23/08/2010

Hainard, les chiens, les chiennes

 

 

Sur le vif - Lundi 23.08.10 - 17.14h

 

Il y a des fois, dans la vie, où on se réconcilierait avec l’épicène. Confrères et consœurs, voyous et voyelles, chiens et chiennes.

 

Bien sûr, le journalisme est souvent dur. Bien sûr, nous mettons cruellement sur le gril nos interlocuteurs. Bien sûr, nous traquons la langue de bois. C’est la loi du métier. La loi du genre.

 

Mais nous ne sommes pas pour autant des inquisiteurs. Ni des vautours. Ni des chiens errants, affamés.

 

La manière dont Frédéric Hainard (qui a certes tout entrepris lui-même pour se perdre) a été traité par un quotidien orangé, sûr de soi et prédateur, donne à réfléchir. Non pas, bien sûr, dans la mission de transparence. Mais la récurrence. Mais la systématique. Mais l’acharnement.

 

Ce quotidien a-t-il défini seul sa ligne inquisitrice ? Lui a-t-elle été insufflée d’en haut ? Aujourd’hui, ils doivent se dire qu’ils ont gagné. Ils disent sûrement « champagne ». C’est leur droit.

 

Moi, simplement, je dis « nausée ».

 

Et tout le reste, je m’en fous.

 

Pascal Décaillet

 

17:14 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Ces attaques ont été manifestement commandées par le pouvoir politique. Hainard s'est cru autorisé à pratiquer une forme de népotisme. Dénoncé, il a mis en cause le socialiste Soguel qui lui avait tracé la voie et qui dans la même fonction distribuait un complément de salaire de Fr. 2'500.- à un kosovar expulsé de Suisse par les tribunaux et ce depuis des années. C'est comme si l'Equipe de France payait un petit complément de salaire à Zaia... Dans son rapport communiqué à la justice, Hainard aurait effaçé sa présence lors de l'enquête. Mais les griefs d'abus de l'aide sociale ne sont-ils pas plus importants que ce coup de gomme. On a nettement l'impression que ce tir groupé et systématique a pour but de faire passer ses dénonciations bien plus graves au second plan.

Écrit par : archibald | 23/08/2010

Une phrase du président du PS dérange un peu: "Nous avions déjà demandé avant l'été à M. Hainard de démissionner."
Vu le contexte, cela donne un peu l'impression que comme il n'a pas compris qu'il devait démissionner dans la dignité, il a bien fallu orchestrer le chahut qui allait le forcer à démissionner, en faisant sortir une à une les affaires qui le concernaient. Autrement dit: s'il avait démissionné tout de suite, ce déballage lui aurait été épargné. Cela en dit long sur la politique des petits copains que M. Hainard a voulu dénoncer, sans nécessairement réussir à s'en abstenir lui-même, apparemment.

Écrit par : Till Eulenspiegel | 23/08/2010

Plus je connais les hommes et plus j'apprécie mon chien, mais plus je connais les femmes et moins j'apprécie les chiennes !

Écrit par : Corto | 23/08/2010

Il n'y a rien à reprocher au journaliste du Matin; au contraire, il fait du journalisme de qualité, des enquêtes étayées et bien écrites. Pas de haine, ni d'acharnement.

En revanche, si une grande prétention littéraire émane des lignes de Pascal Décaillet dénuées d'analyse ou de constats factuels, on perçoit surtout une aigreur, une volonté de blesser et de flétrir la sensibilité légitime d'un confrère, peut-être bien par jalousie ; cela me déçoit beaucoup de sa part.

J'espère qu'il retrouvera l'énergie positive et constructive qu'il avait par le passé...

Écrit par : Fredo | 25/08/2010

Déc' donne des leçons au Matin et ses titres racoleurs, mais utilise une rhétorique de mort dans ses billets et à la radio pour parler d'un démissionnaire. C'est un effet de manche tout aussi racoleur, et indigne: Monsieur Hainard n'est pas mort, il doit juste retrouver un travail et ça arrive à des tas de gens biens. Déc' ne pose pas les bonnes questions: au lieu de savoir si les fuites étaient orchestrées (ne le sont-elles pas toujours un peu, et Déc' n'en a-t-il jamais bénéficié?) il devrait se demander si de bons analystes politiques n'auraient pas pu être un peu plus sérieux avant les élections: certains faits étaient connus mais on a continué a encenser le bonhomme pour sa jeunesse et son prétendu volontarisme.
Enfin, si vraiment tout le monde est pourri et que les autres font des choses pires que Monsieur H, et bien que quelqu'un le prouve, sinon ces sous-entendu resteront du populisme pur et dur.

Écrit par : lolo | 27/08/2010

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