11/02/2010

Longue vue

 

Chronique publiée dans la Tribune de Genève - 11.02.10

 

En plaidant, dans le GHI de cette semaine, pour une fusion des trois partis de l’Entente (PDC, radicaux, libéraux), François Longchamp voit grand et large, il dépasse les clivages historiques, propose à sa famille politique un nouvel horizon, une nouvelle frontière. Accueillir sa proposition par un haussement d’épaules serait tout bonnement suicidaire.

A Genève comme en Suisse, l’univers de ces trois partis est le même : sens de l’effort, libre entreprise, responsabilité individuelle, prise de risque, production de richesses pour mieux les répartir. Aucun de ces trois partis ne nie l’Etat, ils n’en font simplement pas un dogme. Aucun de ces trois partis ne rejette la République. Il y a, bien sûr, d’importantes nuances, mais le modèle de société est le même.

Et puis surtout, ce pavé dans la mare, qui va valoir à François Longchamp mille résistances, rappels du passé, leçons de Sonderbund, biographies de Fazy, Ador et Léon XIII, ne manque justement pas d’audace, ni de courage. De quoi rompre avec l’image d’un conseiller d’Etat « expert », gestionnaire.

Oui, un magistrat, c’est fait pour cela, et pas seulement pour Excel et Powerpoint. C’est fait pour prendre la longue-vue, chercher des terres nouvelles, risquer gros, y compris pour soi. Le goût salé de l’aventure. Fabuleux métal, Cipango, les gerfauts. En espérant les alizées. Cela porte un beau nom : cela s’appelle vivre.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires

Vouloir fusionner à tout prix, pour sauvegarder une once de pouvoir, quand chacun cherche à être de plus en plus singulier démontre clairement une rupture sociologique entre la classe dirigeante et le citoyen

Écrit par : charly schwarz | 11/02/2010

Monsieur Décaillet,

Fusion!... Et pourquoi pas Parti Unique? Ce serait une telle simplification de la vie de la Cité!

... Et de toute façon, le parti unique reste le rêve de la plupart des politiciens. Vos références au poème de José Maria de Heredia ne sont pas innocentes!... "Les conquérants"!

Un poème qu'il est possible de pasticher ainsi (tout en demandant le pardon à de Heredia)

LES POLITICIENS

Comme un vol de vautours très caricatural
Fatigués de démocraties lointaines
De Berne ou d’ailleurs, les croque-mitaines
Vivent un rêve héroïque et brutal

Ils veulent conquérir le pouvoir intégral
Qui a mûrit dans leurs crânes, telle une graine.
Tout en chantant au peuple leurs rengaines
À la gloire industrieuse du monde occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains uniques,
La démesure de leurs projets cosmiques
Enchante leur sommeil d'un mirage doré;

Où les pensées de leurs méchantes cervelles,
Les font passés pour des despotes éclairés,
Nous laissant croire en des heures nouvelles.

Écrit par : Père Siffleur | 11/02/2010

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