29/05/2010

Affaire Hainard : mes révélations

 

Sur le vif - Samedi 29.05.10 - 12.27h

 

Quand j’étais petit, il y avait un roman, à la bibliothèque paroissiale (où j’adorais passer mes jeudis après-midi), qui s’appelait « La Curée ». C’était au rayon Zola, entre « L’Assommoir » et « Thérèse Raquin ». Et moi, qui n’avais pas encore découvert ce grand auteur, je croyais que c’était l’histoire de la femme du curé ! C’était il y a bien longtemps. C’était mille ans avant l’affaire Hainard.

 

Infusé jusques aux tréfonds de la moelle par la vie politique genevoise, gardant un œil sur la fédérale (qui m’occupa si longtemps) et un autre sur la valaisanne (ah, celle-là doit toujours demeurer à portée de prunelle), j’avoue avoir un peu décroché des affaires intérieures neuchâteloises. Je ne connais donc pas Monsieur Hainard, ni le fond de son « affaire », si ce n’est par quelques ondes publiques ou nouvelles orangées.


Je suis tout de même, ami lecteur, en mesure de vous révéler que cet ignoble individu :

 

·     a cassé le vase de Soisson ;

·     a commandité le feu de Lee Harley Oswald, le 22 novembre 1963, à Dallas ;

·     est le véritable auteur du Petit Bleu dans l’Affaire Dreyfus ;

·     se trouve être le véritable inventeur du langage épicène ;

·     fut complice de François Mitterrand dans la nuit d’encre de l’Observatoire ;

·     a œuvré comme conseiller vestimentaire de Ruth Dreifuss ;

·     se tenait caché derrière le rideau du Bureau Ovale lors des très riches heures Clinton-Monica Lewinsky;

·     appuya, dans le cockpit de l’Enola Gay, sur le bouton de largage de bombe, un 6 août, dans le ciel bleuté d’Hiroshima ;

·     a conseillé à l’artiste peintre Adolf Hitler de se lancer en politique ;

·     a suggéré à Philippe le Bel de griller les Templiers ;

·     a eu l’idée de la Constituante genevoise ;

·     a lancé un Club Med au Locle ;

·     a scindé son propre canton entre le Haut et le Bas, après avoir lu une histoire de mer Rouge dans un vieux bouquin de sa bibliothèque paroissiale à lui ;

·     a fait en sorte que le volcan islandais se réveille ;

·     œuvre actuellement au retour de la variole et du choléra ;

·     trompe sa maîtresse avec sa femme ;

·     boit du vin neuchâtelois ;

·     croit à la fusion libérale-radicale ;

·     négocie en secret le retour des Prussiens à Neuchâtel;

·     boit de l’eau en cachette ;

·     tire le pigeon la nuit ;

·     noie des chats dans l’Areuse ;

·     n’utilise jamais le point-virgule ;

·     a voté McCain ;

·     s’est opposé à la suppression du corset par Poiret ;

·     prêche que la Curée est bel et bien la femme du Curé, et qu’il la connaît d’ailleurs de très près.

 

Ce ne sont là, bien sûr, que quelques crimes, parmi les plus bénins. Pour les autres, on se référera aux ondes publiques ou aux nouvelles orangées.

 

Que ce dernier week-end de mai vous soit doux comme le passage de l’Absinthe dans la dernière nuit du monde.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

 

 

 

 

12:27 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

No comment !

Écrit par : Corto | 29/05/2010

Merci de ne pas avoir tout dévoilé. Moi en tout cas j'ai encore de la réserve, du biscuit, et du plus lourd ! Si un jour la presse est en manque, je balance . . . enfin , on verra, peut-être la première moitié, et pour le reste . . .

Zufferey de Cratogne

Écrit par : Zufferey de Cratogne | 29/05/2010

Monsieur Décaillet,

Je veux bien!... Mais admettons un instant, un seul, que le Hainard en question eut été socialiste (hypothèse de travail uniquement). Auriez-vous écrit le même billet? Etant entendu que pour "croit à la fusion libérale-radicale" le crime eut été moins grave pour un socialiste. Pour faire bon poids, remplaçons cela par: "croit que La Gauche, ce nouveau bidule, a un avenir"

Écrit par : Père Siffleur | 29/05/2010

Il y en a un qui doit regarder cela avec un certain sourire, depuis son cagibi-menuiserie de la ferme de la Combe du sapin sur Lignières...

Écrit par : Géo | 29/05/2010

Ah, les commentaires de Pascal Décaillet ! Un vrai régal !
Pour ma part, cherchez parmi les notables de ce pays celui qui n'a rien à se reprocher, n'a pas couché avec sa secrétaire, n'a pas profité de l'argent public pour épargner le sien. Pauvre Monsieur Hediger cependant qui, après avoir tant fait pour Genève, se voit aujourd'hui ennuyé pour quelques amendes qu'il s'est enlevées. Est-ce comparable avec tout l'argent qui disparaît dans d'autres services publics ? Cherchez l'erreur !

Écrit par : PELLISSIER | 30/05/2010

Belle liste de catastrophes et d'erreurs ... On aimerait aussi connaître son contraire !
J'ai fait un dessin sur cette affaire dans ce blog là : http://d6d.blog.tdg.ch/archive/2010/05/29/neuchatel-il-avoue-c-etait-sa-maitresse.html

Écrit par : Bob | 30/05/2010

Voici un nouveau crime qu'il convient d'ajouter au catalogue:

– se délecte à la lecture du blog de Pascal Décaillet à laquelle il s'adonne sans vergogne ni modération

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 30/05/2010

L'auteur révèle plus qu'on ne le pense sa personnalité en exposant son appréciation de faits historiques, d'affaires internes à son canton, sa haine de l'épicénie (que cache-t-elle?.....).
Je partage certains de ces avis (vous vous en f..... ? Tant pis tant mieux) : 2 exemples :
- J.Villars-Gilles avait coutume de dire : qu'est-ce qu'on boit ? Du vin ou du Neuchâtel
- Fusion PLR : ceux -celles (oups !) qui ont fait la Révolution à Genève fusionnent avec les patriciens-ennes (oups !)...contre nature....
voili.....
...tout passe...
p.l.

Écrit par : pierre losio | 03/06/2010

Merci pour ce moment délectable

(Il aurait été possible d'en dire autant quant à Monsieur Pardo...mais c'aurait été moins "porteur médiatiquement")^_^

Quant au "langage épicène".................. (Points de suspensions navrés!)

Je l'assimile à une forme de négationnisme des différences (donc de l'identité, de la personnalité, de l'existence en tant qu'individu unique) de chaque personne, plutôt scandaleuse.

Que ce soit par le sexe, la couleur, l'origine, autre, chaque Être Humain est unique.

Nier les différences (ce qui n'a aucun rapport avec l'égalité en droit et en fait) c'est vouloir transformer l'Humanité en un bloc uniforme, insipide, acratopège, en bref.

Être femme, féminine, différente et complémentaire de l'homme, n'est-ce pas la plus belle des parures?

À lire certains grands poètes et écrivains, écouter des chansons à la gloire de la Femme, cette dernière semble avoir toujours été la Muse, le moteur et la raison de vivre d'une majorité d'hommes.

Est-ce un mal?

Écrit par : Mireille Luiset | 03/06/2010

Pourquoi s'en prendre à Monsieur Pardo, n'est-il pas hors de l'arène politique ? Quant au terme épicène, je le trouve déplacé quand on mentionne une femme par rapport à un homme. La femme n'est ni physiquement, ni intrinsèquement l'égale de l'homme, mais elle l'est dans son rapport à la société, au travail, à la famille. Mireille Luiset votre apologie de la femme dans un langage châtié, poétique était convaincant, sauf pour les misogynes (!)
Leïla Pellissier

Écrit par : PELLISSIER | 03/06/2010

@PELISSIER, Chère Leïla,

Bien loin de moi l'idée de m'en prendre à M.Pardo, d'autres s'en sont chargé! Il s'agissait d'une pointe ironique visant les attaques subies par Soli Pardo et faisant la joie de certains médias.

" Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage..."

Et parfois oublie de voir la bave qui s'échappe de sa propre bouche ;)

"Les lèvres sevrées d'amour se boursoufflent d'amertume et les mots qu'elles articulent s'en échappent en des bulles de venin..."

Quant aux misogynes ; je me réfère à Léo Campion (Cité par Sacha Guitry ) :
«Le misogyne adore les femmes. Comme il les adore, il les pratique. Comme il les pratique, il les connaît. Et c'est parce qu'il les connaît qu'il est misogyne».

Amitiés et bonne journée

Écrit par : Mireille Luiset | 04/06/2010

Chère Mireille,
Pour vos propos relatifs à Soli Pardo, j'acquiesce. Je ne fais pas de politique. Mais la vis à l'arrière...
Toutefois, je ne vais pas dans le sens de Sacha Guitry. Ce serait faire injure aux femmes en général. C'est parce qu'il en a connues QUELQUES-UNES qu'il se permet de dire qu'il les CONNAÎT et qu'il est misogyne...Que peuvent dire les femmes sur les hommes ? Sûrement autant sinon plus que les hommes sur les femmes...Mais là aussi, sachons raison garder !!!
Excellente journée, mitigée selon météo suisse, mais comme la vie d'un homme OU d'une femme. Non ???

Écrit par : PELLISSIER | 06/06/2010

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