01/12/2009

Le Père Collomb, les minarets, ma déception

 

Je n’ai jamais caché, ni ici, ni ailleurs, mon opposition à l’initiative sur les minarets. Tout en saluant et en respectant la décision populaire de dimanche, je voudrais dire pourquoi ce choix de mon pays m’a déçu.

 

Du plus loin qu’il m’en souvienne, le premier homme qui m’ait ouvert au fait religieux (à part ma famille) est le Père Louis Collomb, aumônier du primaire, dans les années soixante, dans l’école de mon enfance. Mon ami Bertrand Ledrappier, le député Pierre Weiss, le regretté Jean-Philippe Maitre, et tant d’autres, sont passés par la fréquentation de cet homme d’exception, la douceur incarnée, l’ouverture au phénomène religieux, bien au-delà des barrières et des étiquettes.

 

Le Père Collomb, qui nous a quittés il y a hélas des décennies déjà, qui était-il ? Un prêtre de l’après-guerre, dont la famille avait souffert sous l’Occupation, qui s’était formé avant Vatican II, et, au moment où je l’ai connu (1965), venait de sortir de ce Concile. Il commençait à en intégrer la dimension rénovatrice, nous en parlait d’ailleurs, nous expliquant ce qui allait changer.

 

Louis Collomb, cheveux en brosse, soutane, très maigre, visage froissé, regard incroyablement bienveillant, toujours souriant, est l’homme à qui je dois la religion catholique. Non pas l’homme de mon baptême (1958, à l’église du Châble, en Valais), mais celui d’une initiation religieuse exceptionnelle, celui de la communion et de la confirmation.

 

Surtout, le Père Collomb est l’homme qui, dans un esprit de tolérance inégalé, nous a enseigné, entre 1965 et 1969, les autres religions. Judaïsme, Islam, bouddhisme, animisme, etc. Et même l’athéisme, qu’il considérait comme une forme de religion. Et même l’agnosticisme ! Et je veux dire ici, avec force, que jamais – je dis jamais – il n’a eu une phrase nous laissant entendre qu’il prodiguait cette ouverture à titre didactique, mais qu’au fond, nous devions garder en tête que le christianisme serait meilleur.

 

Jamais le Père Collomb, qui restera pourtant pour moi l’incarnation de l’esprit chrétien, n’a eu le moindre mot dégradant face à une autre sensibilité spirituelle sur cette terre. Le judaïsme avec ses prophètes, ses rites, l’Islam avec la vie de Mahomet, les premiers califats, le Coran. Tout cela, simplement, nous était exposé, avec douceur, lumière, intelligence. Eh oui, paradoxe, ce fameux « enseignement du fait religieux », dont la nécessité s’impose de plus en plus, c’est un prêtre catholique en soutane qui nous l’aura prodigué.

 

Alors ? Alors, rien. Cela ne change rien, je le sais, à la perception que le peuple suisse a aujourd’hui de l’Islam, encore une fois je respecte le vote de dimanche. Mais voilà, avant-hier, sur le coup de 14 heures, j’ai pensé très fort au Père Collomb. A son sourire. A sa douceur. A ces rayons de lumière dans sa salle de cours. A ses diapos sur Moïse, Jean-Baptiste, le Jourdain, les martyrs de l’Ouganda, le Pèlerinage de la Mecque. A son aube blanche, lorsqu’il disait la Messe.

 

Un jour, plus tard, j’ai appris que son père avait été fusillé par les Allemands, sous ses yeux.

 

Je n’oublierai jamais le Père Collomb. Et jamais, tout minoritaire soit ce choix, je ne stigmatiserai une autre religion.

 

Voilà pourquoi, dimanche, j’ai voté non.

 

Pascal Décaillet

 

12:03 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (27) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Il y a des gens qui pensent différemment, mais ils sont tellement minoritaires, il faudra changer votre non de blog !

Écrit par : Corto | 01/12/2009

Merci pour ce témoignage.

Écrit par : NIN.À.MAH | 01/12/2009

Bonjour M. Décaillet....!!

vraiment très belle note !!! j'ai eu la chance bien connaitre le Père Collomb...il m'enseigna durant de nombreuses années dans "la même école de votre enfance" les premiers préceptes catholiques... Il est aussi celui qui me fit faire ma première communion et ma confirmation ( à St Gervais en retraite à prier et à se recueillir).

Le Père collomb est un homme merveilleux qui à conserver tout son aura bienveillant dans ma mémoire et celle de mes frères qui aussi eurent la chance de le connaitre...Ce grand monsieur pourtant si simple et tellement dans l'expression divine de l'humilité chrétienne, m'a donné cet amour pour le fait reigieux...quel quil soit !!
j'ai d'aileurs toujours gardé en mémoire les paumes chantés que l'on faisait avec le Père Collomb qui jouait de son petit piano portable...
Un jour, es années plus tard, j'ai apris avec tristesse son décès et j'ai éprouvé du chaggrin pour tous ces petis bambins qui ne connaitraient jamais ce grand monsieur si bon et tellement dans la vraie pensée chrétienne d'amour et de pardon absolu !

Écrit par : M.U.R | 01/12/2009

JE TE DIS SIMPLEMENT MERCI. C est plsu difficile dans tes différentes émissions de saisir ta position car tu es un Pro. Parfois dur dans tes attaques certes, et ce matin, j'étais un peu frustré de ne pas pouvoir d'abord être physiquement sur place à Radio Cité et d'avoir la liaison téléphonique coupée alors que je développais mon sentiment à la lumière des échos que j'ai eus d'Afrique et d'ailleurs sur ce sujet des minarats.
J'ai ditq ue le peuple suisse était berné, j'entends bien sûr trompé. Trompé par uen fausse et fallacieuse campagne de dénigrement de l'Islam, par une mauvaise interprétattion de cette religion, par aussi des pratiques horribles de personnes démoniaques comme Ben Laden et autres dictateurs qui ont un nom musulman. Moi, je suis du Sénégal, Senghor que tu connais était catholique, sa femme une belle blanche Normande et catholique(je pense aussi), Abdou Diou également présidnet du Sénégal est musulman son épouse catholique et métisse et l'actuel Président Wade, musulman, sa femme blanche et je sais qu'elle n'est pas musulmane.
Je veux dire que les Suisses sont libres de voter ce qu'ils veulent comem d'autres d'accepter n'importe quel tyran chez eux, si on veut appliquer une certaine logique des choses. La démocratie a ses limites et sur la votation des minartes, elle l'a démontré. Je pense que cela le dire n'est pas trahir la volonté populaire. Noter ami Tornaré, tu l'as rappelé ce matin a dit "La place a raison", il est philosophe mais je sais aussi que d'autres philosophes ont dit autre chose. N'est ce pas? Il faut donc respecter la volonté du peuple, le souverain mais il faut également comme tu l'as si bien suggéré avec élégance et classe enseigner le fait religieux dans nos écoles à Genève et ailleurs en Suisse. Neuchâtel le fait déjà! Il faudrait aussi que les hommes et femmes des médias reconsidèrent un peu leur rôle dans les affaires sociétales. CE QUI S'EST PASSé ICI, est grave et il ne faut bien le mesurer. Pour une fausse affaire, on a voulu juger toute une religion, des millions et des millions d'hommes et de femmes. C'est cela la vérité. Certes des bandits comme Ben Laden, n'aident en rien à comprendre l'Islam, mais c'est comme si, tous les gens qui étaient criminels dans l'histoire humaine sont des Musulmans. C'est trop trop facile. Et aujourd'hui,la Suisse est questionnée apr ses pairs et elle devra répondre. C'est cela aussi la Démocratie. Quand on donne des leçons aux autres, on doit avoir l'humilité d'en recevoir. Je suis très gêné car des amis me disent c'est cela ton pays?. Oui, c'est bien mon pays d'accueil et j'aime cetet Suisse si singulière si rebelle mais qui sait saisir son destin en mains.Elle sera au Rendez-vous car le monde a besoin de sa sagesse pour les vrais combats à mener pour la compréhension humaine pour rendre l'homme plus humain.
Merci encore une fois pour ce magistral texte qui apaise, qui m'apaise.

Amitiès
El hadji orgui wade Ndoye

Écrit par : gorgui ndoye | 01/12/2009

En 1948 en Afrique du Sud, légalisation de l'apartheid et les horribles années vécues à lutter contre cette tyrannie. Au nom de la Liberté et de la dignité de chacun. Ce dimanche 29 novembre est l'apartheid qui devrait être légalisée!!! Par choix "populaire???" Quand une loi est injuste, le devoir est de l'enfreindre et de dire pourquoi.

Écrit par : cmj | 01/12/2009

"Jamais le Père Collomb, qui restera pourtant pour moi l’incarnation de l’esprit chrétien, n’a eu le moindre mot dégradant face à une autre sensibilité spirituelle sur cette terre."

Il y a quelque part, dans ma cave, au milieu de deux mille bouquins non triés, un livre d'école fribourgeois des années 30. Un livre d'école catholique.

Un enseignant religieux explique une gravure représentant la bataille de Lépante (1571) à un enfant :

- Et celui-là, il est mort ? demande l'enfant en montrant un corps flottant à la surface de l'eau.

- Oui et c'est bien fait, il n'avait qu'à rester chez lui, répond le prêtre.

C'était l'époque, pas si lointaine, où les églises se remplissaient le dimanche et où il n'y avait pas de crise des vocations.

Ce petit indice qui me parvient d'il y a trois quarts de siècle, confirme ce que j'éprouve depuis toujours, à savoir que la décadence, cela commence quand on cesse de croire qu'on vaut mieux que les autres.

Écrit par : Scipion | 01/12/2009

Très bel hommage à ce père spirituel ...

Quant à moi qui ai aussi voté NON à cette initiative anti-minarets, je l'ai fait par cohérence tout simplement.

Je suis évidemment déçu moi aussi, mais je respecte la volonté du peuple qui ne va pas nous simplifier la vie. Mais ce sont les risques de la démocratie directe qu'il faut bien assumer.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 01/12/2009

A lire cet étalage de bons sentiments, on se demande comment le OUI a passé dimanche dernier… Y aurait-il des crypto-udc ?

Écrit par : fédor | 01/12/2009

Certes, mais un père Collomb, s'il avait été aumonier dans Vienne assiégée ou sur les navires de la Sainte-Ligue et qu'il avait convaincu de ses valeurs d'ouverture et de tolérance les chrétiens alors présents, en armes, qu'aurait-il fait, si ce n'est contribuer de façon décisive et définitive à la fin concrète de la Chrétienté et, par là-même, à la fin de l'Europe en tant que telle. Fort heureusement, cette église-là, celle des Eglises vides, celle que René Rémond évoque avec les termes de "liturgie filandreuse et de catéchisme émasculé" n'est que d'invention récente et ne passera probablement pas la fin des deux ou trois générations qui l'ont actuée. L'erreur de base des républicains modernes, qu'ils soient politiques ou religieux, c'est qu'ils croient que l'histoire s'est définitivement arrêtée à leur heure, qu'ils croient universelle. Les faits leur donnent tort et de plus en plus !

P.S. L'immense Gilbert K. Chesterton analysait parfaitement l'affadissement iréniste de la sorte : "le monde est plein d'idées chrétiennes devenues folles."
Exemple, l'amour du prochain, concret, très subtilement et sournoisement transformé en culte de l'Autre, universel etc...

Écrit par : Paul Bär | 01/12/2009

De la Suisse à l’Europe, minarets : une question « d’urbanisme » ?!

Pour la Suisse, on comprend. Si l’ensemble des milieux économiques, politiques, médiatiques et bancaires se sont émus et inquiétés en cœur du résultat inattendu du vote interdisant la construction des minarets, c’est qu’ils perçoivent une menace directe pour les intérêts de la confédération. La cité de Calvin tire le dixième de ses revenus touristiques de visiteurs venus du Golfe, la proportion est encore plus élevée dans certaines stations alpines et le pays entier commerce dans le monde arabe dont les classes les plus fortunées raffolent de la discrétion de ses coffres numérotés.

Un simple repli de ces transactions porterait préjudice à une économie déjà secouée par les atteintes au secret bancaire. Mais pourquoi ce résultat de dimanche, somme toute confédéral, a-t-il tant effarouché la communauté européenne où il a fréquemment été interprété avec inquiétude ?

Sans trop s’avancer, on peut penser que la réponse est que, si de telles consultations populaires pouvaient être organisées dans l’ensemble des pays européens, les mêmes causes produiraient vraisemblablement les mêmes effets. Sans préjuger de l’ampleur des résultats, une crainte de l’islam et de ses extrémismes risqueraient bien de s’y formuler en raison de sa progression dans toute l’Europe.
Force est de constater que cette peur n’est plus l’apanage de courants habituellement xénophobes. Elle s’est perfidement étendue à des milieux ordinairement modérés, en origine tout d’abord le chômage qui finit par faire voir un rival en tout étranger, puis les intimidations que les mouvances islamistes font peser sur l’équilibre international et enfin, surtout, de l’évolution des sociétés européennes.

Nos sociétés perçoivent aujourd’hui un grand trouble devant toute religion qui ne relève pas purement d’un choix personnel mais se manifeste et revendique sa place dans la cité. Ce qui hier était la norme et l’est encore dans d’autres contrées, n’est plus compris en terres laïques. L’islam est d’autant plus mal admise que ses fidèles demeurent souvent marqués par des sociétés traditionalistes où la libération de la femme et la tolérance sexuelle n’ont pas suivi les mêmes évolutions qu’en Occident.

Ceci explique en partie les inquiétudes et l’incompréhension d’une majorité de la population devant l’affirmation de l’islam. Il est nécessaire de rappeler que les islamistes ne représentent qu'une faible partie des musulmans ; que du courant rénovateur de l'Islam commencent à prendre corps; que tous les musulmans ne sont pas croyants ; que la sécularisation touche les musulmans d’Europe comme le reste des européens et qu’il n’y aurait pas de meilleur moyen d’enfermer les musulmans de Lausanne, Paris ou Berlin dans une identité religieuse que de commencer à prendre des lois contre leur religion.
Laissons les minarets à ce qu’ils auraient dû rester : une question « d’urbanisme »!...

Écrit par : Ghethev | 01/12/2009

Puisque on débat ici en pleine catholicité, permettez-moi encore de citer le révérend-père Charles de Foucault que l'on pourra difficilement qualifié de "fermé", "d'extrémiste", de "populiste" ou encore de mal-informé sur la question de l'islam :

++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ? Exceptionnellement, oui. D'une manière générale, non. Plusieurs dogmes fondamentaux musulmans s'y opposent ; avec certains il y a des accommodements ; avec l'un, celui du Medhi, il n'y en a pas : tout musulman (je ne parle pas des libres-penseurs qui ont perdu la foi) croit qu'à l'approche du jugement dernier le Medhi surviendra, déclarera la guerre sainte, et établira l'islam par toute la terre, après avoir exterminé ou subjugué tous les non-musulmans. Dans cette foi, le musulman regarde l'islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui musulman ou ses descendants ; s'il est soumis à une nation non musulmane, c'est une épreuve passagère ; sa foi l'assure qu'il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse l'engage à subir avec calme son épreuve ; "l'oiseau pris au piège qui se débat perd ses plumes et se casse les ailes ; s'il se tient tranquille, il se trouve intact le jour de la libération", disent-ils ; ils peuvent préférer telle nation à une autre, aimer mieux être soumis aux Français qu'aux Allemands, parce qu'ils savent les premiers plus doux ; ils peuvent être attachés à tel ou tel Français, comme on est attaché à un ami étranger ; ils peuvent se battre avec un grand courage pour la France, par sentiment d'honneur, caractère guerrier, esprit de corps, fidélité à la parole, comme les militaires de fortune des XVIe et XVIIe siècles, mais, d'une façon générale, sauf exception, tant qu'ils seront musulmans, ils ne seront pas Français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du Medhi, en lequel ils soumettront la France.

De là vient que nos Algériens musulmans sont si peu empressés à demander la nationalité française : comment demander à faire partie d'un peuple étranger qu'on sait devoir être infailliblement vaincu et subjugué par le peuple auquel on appartient soi-même ? Ce changement de nationalité implique vraiment une sorte d'apostasie, un renoncement à la foi du Medhi...

(lettre à René Bazin, juillet 1916)
++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

Écrit par : Paul Bär | 01/12/2009

Entendu cet après-midi lors d'un flash info de la RSR, un correspondant arabe en Egypte rapporter qu'environ un tiers des Musulmans s'exprimant sur les sites internet des journaux du Moyen-Orient estiment que "les Suisses, chez eux, ont le droit de faire ce qu'ils veulent." A ces Musulmans, j'aimerais leur transmettre mes saluations et l'expression de mon sincère respect, rassuré que je suis de constater que les gens pensant d'abord en patriotes, où qu'ils soient sur la planète, peuvent toujours s'entendre et se comprendre. De mon côté et à titre de volonté de réciprocité, j'aimerais ainsi aussi leur dire que je déplore, comme de nombreux patriotes européens, l'irruption, souvent armée et toujours identitairement violente, d'un certain "Occident" (pas le mien) libéralo-américanisé en terre d'Islam. Restons nous-même chez nous, demeurez vous-même chez vous, pleinement, respectueusement et en toute amitié, voilà la vraie diversité, concrète, réelle, organique.

Écrit par : Paul Bär | 01/12/2009

"En 1948 en Afrique du Sud, légalisation de l'apartheid et les horribles années vécues à lutter contre cette tyrannie. Au nom de la Liberté et de la dignité de chacun. Ce dimanche 29 novembre est l'apartheid qui devrait être légalisée!!! Par choix "populaire???" Quand une loi est injuste, le devoir est de l'enfreindre et de dire pourquoi." Claire-Marie Jeannotat

Et c'est une religieuse qui doit nous le rappeler. Une loi scélérate ou dangereuse ne devient pas soudain respectable et gravée dans l'airain parce qu'elle est passée par les urnes. L'histoire a souvent prouvé, comme cmj le montre plus haut, que la sacro-sainte vox populi peut se tromper, et parfois sur des questions essentielles à sa propre survie.

Un Suisse qui a voté non dimanche n'a pas à rentrer dans sa carapace et déclarer que le vote populaire constitue un obstable indépassable à l'opposition. Au contraire, c'est parce qu'elle est passée qu'il faut combattre encore plus durement cette loi, la dénoncer, et contribuer activement à son abandon. Par la démocratie.

Écrit par : david laufer | 01/12/2009

Je suis particulièrement choqué du radicalisme de la rédaction du journal Le Temps sous la plume de l'éditorialiste du jour, Joelle Kunz. Elle croit pouvoir affirmer que la démocratie Suisse a besoin d'être protégée d'elle-même, en proposant de d'interdire les initiatives qui contreviennent non seulement au droit international impératif, mais également à toute disposition semi-impérative de ce droit, dont la suprématie devrait être incontestée. C'est exactement la position qu'adoptent la plupart des politiciens des démocraties représentatives qui nous entourent. Cela rejoint également la proposition onusienne de contraindre la Suisse à introduire une nouvelle norme garantissant la liberté religieuse, liberté dont ferait partie la construction de minarets.
Le problème de ces personnalités, est qu'elles sont convaincues de détenir la vérité et qu'elles savent mieux reconnaître le Bien pour les administrés.
Les parallèles avec la période nazie comme on le perçoit dans les propose à peine voilés - si j'ose dire - d'un Jacques Delors à propos des votations suisses est d'autant plus abusive et injuriante, qu'en ces temps agités, on tue les chrétiens dans des zones lointaines et on détruit les églises.
Une note d'espoir pour conclure: le signe donné par la Suisse est remarquable et remarqué. L'onde de choc est puissante. Non seulement dans les pays musulmans, mais surtout auprès des peuples européens dont les sondages sur internet montrent leur adhésion massive (der Spiegel: 87% de oui) et forcent les journaux établis à fermer leurs sites ou à supprimer les commentaires des internautes, comme p.ex. le journal le Temps ou encore Libération, en France

Écrit par : Marc Grandjean | 01/12/2009

Oh, les journalistes du Temps, eux, tant que la Suisse n'aura pas passé sous l'autorité des Gauleiter, pardon des commissaires de Bruxelles, ils n'auront pas un jour de repos, et nous non plus. La "démocratie" en petit comité non-élu, c'est tellement plus démocratique, aux yeux d'un globaliste, que l'expression directe d'une majorité réelle.

Écrit par : Paul Bär | 01/12/2009

Nous le savions, Joelle Kunz est une journaliste qui affiche, jour après jour, son caractère anti Suisse à travers ses chroniques.

Elle n’a de cesse à ronger la démocratie de notre pays par des articles tendancieux. Le but obscur qu’elle poursuit n’est autre que vouloir nous faire croire que l’adhésion à l’Europe est le miracle du siècle. Fallait le dire et le souligner !

Je me joins donc à Marc Grandjean qui a parfaitement raison dans son blog de le souligner.

Écrit par : Sir Henry | 02/12/2009

"... la sacro-sainte vox populi peut se tromper, et parfois sur des questions essentielles à sa propre survie."

Le problème, Laufer, c'est que bien souvent, ce n'est qu'a posteriori et à partir d'un ensemble de conséquences toutes plus imprévisibles les unes que les autres, qu'on découvre que la vox populi s'était trompée sur des "questions essentielles à sa propre survie".

Alors, il est possible que, dimanche, le peuple suisse se soit trompé sur une question essentielle à sa propre survie, mais l'incertitude serait rigoureusement la même s'il avait majoritairement voté non. Je ne vous mets au défi de démontrer le contraire, il n'est pas dans vos habitudes de les relever.

Écrit par : Scipion | 02/12/2009

"Je ne vous mets au défi de démontrer le contraire, il n'est pas dans vos habitudes de les relever."
Totalement hors sujet, comme d'habitude serait-on tenté d'ajouter, avec en plus le plaisir pédant un peu futile de soufleter un adversaire largement supérieur qui doit se moquer du gant agité comme de sa première cravate. D. Laufer faisait juste remarquer que la décision démocratique en tant que telle n'est pas un point final, un "The End" indépassable, mais plutôt une base sur laquelle rebondir et faire justement vivre la démocratie, comme lorsque des résultats passés sont remis en question plus tard. l'imprédictibilité de la chose on s'en tamponne le coquillard, et ce n'est pas le sujet.

Écrit par : Tapioca | 02/12/2009

Sur l'incertitude, évidemment nous sommes tous dans l'incertitude, par définition, quant à l'avenir, car il n'est, contrairement à l'histoire, jamais écrit à l'avance dans le marbre. Donc, pour reprendre un concept à la mode, pourquoi ne pas invoquer, comme l'a fait le Peuple suisse, le "principe de précaution", face à la migration lointaine ? On peut en effet raisonnablement se poser des questions quant à la nécessité et à la qualité de certains apports récemment venus de l'étranger non proche.
Sur la "démocratie qui ne serait pas indépassable", pourquoi pas, mais alors pourquoi faudrait-il considérer la démocratie elle-même comme indépassable ? On pourrait imaginer qu'il soit erronné de la considérer comme une fin en elle-même, alors qu'elle n'est après tout qu'un mode d'organisation de la société parmi d'autres, une sorte d'outil, pas une fin en soi. Et le problème de notre époque, c'est bien que l'outil est devenu ontologiquement plus important que ce pour quoi et ce pour qui il avait été destiné à servir. La démocratie doit servir le Peuple, ce n'est pas le Peuple qui doit servir la démocratie.

Écrit par : Paul Bär | 02/12/2009

Minarets: Mea culpa sincère pour un mensonge
--------------------------------------------

Je crois personnellement que le meilleur moyen pour vivre en paix est d'être véridique et de reconnaître ses propres erreurs, de part et d'autre.

J'estime que le Conseil fédéral, le Parlement, la Commission fédérale contre le racisme et les Églises suisses nous ont trompés en affirmant que l'initiative contre les minarets viole la liberté religieuse. Il est donc temps de dire qu'ils ont menti et qu'ils sont responsables des conséquences de ce mensonge... qu'il faut maintenant savoir gérer avec intelligence.

Le peuple a voté. Ce vote n'est pas contre les musulmans qui pratiquent librement leur religion dans ce beau pays. Ce vote est contre les minarets et ce qu'ils cachent. Les minarets ne sont nullement nécessaires pour la pratique du culte musulman. D'ailleurs les premiers minarets en Islam ont été construits 10, voire 20 ans après la mort de Mahomet, et la belle Mosquée avec le dôme doré de Jérusalem n'a pas de minaret.

J'attends donc un mea culpa sincère de la part du Conseil fédéral, du Parlement, de la Commission fédérale contre le racisme et des Églises suisses pour leur mensonge. Est-ce trop demander?

Écrit par : Sami Aldeeb | 02/12/2009

Blablabla, blablabla… Donnons plutôt la parole aux musulmans. Voici des extraits du prêche ( oct. 2009 ) de l’imam de Fribourg traduit par la justice fribourgeoise sur la preuve d’un enregistrement sonore : « Ô Seigneur des seigneurs ( … ) Puisses-tu être au côté des musulmans, en Palestine et en Irak, au Soudan et en Somalie, en Afghanistan et en Tchétchénie, aux Philippines et au Cachemire, en Birmanie et en Thaïlande ( rem. des régions d’où sont issus des terroristes qui ont fait l’an passé des centaines et des centaines de victimes civiles et innocentes ) et en tous pays où, opprimés, ils se battent pour que la parole de Dieu domine celle des impies. » « Ô Dieu, purifie-nous des pêchés comme on purifie une étoffe des salissures pour la rendre éclatante de blancheur. Puisses-Tu faire qu’à Toi ( seul, NDT ) nous soyons soumis, que notre progéniture soit à Toi ( seul, NDT ) soumise. ( … ) Préserve le voile de nos épouses et de nos filles, ô Seigneur des deux mondes ( … ) Préserve-nous des mauvaises œuvres et des mauvaises tentations, si nombreuses en ce pays ( la Suisse ), ô Dieu Tout miséricordieux. »
( Source : La vérité sur le prêche de l’imam. La Liberté 21.11.2009 )
Hé, faudrait voir pour arrêter « Walt-Disney » c’est pas bon pour la santé…

Écrit par : 022 | 02/12/2009

C'est un petit marrant le premier-ministre turc Racip Erdogan (vous savez, "les minarets sont nos épées, les mosquées nos casernes...). Dans Le Temps d'aujourd'hui, on lit qu'il a déclaré que "l'islamophobie était un crime contre l'humanité". Pourtant, il y a deux mois, s'adressant aux Turcs installés en Allemagne, il disait que "c'était l'assimilation qui était un crime contre l'humanité". Si j'étais naïf, je l'apostropherais volontiers "hé, faudrait savoir !" Mais je sais pertinemment qu'il n'y a aucune incohérence dans son positionnement. Ne recontrant aucune résistance de la part de nos élites élues ou auto-désignées, il agit, et il aurait tort de ne pas le faire, sur le mode de "ce qui est à moi est à moi et ce qui est à toi..... est à moi aussi".

Écrit par : Paul Bär | 02/12/2009

Je crois ne pas me tromper en disant que vous aviez une certaine admiration pour De Gaulle. Moi aussi. En 1959, il s'était exprimé sur l'immigration des Musulmans. Voici ses propos, rapportés par Alain Peyrefitte. Sachez que ce rappel historique a été rejeté par Le Figaro auquel je l'ai envoyé. Censurer le Général de façon posthume, voilà où conduit le politiquement correct dans la France d'aujourd'hui:

« C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France.

Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu'on ne se raconte pas d'histoire ! Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français.

Ceux qui prônent l'intégration ont une cervelle de colibri, même s'ils sont très savants. Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français.

Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisions l'intégration, si tous les Arabes et les Berbères d'Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherez-vous de venir s'installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ?

Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées. »
Charles de Gaulle

Écrit par : Emigré | 02/12/2009

Cher Pascal,

"ce fameux « enseignement du fait religieux », dont la nécessité s’impose de plus en plus"

Vraiment ?

Genève, canton où il n'existe aucun enseignement du "fait religieux", est celui qui a repoussé le plus fortement l'initiative anti-minarets...

Il doit y avoir un bug quelque part. Probablement dans la tête de tous ces croyants qui ne digèrent pas la désaffection de leurs Eglises.

Écrit par : yves scheller | 02/12/2009

Le vote de dimanche a marqué le départ d'une nouvelle ère où l'Européen peut enfin redresser la tête, ne plus subir l'avancée de l'islamofascisme en s'excusant d'exister, de surcroît.
Il a aussi eu l'avantage de démasquer les nombreux collabos officiant dans l'ombre à notre destruction en faveur de barbares préhistoriques venant du désert avec leur croyance du désert ne générant que déserts.
Moi je dis merci au peuple Suisse pour sa clairvoyance, je dis honte à "l'elite" islamocollabo et merci aux journalites gauchistes qui ont truqué les sondages et menti avec une mauvaise foi rare.
Et merci à Freysinger pour avoir porté seul, contre tous, cette initiative victorieuse dans nos contrées.

Écrit par : Merci qui? | 03/12/2009

Un site fort intéressant...

http://masjids-map.com/?lat=48.8572611183535&long=2.357940673828125&zoomlvl=12

... qui permet notamment de ne pas parler, ensuite, dans le vide.


P.S. Monsieur Décaillet, que pensez-vous du positionnement de Christophe Darbellay à l'issue de ces votations, je serais très intéressé, et les autres lecteurs du site assurément, de connaître votre avis sur la question ?

Écrit par : Paul Bär | 03/12/2009

Avez-vous vu le "coming out" de Jean-Jacques Roth dans Le Temps (La parole aux lecteurs, p. 13) ? Son alibi: "des lecteurs se sont enfin exprimé" (sous-entendu: on ne les avait pas entendu auparavant) Grotesque !
Ensuite nous avons droit à un échantillon tout ce qu'il y a de plus équilibré de gens qui ont écrit, sans doute en adressant une lettre, au quotidien. Evidemment, le tableau est beaucoup plus équilibré que sur les sites internet. Qu'est-ce qui pourrait expliquer cette différence ? Première supposition: M. Roth sélectionne les courriers anti-initiative. Deuxième: les lecteurs qui envoient des lettres au Temps sont une anti-sélection de gens qui partagent la ligne rédactionnelle de ce journal et sont en émoi suite à la votation.
Peu importe, le gouffre avec les sites internet est abyssal.
Pour terminer, je recommande à M. Roth de se rendre sur le blog du Figaro où une certaine Mme Poligny (sauf erreur de ma part) qui décrit fort bien cette imposture des frustrés de la volonté populaire et qui gagne à être connue.
La France est dans l'état que l'on sait. Mais la France possède encore la taille critique pour pouvoir financer un journal qui laisse la place à ce type d'opinion qui, du reste, n'est guère en phase avec l'opinion élyséenne (quand bien même Sarkozy s'est voulu arrangeant paraît-il à l'endroit des Suisses après cette fameuse votation).

Écrit par : Marc Grandjean | 03/12/2009

Les commentaires sont fermés.