31/10/2010

Le parti de l’étranger

 

Sur le vif - Dimanche 31.10.10 - 15.39h

 

Ce week-end à Lausanne, le parti socialiste suisse est officiellement devenu ce qu’il était déjà, dans les faits, depuis longtemps : le parti de l’étranger. Définitivement, un parti hors-sol, totalement déconnecté des préoccupations du peuple suisse. Un parti qui renoue avec le pire de son idéologie : un pacifisme béat, un européanisme mouton.

 

Il ne s’agit pas ici de défendre l’armée de grand-papa, ni celle des chars, ni celle des colonels membres de conseils d’administration, ni celle, à tout prix, de la conscription obligatoire. Mais la Suisse a besoin d’une armée, certes réformée de fond en comble, moins nombreuse, plus efficace. Mais une armée quand même ! Tous les pays de cette terre en ont une. Tous ont le droit – et le devoir, s’ils veulent survivre – d’assurer eux-mêmes leur sécurité. La déléguer à un tiers, c’est le renoncement, le déclin, la satellisation. Cela, à peu près tout le monde en convient, à commencer par la quasi-totalité des partis socialistes ou sociaux-démocrates du monde. Tous, sauf les socialistes suisses.

 

En acceptant par 253 voix contre 159, au Congrès de Lausanne, l’amendement du PS St-Gall Ville demandant l’abolition de l’armée, en inscrivant cette aberration à leur programme, les socialistes cessent de facto d’être un parti gouvernemental, ils rompent avec un socle commun fondamental – l’un des rares – du collège exécutif fédéral. Ils se laissent emporter par la grande tentation – et la funeste erreur – du Jaurès d’avant 1914, celle du pacifisme à tout prix. Oh certes, Dieu merci, la Suisse de 1910 n’est pas la France de ces années-là, nous n’avons ni Alsace, ni Lorraine à récupérer, ni contentieux territorial avec nos voisins, et c’est tant mieux. Mais d’autres formes de menaces existent, plus diffuses, par exemple le danger terroriste. Ne pas s’en rendre compte serait criminel.

 

Ainsi donc, les régiments d’honneur, sur les tarmacs, devront désormais saluer, lorsque Mmes Calmy-Rey ou Sommaruga s’y rendront pour accueillir des hôtes étrangers, des ministres émanant d’un parti qui veut détruire l’armée. Non, cela n’est plus possible, en assumant une telle position, les socialistes ne peuvent plus rester au Conseil fédéral. Les trois autres partis qui y sont représentés auront-ils le courage de s’unir pour les pousser dehors ? Les éditorialistes, si prompts à dénoncer le double jeu gouvernement-opposition de l’UDC, auront-ils la cohérence d’appliquer la même condamnation aux socialistes ?

 

Avec ses incessantes courbettes, dans le récent contentieux fiscal, à nos chers voisins européens qui ne voulaient que récupérer des milliards venus chez nous à cause de leur politique confiscatoire, avec son exigence (au même Congrès de Lausanne) de lancer sans tarder des négociations d’adhésion à l’UE (cadet des soucis des Suisses), avec l’adieu officiel à des armes dont la Suisse n’a pas à rougir, le parti socialiste est devenu le parti de l’étranger. Le parti de la défaite et du renoncement. Il n’a absolument plus sa place au Conseil fédéral.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

 

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Les débats con-sanguins de l’UDC GE

 

Avec une délicieuse et citronnée pointe d'inceste - Dimanche 31.10.10 - 12.05h

 

Dans la série « On n’est jamais mieux servi que par soi-même », l’UDC genevoise, qui est désormais à la politique ce que l’ordre équestre était à la République romaine, s’apprête à frapper un grand coup. Le duel Blocher-Pelli, mardi soir à Uni Dufour, sera animé par……… Yves Nidegger !

 

Question : pour aller au bout de la logique, M. Pelli est-il vraiment indispensable ? Se vexerait-il, si on le remplaçait par Oskar Freysinger ? Avec Eric Bertinat pour le service d’ordre, Yvan Perrin à la régie, Jacques Pagan aux éclairages, Jean-François Rime pour les costumes, André Reymond pour les mots d’esprit, et les vins d’Eric Leyvraz pour la verrée.

 

Et si M. Pelli, vexé d’être écarté, monte sur ses grands chevaux, alors là, oui, à l’UDC genevoise, on saura immédiatement qui appeler.

 

Pascal Décaillet

 

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30/10/2010

Une initiative « Croix fédérale » pour les trains

 

NEWS AGENCE DECAPROD - Samedi 30.10.10 - 16.46h

 

Les radicaux s’apprêtent à lancer une initiative populaire fédérale pour valoriser le trafic ferroviaire est-ouest en Suisse. Ils estiment que l’accent, depuis vingt ans, a été mis exclusivement sur l’axe nord-sud du Gothard, et qu’il s’agit maintenant de tout entreprendre pour avoir une ligne Genève – St-Gall crédible. Les deux hommes-clefs de cette initiative seront Olivier Français, conseiller national (PLR, VD) et membre de l’exécutif lausannois, ainsi que le jeune Valaisan Philippe Nantermod, 26 ans, vice-président des Jeunes libéraux-radicaux suisses.

 

Les initiants entendent désormais favoriser le « trafic pour les Suisses », après celui pour les Européens qui traversent la Suisse. Ils déplorent l’actuelle lenteur des trains entre Genève et Zurich (80 km/h de moyenne, alors que les locomotives peuvent atteindre 220 km/h).

 

Ils entendent, par cette initiative, créer un pendant des dispositions législatives sur l’achèvement du réseau des routes nationales.

 

Olivier Français annonce cette initiative dans l’émission Le Grand Oral, commune à La Télé et à Léman Bleu. Emission qui sera diffusée demain, dimanche 31.10.10, 20h.

 

 

 

 

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28/10/2010

CA des SIG: Eric Stauffer débouté par le TF

 

NEWS AGENCE DECAPROD - Jeudi 28.10.10 - 17.15h

 

Dans l’affaire du recours contre son éviction du Conseil d’administration des SIG (Services industriels de Genève), le député Eric Stauffer, président du MCG, vient de perdre au Tribunal fédéral. Dans un arrêt du 18 octobre 2010, la Ière Cours de droit social du TF déboute M. Stauffer, représenté dans cette affaire par Me Mauro Poggia. Elle justifie sa décision par des considérants de 17 pages, que l’AGENCE DECAPROD s’est procurés. Elle estime que la mesure de révocation " n’apparaît pas comme arbitraire"

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Faites l’amour, avec Olga ou Romain !

 

Sur le vif - Jeudi 28.10.10 - 16.22h

 

Ils arborent le sourire, aiment la vie, la rue, l’action, l’événement. Ils ne siègent pas, ils sont debout. Les murs, ils les font voler en éclats. Les radiateurs, ils les fuient, parce que la chaleur, ça engourdit. La politique, ils vont la vivre dehors, comme on court la gueuse, ils fondent vers les gens, leur parlent, les touchent. Et même, ce matin, place du Molard, ils leur faisaient des câlins et leur distribuaient des préservatifs !

 

Ils s’appellent Romain de Sainte Marie (quelle puissance, dans ce nom) et Olga Baranova, ils sont un peu cinglés, débordent d’imagination. Ils sont jeunes socialistes. Oui, vous m’avez bien entendu : ils sont socialistes et ne donnent pas envie de se pendre, ni d’écouter la prière aux agonisants. Ils donnent juste envie de vivre, de rire, ils transmettent de l’affect et pas seulement des idées. On dira que ce sont des populistes de gauche, eh bien va pour ce populisme-là, pour ma part je prends !

 

Des câlins ! Ils vont vers les gens, et les embrassent ! Tout cela, pour militer contre l’ouverture prolongée des commerces (votation cantonale du 28 novembre). « Faites l’amour, pas les magasins ! ». C’est simple, clair, antinomique comme la glace et le feu, tout le monde comprend, nul besoin de principales, de subordonnées, d’enchevêtrement démonstratif, nul besoin de regrets, de tristesse, de pleureuses. Juste prendre la vie, là où elle est. Et la vivre.

 

Bravo, les jeunes socialistes ! Vous ne siégez pas, vous êtes debout. Restez, toute votre vie, dans cette position. C’est la seule qui vaille.

 

Pascal Décaillet

 

 

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La tactique du sourcil

 

Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Jeudi 28.10.10

 

« Intolérables », avait pesté Saint François des Assises, ou plutôt de la Cour correctionnelle, en parlant des droits de recours et de récusation, au procès de la BCGe. Nous nous étions demandé, dans ces colonnes, à quel titre un président du Conseil d’Etat, chef d’exécutif,  avait à disqualifier ainsi les droits parfaitement légitimes de la défense, dans un ordre qui n’est pas le sien, et qui s’appelle la justice.

 

«Intolérables », ça n’est pas exactement le point de vue du Tribunal fédéral, qui annule le rejet, par la Cour de justice, de la demande de récusation du président, le juge Delieutraz. La Cour suprême exige une enquête plus fouillée sur la manière dont le jury a été tiré au sort. Il faut donc croire que certaines demandes de récusation reposaient, n’en déplaise au Prince-Procureur, sur quelque fondement.

 

Une affaire de plus – comme dans celle de l’affiche MCG – où ce président du Conseil d’Etat arrive avec de grands airs, fronce le sourcil dans la plus pure noirceur républicaine, théâtralise beaucoup plus qu’il n’y paraît, dans des affaires où il se trouve finalement désavoué. Ici, par les juges de Mon-Repos. Là, par une petite phrase, assassine, du Ministère public de la Confédération. A quand, la prochaine affaire ? A quand, le premier bilan non-courtisan de cette année présidentielle ?

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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26/10/2010

François Longchamp plus libyen que la Libye !

 

Sur le vif - Mardi 26.10.10 - 13.56h

 

Comme nous le pressentions dès le début, le président du Conseil d’Etat genevois, dans l’affaire de l’affiche MCG, s’est montré plus royaliste que le roi, plus libyen que la Libye, plus kadhafiste que le dictateur de Tripoli lui-même.

 

Dans un courrier recommandé adressé hier, 25 octobre 2010, à l’attention de M. Thomas Harnischberg, chef du service droit, inspection et tâches spéciales au Département fédéral de justice et police, le Ministère public de la Confédération, sous la signature de Laurence Boillat, procureure fédérale suppléante (cf notre dernière contribution), écrit ceci : « Il convient de rappeler que, dans les cas d’outrages aux Etats étrangers selon l’article 296 CP, le Conseil fédéral n’ordonne la poursuite que si la demande en est faite par le gouvernement de l’Etat étranger. A la connaissance du MPC, l’Etat libyen n’a, à ce jour, formulé aucune demande en ce sens ».

 

Donc, François Longchamp aura, dans cette affaire, agité unilatéralement, et par angoisse anticipée, une demande de censure sans que l’Etat libyen ne se soit officiellement manifesté. Le peuple genevois, le peuple suisse, humiliés pendant des mois par les caprices du dictateur, apprécieront.

 

Pascal Décaillet

 

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L’étrange précipitation du Ministère public de la Confédération

 

Sur le vif - Mardi 26.10.10 - 11.43h

 

Pour une fois dans leur vie, ils ont agi comme l’éclair. Plus rapides que leur ombre. Saisi le jeudi 21 octobre par le Conseil d’Etat genevois dans l’affaire de l’affiche MCG représentant le dictateur libyen Kadhafi, le Ministère public de la Confédération décrétait le lendemain même, vendredi 22 octobre, sous la signature de Laurence Boillat, procureure fédérale suppléante, le séquestre de cette affiche.

 

Quelle célérité, Madame Boillat ! Chapeau. Jamais vu ça. Une nuit de réflexion, à Berne, et paf, le séquestre. Jusqu’ici, le Ministère public de la Confédération (instance dont Christoph Blocher a payé de son poste le culot d’en avoir mis en question le fonctionnement) était réputé, au-delà des frontières, pour la lourdeur et la lenteur de ses procédures.

 

Question : si la dénonciation avait émané, non du Conseil d’Etat genevois, mais d’un simple quidam, vous ou moi, et avait porté sur l’outrage à un autre chef d’Etat que le bienfaiteur du désert, des infirmières bulgares, des otages suisses et des passagers de Lockerbie, combien de temps la procédure du MPC aurait-elle duré ?

 

Dans cette affaire, où la séparation des pouvoirs s’évanouit d’un coup au profit d'une raison d’Etat sur laquelle on aimerait au moins quelques précisions, les « autorités », au sens large, au reste scandaleusement confondues les unes avec les autres, se foutent du monde.

 

En l’espèce, il y a trois autorités bien distinctes. Le Conseil d’Etat genevois, qui veut censurer l’affiche. L’exécutif fédéral, à Berne, qui le veut aussi. Le Ministère public de la Confédération, qui s’empresse immédiatement d’aller dans leur sens, à l’issue d’une très courte nuit, le lendemain même des démarches.

 

Il y a, dans tout cela, quelque chose qui pue. Quelque chose de pourri. Et les grands airs de donneur de leçons de François Longchamp n’y pourront rien changer. Cela s’appelle censure. On compte sur la majorité de l’opinion, celle des équilibres et des barbichettes par lesquelles on se tient, pour faire passer la pilule. Que le Ministère public de la Confédération soutienne ce tour de passe-passe avec une fulgurance chronologique qu’on ne lui a jamais connue en d’autres circonstances, achève de décrédibiliser cette institution. Et donne raison, a posteriori, à un ancien conseiller fédéral qui avait eu la fatale témérité d’aller y fourrer son nez.

 

Pascal Décaillet

 

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25/10/2010

Chef d'Etat très souvent outragé - Que fait M. Longchamp ?

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La Francophonie ne sert strictement à rien

 

Edito - Giornale del Popolo - Lundi 25.10.10

 

Adossée au lac Léman, face aux sublimes montagnes de Haute-Savoie et du Valais, la ville de Montreux, dans le canton de Vaud, jouit d’un paysage sans pareil. On y déguste aussi d’excellents petits-fours, avec saumon, champagne, langoustines, et l’esturgeon décliné sous toutes ses formes. Lors du Sommet de la Francophonie, qui vient de s’y tenir ce week-end (il s’est achevé dimanche soir), il y en eut donc pour le goût et pour le regard, pour les papilles et pour l’œil. Sans compter la présence de quelques femmes de rêve, robes longues, épaules nues, cernées de smokings et du désir des hommes. C’était Montreux, ce week-end. Le rêve. A un détail près : c’est que la francophonie ne sert strictement à rien.

 

Ou plutôt si. Elle sert à engraisser, précisément, une nébuleuse d’improbables et d’inutiles, la Sainte-Alliance des cocktails, ceux qui jacassent et qui pérorent. Ils ne disent rien. Mais ce néant, ils l’expriment en français, s’il vous plaît. Le français : Dieu sait si nous aimons cette langue, qui est nôtre, nous les Suisses romands, comme les Français, les Belges, les Québécois, les Algériens, les Sénégalais. Mais Dieu sait, aussi, s’il convient de se méfier comme de la peste de ce conglomérat de petits copains, de réseaux de la France post-coloniale, de suppôts du Quai d’Orsay, d’universitaires en fin de carrière, de journalistes qui ne pratiquent plus : oui, c’est cela, la francophonie.

 

Et les pires, ce sont les défenseurs de la langue française. Ils ont de cette dernière une conception figée, fossilisée, paléolithique. Ils voudraient qu’on la parle comme dans des traités de grammaire du dix-neuvième siècle, détestent les apports de l’extérieur, vomissent l’anglicisme, veillent sur la langue comme des Gardes rouges. Oui, c’est aussi cela, la francophonie.

 

En attendant, Montreux aura été, l’espèce d’un week-end (horreur, un mot anglais !), capitale du monde francophone. Et va pouvoir, tout doucement et tant mieux pour elle, pouvoir reprendre le cours normal de son existence.

 

Pascal Décaillet

 

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Garde noire, nuits blanches

 

Sur le vif - Lundi 25.10.10 - 09.06h

 

Ce matin, sur Radio Cité, pour donner la réplique à Soli Pardo, non pas François Longchamp, mais sa Garde noire. Réplique ? Pas exactement : il n’y eut pas débat, mais succession de prises de parole.

 

La Garde noire, c’est le secrétaire général adjoint du Département. Je ne dirai pas son nom, car je dois protéger sa personnalité. C’est ce que m’a aimablement demandé, un jour, son supérieur, le secrétaire général tout court, un homme totalement inconnu au bataillon, disons le chaînon invisible entre le magistrat élu et l’adjoint de l’adjoint.

 

Et c’est cela qui me titille. Le secrétaire général tout court, qui est supérieur au secrétaire général adjoint, strictement personne ne le connaît, il ne monte jamais au front. Si ce n’est, par lettre courtoise, pour appeler à la protection de la personnalité (évidemment en grand danger) du secrétaire général adjoint, alias la Garde noire. Une aspirine ?

 

Le secrétaire général adjoint est un homme de valeur. Dont il s’agit de protéger la personnalité. Des fois qu’elle exploserait en vol. Donc, pour résumer, il y a un conseiller d’Etat, qui monte au front quand ça l’arrange, un secrétaire général totalement inconnu au bataillon, et un secrétaire général adjoint, alias la Garde noire, qui affronte très volontiers micros et caméras. Mais dont il ne faut pas parler. Car il faut protéger sa personnalité.

 

C’est comme si je vous disais : « Je ne suis hélas pas disponible, mais voyez avec l’adjoint de mon adjoint. Car mon adjoint tout court est trop inconnu au bataillon. L’adjoint de mon adjoint, lui, faites-lui confiance, il connaît tous les dossiers ». Alors, va pour l’adjoint au carré, sauf que du coup, l’adjoint tout court vous invite à respecter la personnalité de l’adjoint de l’adjoint. Alias la Garde noire.

 

Pas simple, le Département Longchamp. Dans ce jeu de cagoules, masques et bergamasques, le marivaudage (qui n’est pas sans séduction) le dispute au culte de l’ombre. Peut-être est-ce là l’une des tâches de l’adjoint de l’adjoint, qui a en fait plus de pouvoir que l’adjoint tout court. Et dont il s’agit de maintenir le nom secret. Car il faut protéger sa personnalité.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

 

 

 

 

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La lune, les cochons

 

Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Lundi 15.10.10



Pardo, Stauffer, deux tronches, deux tempéraments, deux révoltes. Ici, le Levantin à la prunelle d’ébène. Là, le boulangiste aux petits matins blêmes, hâbleur, rassembleur. Deux écorchés, deux contestataires, mauvais garçons, l’un et l’autre profondément anti-bourgeois. Parce que les bourgeois, c’est comme les cochons.

Chaque année, sur les bords du lac de Garde, je passe devant le Vittoriale, à Gardone, la somptueuse demeure du poète Gabriele D’Annunzio, et je pense à Soli Pardo. Il y a, dans l’anticonformisme de ce rebelle, quelque chose de littéraire, une petite musique lunaire, une extase de la face cachée dont on sait qu’elle peut conduire à l’irrédentisme. Contre les bourgeois, les cochons.

Les bourgeois, c’est qui ? C’est l’ordre établi. Celui des partis gouvernementaux. Celui de son propre parti, qu’il a fini par fuir. Sans doute, aussi, l’inéluctable de sa propre existence. Le destin, c’est comme la grammaire, il faut constamment la casser, quérir l’exception. Exalter la rupture. Il paraît que Kadhafi veut détruire la Suisse. Soli, lui, veut détruire Pardo. Par esthétisme. Contre les cochons.

C’est comme dans la chanson, il y a Maître Soli et Maître Pardo. Dans la nuit éthérée de leur mémoire, les temps anciens où ils faisaient les quatre cents coups. En ce temps-là, Soli avait rendez-vous avec la lune. Pour hurler dans la nuit. Contre les cochons.

Pascal Décaillet








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23/10/2010

Soli Pardo passe au MCG !

 

NEWS AGENCE DECAPROD - SAMEDI 23.10.10 - 17.37h

 

Fondateur, en 1987, de la section genevoise de l’UDC, et ancien président de ce parti, l’avocat et constituant Soli Pardo passe au MCG ! Il envoie aujourd’hui, samedi 23.10.10, à 17.20h, sa démission à l’UDC genevoise. Soli Pardo, que vient d’atteindre l’AGENCE DECAPROD, confirme la nouvelle.

 

Soli Pardo entre directement au Comité directeur du MCG. Il entend y jouer, aux côtés d’Eric Stauffer, un rôle moteur. « J’ai toujours entretenu de très bonnes relations personnelles avec M. Stauffer. Il avait été le seul à me soutenir lors de la fameuse affiche sur la « racaille d’Annemasse » », déclare le transfuge à l’AGENCE DECAPROD. « J’entends continuer de défendre la classe moyenne, ce qui a toujours été mon credo ».

 

Soli Pardo continuera de siéger à la Constituante, mais comme indépendant.

 

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22/10/2010

Kadhafi veut détruire la Suisse

 

Sur le vif - Vendredi 22.10.10 - 15.05h

 

La Suisse doit être rayée de la carte, et ses régions linguistiques réparties entre voisins. C’était, le 3 septembre 2009, le dessein du colonel Kadhafi, la requête devant être déposée 12 jours plus tard devant l’Assemblée générale de l’ONU.

 

Quelques semaines plus tôt, en juillet 2009, lors du G8, Kadhafi déclarait que la Suisse était « une mafia mondiale, et non un Etat ». Et il ajoutait : « La Suisse est formée d’une communauté italienne qui doit retourner (sic !) en Italie, d’une communauté allemande qui doit retourner (sic !) en Allemagne, d’une communauté française qui doit retourner (sic !) en France.

 

Tout cela s’appelle vouloir détruire la Suisse. Le colonel lui-même, qui a sans doute le courage de ses opinions, ne le renierait pas. C’est un fait, très clair.

 

« Il veut détruire la Suisse », ce sont précisément les cinq seuls mots mis en légende à la photo de Kadhafi, noyée dans une mise en page qui relève du fatras, sur l’affiche du MCG.

 

« Il veut détruire la Suisse », c’est exact. C’est un fait. Le dire ne relève ni du Code pénal, encore moins d’un quelconque article 296. Cela relève d’une appréciation sémantiquement exacte des propos du colonel, en juillet 2009 lors du G8, puis le 3 septembre de la même année en prévision de l’Assemblée générale de l’ONU.

 

Oui, le colonel Kadhafi veut détruire la Suisse.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

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21/10/2010

Le colonel Kadhafi est un ennemi de notre pays

 

Sur le vif - Jeudi 21.10.10 - 22.44h

 

Le colonel Kadhafi, homme fort de Tripoli, est un ennemi de notre pays.

 

Pendant des mois, il a pris en otages deux de nos compatriotes, a joué avec leurs nerfs et avec les nôtres, a tourné en bourrique le Conseil fédéral, qui est notre gouvernement, à commencer par M. Merz, un homme honnête et fort bon ministres des Finances. Le colonel Kadhafi a affaibli la crédibilité de la Suisse.

 

Le colonel Kadhafi est un ennemi de notre pays.

 

De sa tente de bédouin, le dictateur libyen s’est joué de la démocratie suisse, qui est l’une des plus vieilles du monde, laisse la parole à la base, se soucie de l’équilibre des minorités, vaut mille fois plus que son régime à lui, familial, clanique, dictatorial.

 

Le colonel Kadhafi est un ennemi de notre pays.

 

Ce tyran enferme ses opposants, met en prison qui il veut, se contrefout de ce que nous appelons, nous, les droits de l’homme. Il n’en a jamais entendu parler, ne songe qu’à sauvegarder son pouvoir, celui de son clan, sa fortune, ses prébendes.

 

Le colonel Kadhafi est un ennemi de notre pays.

 

De ses rêves de sable, cet autocrate a déclaré vouloir dépecer notre pays, la Suisse, fruit d’une longue et magnifique construction historique, miracle d’équilibre et de respect des différences. Il a dit : « La Suisse romande avec la France, le Tessin avec l’Italie, la Suisse alémanique avec l’Allemagne ».

 

Le colonel Kadhafi est un ennemi de notre pays.

 

A Genève, un parti politique, au cœur d’une affiche baroque et surchargée, nous propose une photo du colonel Kadhafi, et nous dit en légende qu’il veut détruire la Suisse. Ce qui est, factuellement, exact.

 

Le colonel Kadhafi est un ennemi de notre pays.

 

Cette affiche-là, le gouvernement genevois entend la caviarder. Entre la Suisse, sa démocratie, ses traditions, ses équilibres, et l’obédience d’un moment, pour d’obscures raisons, à un dictateur des sables, ce gouvernement a fait son choix. Rien, strictement rien, ne le justifie. Et le silence apeuré de certains quotidiens échaudés, la panique de certains confrères face au menaces de la Garde noire, n’y pourront rien changer : le censure, Monsieur Longchamp, est une bien vilaine chose. Une tache – une de plus – sur votre passage aux affaires.

 

Pascal Décaillet

 

 

 


 

 

 

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Affiche MCG : le Conseil d’Etat genevois perd les pédales

 

Sur le vif - Jeudi 21.10.10 - 15.42h

 

Hallucinante et incompréhensible, la décision de censure que vient d’annoncer le Conseil d’Etat genevois, par un communiqué sec de François Longchamp renvoyant à son secrétaire général adjoint, sur l’affiche du MCG concernant la votation fédérale du 28 novembre prochain. En plus de vingt ans de journalisme politique, et en vingt-cinq ans de journalisme, je n’ai jamais vu un gouvernement cantonal perdre ses nerfs d’une telle manière.

 

De quoi s’agit-il ? Sur son affiche soutenant l’initiative pour le renvoi des étrangers criminels, au demeurant un record de fouillis et de bric-à-brac dans la mise en page, le MCG fait apparaître, entre autres, le dictateur libyen Kadhafi. Avec la légende : « Il veut détruire la Suisse ». Référence à la volonté de l’homme fort de Tripoli de dépecer notre pays, les Romands avec la France, les Tessinois avec l’Italie, etc. Bref, une rhétorique d'affiche parfaitement au diapason de ce peut être, parfois, une campagne politique.

 

Et là, que fait le Conseil d’Etat ? Il ordonne la suppression de cette photo, au motif « d’outrage aux Etats étrangers ». Il ajoute que cette photographie est sans rapport avec le sujet de la votation, comme si un exécutif était garant d’une quelconque unité de matière ou cohérence sémantique dans la libre expression des partis politiques.

 

C’est un acte de censure, rien d’autre. Aggravé par l’incroyable codicille de bas de page du Conseil d’Etat, rappelant les plus belles heures d’Anastasie : « Le Conseil d’Etat tient à préciser à l’attention des médias et des personnes que la reproduction de l’image incriminée est passible des mêmes poursuites pénales, quel que soit le support de diffusion ».

 

Moralité : le gouvernement genevois accorde plus d’importance à ne pas vexer un potentat qui n’a cessé d’humilier notre pays dans l’affaire des otages, qu’à respecter la libre expression – quel que soit son bon goût – d’un parti politique représentant 17% de l’électorat cantonal.

 

Monsieur Longchamp, vous venez de commettre une nouvelle faute politique. A quand la prochaine ?

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

 

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Soviet suprême: la dernière séance

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Ecole : voici l’UDC !

 

Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Jeudi 21.10.10

 

Les uns peuvent prendre cela avec le sourire, les autres parler avec mépris de « résurrection de l’école de grand-papa », la réalité est là : l’école sera le nouveau grand thème de l’UDC au niveau national. Un papier de position sera voté ce week-end. Amorce d’un mouvement de fond, qui va s’amplifier.

 

Pourquoi s’en étonner ? Le premier parti de Suisse, près de 30% de l’électorat, n’aurait pas le droit de s’intéresser à la formation de nos enfants ? Il devrait laisser ce champ à une gauche qui ne l’a que trop occupé, et de façon catastrophique, depuis quatre décennies, ou à quelques radicaux acariâtres qui vous disent « laïcité » avant même que vous ne les ayez salués ?

 

Si l’UDC est intelligente (vaste postulat !), elle évite à tout prix d’en faire trop avec Guillaume Tell et le treizième siècle, elle reconnaît le legs de la Révolution helvétique (1798) et de 1848. Et elle s’attache à fédérer – ce qu’elle est seule à droite à pouvoir faire au niveau national – une vision de l’école qui est celle du travail et du mérite, à quelques milliers de lieues marines du gnangnan et du ragnagna des pédagogues à la sauce genevoise.

Si elle fait cela dans un esprit de rassemblement, et nous épargne les Waldstätten, elle a une autoroute devant elle, tellement la gauche a démérité sur la question. L’UDC et l’école, cela ne fait que commencer : il y en a pour vingt ans.


Pascal Décaillet

 

 

 

 

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20/10/2010

La France nous ennuie

 

Chronique publiée dans le Nouvelliste - Jeudi 20.10.10



Tous ceux qui me connaissent vous le confirmeront : j’ai passionnément aimé la France. Son Histoire, ses passions, ses déchirures. La lumière de son passé chrétien, mais aussi le legs de la Révolution, c’est parfaitement compatible, en tout cas depuis l’appel au Ralliement de Léon XIII. Quand j’étais enfant, le président de la République française s’appelait Charles de Gaulle. Plus tard, il s’est appelé François Mitterrand. Figures supérieures, inoubliables.

Je me demande souvent si cette grande nation n’est pas morte en mai-juin 1940. Libérée non « par elle-même » (de Gaulle, Paris, août 44), mais bel et bien par les Alliés, de facto sous tutelle du parapluie occidental, la France a continué de se croire aux premières loges de l’Histoire. Elle n’y était plus. Elle a décolonisé dans la douleur, s’est certes donné, de 1958 à 1969, un homme d’exception pour la guider, mais cet éblouissant mystique de la politique lui brandissait le cadavre d’une nation perdue, lui faisant croire qu’elle vivait encore.

Aujourd’hui, il ne reste plus rien. Un président petit bourgeois, suintant l’orléanisme sans même avoir la hauteur giscardienne du chasseur. Une gauche incapable de sortir du mythe du Grand Soir. Une droite sans la moindre classe. Une extrême droite qui monte. Une population majoritairement désertée par l’ardeur d’entreprendre, écrasée par la bureaucratie, attendant tout de l’Etat, soit pour s’en nourrir, soit pour le vilipender. Ce grand pays est sans doute l’un de ceux d’Europe où la notion de responsabilité individuelle est réduite à sa portion la plus congrue. On subit. Et, quand on en a marre de subir, on descend dans la rue. Et on casse tout.

En chaque Français, il y a un héros de barricades qui sommeille. On se joue à n’en plus finir les grandes scènes de 1830, 1848, 1944, 1968. Le gouvernement cède un peu, ou beaucoup, c’est selon. On inscrit ses exploits au fronton de la légende. Et puis, la vie continue, si verticale dans les rapports de pouvoir, sans que la base ne puisse – pacifiquement – influer par des initiatives (au sens suisse) sur le destin national. Cette logique est arrivée au-delà de son terme. Une révolution est possible, qui pourrait bien être ultraconservatrice. Le dernier exemple date de 1940. Le modèle républicain qui nous a tant fait rêver est en péril.

Pascal Décaillet








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18/10/2010

Saint François et l’esprit de Soral

 

Sur le vif - Lundi 19.10.10 - 17.11h

 

Populaire et pragmatique, John Dupraz fait partie de ces radicaux qui n’ont jamais eu leur langue dans leur poche et s’intéressent parfois à d’autres sujets que le monothème de la laïcité. Chez Dupraz, le caractère est âpre, la saillie menaçante, la saute d’humeur omniprésente. Mais la sincérité est là.

 

Entendu aujourd’hui comme témoin dans le procès BCGe, l’extatique défenseur des régions céréalières en a sorti une toute belle, qui risque de jeter un froid dans la clique si urbaine, si policée, si centriste des radicaux genevois millésime 2010. « Ce procès n’aurait jamais dû avoir lieu, les accusés n’ont pas volé un centime ! ». Bref, le contrepied exact de la philippique si soigneusement préparée de François Longchamp, membre de son parti, il y a quelques jours.

 

John Dupraz n’est pas le seul. Au sein même du Conseil d’Etat, évidemment hors antenne, le show justicier de Saint François n’a été que moyennement goûté. Mais là, c’est la goutte de chasselas qui fait déborder le tonneau. Car, ici bas, amis lecteur, plus dévastateur que l’esprit de vin, et même que le Saint Esprit : l’esprit de Soral.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

 

 

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