12/01/2010

Un conte qui s’achève en hiver

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Il était un cinéaste de la parole, un cinéaste du dialogue. Un homme qui (comme Musset, ou Marivaux) nous montrait la situation amoureuse.

Dans ses films, guère de mouvements. Une jeune femme, tellement bien filmée, et tellement belle, avec un ou plusieurs jeunes hommes. Et puis, une autre jeune femme, souvent amie, celle qui surgit, parfois celle pour qui on trahit. Eric Rohmer, c’était cela, presque rien que cela. Et c’était un cinéma magique. Pour l’amour de la parole, mais aussi pour celui de la lumière, sur les visages.

Chez Rohmer, on souffrait d’amour, on se confiait (comme Phèdre se confie à Oenone), on flirtait parfois avec les limites de la désespérance. Mais personne, au fond, ne mourait jamais. Il y avait toujours un moment où le film nous rappelait qu’il était un film.

Chez Rohmer, on ne mourait jamais. Lui non plus, ne mourra pas. Dans l’histoire du cinéma.

 

Pascal Décaillet

 

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