10/10/2010

« On n’est pas à Moscou, M. Sommaruga ! »

 

Sur le vif - Dimanche 10.10.10 - 18.49h

 

Opposé à l’instant à Oskar Freysinger, sur la RSR, le socialiste genevois Carlo Sommaruga vient de rivaliser avec la philosophe Marie-Claire Caloz-Tschopp (voir nos textes précédents) dans l’art de l’auto-goal. Le 28 novembre prochain, le peuple suisse, seul souverain dans notre pays, se prononcera sur l’initiative de l’UDC concernant le renvoi de criminels étrangers. Ainsi que sur le contre-projet.

 

L’initiative a obtenu largement assez de signatures, elle a été déclarée recevable par le parlement, il s’agit maintenant qu’il y ait campagne et que, fin novembre, comme c’est l’usage dans nos institutions, le peuple tranche. Cette campagne, il faut évidemment qu’elle soit politique, que les forces antagonistes s’affrontent, c’est cela la démocratie.

 

Las, vu comme cela, c’était trop simple : alors, revoilà, comme chaque fois, la clique et la cléricature des juristes. Leur dernière trouvaille ? Venir nous annoncer, à ce stade du débat, clairement dans l’arène citoyenne, que l’initiative torpillerait le droit européen parce qu’elle serait contraire aux accords de libre-échange. Concrètement, Messieurs les juristes, ça veut dire quoi ? Qu’on arrête la campagne et qu’on va se coucher ? Ou qu’on laisse voter, et qu’en cas (bien probable) de victoire du texte, on annule tout ? Dans les deux cas, déni total de démocratie. Le seul fait de tenir ce genre de discours apporte des voix supplémentaires à l’UDC.

 

Et puis, la démocratie n’est pas affaire de juristes. Mais de citoyens. Chaque voix, le jour du vote, a le même poids, que le votant soit riche ou pauvre, clerc ou inculte, fin connaisseur des lois ou non. Sinon, c’est le suffrage censitaire. En fonction du revenu. Ou du diplôme. Le peuple suisse, donc les auditeurs du débat qui vient de se terminer à la RSR, n’en est pas dupe. Il déteste qu’on lui confisque les débats au profit d’une Nomenklatura qui déciderait à sa place. Ce qu’à un moment assez chaud de l’entretien, le très imagé Oskar Freysinger a résumé par une expression tirée de notre jeunesse sous la guerre froide, mais aussi de quelques pages un peu folles de Gogol : « On n’est pas à Moscou, M. Sommaruga ! ».

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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Commentaires

Quand on ne propose rien de concret comme alternative au projet, on l'attaque en invoquant le droit européen, international ou "que c'est pas bien".
Certains socialistes reconnaissent même (c'est rare!) qu'il y a un problème de criminalité étrangère mais il ne propose rien.
http://www.lematin.ch/actu/suisse/daniel-jositsch-probleme-criminalite-etrangere-51396

Écrit par : Antipathique | 10/10/2010

Même si l'initiative passe, il y a un gros problème de procédures.Après la mort d'un Nigérian, le Niger a fait une liste de revendications pour reprendre ses citoyens criminels. Qu'en est-il des autres pays comme l'Algérie.m.Calmy Rey ne s'est pas empressée de signer de tels accords et c'est avant tout un problème de la Confédération.

Écrit par : Suissitude | 11/10/2010

"le cadavre se décompose en lieu sûr, qu'il ne revienne plus, vive le capital, vive le marché, survive le libéralisme économique !" E. Freud.

CD

Écrit par : Doumet | 11/10/2010

Nous sommes frères par la nature, mais étrangers par l'éducation. C'est de là que réside le vrai problème lié à l'intégration. Que nos frères qui ne désirent pas s'intégrer retournent d'où ils viennent, ne serait-ce seulement pour laisser la place aux honnêtes étrangers. M. Sommaruga est un réel danger pour notre démocratie.

Écrit par : lappal | 11/10/2010

"L'amour de la démocratie est celui de l'égalité." [Montesquieu] Extrait de De l'esprit des lois

Écrit par : Richard Golay | 11/10/2010

Cher Mr Décaillet vous avez tort lorsque vous affirmez que la démocratie n'est pas affaire de juriste. Si bien évidemment la démocratie ne peut pas être qu'une affaire de juriste et appartient tout d'abord et souverainement au peuple, c'est le Droit et les lois qui protêgent la démocratie et mettent les garde-fous qui empêchent qu'on la détruise.

Par contre je comprends très bien votre énervement à l'endroit de mr Sommaruga qui n'est ici qu'un vulgaire propagandiste. Affirmer que l'initiative sur le renvoi des criminels étrangers serait juridiquement contraire aux accords de libre-circulation relève soit de l'esbrouffe ou de l'endoctrinement soit d'une méconnaissance fondamentale de l'ensemble du Droit qui préside et entoure par principe de tels accords. Dans tous les accords de ce type figurent toujours des clauses de sauvegardes destinées à préserver la sécurité intérieure et l'ordre public des pays contractants. Aucun juriste ne serait assez fou pour signer de tels accords sans de telles clauses de sauvegarde et de protection.

Ce qui veut dire en termes clairs, qu'un pays peut déroger et s'opposer à ce qui est le principe de base - ici la libre-circulation - si celle ci ou une de ses conséquences met en péril l'ordre public ou la sécurité intérieure du pays.

Dans le cas qui nous préoccupe il ne fait aucun doute que les criminels dont on parle mettent en danger la sécurité intérieure et l'ordre public de la Suisse. En conséquence on voit mal comment ces mêmes délinquants pourraient se revendiquer de la libre-circulation pour s'opposer à leur expulsion ou comment on pourrait refuser à la Suisse de prendre des mesures pour assurer cette même sécurité publique et ordre intérieur.

Au-delà de l'esbrouffe de Mr Sommarugga il y a bien évidemment son désir aussi d'endoctriner les citoyens helvétiques sous la bannière européenne. Mr Freysinger n'aurait pas dû dire Moscou mais bien Bruxelles. Dans l'optique europeénne, dans sa doctrine, il ne fait aucun doute que la sécurité intérieure et l'ordre public de la Suisse sont des principes négligeables et inférieurs aux principes directeurs de l'UE et notamment ceux de la libre-circulation.

CQFD Mr Sommarugga entre une interprétation défendant l'ordre juridique européen et une interprétation défendant l'ordre juridique suisse a déjà choisi. Mr Sommarugga travaille déjà pour l'UE. Et dire que des milliers de genevois l'ont élu conseiller national, je dis bien national, pour défendre les intérêts de ce qui est sensé être notre nation.

Si Mr Sommarugga vous excède je préfère pour ma part m'abstenir de vous dire ce que j'en pense. Genève est décidément bien étrange ou bien stupide, en tout cas très déloyale envers la Suisse si l'on considère en plus que la femme de Mr Sommarugga, Mme Salerno, élue maire de Genève, s'attaque au secret bancaire alors que c'est de là que l'Etat tire toutes ses capacités de subventions multiples et diffuses ainsi que sa protection sociale élargie.

Bref... Bien à vous.

Écrit par : 022 | 12/10/2010

Le 3ème pouvoir veut tirer de plus en plus la couverture à lui, mais avec l'appui du 4ème qui avance de plus en plus ses pions. Les journalistes à la radio ou à la télévision veulent nous dire qui doit être élu et qui ne peut l'être, sous le seul critère de la soumission à des idéaux socialistes et tiers-mondistes. Même Andreas Gross, socialiste, se montre choqué par le matraquage de Simon Matthey-Doret au petit matin et parle de radio élitaire : je ne vous donne pas le lien, RSR ayant compliqué à souhait son site...
Le passage où MD se montre catastrophé parce que jusqu'en 87 la RSR faisait passer l'hymne national au début et à la fin de ses émissions est aussi assez spectaculaire. On sent que pour lui, ce "citoyen du monde" comme les connards dans son genre aiment à se présenter, l'hymne national suisse est pire que le plus atroce des chants nazis. Ce sont ces gens-là qui tiennent bien en main la création idéologique de nos médias. On propose à tous ces citoyens du monde de se dépêcher d'aller fréquenter les festivals de folklore touareg au N de Gao...

Écrit par : Géo | 12/10/2010

Sans parler de la votation elle-même qui est un vrai casse-tête, M. Summaruga est très dangereux. L'ayant vu dans des émissions sur la tsr et ses réactions dans les journaux, ce type est un fou dangereux. Quand il prétend que lors d'agression, des excuses "c'est déjà pas mal" pour que la victime puisse allez mieux!! Bref, au niveau politique ce monsieur n'a rien à proposer, absolument rien sinon dire du mal de tous les autres partis sans exceptions. Quand je pense que ce genre de parlementaire qui hurle à la Suissitude chaque fois que l'on parle d'un peu de respect, qui touchent des sommes faramineuses pour médire sur la moindre demande de respect des institutions et qui vivent dans les beaux quartiers avec de belles voitures, sans savoir ce que vit le citoyen moyen, j'en ai la nausée.

Écrit par : olophius | 13/10/2010

M. Sommaruga, plus exactement le baron Sommaruga (titre donné à sa famille par l'emperuer François-Joseph), est pourtant quelqu'un de bien né.

Dommage qu'en politique il soit aussi nul et aussi gauchiste.

Ca n'est pas très dangereux, étant donné qu'il se disqualifie lui-même par ce genre de propos.

On espère que la baronnesse Simonetta, sa cousine, aura un peu plus de jugeotte. C'est bien d'être gouvernés par des aristos, à condition toutefois qu'ils ne déconnent pas trop.

Écrit par : snob | 17/10/2010

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