18/04/2010

Jacques Antenen : « C’est pas nous, c’est eux ! »

 

« C’est pas nous les responsables, c’est les autres ». C’est ainsi qu’on peut résumer la ligne argumentaire, dûment répétée et martelée, du commandant de la police vaudoise, Jacques Antenen, aujourd’hui dans l’émission La Soupe. En toile de fond, le drame de ce détenu mort à Bochuz, alors que sa cellule brûlait, et que personne ne lui venait en aide.

Ligne de défense de M. Antenen : dans le canton de Vaud, la police dépend d’un Département (celui de Mme de Quattro), et les services pénitentiaires d’un autre (celui de M. Leuba). A entendre le chef de la police, ses services à lui  n’auraient rien à se reprocher. Et donc, ab negatione, il va falloir sérieusement s’intéresser à ceux qui officient à Bochuz.

Tout cela est peut-être vrai. L’enquête le dira. Mais, pour un auditeur moyen, Vaudois ou non, averti ou non des séparations de pouvoirs, il y a un homme qui est mort alors qu’il aurait pu survivre. Dans ce contexte, l’insistance avec laquelle M. Antenen a tenu à laver d’avance ses troupes de tout soupçon, et donc la manière dont il a chargé les autres, est franchement un peu forte de café. Outre qu’elle ravive au grand public de sourdes rivalités, elle ne donne pas (et c’est étonnant de la part de cet homme de valeur) une très grande idée du service de l’Etat.

On comprend qu’un chef de corps protège ses troupes. Mais alors en l’état, l’enquête étant en cours, et ne faisant sans doute que commencer, était-il opportun, au niveau gouvernemental, de laisser descendre dans l’arène un homme étalant au grand jour un climat de règlements de comptes entre services, et de patate chaude qu’on s’empresse de se passer ?

On nous permettra, pour le moins, de nous poser la question.

 

Pascal Décaillet

 

16:44 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

... Est-ce que cet "homme de valeur (marchande?)" protège ses troupes comme il a protégé Nestlé et Securitas contre Attac?

Écrit par : Père Siffleur | 18/04/2010

Il faudrait qu'un jour un journaliste - un vrai ! - se penche sur les conditions de travail des matons, soumis à des pressions psychologiques constantes de la part de détenus ayant l'oreille, ô combien attentive, des organisations droits-de-l'hommistes, qui les visitent régulièrement pour s'enquérir du comportement des surveillants.

Ensuite, il ne resterait "plus qu'à" trouver un média qui accepte de publier les témoignages des agents de l'administration pénitentiaire... Ce ne serait pas forcément le plus facile.

Écrit par : Scipion | 18/04/2010

Le scandale de Bochuz nous fournit un aperçu remaquablement exact de l'ambiance régnant dans tout le système judiciaire et administratif suisse: le RRRRRèglemnt, c'est le RRRRRèglement, scronnieunieu !!
C'est mon expérience avec l'administration, que le ton d'une lettre par ex. peut être aussi courtois et sobre, ou au contraire aussi grossier et polémique que l'on veut, le réasultat sera essentiellement le même, étant donnée que la lettre ne sera pas même lue...
Ez ce principe, selon lequel "il est plus facile d'inculquer des notions de Droit à un homme de bon sens, que des notins de bon sens à un homme de Droit", est tout à fait d'actualité.

Écrit par : J.C. Simonin | 18/04/2010

Les délinquants poussent les forces de l'ordre dans leurs derniers retranchements. La pression est constante sur ces gens qui sont confrontés à des situations extrêmes et on guette leur moindre faiblesse.

A force de victimiser les criminels, l'Etat perd son autorité et ses représentants sont défiés de plus en plus souvent.

A chaque événement, la presse verse des larmes de crocodile pour faire de l'audimat.

Écrit par : Tralala | 19/04/2010

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