Madame l’Amère

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Epigrammes à trois grammes - Jeudi 27.05.10 - 15.38h

 

A mon excellent confrère Simon Matthey-Doret lui demandant ce matin comment il faudrait l’appeler à partir du 1er juin, Sandrine Salerno, folle d’épicène comme il y a des fous d’épicéas, avait le choix entre « Madame le Maire » et « Madame la Maire ». Avec la fulgurance de l’aiglonne avisant un souriceau, elle a immédiatement opté pour la seconde solution.

C’est bien.

Mais a-t-elle pensé, une seule seconde, à l’euphonie ? A la perverse duplicité des sens ? A Verlaine ? A la musique, avant toute chose ? A la primauté de l’impair ? A la jouissance de l’amertume, lorsque les maux, sous les mots, viennent doucement se glisser ? Comme sous un édredon. En rêvant.

Hmmm ?

 

Pascal Décaillet

 

Lien permanent Catégories : Epigrammes à 3 grammes 21 commentaires

Commentaires

  • Pauvre Madame l'Amère captive de l'euphonie, qu'il a fallu que Monsieur Des Cahiers délivre...

  • Bien vu ! D'autant plus que l'amère Madame la Maire s'autoproclame aussi la mère militante.

  • Bien vu! A sa place, aussi parce que je suis contre la féminisation à outrance des mots, j'aurais choisi, sans hésiter, la première solution.

  • Bien vu! A sa place, aussi parce que je suis contre la féminisation à outrance des mots, j'aurais choisi, sans hésiter, la première solution.

  • Elle fait comme elle veut Mme Salerno, elle est grande, élue...et quand vous la recevrez j'espère bien vous l'appellerez comme vous voudrez aussi ...en fait je n'en doute pas.

    Je "procrastine" ma candidature à la candidature...mais je voudrais bien, si ça passe, qu'on m'appelle Pierre le Maire :-)
    p.l.

  • La première solution préserve la notion de fonction, d'où sa prévalence à mes yeux.

    Cela dit on ne peut toujours pas dire Madame l'ammer...deuse... (ce qui n'empêche pas de le penser).

  • Ou Mme la mère (Michu) ou Mme la mer ( nettement plus poétique). Quant à l'impair façon Verlaine, ma fois, c'est vrai qu'étant plus habitué à la poésie espagnole j'y suis très sensible, mais lavrythme ici n'est guère impacté que l'on choisisse le "LE" ou le "LA"...

  • Monsieur Décaillet,

    Je ne suis de très loin pas le lettré que vous êtes, mais est-il correct d’assimiler «le maire» et «la maire» à des noms épicènes. Si oui, dès lors «un péripatéticien» et «une péripatéticienne» sont épicènes. Pourtant un nom épicène est celui qui désigne indifféremment les deux sexes, «la girafe» par exemple. Nom qui ne change pas de genre selon qu’on parle du mâle ou de la femelle. On dit une girafe mâle et aucun des mâles de cette espèce n’a jamais poussé de hauts cris parce qu’il était affublé d’un nom féminin. Moi-même j’ai subi cet "outrage" lorsque j’ai été «une recrue» et que j’avais ordre de faire «la sentinelle». L’"outrage" est resté minime, le sergent-major ne m’ayant jamais demandé de laisser mes attributs masculins dans la chambrée pour être de garde… Ce n’était donc pas «la maire» à boire !

  • Merci de rappeler l'oeuvre d'Epicène de Millet, ce phare de la pensée politique grecque injustement oublié.

  • Il me semble qu'en Suisse, comme au Canada, on emploie le terme de "Mairesse", alors qu'en France on dit toujours Madame le Maire. Toutefois je ne sais pas s'il s'agit d'un vocable officiel ou si c'est un pur néologisme. Par contre, je préfère largement ça au choix de Sandrine Salerno. Même si c'est une orthographe autorisée, je trouve que Madame la Mère, c'est une vraie aberration linguistique. Bien vu pour "Madame l'amère", Monsieur Décaillet!

  • @ Père Siffleur Bien vu! Votre définition du mot épicène est juste.

  • La définition du mot "épicène" par Père Siffleur est juste, quoique cela soit un peu plus complexe : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pic%C3%A8ne

  • D'accord avec vous, Kad. Même l'Académie française réprouve la féminisation à tout-va des mots.

  • @ Père Siffleur,
    Tout de même, vous deviez avoir une sacrée drôle de bouille ! Pas vrai ?
    Un sergent-major sans nouilles, sans doute.

  • Mais la maire de quoi !

  • @ Kissa. Permettez -moi d'être un peu irrévérencieux vis-à-vis de cette Académie française.

    Quatre femmes, trente-six hommes pour quarante fauteuils voilà de quoi est composée l'Académie française !
    40 fauteuils pour 40 vieilles barbes et sans parler du népotisme qui est obligatoire et de rigueur dans ce "saint" cénacle !

    Un journaliste du Canard Enchaîné, Henri Jeanson je crois, ne disait-il pas que "leurs fauteuils sont fabriqués en bois de cercueil".

    Alors prendre comme référence cette chapelle mitée n'est pas la meilleure.

  • J'espère que la maire n'est pas autrice...

  • Elle a du cran, du style et n'a pas commis les erreurs de ses prédécesseurs aux finances.
    Finalement, je l'aime bien.
    OV

  • En ce qui concerne "la vigie", je ne crois pas qu'aucun de ceux qui ont généralement rempli cette fonction (exclusivement des hommes à l'époque de la navigation à voile) se soit jamais senti senti ni insulté ni émasculé. Je n'irai pas jusqu'à prétendre que le féminin ait été attribué à ce nom par les autres marins, jaloux de celui qui pouvait ainsi, à la vue de tous, tenir embrassé et faire sien le plus énorme phallus du navire.

  • Bref, c'est la Maire de... la Maire de... Genève !

  • Quant au mot "mairesse", il désigne l'épouse du maire.

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