10/12/2009

Pardo, Leyvraz

 

Tribune de Genève - Jeudi 10.12.09

 

De Soli Pardo à Eric Leyvraz, il y a toute la distance de la Lune à la Terre, de la folie saturnienne de Gabriele d’Annunzio à la sagesse vigneronne de la dernière époque de Gilles. Deux hommes que tout oppose, si ce n’est, dans un cas comme dans l’autre, une solide et impressionnante culture.

Des UDC cultivés ? Eh oui. Avec Pardo, il y a toujours à reconquérir Fiume, ou quelque rivage de la côte dalmate, dans le soleil noir du sang qui sèche. Avec Leyvraz, on peut parler politique ou histoire, un bon bout, sans s’ennuyer. Avec Pardo, toujours un zeste d’ivresse, le verbe en verticale disponibilité à se frelater, qui s’élève jusqu’au trébuchement. Chez Leyvraz, la phrase est tranquille, le pas mesuré : on chemine vers le langage comme on monte vers les ceps.

Avec son nœud papillon, ce nouveau président qui a tellement l’air d’un syndic vaudois des années soixante, évidemment radical, fera-t-il oublier les solitaires pulsions prétoriennes de son prédécesseur ? Ramènera-t-il le parti dans le sillon agrarien ? Tendra-t-il la main à l’Entente, en vue des communales ?

Autres temps, autre verbe. Un fou et un raisonnable, au fond. Un patineur et un marcheur. Un qui dérape, un qui assure. Celui qui croyait à la nuit noire, celui qui guette le gel. Celui qui sème, celui qui récolte. Celui qui désire tellement la ligne jaune. Et celui, plus prudent, qui se contente de la contempler.

 

Pascal Décaillet

 

10:20 Publié dans Chroniques Tribune | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Amusant, le parallèle. D'Annunzio était, comme Pardo, constituant, puisqu'il rédigea la Constitution de Carnaro, qui régissait Fiume.

Écrit par : J. Nizard | 10/12/2009

Jekyl et Hyde?

Écrit par : Ashwani Singh | 10/12/2009

Ce peut-il? Monsieur Pardo quitte le train?

Y aurait-il trop de frontaliers "mauvais genre" dans le convois?
Ne fait-il que quitter la locomotive pour se poster dans le tender et aller ainsi plus facilement au charbon? C'est "la pelle" pour que tous aillent au charbon?... Noirs desseins?

Ou alors, ne serait-il plus que l'ombre de lui-même? Est-il fatiqué, las, vanné, rendu? Va-t-on lire des gros titres du style:
" Pardo Soli, loque UDC, soliloque, seul, abandonné, dans le tunnel obscure de CEVA " ?

Écrit par : Père Siffleur | 10/12/2009

On a dit les pires choses à propos de Soli Pardo, que je ne connais pas. Ce dont je suis sûr, c'est que la racaille d'Annemasse, ce ne sont pas les frontaliers, mais les voyous dont je connais les méfaits par feu un ami qui en a été victime. C'est la presse, si prompte à dénoncer les «amalgames», qui s'en est rendue coupable!

Écrit par : Emigré | 10/12/2009

Bon débarras! Ce n'est pas tant le contenu du fameux encart qui est visé mais le narcissisme des décisions solitaires, sans consultation des membres qui font le parti. Jusqu'au dernier moment il s'est accroché ... Il aurait fallu un minimum de noblesse pour qu'il démissionne sur-le-champs après la débâcle d'un parti qui fut le plus grand à sa prise de pouvoir.

Souhaitons donc bonne chance au "nouveau" président. Fin stratège, posé et rassembleur, il donnera peut-envie de re-voter pour ce parti. Ce qui le différenciera sera aussi une réelle vision politique. La lâcheté et le mépris des gens ne font pas partie de sa gestion.

Écrit par : Ouf | 10/12/2009

@ Emigré,

Bravo, vous êtes un des rare a avoir compris (comme moi) que la racaille d'Annemasse n'était pas les frontaliers mais les voyoux qui viennent à Genève pour commettre des délits. La preuve, M. le Maire d'Annemasse a déclaré il y a peu, que la criminalité a diminuer dans sa ville. Bien sûr ils viennent à Genève
ville dite riche.

Écrit par : Ivan Skyvol | 10/12/2009

Et Yves Nidegger ?
Rien à voir :
Pas de noeud pap
Mais beaucoup à dire

Allons voir au niveau sup
Pas de noeud pap
Mais du Verbe
Majuscule

Écrit par : Zufferey | 10/12/2009

On apprend maintenant (voir le Tribune d'aujourd'hui : http://www.tdg.ch/actu/suisse/udc-romande-mise-tutelle-2009-12-10) que l'UDC suisse vient de placer ses sections romandes sous tutelle.

Yves Nidegger est en effet en disgrâce auprès de l'UDC suisse, pour avoir publiquement critiqué son président, ce qui constitue une gravissime faute politique (bien plus grave que la petite erreur concernant la "racaille" d'Annemasse) qui met sans doute un terme à la carrière politique d'Yves Nidegger. On l'imagine mal réélu en 2011 au Conseil national, son résultat lamentable à l'élection au Conseil d'Etat étant la démonstration que les électeurs n'ont pas apprécié son coup de poignard dans le dos de Pardo.

Quant à Eric Leyvraz, il aura la tâche difficile ou impossible. Encombré d'une direction "nideggerienne" du parti, constituée de députés responsables d'une ligne politique floue durant 4 ans, consistant à n'être que le copier/coller du Parti libéral libéral, il devra renverser ce manque de visibilité parlementaire avec ceux qui l'ont créée. Quant à "ramener l'UDC genevoise dans sillon agrarien", dans lequel elle n'a jamais été, à l'heure où Berne met ses sections romandes au pas, c'est tout simplement aller à contrecourant de l'UDC Suisse. Sans le soutien de celle-ci, encombré d'un vice-président en disgrâce, et ne pouvant compter sur des députés englués dans leur vain alignement sur les libéraux, on voit mal comment il pourra tracer une ligne cohérente dans tout cela, d'autant plus que, à l'exception de 3 ou 4 députés et de 6 ou 7 conseillers municipaux, les 53 élus cantonaux du parti sont plutôt de tendance "Pardo".

Écrit par : Henri Patry | 11/12/2009

Quels que soient les avis pro ou contra, il faut féliciter Eric Leyvraz de relever le défi, qui n'est dans aucun courant (comme le souligne Le Temps d'hier), ce qui prélude à un apaisement des tensions et un travail serein tout en profondeur.

Raisonnable, stratège autant que diplomate, il présente les qualités nécessaires pour une tâche qui n'est de toute façon pas facile! Nul doute qu'il saura servir son parti tout en lui donnant une impulsion ...

Quant au président précédent, il ne sert à rien de le charger pour des fautes putatives, réelles ou fictives : il a probablement ses qualités et ses défauts comme tout le monde.

Les querelles de personnes n'amènent rien aux objets politiques que la population attend.

Sans parti pris.

Écrit par : Micheline | 11/12/2009

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