracasser, au final, contre celle d’un Pelli ou d’un Broulis. Mais diable, elle aurait remué et labouré le champ de nos idées, secoué la torpeur du centre-droit, charcuté nos préjugés, remis en question ce mode électoral, si ahurissant, où nul programme commun, nulle épine dorsale ne relie entre eux les membres du Conseil fédéral, ces passants du hasard, qui restent tant qu’ils veulent et prennent congé, par pure convenance, au beau milieu d’une législature.

Tout cela n’est pas une question d’âge. Maudet n’a ni raison ni tort d’avoir 31 ans. Il a 31 ans, c’est tout. Et puis, foin du conflit des générations, foin de celui de sexes ! Ce dont la Suisse a besoin, c’est d’hommes et de femmes, de tous âges, ayant une puissante ambition pour le pays. Pierre Maudet, parmi quelques rares autres, en fait partie. Il aurait été, c’est sûr, un candidat d’exception.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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25/06/2009

« Je le vis, je rougis… »

 

Tribune de Genève - Jeudi 25.06.09

 

Ce soir, ou au plus tard demain matin, nous devrions savoir si Pierre Maudet, 31 ans, jeune prodige de la politique en Suisse romande, se porte ou non candidat au Conseil fédéral. Cette décision, plus que toute autre, lui appartient.

Etrange, tout de même ce début de campagne où les plus bavards ne sont pas toujours les plus importants, où les ténors se taisent, et où l’acuité du cri des chérubins vient percer nos oreilles. Etrange, oui, cette marmoréenne attitude :  « ceux qui comptent » se drapent de silence, en préparant la seconde si jouissivement nuptiale de l’aveu. C’est Phèdre qui se penche vers Oenone, les mots irrévocables : « Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue… ».

Pourquoi ce cirque, au fond ? En quoi Mme Brunschwig Graf, MM Broulis, Pelli, Darbellay devraient-ils à tout prix nous faire suer d’impatience, le temps d’un été de mutisme, avant de nous délivrer l’oracle ? François Longchamp, Pierre Maudet, eux, auront au moins tranché, dans un sens ou dans l’autre, avant l’été. Il y a là un respect du public.

Pour le reste, il est souvent d’usage, fin juin, en se quittant, d’offrir quelques livres. Alors, disons, pour Darbellay, « La grande peur dans la montagne », où l’homme ira mûrir sa décision. Et, pour Pelli, ce petit chef-d’œuvre de fouet, de sadisme et de confiture de la très regrettée Comtesse de Ségur : « Les vacances ».

 

Pascal Décaillet

 

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22/06/2009

Filles de l’or

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Tribune de Genève - Lundi 22.06.09

 

Mon premier passage sur l’Acropole date de 1966. Long voyage, familial, qui nous avait conduits jusqu’à Beyrouth et Damas. Coup de foudre pour la Grèce. Cinq ans plus tard, début d’une longue initiation à cette langue. Vertige. Et, depuis ce week-end, émotion : c’est un architecte suisse qui a conçu le tout nouveau Musée de l’Acropole, Bernard Tschumi.

La trace de la Grèce ne se ramène de loin pas au seul culte de la raison. Il y a autant de récits, de folie, de fulgurances d’irrationnel, dans cette littérature-là. Et les « filles des nombres d’or » de Valéry, de quelle mathématique d’ombre surgissent-elles ? Clarté d’une équation, ou nuit d’encre de l’énigme ?

Alors, retournons tous sur l’Acropole. Ou plutôt, dans le ventre de la Grèce d’aujourd’hui. Avec ses sources et ses pollutions, la colère de sa jeunesse, la rigueur de ses montagnes. Et, s’il faut retenir un poète, je vous supplie d’ouvrir Georges Séféris (1900-1971), eh oui un Grec moderne : lisez les « Six nuits sur l’Acropole », son seul roman. Epoustouflant.

A ceux d’entre vous qui ont la chance d’aller en Grèce, cet été, je dirai bien sûr d’aller voir l’œuvre de Tschumi. Et puis, de vous laisser vivre. Avec ou sans Pindare. Avec juste le vent. Et ces syllabes de myrrhe ou d’encens, juste colportées, ce grec moderne à vos oreilles, à la fois même et autre, comme une permanence. Face à la mortelle déraison du silence.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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21/06/2009

T’es Latin, coco ?

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Série "Dis Papa, c'est encore loin, le 16 septembre?" - Dimanche 21.06.09 - 09.15h

Ils n’ont plus que ce mot-là : « Latin ». Ils ne disent pas « Romand », mais « Latin ». Ils pourraient ajouter « noiraud », « sémillant », « conduisant vite, à l’instinct », « adepte du tango », « amant jaloux ». Tout cela, condensé en un mot : « Latin ».

Voilà donc, l’espace d’une vacance, la Suisse coupée en deux : les Teutons et les Latins. On voudrait la belgiciser (avec l’éclatant succès qu’on sait), on ne s’y prendrait pas autrement. Le procès qu’on vient d’intenter au Singinois Schwaller, procès en non-latinité, n’est pas loin de rappeler les très riches heures de l’Inquisition contre les sorcières, voire certaines quêtes de « certificat » des années noires.

À lire la presse orangée dominicale, ce matin, c’est le délire. Ils montent tous au créneau, le poignard ethnique entre les dents. Oh, que les deux meilleurs candidats se trouvent être des Latins, je n’en disconviens pas, ayant déjà esquissé le vivifiant intérêt d’une finale de chefs, en septembre, la finale de rêve entre Fulvio Pelli et Christophe Darbellay. Mais enfin, ça n’est en aucun cas parce qu’ils sont Latins. J’évite, en principe, de pratiquer la prise de sang avant de délivrer une appréciation sur la valeur d’un politique.

Dès lors, lorsque tous les cadres d’un groupe de presse romand en viennent à plaider à l’unisson, et avec quelle fureur, pour qu’un fils de la Louve, et nul autre, ethniquement attesté, remplace aux affaires l’Imperator d’Octodure, on viendrait presque à se demander si le rachat récent de leur groupe par les Zurichois n’aurait pas provoqué en eux comme un surmoi d’urticaire. Mais cette question, nous ne la poserons pas. Nous la laisserons juste flotter, au fil de l’eau. Comme portée par une voile latine. Dans la douceur de sa dérive.

Pascal Décaillet

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20/06/2009

Le PDC a ses chances… Mais à quel prix ?

Analyse, suite aux Assemblées de délégués du PDC et de l'UDC, samedi 20.06.09, 17h

Il devait souffler, aujourd’hui à Delémont, comme un parfum de dame en noir. Le souvenir de Ruth Metzler. Ce mercredi de décembre 2003, le siège perdu : une alliance froide entre radicaux et UDC, la Realpolitik. Dès lors, le PDC n’avait plus qu’à mourir, mourir pour renaître, renaître pour reconquérir. Devant le congrès de son parti, tout à l’heure dans la capitale jurassienne, Christophe Darbellay a confirmé avec une dionysiaque ivresse sa rage de Reconquista. Au même moment, devant l’Assemblée des délégués de l’UDC, Toni Brunner accusait le Valaisan de vouloir pulvériser la concordance suisse.

Brunner se trompe. C’est une autre concordance que va tenter (par un travail estival qui promet d’être acharné) de mettre en place le président du PDC. Un nouvel axe, où l’épée du monde serait le Centre, avec des tentatives de séduction sur les Verts, quelques socialistes, quelques libéraux-radicaux, et pourquoi pas quelques UDC. Bref, un patchwork. Pour parachever ce montage, il s’agira de grappiller les suffrages à l’unité près, jusqu’à la nuit du 15 au 16 septembre, incluse. Et arrosée.

Car les libéraux-radicaux, titulaires du siège vacant, ne feront pas le moindre cadeau à leurs chers ennemis du Sonderbund. La majorité numérique, ils l’ont. Les hommes et les femmes de valeur, aussi. La légitimation de l’Histoire, le rôle de leur famille politique dans le façonnement de la Suisse moderne, encore plus. Dès lors, la seule carte de Darbellay sera d’afficher un programme gouvernemental de rupture, ce qui a déjà été esquissé, aujourd’hui à Delémont, avec une proposition de refonte en profondeur du système de santé. Et, à la volée, cette petite gentillesse pour Pascal Couchepin, en guise de droit d’inventaire : « Ces dernières années, la politique de santé a été une politique de rafistolage ». Ou quand Brutus nous raconte la vie de César…

Comment Christophe Darbellay va-t-il se débrouiller pour que sa tentative de recomposition ne soit pas perçue, une nouvelle fois après le 13 décembre 2007, comme une trahison de la droite suisse ? À cette question majeure, en ce samedi 20 juin 2009, je n’ai pas de réponse. Car le grand défi des anciens adversaires du Sonderbund et du Kulturkampf, c’est justement de dépasser les fractures de l’Histoire et de se rassembler. Un grand parti de centre-droit, en Suisse, entre la gauche et l’UDC. La haine qui oppose MM Pelli et Darbellay, la cruauté de la compétition estivale qui s’annonce, tout cela pourrait bien, après l’élection, laisser des traces. Et ralentir, voire geler un processus de rapprochement que le sens de l’Histoire devrait pourtant dicter à ces deux grandes familles politiques qui ont tant fait pour inventer la Suisse moderne.

Pascal Décaillet





17:01 Publié dans Dis Papa, c'est encore loin, le 16 septembre? | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

La NZZ lance Mario Annoni



Publié dans la série « Dis Papa, c’est encore loin, le 16 septembre ? »


Dans la NZZ de ce matin, mon confrère Christophe Buechi lance le nom de Mario Annoni. L’ancien homme fort du Conseil d’Etat bernois, magistrat remarquable, serait-il intéressé par la succession de Pascal Couchepin ? Mystère. Ce qui est sûr, c’est que la seule évocation de ce nom fait du bien. À une stature – celle du sortant – elle convoque une autre stature, homme d’exécutif, jeteur de ponts, qui peut se targuer d’avoir un bilan. Voilà qui contraste avec les élans primesautiers de quelques cabris, lancés dans la course dans le seul dessein d’aiguiser nos appétits alpestres.

Annoni ? Crédible, oui. Tout comme Pascal Broulis. Tout comme Pierre Maudet, qui a jusqu’à jeudi pour annoncer son intérêt à son parti cantonal. Il n’a que 31 ans ? Et alors ! N’est-ce pas d’une fontaine de jouvence que le grand vieux parti, repu de rotondité notariale, a le plus urgent besoin ?

Annoni, Broulis, Maudet ? Aucun des trois ? Résurrection de MBG, après le baiser de vie de l’Archange Halpérin ? Retour de « vacances » de Pelli, le mieux placé pour l’heure ? Réveil de Burkhalter, qui aurait soudain rencontré le charisme, quelque part entre l’ennui et Damas ? Retour en grâce de Schwaller, pour peu qu’il jure de ne plus jamais se laisser pousser la moustache, parce que ça fait suisse allemand ? Entrée dans la course, plus tard, du Flandrin des glaciers, Christophe Darbellay ? Finale Pelli-Darbellay, finale de rêve, sur l’Alpe, en plein soleil, entre Valais et Judée, sous le doux sourire des cimes blanches ?

Délire ?

Oui, délire, pour l’heure. Nous n’en sommes qu’au début. Une campagne commence toujours par un peu d’ivresse. Et se termine par beaucoup d’ivresse. Entre deux : de l’ivresse.

Restez avec nous, sur le chemin du 16 septembre.

Pascal Décaillet

08:40 Publié dans Dis Papa, c'est encore loin, le 16 septembre? | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

19/06/2009

Martine et l’Archange

 

 

Publié dans la série « Dis, Papa, c’est encore loin, le 16 septembre ? »

 

On la disait gisante, c’était oublier l’Archange. Celui qui, d’un baiser, ravive en vous le souffle, vous arrache au trépas.

Président du parti libéral genevois, Michel Halpérin demeurait silencieux, jusqu’à ce jour, face au trop-plein de papables, tacites ou déclarés, au sein de ses troupes, pour le Conseil fédéral.

De ce silence, l’ancien bâtonnier vient de sortir. Dans un communiqué dépourvu de toute équivoque, en guise de réponse à l’article du Matin, avant-hier, sur Martine Brunschwig Graf, l’Archange Michel dresse un panégyrique de la vice-présidente du groupe libéral-radical aux Chambres fédérales : « la personnalité la plus respectée et la plus aimée du parti libéral genevois ».

Du coup, il relance sa candidature. Et démonte les mécanismes de paravents installés par le génie transalpin de quelques stratèges, aujourd’hui « en vacances ».

Oh, c’est sûr, il est encore loin, le 16 septembre. Restez avec nous. Il y en aura encore, des retournements !

 

Pascal Décaillet

 

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Le Carnaval des Chérubins

 

Publié dans la série "Dis Papa, c'est encore loin, le 16 septembre?"


Une campagne pour le Conseil fédéral, c’est le contraire d’un feu d’artifice : ça commence par le bouquet final. Leurres, feux-follets, feux-Saint-Elme, traînées de poudre, traces de comètes, écrans de fumée. Plus tard seulement, le ciel s’éclaircit.

Pour l’heure, nous nous frottons les yeux. Que voyons-nous ? Rien. Ou plutôt tout, ce qui revient au même. C’est le rituel, comme au théâtre, le prologue encombré de personnages inutiles, les pistes brouillées, pour mieux, au cinquième acte, se dénouer.

Alors, des voix nous parlent. Des ténors ? Non, des chérubins . « Voi che sapete che cosa e amor, donne vedete s'io l'ho nel cor ». De leur tessiture de jouvenceaux, ils sont venus chauffer la salle. C’est leur heure, leur tour de piste. Charmants et charmeurs, masques et bergamasques, vedettes américaines, un peu le nain du Knie, qui vend les programmes, juché sur sa caisse. Nous les aimons, car ils nous installent dans le spectacle. En attendant les choses sérieuses.

Honneur à eux, donc. Gratitude. Merci de l’accueil. Et surtout, continuez à bien nous faire rire.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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18/06/2009

Martine à l’école

 

 

Publié dans la Tribune de Genève - Jeudi 18.06.09

 

MBG a-t-elle seulement vu venir les poignards ? Elle, pourtant toujours sur ses gardes, s’attendait-elle à l’irruption, dès le jour de la démission de Pascal Couchepin, d’une candidature de Christian Luscher au Conseil fédéral ? Même parti, même canton, même famille : le pire coup qui pouvait lui arriver. A-t-elle, à l’école, lu Racine, ou le Nœud de vipères ?

La marionnettiste, c’est Fulvio Pelli. Croit-il, une seule seconde, en Luscher ? Il est permis d’en douter. Mais il active ses leurres. Le Tessinois, pour faire barrage à la campagne centriste de Christophe Darbellay, veut mener la bataille à droite toute. Il a donc besoin d’un candidat qui convienne à l’UDC.

Martine Brunschwig Graf est assurément une femme de droite. Mais il est certaines valeurs sur lesquelles elle ne transige pas, et c’est tout à son honneur. Donc, aux yeux du Florentin, elle ne fait pas l’affaire. A quoi s’ajoute une campagne assez nauséabonde sur son âge, elle que dix mois, seulement, séparent de Pelli lui-même.

La victime des comploteurs survivra-t-elle à l’acuité des dagues ? Ce qui est sûr, c’est que la politique fédérale a besoin de cette femme de valeur. Qui ne méritait pas une telle tentative d’exécution. Ni par ses pairs, ni par certains de mes confrères. Lisible, tellement lisible, comme dans une mauvaise pièce. Avec de mauvais acteurs.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

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16/06/2009

Et un casque à pointe pour M. Schwaller, un !

 

Publié dans la série "Dis, Papa, c'est encore loin, le 16 septembre?"


 

C’était cousu de fil blanc, programmé. Il y a toujours un moment, dans une course au Conseil fédéral, où un petit malin nous sort l’argument ethnique.

Ainsi, Fulvio Pelli, candidat à ne surtout pas être candidat (jusqu’au jour où, genoux rouges sur le bouillant bitume noir, on viendra le supplier), déclare doctement que le chef du groupe PDC aux Chambres fédérales, Urs Schwaller, est inéligible, parce qu’il n’est pas romand. Pas latin. Pas assez fils de la Louve, le Singinois. Ah, l’ignoble, le Fridolin, tout juste bon pour les terres de betteraves, le houblon mousseux, le port du casque à pointe !

Bon, c’est vrai, Schwaller ne respire pas, ni dans son être ni dans son verbe, les piques et les pointes de Voltaire et de sa langue. Mais enfin, à supposer qu’il soit un bon candidat pour le Conseil fédéral, en quoi ces quelque 60% de germanitude seraient-ils un problème ?

La vraie raison, c’est que Fulvio Pelli se méfie de ce rival. En Suisse, on n’est pas élu par le peuple, mais par un collège de 246 grands électeurs. C’est lui, et lui seul, qu’il s’agit de séduire. Or, dans cette sainte fraternité-là, le prudent Fribourgeois, grand rival du radical Burkhalter dans l’art de ne jamais froisser personne, jouit d’une cote inversement proportionnelle à sa notoriété dans les grandes couches de la population. A lui, les arcanes. Au flamboyant président national de son parti, la lumière, l’ivresse des altitudes.

Donc Pelli, habile au point de reléguer le regretté Cardinal Mazarin au rang de balourd du Baloutchistan, prend soin, dans ce premier tour de la campagne, de scier d’emblée celui qui pourrait s’avérer, en septembre, un rival de premier plan. Dans cette démarche, agit-il seul ? La question est posée.

En attendant, la question ethnique est reprise, aujourd’hui, en grande pompe, par l’officialité des observateurs. Le chœur des vierges, par Pachacamac! Qui progresse, à l’unisson, vers le bûcher. Où M. Schwaller est cordialement invité à monter prendre sa place. En attendant peut-être, dans une autre vie, un pont d'or pour Hollywood.

 

Pascal Décaillet

 

14:04 Publié dans Dis Papa, c'est encore loin, le 16 septembre? | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

14/06/2009

César, Brutus, et le temps des cerises



Pour quelqu'un qui s'en va et prétend avoir désormais comme priorité les conserves de cerises, Pascal Couchepin ne perd pas le nord. Dans une interview accordée à Ludovic Rocchi, publiée aujourd'hui dans le Matin dimanche, mais réalisée dans son bureau de Berne, vendredi matin, juste après l'annonce de son départ, l'Imperator annonce clairement la couleur pour sa succession: « Il est dans l'intérêt du pays que mon siège revienne à un libéral-radical latin ».

A la bonne heure! Il a dit « latin », pas « romand », c'est déjà un signe, n'est-ce pas, Monsieur Pelli. Mais enfin, voilà qui laisse le champ ouvert. A une exception près: il a dit « libéral-radical », entendez: « Il n'est pas question que l'ennemi héréditaire, celui de la bataille du Trient et du Sonderbund, vienne nous griller la politesse sur ce coup-là ». En clair, par atavisme partisan, il écarte d'un revers le plus férocement doué de ses successeurs possibles, Christophe Darbellay. En politique, on tue les pères, mais on tue aussi les fils, même adoptifs. En politique, c'est souvent César qui tue Brutus. Délicat et charmant, non, comme un flot de sang sur la candeur d'une toge.

On peut aussi voir les choses autrement. Darbellay, comme Couchepin, est un fauve qui s'abreuve aux eaux troubles de l'adversité. Et si ce refus de bénédiction, justement, se révélait un propulseur? Le PDC, dans cette affaire, a de précieuses cartes en mains pour récupérer le siège de Ruth Metzler. Les négociations, y compris avec l'UDC, commencent dès aujourd'hui. Cela n'est ni gagné, ni perdu, mais la partie est jouable. S'il décide de jouer cette carte, le PDC doit lancer le meilleur des siens. Et nul autre.

Delamuraz, en 83, était le meilleur de tous, il fut élu. Idem pour Couchepin en 98. Il n'y a aucune raison, en cette période de crise et de tempête qui nécessite des caractères forts, des tronches, d'incomparables puissances de travail dans les collèges gouvernementaux, d'aller chercher, pour arranger tout le monde, des semi-tempéraments dans des semi-costumes. Il faut juste les meilleurs. Libéraux-radicaux ou PDC, ça n'est pas l'essentiel sur ce coup-là. Les valeurs de ces deux grandes familles, entre le socialisme et l'UDC, sont à bien des égards les mêmes. Pour le 16 septembre, il serait sage d'oublier le Sonderbund. Et d'aller chercher le meilleur. Là où il est.

Pascal Décaillet


08:56 Publié dans Dis Papa, c'est encore loin, le 16 septembre? | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Imprimer |  Facebook | |

13/06/2009

Lièvres et lapereaux

 

Départ du Bol d'Or, ce matin.

Tout est là, sauf le vent.

Devant ces voiles immobiles, allez savoir pourquoi, je pense soudain à Messieurs Luscher et Hiltpold.



Epigrammes à 3 grammes – No 1 - Samedi 13.06.09 - 14h

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Un homme d’Etat

Publié dans le Nouvelliste - Samedi 13.06.09

Bien sûr, il y aura le bilan, les hauts et les bas, le droit d’inventaire. L’impasse des derniers mois, l’affaire des trente francs, la levée de boucliers du corps médical. Bien sûr, des maladresses, des coups de menton, des pulsions prétoriennes, de solitaires rêveries sur l’Ile Saint Pierre. Tout cela, par pertes et profits, sera passé, comme passent les chiffres et les hommes, tout cela sera décortiqué, analysé. Le temps des historiens viendra, celui des biographes. Les hagiographes, les courtisans, très vite, deviendront plus rares, l’homme mesurera la valeur des amitiés réelles, le temps s’épurera, les contours du destin, plus précisément, se dessineront.

Bien sûr, il y aura tout cela. Mais restera aussi, et c’est cela qui compte, la stature et la dignité d’un homme d’Etat. Passionné, comme peu d’autres, par la chose publique. Habité par la passion de l’Histoire, une rigueur mendésiste attachée aux faits et à l’importance de l’économie, un respect des institutions jusqu’à cette lettre de démission adressée avant tout à la présidente du Conseil national. Tout cela n’est pas surgi de rien. Un homme, c’est un passé, des milliers d’heures de lecture, le gouffre d’une solitude, l’ambition divinement déraisonnable de réaliser des rêves de gosse.

Alors, quoi ? Quelle trace ? Pour moi, chez cet homme, la férocité d’une ambition républicaine. Un incroyable sens du combat, aussi : vivre, c’est se battre, c’est cela et pas grand chose d’autre. J’ajoute enfin la passion des idées, la jouissance de leurs antagonismes, l’attachement à un logos rationnel où la puissance de l’image n’a pas toujours sa place, et où doit s’effacer ce qui n’est pas porté par une rigueur. Delamuraz, plus poétique, plus allusif, plus serti et plus virevoltant dans la faconde, nous faisait davantage rêver. Là, non : la parole est constat, borne de partage, on est davantage dans la précision du cadastre que dans la fermentation céleste. Mais préciser, délimiter, n’est-ce pas l’une des tâches cardinales du vivre ensemble ?

Quels que soient ses succès ou ses échecs dans ses tâches sectorielles, à l’Economie puis à l’Intérieur, Pascal Couchepin restera avant tout un homme de dimension d’Etat, le meilleur des trois conseillers fédéraux que le Valais ait, en 160 ans, donnés à la Confédération.

Pascal Décaillet



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11/06/2009

Drôles d’experts

Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Jeudi 11.06.09

 

La grande question, la seule qui vaille : Uli Windisch est-il une sorcière ? Un nez un peu pointu, certes, des idées trop crochues pour la quiétude ouatée de l’orthodoxie, alors, va pour le bûcher. Ca tombe bien : c’est l’année Calvin.

 

Le plus fou, c’est l’histoire du recteur, Monsieur Vassalli. Saisi, par une délation, d’un crime de délit d’opinion, il entre en matière ! Pour sévir ? Même pas ! Pour aller en référer, cahin-caha et presque en catimini, à une commission dont je ne sache qu’elle ait encore beaucoup siégé et qui doit se pourlécher les babines d’avoir enfin un peu de biscuit à se mettre sous la dent.

 

L’affaire est-elle si complexe que le recteur ait à la déléguer à des tiers ? Saisir une instance externe, est-ce le courage, est-ce agir en chef ? Sous pression de quelques chers camarades, dont le président du parti socialiste suisse, Monsieur Vassalli aurait-il peur de statuer lui-même ? Peur de déranger ? Peur de l’onde de choc ? Peur pour sa carrière ?

 

Ou alors, cet éminent scientifique aurait-il besoin qu’on lui bichonne, sous le couvert de l’éthique, un amour de petit dossier à charge ? Qui lui permette, le jour venu, de dire : « Ca n’est pas moi, ce sont les experts ». Drôles d’experts, à la vérité, quand on sait que le papier commis par Uli Windisch, dans le Nouvelliste, pourfendait le socialisme. Et que siège, dans la « commission d’éthique », une certaine Christiane Brunner.

 

Pascal Décaillet

 

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08/06/2009

Balle de match

Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Lundi 08.06.09

 

T’es trop vieux, Roger, on lui avait dit. Fini, usé, laminé. Parce que la victoire, comme le grand amour, ne déploierait ses ailes qu’une fois, elle ne reviendrait pas. Trop vieux, blessé, moral en bas. Il te reste encore de beaux jours, on lui avait dit, fais autre chose. La vie, devant toi, la douce moiteur de ses bras.

 

Lui, il aurait pu faire ce choix. Semi-retraite, peinard, avec Mirka et les millions. Il était déjà une légende, le plus grand du sport suisse. Mais il n’a pas voulu. A terre, il s’est relevé. Seul, il s’est battu. Paris lui résistait ? Alors, va pour Paris, comme en quarante. Repartir de tout en bas. Revenir, déguisé en mendiant. Au fil des échelons, se révéler. Et hier, juste après 17h, le feu. La lumière.

 

Ici bas, tant que t’es pas mort, tu dois te battre. Comme un taré. Ils veulent ta peau, t’écraser, damner ta mémoire ? Tu t’en fous : tu te bats ! C’est dur, mais c’est génial. Ca fouette le sang, ça aiguise l’âme, ça vivifie l’être sensible.

 

C’est cela, la vraie leçon de Monsieur Federer. Au-delà du génie du tennis, une histoire d’homme, donc de solitude. Un compte à régler avec le destin, le jeu des apparences, ces courtisanes du fait accompli, qui se lovent et te narguent. Mais toi, tu résistes. Tu traces ta ligne. Les ennemis, tu les combats. Les amis, tu les comptes. Un, deux, aucun, peu importe. Tu te bats. Et tu vis. Chapeau, Roger.

 

Pascal Décaillet

 

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05/06/2009

Uli et les censeurs

Chronique publiée dans le Nouvelliste - Vendredi  05.06.09


 

Qu’a donc commis le professeur Uli Windisch de si criminel, dans ces mêmes colonnes où j’écris, cet espace de liberté et d’échanges appréciable en Suisse romande, pour avoir sur le dos une armée de censeurs qui veulent sa peau ? Il a émis, certes de façon tranchée et incisive, virulente même, ce qu’on appelle une opinion. On la partage ou non, on peut la combattre, l’attaquer, la démonter, la décortiquer, lui tendre le miroir de ses contradictions. Mais la censurer, non, désolé. Ourdir, par derrière et de façon particulièrement sournoise, pour faire rouler la tête de son auteur, non, vraiment. Saisir le recteur, comme on va chercher le maître d’école, non, merci. Il y a d’autres procédés, dans le débat d’idées, que celui de la délation. Ce dernier, lâche et malodorant, suinte certaines époques, qu’on imaginait révolues.

 

Dans cette chronique, consacrée au ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, et à ses incessantes pressions sur la Suisse, Uli Windisch défend la thèse que la volonté aveugle et fanatique de vouloir changer l’homme et la société peut avoir des conséquences totalitaires. Cette idée, il la développe avec une plume et des arguments qui n’auraient pas été les miens, mais enfin il le fait sans que la loi, à ma connaissance, en soit ni transgressée ni même seulement affectée. Bien sûr, il heurte la sensibilité d’un grand parti de notre pays, le parti socialiste. Cela n’est pas très gentil. Mais cela est-il interdit ?

 

Et c’est bien là le problème. La susceptibilité de la Chapelle, dès qu’on la met en cause. La mise en action du Réseau, ici un délateur anonyme du service public, là une demande d’exécution auprès du décanat, là encore, le Grand Maître, Christian Levrat, qui saisit les plus hautes autorités, pour obtenir des sanctions. Dans l’univers des sociologues lémaniques, où Windisch, pour n’être pas de gauche, fait figure de grand méchant loup, l’occasion est évidemment trop belle pour ne pas s’engouffrer dans les surexcitantes délices de la curée et de l’épuration. Et voici nos grandes âmes, si promptes à la défense des droits de l’homme, en joyeuse chasse à l’homme, chasse aux sorcières. Par insidieuses missives, toujours derrière le dos. Le vrai scandale est-il dans les propos d’Uli Windisch, ou dans la démesure de la réaction ?

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

 

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04/06/2009

Chasse à l’homme

Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Jeudi 04.06.09

 

Il y a quelques semaines, le sociologue Uli Windisch, professeur à Genève, publiait dans le Nouvelliste un article virulent à l’encontre du socialisme. Article dur, c’est vrai, je n’aurais pas choisi ces mots-là. Mais enfin, expression d’une libre opinion. L’une des conquêtes de la Révolution française. Fondamentale.

 

Depuis, c’est la chasse aux sorcières. La curée. Une source amicale, venant du service public, a eu l’extrême élégance de balancer l’article au recteur. Ce dernier, avec l’odorante tiédeur de Pilate, s’en émeut. Une joyeuse secte, assoiffée depuis toujours du sang de l’importun qui n’embrasse pas l’orthodoxie de sa chapelle, surgit du soupirail. Toutes griffes dehors, rugissant, elle exige sa peau. Christian Levrat, patron du PS, se rêve en Fouquier-Tinville, jouissant à l’idée de voir rouler dans la sciure la tête qui dérange.

 

Ils s’y entendent, certains réseaux de camarades, lorsqu’il s’agit, à coups de délations et de lettres perfides, d’avoir la peau d’un esprit qui pense autrement. Le tout, sous le bénissant paravent de la morale. Uli Windisch est un homme qui apporte beaucoup au débat public. Vous lui tombez tous dessus ? Eh bien moi pas. Et je lui dis même, à travers ces lignes, mon amitié en ces moments difficiles. Comme je l’avais fait, en d’autres temps, à un autre emmerdeur si salutaire dans la République : un certain Jean Ziegler.

 

Pascal Décaillet

 

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