07/09/2010

A Genève, l’Appareil engendre l’Appareil

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Sur le vif - Et dans l'adipeuse candeur du mouvement perpétuel - Mardi 07.09.10 - 22.45h

 

Pour succéder à Manuel Tornare, les socialistes genevois désignent Sami Kanaan, l’actuel directeur du Département Tornare en Ville de Genève. Ils sont imaginatifs et révolutionnaires, les socialistes.

 

Pour succéder à Patrice Mugny, les Verts genevois nomment Boris Drahusak, l’actuel directeur de la Culture, chez Mugny, en Ville de Genève. Ils sont rafraîchissants, les Verts.

 

En Ville de Genève, aussi vrai que la souffrance enfante les songes, l’Appareil engendre l’Appareil. C’est la victoire de Tinguely. Et la défaite de la politique.

 

Pascal Décaillet

22:45 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

C'est bien sûr la défaite de la politique, mais également celle de l'aventure, de l'imagination et du talent devant le copinage, la paresse intellectuelle et une arrogance qui n'a d'égale que l'incompétence cooptée en mode de fonctionnement. Viscéralement incapables de remise en question malgré des bilans très discutables, les sortants exhibent cet air satisfait qui est une insulte aux citoyens et une invitation directe adressée à leurs successeurs dans la République TVB (Tout Va Bien): "Continuez, profitez,..."

Écrit par : malentraide | 08/09/2010

Il paraît qu'il existait autrefois des personnes et des groupes qui préféraient "perdre dans l'honneur" à "gagner dans le déshonneur". Mais je confonds peut-être l'histoire de la politique avec celle des anciens Romains telle que les manuels de latin nous la présentaient dans ma jeunesse.

Écrit par : Mère-Grand | 08/09/2010

Merci aux verts et aux socialistes pour ce cadeau donné à la droite.
On ne devient pas politique en travaillant comme fonctionnaire.
Il faut se coltiner le travail à la base, dans la rue, dans les médias, quitte à énerver ou récolter des baffes.
Il faut voir l'autre côté du miroir, le non administratif.
Ces décisions sont une injure aux militants qui mouillent leur chemises.
Vous avez raison c'est la défaite du politique et le risque du désintérêt de la chose publique.
L'administration prenant le pourvoir, présente des deux côtés du miroir.
Se poser la question du rôle de Mugny et Tornare.
Placer leurs poulains c'est survivre encore un peu.

Écrit par : Bertrand BUCHS | 08/09/2010

Si vous voulez avoir une idée du néant, regardez le bilan de Mugny à la culture. Qui était chargé d'appliquer cette politique du néant? son directeur.
En le choisissant comme candidat, les Verts veulent assurer la continuité...

Écrit par : zen622 | 08/09/2010

On dira après coup que ce choix, "Sami" la gauche dans de "Bo Dra".

Écrit par : T.S. | 09/09/2010

A la connaissance que deux hauts fonctionnaires briguent un mandat politique d’importance, l’exécutif d’une ville, la seconde de Suisse, appelle quelques réflexions…

Tout d’abord, celui du degré d’indépendance ou, au contraire, de subordination, qui existe entre l’administration et le pouvoir politique. Ensuite, se pose la question de la place des fonctionnaires en politique et, de manière corrélative, de la relative politisation de l’administration.

Ce passage de hauts fonctionnaires vers le monde politique semble avoir mis à mal, au moins en partie, la tradition de neutralité politique de la haute fonction publique.

Il existe là une différence essentielle avec la fonction publique anglaise. En effet, cette dernière a maintenu ce principe de stricte neutralité politique du Civil service.

C’est ainsi que tout fonctionnaire qui décide de se présenter aux élections doit démissionner, non pas une fois l’élection acquise, mais dès lors qu’il fait acte de candidature. La prise de risque est à l’évidence plus grande que dans notre système.

Écrit par : Charly Schwarz | 09/09/2010

Ce néant culturel contemporain est hélas devenu LA norme en CH et ailleurs. Le Dpt de la culture genevois en est le reflet et l'agent. Il est diffusé par une chaîne mercantile et médiatique constituée d'artistes emballeurs de vide, de dealers de nihilisme et de producteurs de publi-reportages qui osent encore s'affirmer critiques d'art. Rejetant tout élément susceptible d'enrayer leur système bien huilé par une complaisance de 30 années au bas mot, ce petit monde de l'art contemporain post-conceptuel fonctionne très bien. Mais heureusement pour les passionnés de vraie création, il existe encore des chroniqueurs pour dénoncer l'imposture et l'escroquerie érigées en système. D'ailleurs, chaque fois qu'un représentant de cette chaîne est opposé à un esprit critique lors d'un débat public, il se fait démonter, cette caste n'ayant visiblement aucun argument pertinent pour défendre le vide sidéral et sidérant de sa production. Incapables de seulement définir l'objet d'art et sa fonction dans le monde actuel, ils tentent chaque fois d'entraîner l'opposant dans le marécage du métalangage vain qui leur sert de référence dogmatique mais dont on sent qu'il ne parvient même plus à totalement convaincre ses propres adeptes ahuris par la béance de leur démarche. Même si on sent des fissures dans l'édifice de complaisances qu'est le milieu de l'art contemporain, il sera très difficile de modifier l'état des choses, car toute la chaîne en vit et parfois très bien.

Écrit par : malentraide | 09/09/2010

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