27/05/2010

La mort, l’oignon

 

Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Jeudi 27.05.10

 

A part pour ceux qui perdent un proche ou qui pèlent un oignon, je n’ai jamais supporté les pleureurs. A part dans le soleil noir d’un cimetière sicilien, ou peut-être dans quelque vers d’Eschyle, je n’ai jamais supporté les pleureuses. C’est ainsi. C’est mon côté intolérant. Monstrueux.

 

Mais, s’il est un domaine dans lequel j’abhorre l’exhibition des larmes – même celles de Mendès France dans les bras de Mitterrand – c’est bien la politique. Dans ce domaine, que j’observe un peu, on se bat, on gagne, on perd, on meurt, on se relève. C’est le jeu. Le rituel. On prend des coups. On en donne. Mais on ne pleure pas.

 

A la Constituante, mardi soir, que s’est-il passé ? La droite et le MCG, dans une manœuvre habile mais qui n’a rien d’illégal, ont constitué ce qu’on appelle en politique une majorité. Et ils ont gagné. C’est dur, sans doute, pour les partisans du droit au logement et de quinze mille droits disparates. Mais c’est la règle.

 

Je conçois que les perdants en soient fâchés. Aigris. Ulcérés. Napalmisés de colère. Ivres de vengeance. Tout ce que vous voulez. Mais pleurnicher contre les méchants vainqueurs, non. Et puis, il leur restera toujours une ressource : proposer un amendement sur le droit aux larmes. Loin de la mort. Loin des oignons. Là-bas, dans un autre monde. Plus doux.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

 

 

12:39 Publié dans Chroniques Tribune | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Les associations, l'AVIVO, le PS, les Verts, Solidarités quittent la salle ensemble.....c'est l'oecuménisme retrouvé dans l'indignation !
....cela étant si Tanquerel est sûr de son affaire au point de vue du réglement l'amendement du sénateur de l'Iowa fera pschhhhhhhhht !
p.l.

Écrit par : pierre losio | 27/05/2010

Les commentaires sont fermés.