30/11/2009

Les contribuables à la caisse - En quel honneur ?

 

Les manifs, c’est toujours la même chose. Au flash de 14h, on entend dire que c’est « bon enfant ». A celui de 15h, idem. A celui de 16h, on nous parle de casse et de vitres brisées. A 17h, on sait que ça a dégénéré.

Ce qui s’est produit à Genève, samedi, était parfaitement prévisible. Dans l’ordre de l’impéritie, et même dans celui du culot, la palme revient aux organisateurs. Interrogés à plusieurs reprises sur l’existence d’un service d’ordre interne (ce qui, sans remonter à la CGT de mai 68, se fait dans toute manif responsable), ils n’ont donné comme réponses que des haussements d’épaules, reportant leur responsabilité sur celle de la police, comme si cette dernière n’était qu’une conciergerie, à disposition.

Et cet après-midi, on apprend quoi ? Que l’Etat va indemniser les victimes. L’Etat, donc les contribuables. Et les fauteurs de troubles ? Ils ne paieront rien ? Et les organisateurs ? Ils ne seront pas mis face à leurs responsabilités ?

Vous les trouvez gênantes, ces questions ? – Moi pas.

 

Pascal Décaillet

 

17:18 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Bravo M. DECAILLET, très bonnes questions !

Reste juste à les poser aux bonnes personnes, dans l'espoir d'obtenir des réponses, mais ça c'est un autre chemin de croix !

L'Etat ne doit pas devenir l'assurance RC des organisateurs de manifestations, ni des auteurs des émeutes qui nous occupent, et qui sont amenées à se renouveler à Genève si aucun signe politique fort n'est donné, avant, pendant et après les événements !

Walter SCHLECHTEN, habitant de Confignon !

Écrit par : Minet | 30/11/2009

En quel honneur ? par exemple en l'honneur de la même responsabilité collective qui fait payer par le contribuable les interventions de police et autres lors de matches de football, de rassemblement des grands de ce monde à Davos, etc.

Écrit par : Casse-pied | 30/11/2009

Effectivement, pour une fois, de très bonnes questions. La responsabilité civile des organisateurs devraient se poser, par exemple pour avoir créé un état de fait dangereux (et les dangers étaient annoncés et prévisibles) et n'avoir rien fait ou si peu. Il me semble qu'il y a suffisamment de juristes au Département des institutions pour que l'un au moins ouvre le Code des obligations et lise l'art. 41 CO. Se défausser de tout cela sur le dos des contribuables est infect.

Écrit par : caton | 30/11/2009

Sur le sujet, j'aimerais bien citer le professeur de sociologie Eric Werner (UNI-Genève), malheureusement bien ignoré (on se demande bien pourquoi...) par nos média "redevancés" :

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On croit volontiers que l'insécurité est toujours et néces­sai­re­ment en elle-même une calamité. Mais c'est là une vue par trop étroi­te du problème. En réalité elle joue un rôle important dans le maintien de la stabilité du système. Elle concourt utilement par exemple à dé­mo­raliser les populations, et par là même aussi à les convaincre de la va­nité qu'il y aurait à vouloir s'opposer au "sens de l'histoire" (tel que le définissent les autorités). On pourrait dire aussi qu'elle a une fonc­tion rééducative. Elle achève de réduire les individus à l'impuissance et de les mettre dans l'incapacité de ne rien entreprendre contre la no­menklatura en place. Bref, c'est un instrument efficace de contrôle so­cial. On lui est redevable de soustraire les autorités aux désa­gré­ments liés à une hypothétique et toujours aléatoire contestation ve­nue de la base. On comprend dès lors le soin tout particulier qu'elles mett­ent à la laisser se développer comme elle le fait. Elles ne disent na­turellement pas qu'elles sont pour l'insécurité (non quand même), mais elles ne s'emploient pas moins à la favoriser discrètement. L'in­sécurité a parallèlement encore une autre fonction péda­go­gi­que: celle d’habituer progressivement les populations à l'ab­sence de droit. La croyance en l'existence du droit n'a en effet de sens que dans un Etat de droit. Dans un Etat qui n' est pas de droit ou l'est de moins en moins, parce que les autorités elles-mêmes en pren­nent de plus en plus à leur aise avec le droit (quand elles n'en vien­nent pas purement et simplement, comme c'est souvent le cas, à se mettre au-dessus du droit), une telle croyance perd évidemment tou­te raison d'être. A la limite même, elle pourrait passer pour sub­versive.

(De l'extermination, Editions Thael (Case postale 4102 – CH-1002 Lausanne), 1993)
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Écrit par : Paul Bär | 30/11/2009

L'un des organisateurs disait la semaine dernière à la radio qu'on tolérait les Black Blocks dans la manifestation parce qu'ils avaient autant que tout le monde le droit de manifester.
On pourrait peut-être aujourd'hui lui présenter la facture.
Ce n'est en tous cas pas aux conttribuables de payer.

Écrit par : cybermamy | 30/11/2009

Bon d'accord!...

Mais alors, on envoie la note concernant les heures sup et toutes les autres à qui afin de payer le service d'ordre en charge pendant Eurofoot! C'est vrai qu'Eurofoot, ça cassait rien!

Et l'OMC avec leurs dérivent ultralibérales, ils n'auraient pas aussi une certaine responsabilité?

Écrit par : Père Siffleur | 30/11/2009

Mais c'est la règle du jeu! Ou bien je n 'ai rien compris?!

Écrit par : Valery | 30/11/2009

Comme tous les organisateurs de manifestations et d'évènement, ils doivent avoir contracté un assurance RC, un point c'est tout !

Écrit par : Charly Schwarz | 30/11/2009

La liberté de manifester est un droit fondamental. Ce n'est pas par ce qu'on manifeste qu'il doit y avoir des casseurs. Ce n'est donc pas si clair que c'était prévisible. M. Décaillet, vous payez pour l'Euro Foot (vos impôts ont payés des militairs qui ont gardé des rues vides...) mais vous ne voulez pas payer pour avoir le droit de manifester et exprimer votre opinion?

Écrit par : Nicolas | 01/12/2009

La liberté de manifester oui est un droit fondamental, mais pas celle de casser.

Écrit par : NIN.À.MAH | 01/12/2009

Si certains dirigeants ont décidé de payer la casse, n'est-ce pas parce qu'ils ont accepté le tracé du cortège dans une zone urbaine à forte concentration de vitrines, d'établissements bancaires, etc. ... et ceci malgré les avertissements des commerçants concernés ?

Un défilé organisé dans le quartier où se trouve l'OMC (route de Lausanne, Avenue de la Paix) aurait certainement plus judicieux et moins coûteux, mais peu importe puisqu'au final c'est nous qui payerons !

Écrit par : Clyde | 01/12/2009

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