22/10/2010

Kadhafi veut détruire la Suisse

 

Sur le vif - Vendredi 22.10.10 - 15.05h

 

La Suisse doit être rayée de la carte, et ses régions linguistiques réparties entre voisins. C’était, le 3 septembre 2009, le dessein du colonel Kadhafi, la requête devant être déposée 12 jours plus tard devant l’Assemblée générale de l’ONU.

 

Quelques semaines plus tôt, en juillet 2009, lors du G8, Kadhafi déclarait que la Suisse était « une mafia mondiale, et non un Etat ». Et il ajoutait : « La Suisse est formée d’une communauté italienne qui doit retourner (sic !) en Italie, d’une communauté allemande qui doit retourner (sic !) en Allemagne, d’une communauté française qui doit retourner (sic !) en France.

 

Tout cela s’appelle vouloir détruire la Suisse. Le colonel lui-même, qui a sans doute le courage de ses opinions, ne le renierait pas. C’est un fait, très clair.

 

« Il veut détruire la Suisse », ce sont précisément les cinq seuls mots mis en légende à la photo de Kadhafi, noyée dans une mise en page qui relève du fatras, sur l’affiche du MCG.

 

« Il veut détruire la Suisse », c’est exact. C’est un fait. Le dire ne relève ni du Code pénal, encore moins d’un quelconque article 296. Cela relève d’une appréciation sémantiquement exacte des propos du colonel, en juillet 2009 lors du G8, puis le 3 septembre de la même année en prévision de l’Assemblée générale de l’ONU.

 

Oui, le colonel Kadhafi veut détruire la Suisse.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

15:05 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

5 mots justes. Sans doute. Et alors? On sait qu'en politique - et plus encore en diplomatie - toute vérité n'est pa bonne à dire. Tout être vaguement sensé ou responsable - bref: tout adulte - le sait. Le MCG aussi. Seulement voilà: clône posthume de Georges Marchais, le MCG ne peut exister que dans l'excès et le combat de "scandâââles" réels ou phantasmés. Tout ce qui est raisonné ou raisonnable lui est contraire.
Ce ne serait pas grave s'il s'amusait seul dans son coin. Mais lorsqu'on se veut homme public, on a le devoir de penser aux conséquences de ses actes et de ses paroles. De cela, le MCG se fiche: seule compte sa gloire. Tant pis si la photo du colonel lybien n'a aucun rapport avec le sujet de la votation. Et tant pis pour les risques que l'affiche fait courir aux Suisses de l'étranger.
Non, Pascal Décaillet, le fossoyeur de la liberté d'expression n'est ici pas le censeur: c'est celui qui fait un usage dévoyé de cette liberté.
HG

Écrit par : Horace Gautier | 22/10/2010

@HG:
Ce que vous dites n'est pas faux. Mais la question est de déterminer si rappeler les paroles prononcées par un chef d'Etat est constitutif d'un outrage à un Etat étranger...

Si tel est le cas, de nombreux journalistes ont du souci à se faire.

Car le MCG pourrait bien, à la lumière de l'interprétation étrange que le Conseil d'Etat fait de l'art. 296 CP, déposer des dénonciations contre tous les journalistes et éditeurs qui se sont moqués des USA de George W Bush, qui critiquent l'Italie de Silvio Berlusconi, l'Iran de Ahmadinejad, la Corée du Nord de Kim Jong-il, ou qui se moquent de Sarkozy, sans oublier Israël, ou même le Vatican.

Osera-t-on encore publier, dans les livres d'histoire, que l'Allemagne a commis des crimes, rapporter dans les journaux que certains chefs d'Etats accumulent les richesses alors que leurs populations meurent de faim, dire qu'un régime est corrompu? Car rappeler ces faits n'est-il pas bien plus outrageant pour un Etat, que de rappeler ce que Kadhafi aurait dit?

Où est la limite? Et qu'y a-t-il de raisonné et de raisonnable dans la décision étonnante du Conseil d'Etat?

Écrit par : Michael Kohlhaas | 22/10/2010

Ouh là! Vous nous pètez un câble au sujet de cette affiche du MCG!
Vous voilà du coup immensément genevois...

Personnellement, j'ai le populisme en horreur, et je trouve que les journalistes ont la déplorable tendance d'en être de très bons clients depuis pas mal d'années. La liberté d'expression n'a rien à faire avec la liberté de tromper les gens. Kadhafi n'a rien à voir avec le sujet. Point.

Maintenant, si vous préférez travailler comme bon nombre de vos collègues au maintien d'un niveau de bêtise suffisamment élevé dans la population pour assurer le succès des populistes, libre à vous...

Écrit par : Simon Cussonnet | 22/10/2010

@Horace Gautier

Et qui, mon cher Horace, détermine le degré sémantique du "dévoiement"? Le pouvoir exécutif? Le Cercle libéral? Le coalition des cinq partis gouvernementaux? Le Garde noire de François Longchamp? La rue des Granges? Le bon sens populaire? La Société de Lecture? Le Modérateur de la Compagnie des Pasteurs? Le Comité d'Éthique? Dignitas? Pierre Weiss? Guy Mettan? Les Vieux Grenadiers? Le 25, rue du Stand? La Tour Baudet? Les Mao? Le Moa?

Amitiés.

Pascal

Écrit par : Pascal Décaillet | 22/10/2010

Cette affaire ne manquera pas d'être absurde jusqu'au bout... Car il faut lire l'art. 302 CP:

Alinéa 1:
1 Les crimes et les délits prévus au présent titre ne seront poursuivis
que sur décision du Conseil fédéral.
Alinéa 2:
2 Le Conseil fédéral n’ordonnera la poursuite que si la demande en est
faite par le gouvernement de l’Etat étranger dans les cas prévus à
l’art. 296 et par un organe de l’institution interétatique dans les cas
visés à l’art. 297.

Donc:
M. Longchamp livre Staufer à Kadhafi, puisqu'il faudra demander à Kadhafi s'il souhaite que Staufer soit poursuivi!

Écrit par : Michael Kohlhaas | 22/10/2010

Le dévoiement, ici, pour élargir le sujet, c’est peut-être que des personnages de cauchemar médiéval tels que Kadhafi puissent participer, d’une quelconque manière, à des processus législatifs qui influencent notre pays. Or c’est le cas à travers ce qu’on appelle le droit international.

Alors que notre droit est concocté uniquement par des législateurs élus et respectueux (à part l’un ou l’autre mouton noir) des conditions d’élection et de travail législatif, que le processus implique deux chambres représentant deux types d’intérêt spécifiques et que le résultat peut encore être attaqué par le peuple, le droit international nous arrive d’un chaudron où s’agitent des gens relativement peu élus, peu respectueux de la démocratie, sans échange entre chambre du peuple et sénat et bien sûr sans contrôle populaire.

À chaque fois que nous laissons le droit international prendre le pas sur le droit suisse, nous sacrifions un peu plus les meilleurs acquis de la démocratie et donnons un peu plus de pouvoir à des méthodes législatives sensiblement plus grossières et à des enceintes de négociation au sein desquels les Kadhafi de ce monde évoluent en grands seigneurs.

Écrit par : Alain Jean-Mairet | 22/10/2010

Il me semble, qu'aucune explication, hormis celle que j'ai donnée en parlant de milliards dans des coffres suisses ne tient la route, on se croirait dans un cours de phylo de première année enfantine.
C'est bien, c'est pas bien, NOUS PARLONS JE VOUS LE RAPPEL DU FAIT QUE CETTE AFFICHE A ETE CENSUREE !!!

Le gouvernement Genevois à simplement dû recevoir des grands coups de lattes sous la table afin de ne provoquer une crise de confiance envers les banques !

Trouvez d'autres excuses, mais de grâce, restez sur le sujet !

Écrit par : Corto | 22/10/2010

C'est amusant votre concept de garde noire, parce que la seule que je connaisse à Genève, ce sont ces types en noir, justement, à la gueule pas tibulaire mais presque, arborant fièrement le pin's du MCG à la boutonnière, qui entourent les ténors du parti jusque dans les lieux où ils n'ont rien à y faire, style la salle des pas perdus du Grand Conseil.
Réveillez-vous Pascal, vous ne serez ni le Céline, ni le Drieu la Rochelle de ce néo-fascisme jaune et rouge, car il ne passera pas.

Écrit par : Jean Bonnet | 23/10/2010

Comme à son habitude le MCG détourne le débat pour son propre intérêt et non celui des Genevois.
Ce qui est inquiétant, c'est que ça fonctionne... Pas une semaine sans qu'on ne parle des outrages de la bande à Stauffer.
Ce mois aura été particulièrement profiliquez :
- Plainte à l'encontre de Guy Mettan
- Fermeture du MOA
- Vidéo de Nagui
- Brulot anti frontalier
- Et maintenant, cette affiche...

Le seul point commun entre toutes ces affaires : Dénoncer, faire scandale...
Monsieur Décaillet, comment vous, qui êtes un journaliste rompu aux ficelles du métier, pouvez vous tomber dans le panneau ? Il est temps de se réveiller ! Le problème soulevé ici ne relève ni de code pénal ni de sémantique, mais de bon sens. Et ce n'est apparemment pas ce qui peut définir l'auteur de ces affiches.
J'imagine que le grand Eric S. sera invité sur vos plateaux pour en débattre, et aura une fois de plus réussi son coup...

Écrit par : Antoine | 23/10/2010

Que voulez-vous Antoine, c'est ainsi, les journalistes adorent les dérives émotionnelles génératrices de grand n'importe quoi, la preuve: qui se soucie encore du fait que Kadhafi n'a jamais été, n'est pas et ne sera jamais concerné par les articles de loi soumis à votation le 28 novembre prochain ?

Écrit par : Simon Cussonnet | 24/10/2010

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