04/06/2010

Constituante Kaputt !

 

Kaputt, la Constituante. À terre. Raide. Caca. Bouge plus une oreille. Elle a mouru, c’est sûr ; ne demeure que le râle geignard des pleureuses, la remembrance de ce qui fut fantasmé et n’advint jamais. Constituante, oh, nanisme ! Tant de semences au vent jetées, sans jamais le moindre fruit. Prends-en de la graine, passant, va dire à Sparte qu’ils sont tous morts pour rien, mais que ça n’est pas grave. Parce qu’à l’exception de Jean-François Mabut, du soussigné et d’une octantaine d’hallucinés, tout le monde s’en contrefout. 82 passionnés sur 450.000 habitants, c’est encore un peu juste pour calciner les foules d’un irrépressible désir.

 

Oui, ce fut un méga-rêve en circuit fermé. Oui, ce furent nos Mégaras, nos jardins d’Hamilcar, nos Petits Lirés, nos codes savants, nos clins d’œil barbaresques, avec cinquante étoiles comme cinquante Etats, cinquante sénateurs. Ce furent nos aubes, nos hivers, la conjugaison de nos plaisirs solitaires. Mais la droite, à en croire la Pampa, a sifflé la fin du rêve. La droite n’était qu’un veilleur mélancolique qui tournait sa ronde. Et qui avait entendu du bruit. Ils n’étaient même pas Thiers, même pas Versaillais. Juste des passants. Fatigués du bruit.

 

Alors, adieu sénateur, adieu cinglante Espagne, adieu Murat le Magnifique, souvenir d’Eylau et des charges de cavalerie dans la nuit bleue, glacée, la nuit de la mort, la vraie, violente, celle du fracas des armes. Adieu l’Empereur, adieu la France, adieu le Soli de Fiume, adieu lecteur vaudois qui lit ce texte sur le site de 24 Heures et se demande si je suis devenu fou. Adieu radio, Conservatoires, filles en fleur, adieu trios de rêves dans la pâleur de l’aube. Adieu, Constituante ! Nous allons maintenant, comme dans la chanson de Jonasz, reprendre le cours de nos vies.

 

« Constituante Kaputt », m’a glissé à l’oreille Alberto Velasco, ce matin 07.06h, alors qu’Apolline, Thaïs (« qui fut sa cousine germaine ») et Zoé, 10, 12 et 12 ans, escortées de leur délicieuse professeur, nous enchantaient de leur musique. Il a dit « Kaputt », et le fracas germanique de ces deux syllabes, sans rien dans sa voix qui laissât perler l’hispanisme de ses tripes, et j’ai compris. Il a dit « Kaputt », et j’ai vu la mort.

 

Puis, Ubu est arrivé. Et tous, nous sommes allées boire un café.

 

Pascal Décaillet

 

 

16:17 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Recette Couscous aux merguez :


Ingrédients de la recette :
1 grande boite de semoule
1kg de courgettes
1 kg de carottes
3 poivrons rouges
1kg de navets
1 kg de aubergines
1 gde boites de pois chiches
2 ou 3 boites de concentré de tomates
sel, poivre
harissa
merguez (selon le nombre de convives)
mouton
pilons de poulet

1-Couper tous les légumes en morceaux.

2-Mettre tous les légumes dans une grande marmite.

3-Ajouter de l'eau (elle doit arriver juste au dessus des légumes).

4-Faire cuire le tout.

5-A 45 mn de cuisson, y ajouter les merguez, le mouton et les pilons.

6-Laisser tout cuire.

7-Quand la viande est presque cuite, y mettre les 3 boites de concentré de tomates.

8-Pendant que le couscous s'imprègne de la tomate, vous pouver faire bouillir de l'eau salée pour la semoule.

9-Dès que l'eau bout vous la versez sur votre semoule et laissez gonfler.

10-Pour la sauce piquante, il faut mettre de l'harissa dans une saucière et y mettre le bouillon du couscous.



Conseils :
Attention à l'harissa, c'est très fort !

Écrit par : Roule ta bille | 04/06/2010

Mr. Décaillet, à l'image de nombreux journaliste français, ne serait-il pas temps que vous nous pondiez un brulôt propre en ordre sur la politique suisse? Vous avez l'étoffe littéraire et l'intérêt de la chose politique, je psens que le résultat serait très plaisant...

Écrit par : Carlitos de Unamuno | 04/06/2010

"pense", etc.

Écrit par : Carlitos de Unamuno | 04/06/2010

Fendant ou Petit Arvine ? L'herbe à Rappaz, peut-être ? En tout cas, vous êtes inspiré. Et c'est un régal de vous lire. Même si ce que vous annoncez augure des jours sinistres…

Écrit par : jmo | 04/06/2010

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour M. Décaillet,

il faut bien reconnaître que M. Mabut et vous aviez presque réussi à convaincre l'opposant à la révision que peut-être cela valait la peine de tenter le coup. Au point, que, comme beaucoup d'autres, je m'étais porté candidat.

Aujourd'hui, comme vous, et les 450 milles genevois, je me dis que ce jouet, extrêment coûteux, est devenu une usine à gaz, "un machin" incompréhensible, un "bidule"... fourre tout pour slogan de campagne...

Totu sauf une constitution au sens où ce mot est d'habitude compris.

Même pas un règlement, pas même une loi, un texte lourd, vide de son essence, de la simplicité qui devrait découler de sa lecture...

Un outil à revendications partisanes.

Aujourd'hui, je suis bien heureux de n'avoir confirmé dans cette fonction d'amuseur public qui consite à siéger avec pour seul résultat : la dépense parfaitement inutile de deniers publics.

Heureusement, il nous restera l'ancienne, la simple, la quelque peu modifiée, Constitution de notre République et Canton pour présider aux lois, aux textes qui régissent la vie de nos habitants.

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 04/06/2010

Il me semble qu'il serait souhaitable qu'un jour, un sociologue sans préjugé se penchât sur l'état du civisme dans une communauté où les étrangers provenant de plus de 180 pays, représentent plus de 40 % de la population et les "de souche" moins de 30 %.

Écrit par : Scipion | 04/06/2010

L’adage dit que l’on est toujours plus intelligent après, mais il faut bien reconnaître que certains avaient prédit dès le départ que cette Constituante ne pouvait accoucher, au mieux, que d’une souris.
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Les raisons ?, elles sont toutes simples :
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Une grande partie des Constituants, fait désormais avéré, ne savent pas, ne semblent pas savoir ou oublient tout simplement :
- ce que c’est qu’une Constitution, à savoir, pour être très court, les règles fondamentales de gestion, et seulement cela, d’une société civile, mais nullement l’inventaire détaillé de ce qui découle desdites règles fondamentales de gestion, inventaire détaillé qui peut/doit lui se retrouver uniquement dans des lois et autres règlements d’application. Une Constitution, c’est encore moins l’inventaire de dispositions purement partisanes, hors de tout principe fondamental applicable à une société civile, que certains Constituants tentent de faire passer pour répondre aux volontés/intérêts des lobbys qui les ont fait élire à la Constituante ;
- que nous avons au-dessus de nos têtes la Constitution fédérale avec ses règles de droit impératif et celles de droit dispositif, à savoir que nous ne pouvons nullement aller dans un sens contraire que celui entré en force dans le droit impératif supérieur et que la Constituante ne peut uniquement que travailler dans le cadre du droit dispositif, ou en l’absence de tout droit inscrit, envisager certaines dispositions, mais toujours en respectant le droit impératif supérieur directement lié.
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A partir de ce qui précède, force est de constater, à moins qu’une certaine revitalisation du cerveau de certains dans un sens positif émerge désormais, le contribuable genevois va de nouveau devoir payer des millions pour strictement rien.
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Comme beaucoup, je pense qu’il aurait été préférable de mandater une vingtaine de juristes, tous spécialistes du droit constitutionnel, issus bien évidemment de toutes les tendances politiques “sur le marché”, pour proposer un toilettage de la Constitution actuelle et uniquement cela.

Écrit par : Claude Marcet | 04/06/2010

Ok, si l'on arrête maintenant on pourrait épargner 12'587'612.- ! Mais que va devenir "ShadowConstituante " ?

Écrit par : Charly Schwarz | 04/06/2010

Partout la constituante a fait émerger de nouveaux ténors politiques. A Genève, on voit des coups de menton à droite et on entend que bruits de porte à gauche.

Merci les radicaux. La prochaine que vous avez une idée, dans 25 ans, gardez-là pour vous.

MJ

Écrit par : just | 04/06/2010

Certes certains billets rédigés par quelques constituants sur leurs blogs respectifs nous y avaient préparés, certes on se rendait bien compte que certains d'entre eux confondaient "Constitution" et "Recueil systématique des lois", mais tout de même, l'image des travaux de la Constituante qui nous est renvoyée est vraiment indigne.

Alors qu'en penser ?

Pourquoi Genève est-elle incapable d'élaborer un projet de Constitution, là où d'autres cantons romands ont réussi récemment : Vaud, Neuchâtel et Fribourg ?

N'étant pas dans le secret des dieux et ne participant à aucun conclave, je ne connais pas le niveau d'immaturité de ce projet que l'on nous annonce d'ores et déjà mort-né, mais en tant que citoyen j'en suis atterré.

Avant même le début des travaux, déjà certains constituants se plaignaient des outils informatiques qui leur étaient proposés. Plus récemment, d'autres, ou les mêmes (?), s'indignaient de devoir se déplacer à Bâle en train et en 2ème classe - rendez-vous compte -, pour d'inspirer des travaux de la Constituante bâloise.

Si la Constituante est incapable d'élaborer un projet de Constitution digne de ce nom, elle devrait avoir le courage de constater son échec, d'en informer officiellement le Conseil d'État et le Grand Conseil et demander qu'on la dessaisisse de son mandat, présenter sa démission et exiger sa dissolution.

Arrêtons le massacre et surtout arrêtons de gaspiller de l'argent inutilement !

Quand je pense que le regretté Joseph Voyame récemment décédé, avait rédigé seul le projet de la Constitution du canton du Jura en 1975 en six jours seulement ..., il y a vraiment de quoi être révolté par le pitoyable spectacle qui nous est présenté aujourd'hui. Il est vrai que Joseph Voyame était non seulement un éminent juriste, mais aussi un homme de bon sens !
Le bon sens, n'est-ce pas précisément ce qui fait le plus défaut à certains constituants ?

Je partage les propos de M. Marcet lorsqu'il propose de confier ce projet à quelques juristes spécialisés en droit constitutionnel qui travailleraient sur la base d'un mandat, dont les lignes directrices seraient inspirées des constitutions cantonales les plus récentes : Vaud, Neuchâtel, Fribourg, Bâle-Ville, etc. Par ailleurs et comme il a été précisé plus haut, toute constitution cantonale doit de toute manière être compatible avec la Constitution fédérale, à laquelle elle est soumise.
Compte tenu de ces impératifs, il n'est donc pas possible, ni surtout souhaitable, d'inventer comme d'aucuns le souhaitent peut-être, une usine à gaz !

Alors " Post Tenebras Lux " ???

On l'espère !

PS : Sur Joseph Voyame :
http://www.tsr.ch/info/suisse/1082395-le-jura-pleure-joseph-voyame-figure-historique.html

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 05/06/2010

Pascal Décaillet n'a certainement pas saisi correctement ce que lui a soufflé Alberto Velasco. On aime bien ce dernier, son accent espagnol et sa manière de mâcher ses phrases. Mais lorsqu'on l'écoute on éprouve toujours un peu de difficulté à comprendre les mots qu'il utilise. Je suis sûr qu'en l'occurrence il n'a pas dit "Kaputt la Constituante" mais ""Ca boume la Constituante".

Écrit par : Pierre Kunz | 05/06/2010

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