16/08/2009

Sur le chemin de Damas, Urs Schwaller trébuche

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Dimanche 16.08.09 - 13.30h

Pauvre Urs Schwaller ! Il avait pourtant tout fait pour remonter la pente. En secret, la nuit, il avait relu Quinte-Curce et Juvénal, revu ses ablatifs pluriels, appris par cœur la liste des empereurs romains, défriché quinze ouvrages savants sur les patois franco-provençaux. Il s’était initié à la cuisine à l’huile, aux différentes sortes d’ails, celui des ours et celui de la Sainte-Victoire. Il avait suivi des cours sur les absides en cul-de-four, les tuiles romaines, les voiles latines, Gonzague de Reynold et Charles-Albert Cingria, relu les Cahiers du Rhône, coupé sa moustache, jeté la vieille collection de casques à pointe qui, allez savoir pourquoi, encombrait son grenier.

Et puis, patratrac, la damassine.

Il avait pensé à tout, sauf à ça. Un confrère (ignoble, évidemment) lui demande ce qu’est la damassine. Et il parle d’une boisson…………… à base d’anis !

Et d’un coup, c’est le grand envol, définitif. Veaux, vaches, cochons, couvées, espérances, bureaux à lambris avec vue sur l’Aar. Plus rien. Nada. Terminado. Envolé. Comme cette étoile dont parle l’Apocalypse, et qui s’appelle « Absinthe ».

Oui, elle est dure, la vie de candidat. Quand on croit tout bien faire, tout juste, jusqu’à rêver dans les deux langues. Et puis, par l’infini détail d’une confusion, tant d’efforts, juste pour des prunes.

Pascal Décaillet



13:28 Publié dans Dis Papa, c'est encore loin, le 16 septembre? | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Saperlipopette ! à quoi ça tient !

Perdre la face pour une petite prune de rien du tout ! En avoir mal au ventre de longues heures ...Dame, les pruneaux !!!

Servez-lui vite un verre de cette eau de vie de damassine pour le retaper ! Et s'il en a un, ôtez lui son poignard en damas : pas de suicide , SVP !

Écrit par : Anynome | 16/08/2009

Hé hé! Gonzague de Reynold! Vous croyez vraiment qu'Urs Schwaller est un lecteur de Gonzague de Reynold? Dans ce cas il remonte dans mon estime...

Écrit par : Léon Savary | 16/08/2009

Néanmoins, de nombreux Romands feraient la même erreur. Ils sont même persuadés que l'absinthe est un produit typique du canton du Jura.
Non, la Suisse-romande n'est pas monolythique et ce type d'erreur ne prouve rien. La preuve sur le cliché photographique qui veut nous faire prendre des pruneaux pour des damassines !
Etre papable pour le CF ne tient pas à un quiz.

Écrit par : Frédéric | 16/08/2009

Les appétits du PDC sont grotesques, autant d'ailleurs que sa manière de faire accroire que les élus de gauche lui seront acquis à 100%. Nous savons bien que ce parti n'a pas de colonne vertébrale, qu'il promet le "green new deal" pour mieux, au dernier moment, faire volte-face au nom de la lutte contre la vie chère. Ce parti, comme l'autre en lice (PLR- ou PRL?), n'a-t-il pas dans son programme la construction immédiate d'une nouvelle centrale nucléaire? Tu parles d'un green new deal.

En plus, ce parti a déjà deux sièges. Deux sur huit. Le poste de Chancelière lui a été cédé en début de législature.

Si le PDC voulait réellement un green new deal, ce n'est pas pour un des siens qu'il devrait se battre. Mais pour l'élection d'un candidat vert. Là, cela aurait de la gueule. Là, les engagements pour une Suisse plus écologique du chasseur Darbellay (tiens, que pense M. Darbellay du loup et de l'ours en Suisse?) deviendraient tout à coup plus crédibles. Et le soutien de la gauche assuré.

Le coup serait faisable. Le matin de l'élection, il y aura au maximum 245 électeurs présents, un libéral-radical ayant déjà annoncé qu'il sera absent pour hospitalisation. La majorité absolue est à 123 voix. Imaginons un candidat soutenu par les seuls PLR et l'UDC: 119 voix (à condition que l'UDC soutienne vraiment les radicaux, ce qu'il n'a jamais fait puisque ce parti est en réalité l'objet principal de la haine et du ressentiment de M. Blocher, ressentiment qui est lui-même à l'origine de ses combats politiques des 17 dernières années). La majorité absolue irait donc au candidat vert, s'il était soutenu par toute la gauche (ce qui est probable) et par le PDC (ce qui l'est moins...).

Le jour où la gauche s'alliera avec le PDC (et non l'inverse), ce parti hyper-conservateur qui n'a même pas osé poser la question de l'avortement en assemblée générale, eh bien ce jour-là, je cesserai de verser mes cotisations au PS et les verserai à une bonne oeuvre.

Et puis, le PDC a-t-il tant faim de revanche qu'il préfère se venger sur le parti qui lui est le plus proche, au lieu d'avoir le front de combattre réellement l'hydre UDC? Honteux.

Écrit par : Luc Duchmol | 17/08/2009

Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, et surtout pas sa propre Apocalypse. Jésus sur son chemin de Damas doute de Dieu, de lui-même. Sur la croix, il demande à Dieu pourquoi il l'a abandonné. Jésus avait pourtant tout prévu, la chute de l'étoile Absinthe. Mais comme justement il l'avait prévu, il se sentait assez fort pour réussir à conjurer le sort. Hélas, le poids d'un seul homme face à une foule d'enragés qui refuse sa poésie divine n'est rien, nada de nada. Pour en revenir au poids de notre réalité, à force de présenter de nouveaux candidats, d'ici le jour J, nous aurons peut-être une Assemblée fédérale qui aura à choisir entre 90 candidats et qui demandera "coup de sac" pour élire le(la) nouveau/velle conseiller/ère fédéral au bout de quarante parties perdantes au match au loto.

Écrit par : pachakmac | 18/08/2009

Non Frédéric, vous n'y êtes pas: la majorité pour le bloc UDC/PLR est très éloignée, puisque ce ne sont pas 119, mais bien 112 dont ce bloc dispose (groupe UDC: 65, groupe PLR: 47). Même en y ajoutant le membre de l'UDF (sans groupe, mais son successeur rejoindra celui de l'UDC), on est loin du compte (environ 120/122 voix), et c'est sans compter les dissidents. Je pense que Frédéric y ajoute les 6 membres du PBD, certes de droite, mais peu fiables. La réthorique de droite, qui voudrait imposer ses candidats à l'Assemblée fédérale, n'est pas mathématiquement réalisable. Evidemment, les UDC et leurs acolytes rêvent d'une hypothétique "revanche" en 2011 de l'électorat "floué", alors que si l'on observe le bloc de droite au Parlement depuis 30 ans, celui-ci n'a guère évolué. En effet, l'UDC n'a fait que grignoter l'électorat PLR d'une part, et les petits partis de droite, d'autre part (Parti de la Liberté, Démocrates Suisses, etc.). Le rapport de force réel est:
-Droite 119
-Gauche 75
-Centre 58
En divisant par 246, et multipliant par 7, on obtient le nombre de sièges pour chaque bloc: 3.39 pour le premier, 2.13 pour le second, 1.48 pour le troisième, donc:
-Droite 3 (1 ou 2 UDC, 1 ou 2 PLR, 0 ou 1 PBD)
-Gauche 2 (1 ou 2 PS, 0 ou 1 PES)
-Centre 1 (1 PDC)
Il reste un siège à distribuer, en vertu des plus gros "restes", il va au centre
-Centre 2 (1 ou 2 PDC, 0 ou 1 VEL/PEV)
Donc, ce n'est que justice si le 16 septembre le centre gagne un siège!

Écrit par : Diego Frieden | 25/08/2009

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