27/08/2009

Broulis, la langue, la parole

 

Jeudi 27.08.09 - 12.45h

 

Au début était le verbe, qu’on pourrait aussi appeler la parole. Puis, plus tard, suite à quelque étourderie de verger, vinrent les langues. Il y eut Babel, il y eut deux mille Pentecôtes, il y eut ceux qui parlèrent et puis ceux qui se turent. Et puis, un beau matin, Pascal Couchepin s’en alla.

Et là, il y eut mille feux sur l’un des candidats, Pascal Broulis, surgis de tant d’innocentes cendres, pour dire à quel point ça n’était pas bien de ne pas parler la langue de Brecht et de Rilke.

Et de quantité d’ondes, souvent publiques, se mirent à jaillir mille procès en sorcellerie, Broulis l’unilingue, Broulis le monoglotte, Broulis le sous-doué, le sous-Berlitz. Sous la parure de l’innocence, on a thématisé la chose, multiplié les débats, brocardé son déplacement à Zurich, mardi soir.

Nous nous sommes déjà exprimés, ici, sur la vanité de cette querelle, et Dieu sait pourtant si la langue allemande nous est chère. Nous devons ajouter aujourd’hui que le côté systématique de ces attaques devient un peu pénible. Et mériterait qu’on s’interroge sur les véritables motivations de leurs auteurs.

Car enfin, de quoi s’agit-il ? De trouver à la Suisse un conseiller fédéral. Un successeur à Delamuraz, puis Couchepin. Une stature. Un sens de l’Etat. Un qui sache poser quelques grandes querelles, au-delà des vétilles, du tout-venant. Un qui sache affronter, mais aussi rassembler. Homme ou femme de parole, pour sûr. D’abord la parole, qui est sœur de l’action.

La langue, ça n’est certes pas rien. Mais ça vient après.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

12:44 Publié dans Dis Papa, c'est encore loin, le 16 septembre? | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Ouais...dire que dans n'importe quelle entreprise un monteur en mise en service doit se débrouiller pratiquement en trois langues. Formation: élecricien, électronicien ou mécanicien.

Arrêtons de fabuler, un Conseiller fédéral se doit de connaître au moins l'allemand et le français, Doris Leuthard s'exprime aussi parfaitement en italien et l'anglais ne serait pas un luxe. Si au moins nos enseignants, dont vous venez de faire le panégyrique, ou mieux, les responsables politiques admettaient enfin l'échec de l'enseignement des langues dans les cantons de Vaud et de Genève...

Écrit par : Christian Favre | 27/08/2009

Mauvaise querelle que celle cherchée à Pascal Broulis ! Quand on sait à quel point certains Alémaniques sont incapables de s'exprimer correctement en allemand - Hochdeutsch - et qu'en plus ils font semblant de comprendre le français, on mesure mieux pourquoi les majorités se croient toujours autorisées - pour ne pas dire investies - de donner des leçons aux autres.

Certains (parlementaires ?) Alémaniques sont tellement mauvais en allemand et en français qu'ils doivent secrètement intriguer pour que les séances du National et des Etats se déroulent en anglais...

Écrit par : Michel Sommer | 27/08/2009

Attendre de l'action de la part de quelqu'un qui répète, comme un métronome, qu'il est "transparent"...
Quant au sens de l'état, le candidat Broulis s'avoue "cosmopolite" (1), en déclamant son admiration pour la démocratie grecque (qui n'avait rien de "cosmopolite"). Ce qui tendrait à prouver que l'élève Broulis est au moins aussi nul en histoire politique que dans la langue de Goethe.

(1) personne, dans le personnel politique ou journalistique, ne lit plus Platon ou Aristote ?

Écrit par : Paul Bär | 27/08/2009

Merci, M. Décaillet, de remettre l'église au milieu du village. Ces discussions sur la langue maternelle des candidats me paraît lassante. On nous présente un excellent candidat vaudois qui a le sens de l'Etat, tout comme M. Burkhalter et M. Schwaller qui ne sont pas de vrais romands mais représenteraient aussi très bien la Suisse romande à Berne.
Le seul bémol en ce qui concerne M. Broulis, que comme vaudoise j'apprécie comme chef de notre gouvernement cantonal : nous francophones, largement minoritaires dans ce pays, avons intérêt à comprendre parfaitement l'allemand et surtout à nous exprimer dans cette langue pour être sûrs d'être compris par nos compatriotes.
Bien que parlant couramment l'anglais, je déteste cette nouvelle manie de communiquer en anglais pour faciliter les rapports. Et quand c'est de certains offices fédéraux que vient l'exemple, la colère me submerge.
Je pense que c'est la raçon des minoritaires, mais c'est aussi leur intérêt, de faire les efforts nécessaires pour être toujours meilleurs que les autres.

Écrit par : gamine | 27/08/2009

La Suisse est une nation d'intention, une merveilleuse, mais très complexe mécanique. Aveuglés par leurs "Lumières", les turbo-républicains (qui n'ont évidemment que peu de rapport avec la République au sens classique du terme) sont prêts à casser tous les murs, oubliant que si un mur sépare, il distingue, structure et protège aussi. La forme nationale finira par périr d'un excès de républicanisme dévoyé par le primat, erroné, de l'abstraction sur le pays réel.

Écrit par : Paul Bär | 27/08/2009

La presse aime contourner le réel débat... Rappelons nous que chaque parlementaire, chaque conseiller.ère, s'exprime sous la coupole dans sa langue maternelle. Oui, il.elle se doit de comprendre l'allemand et Monsieur Broulis le comprend. Car oui, il a étudié cette langue mais comme nous tous, à force de ne pas la pratiquer, on perd quelque peu son usage.

Pourquoi toujours mettre en avant les défauts? Je dirais même plus... les défauts "secondaires" des candidats.es... On dit de Monsieur Burkhalter qu'il est lisse, on reproche à Monsieur Luscher son gout pour la vie people, etc!

Essayons maintenant d'instaurer un réel débat politique afin de connaitre la position et l'avis de nos candidats.es sur des thématiques importantes, sur lesquelles l'élu.e aura à travailler.

Écrit par : Florence Gross | 28/08/2009

Il y a une autre manière d'aborder ce sujet : vos successeurs à RSR1 sont devenus des agitateurs pour la beauté de l'agitation. Ils aiment faire tourner le ventilateur le plus vite possible, donne systématiquement la parole à qui foutra le plus de merde dans le système : ces jours, on n'entend plus que Carlo Sommaruga et Jean Ziegler, tous deux chantres de la démolition systématique de ce pays, et qui s'arrangent donc de faire le plus de mal possible sur la question libyenne. L'attaque sur Broulis est du même ordre. Se faire mousser, brasser de l'air, etc...
Notez bien que cela n'a en l'occurrence aucune importance. Broulis ne sera même pas sur la liste des candidats du PLR. On parie ?

Écrit par : Géo | 28/08/2009

Vaudois et Genevois sont dérangés de voir un candidat neuchâtelois. La presse lémanique (région qui se prend pour le nombril du monde) n'accepte pas que quelqu'un qui n'est pas du coin puisse être meilleur qu'eux. Vraiement égoïstes
Vaudois et Genevoi de vouloir tout "bouffer".

Écrit par : Béguin | 03/09/2009

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