08/05/2010

Trois hommes, le pouvoir, la vie

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Notes de lecture - Samedi 08.05.10 - 19.05h


Voilà un bouquin qui dormait depuis deux ans dans l’une des nombreuses piles qui jouxtent ma table de chevet, j’avais négligé de l’ouvrir, c’est désormais chose faite.

 

C’est l’histoire de trois hommes, le premier est Président de la République, le deuxième Premier ministre, l’autre ministre de l’Intérieur. Les deux derniers se détestent. Le premier dissimule ses sentiments. On s’épie, on se cherche, on se renifle, on se vouvoie, on s’observe en embuscade, à l’affût de la moindre erreur. L’action se déroule entre 2005 et 2007. Les trois hommes s’appellent Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy.

 

L’auteur, aujourd’hui ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche dans le cabinet Fillon, s’appelle Bruno Le Maire. Au moment des faits, il est conseiller puis directeur de cabinet du Premier ministre, Dominique de Villepin. Autant dire les premières loges. À l’épreuve de la lecture, voilà en tout cas un homme politique français sachant écrire. Très jeune, avant l’ENA, il rédigeait déjà un mémoire de littérature française sur la Statuaire dans la Recherche de Proust ! Aujourd’hui, il n’a que quarante ans.

 

Les faits sont connus : ces fameuses deux dernières années du règne de Chirac où Sarkozy monte, n’en peut plus de monter, dans la folle aimantation de sa course vers l’Elysée, et où le locataire de Matignon n’en peut plus d’observer, dans l’impuissance d’un fusible de luxe, l’irrésistible. Au reste, tout le monde le sait, le dit, nul ne s’en cache : on est face à l’inéluctable, c’est ainsi, il suffit juste de purger ces deux ans. Putain, deux ans !

 

Chirac, Villepin, Sarkozy. Et, quelque part dans le triangle, l’affaire Clearstream. Le Premier ministre affaibli. Le soupçon, La rumeur. La haine, entre Beauvau et Matignon, qui va et se promène. Et notre Bruno Le Maire, si bien placé pour compter les coups, mais aussi les fausses douceurs, les promesses de pacotilles. Et il raconte bien, notre futur successeur de Sully à l’Agriculture, tenant son journal, prêtant l’oreille, se faisant discret pour mieux rapporter. Et le résultat, tout simplement, se délecte. La lecture, sur un balcon de mai où les normes saisonnières de température ne sont hélas pas au rendez-vous, ça réchauffe et ça égaie.

 

À tous, de ce livre-là ou d’un autre, excellente lecture !

 

Pascal Décaillet

 

 

19:05 Publié dans Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Nasser disait de Kadhafi, "il me rapelle ma jeunesse" Chirac pourrait dire la même chose de Nicolas, si ce n'est qu'entre temps le champ d'action du politique s'est considérablement restreint et qu'aujourd'hui,le ministre scrute avec angoisse les soubresauts de la "corbeille" alors qu'avant le banquier devait frapper trois fois avant d'entrer dans l'antichambre de ce qui était Bercy.

Écrit par : briand | 08/05/2010

Monsieur Décaillet,

Votre titre en dit sur l'idée que vous vous faites du pouvoir et de la politique.
Les hommes. le pouvoir, (la politique), la vie c'est cela et, selon vous, c'est normal... De la haine, des entourloupes, des coups bas et des promesses de pacotille!... Et tout cela vous réchauffe ?!?
Il est beau le pouvoir! Et, aussi lontemps qu'il y aura l'homme, il est et restera toujours et partout de même nature... Il n'est donc que conneries à n'en plus pouvoir!

Écrit par : Père Siffleur | 09/05/2010

Excellent bouquin!

Écrit par : Fabiano Forte | 09/05/2010

Un excellent ouvrage, captivant et superbement écrit.

Écrit par : Vladimir P. | 10/05/2010

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