28/10/2010

La tactique du sourcil

 

Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Jeudi 28.10.10

 

« Intolérables », avait pesté Saint François des Assises, ou plutôt de la Cour correctionnelle, en parlant des droits de recours et de récusation, au procès de la BCGe. Nous nous étions demandé, dans ces colonnes, à quel titre un président du Conseil d’Etat, chef d’exécutif,  avait à disqualifier ainsi les droits parfaitement légitimes de la défense, dans un ordre qui n’est pas le sien, et qui s’appelle la justice.

 

«Intolérables », ça n’est pas exactement le point de vue du Tribunal fédéral, qui annule le rejet, par la Cour de justice, de la demande de récusation du président, le juge Delieutraz. La Cour suprême exige une enquête plus fouillée sur la manière dont le jury a été tiré au sort. Il faut donc croire que certaines demandes de récusation reposaient, n’en déplaise au Prince-Procureur, sur quelque fondement.

 

Une affaire de plus – comme dans celle de l’affiche MCG – où ce président du Conseil d’Etat arrive avec de grands airs, fronce le sourcil dans la plus pure noirceur républicaine, théâtralise beaucoup plus qu’il n’y paraît, dans des affaires où il se trouve finalement désavoué. Ici, par les juges de Mon-Repos. Là, par une petite phrase, assassine, du Ministère public de la Confédération. A quand, la prochaine affaire ? A quand, le premier bilan non-courtisan de cette année présidentielle ?

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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Commentaires

@AR:
Dans une république qui applique le droit de façon politique, dans un procès où la dimension politique va forcément jouer un rôle, les avocats de la défense ont eu raison de rejeter un critère de sélection qui avait non pas nécessairement pour but, mais en tout cas pour effet de transformer un jury populaire en un jury de fonctionnaires.
S'il est à ce point évident que la défense agit par manoeuvres dilatoires, il appartenait au président de la Cour de s'assurer qu'aucune de ses décisions ne puisse prêter le flanc à la critique. Il n'a pas réussi à blinder ses décisions. Il a pris des risques. C'est sa faute, pas celle des avocats de la défense.

Écrit par : Michael Kohlhaas | 28/10/2010

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