02/11/2010

Et si on abolissait Carlo Sommaruga ?

 

Sur le vif - Mardi 02.11.10 - 10.56h

 

On savait, depuis Mallarmé, qu’il fallait abolir les bibelots d’inanité sonore. On a aussi aboli l’esclavage, la peine de mort, René Longet tente jour après jour d’abolir la rhétorique, Romain de Sainte Marie parvient à abolir l’ennui, Nicolas Sarkozy a aboli la dignité présidentielle, c’est dire la puissance de dissolution dont les humains sont capables.

 

Depuis ce week-end, le parti socialiste suisse, gouvernemental depuis 1943, qui donna à notre pays de grands hommes comme Hans Peter Tschudi, a cédé à ses pires sirènes, ses pires tentations historiques, celle de la candeur pacifiste par exemple. Il se refera peut-être une santé auprès de ses militants, mais il perd désormais toute crédibilité gouvernementale. Il n’a plus rien à faire au Conseil fédéral.

 

En abolissant le droit de la Suisse à se forger une forme (certes à réinventer) de défense, le PSS s’abolit lui-même comme parti responsable. Les électeurs jugeront.

 

Quant à Carlo Sommaruga, pour qui il faut abolir l’armée « au plus vite » (l’armée suisse, bien sûr, par celle des guérilleros qu’il soutient de par le monde), on devrait lui offrir un petit traité d’autodissolution. S’abolir soi-même, n’est-ce pas le stade ultime du parti de la rose ? N’avoir vécu, faute du Grand Soir, que l’espace d’un matin.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

10:56 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (15) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Je suis 100% pour!

Écrit par : Carlitos | 02/11/2010

Oui quand cet après midi? C'est aussi un grand malade tout comme Levrat.

Écrit par : Danièle | 02/11/2010

M. Décaillet,

Bravo!

C'est très juste ce que vous dites, et pour ajouter une couche, j'aimerais bien savoir qu'est-ce que M. Sommaruga et sont parti diront au sujet de l'attentat à l'Ambassade Suisse d’Athènes?

Si le terroristes s'attaquent à nos ambassades, que feront-ils une fois qu'on n'aura plus d'armée?

Ah, mais oui les braves gens du PS vont protéger la population, s'ils ne sont pas les premiers à s'enfuir.

Écrit par : Hans Ruopp | 02/11/2010

Abolir l'armée ? Ca c'est du Carlo Sommaruga grand cru ! Qu'il prenne une fois pour toutes congé des électeurs genevois pour le bien de tous ce monsieur. Je ne suis pas militariste, loin s'en faut, mais s'attaquer ainsi au sceptre de l'autorité suprême helvétique demande autrement plus d'envergure et d'intelligence tactique qu'un simple discours de militantiste.

Écrit par : lappal | 02/11/2010

L'existence de l'armée suisse n'est pas un sujet tabou, ni une fin en soi. C'est seulement un moyen dont l'existence dépend d'une analyse de risques.

C'est pourquoi, déclarer péremptoirement qu'il faut l'abolir, sans s'être posé préalablement des questions aussi essentielles que le rôle de celle-ci dans le paysage géopolitique européen et international actuels, du devenir de la Suisse au sein d'une Europe politique (UE) en construction, et ceci quoi qu'on en dise, de l'exposition de cette même Suisse face aux conflits internationaux, des moyens de défense, autres que militaires, des intérêts de notre pays sur la scène internationale et finalement d'une indispensable évaluation des risques, n'est pas d'un homme sage, comme l'aurait dit Bonaparte ...

En cela, Carlo Sommaruga n'est pas crédible !

Emporté par sa fougue, Carlo Sommaruga ne voit le monde que par le petit bout de la lorgnette et à l'image du sage qui lui montre la lune, Carlo quant à lui, regarde le doigt ...

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 02/11/2010

Blaise Pascal : "Sans doute, l'égalité des biens est juste; mais, ne pouvant faire qu'il soit force d'obéir à la justice, on a fait qu'il soit juste d'obéir à la force ; ne pouvant fortifier la jusrtice, on a fortifié la force, afin que le juste et le fort fussent ensemble, et que la paix fût, qui est le souverain bien." Pensées, fr. 299

Ce passage connu de Pascal montre en peu de mots et avec de subtiles concepts, que la force et le juste vont ensemble.

Écrit par : Jean Romain | 02/11/2010

4ème billet contre les socialistes, en 3 jours ...

Écrit par : Dji | 02/11/2010

Nul besoin par contre d'anabolir par contre votre blog qui gonfle ses muscles au dépend ses neurones en découvrant que le Parti Socialiste est de gauche.
Allez -vous organiser une "Tea Party" pour contrer les mamifs nocturnes genevoises qui se réclament d'une "autre"culture" vilain mot qui vous inspire un silence assourdissant ,à l'image d'une armée sans artillerie telle que pronée par le camarade Uli Maurer.

Écrit par : briand | 02/11/2010

De journaliste à commentariste à snipper.

Les lecteurs veulent du contenu, pas des soft-news.

Vous êtes le meilleur journaliste de Suisse, alors à quand une vraie enquête de votre part sur l'armée, le PS, etc.

Doit-on en rester ici aussi au j'aime/j'aime pas?

Relevez le gant, de grâce.

AT

Écrit par : Trechsel | 02/11/2010

Que dire à part : BRAVO ! Si vous, ou vos semblables pouviez être journaliste au Matin ou au 20 min.......

Écrit par : Boucheney | 02/11/2010

Trechsel, faire la révolution, c'est ça que vous voulez ?

N'oubliez pas la phrase de Trotski lors d'un interview à la Chaux-de-Fond,

oui à l'internationale communiste au niveau planétaire ; "le journaliste" ; même en Suisse ?

Non, pas en Suisse, ce serait tellement dommage !

(il devait déjà avoir un compte à numéro) comme quoi Sommaruga ne fait que prendre la relève, il faut bien des socialistes sur place pour blanchier les milliers de milliards venant des dictatures de "gauche" !

ça sent déjà, l'après Ziegler ! Et je sais de quoi je parle ! ! !

Écrit par : Corto | 02/11/2010

Quatre billets contre les socialistes en 3 jours... Et alors? Ne les méritaient-ils pas, ces excellents papiers de Pascal Décaillet? Carlo Sommaruga me donne de l'urticaire chaque fois que j'entends ce faux jeton. Quant aux décisions prises par le congrès de Lausanne, elles me comblent dans la mesure où l'aveuglement et la surdité des délégués du PSS vont encore accélérer le déclin, voire la chute, de ce parti.

Écrit par : Emigré | 02/11/2010

Je ne peux que soutenir cette proposition.
Peut-être que Sommaruga est d'accord pour une armée... rouge de libération populaire pour "dépasser le capitalisme" (dixit le programme du PS) et installer, allez soyons fou, le "socialisme" !

Cela avait donné de magnifique résultat de part le monde. Pourquoi ne pas le faire chez nous ?

Écrit par : Antipathique | 02/11/2010

un chose est sûre jamais autant depuis que l'armée a dégraissé ses rangs,les spéculateurs détruisant notre environnement n'ont été aussi nombreux,du temps des anciennes écoles de recrues,les hommes disséminés dans la nature freinaient la construction,dans notre bled on a eu le temps de voir toute la différence entre l'absence ou la présence constante de l'armée pour protéger ce qui fait partie de notre patrimoine aussi! Comme il est dit dans le libre de la mob 39-45 sous une photo a vous faire venir les larme aux yeux...l'armée, rassurante présence ce qui semble échapper à beaucoup de suisses d'aujourd'hui!

Écrit par : Elena | 02/11/2010

Comme vous avez raison, Elena !

Pour l'aspect "occupation du territoire", il suffit de se rappeler - et ce n'est pas vieux, la plaine du Rhône de Tourtemagne à Rarogne, quand les aérodromes militaires y étaient opérationnels, prairies vertes et jolis papillons, et ce qu'elle a commencé à devenir, zones industrielles et prolifération de villas, maintenant que l'armée en est partie. Des verts conséquents auraient milité pour le maintien des infrastructures militaires, mais nous nous savons tous que les verts ne s'intéressent pas vraiment à la nature, mais avant tout aux thèmes écologiques comme des outils généraux de subversion (qui peut vraiment croire qu'un Ueli Leuenberger s'intéresse vraiment aux Petits Ducs ou à la préservation des écureuils indigènes ?).

Quant à l'aspect identitaire, "les larmes aux yeux", comme vous le dites si bien, autant la gauche que la droite économique n'en ont rien à faire. La gauche, parce qu'elle déteste naturellement ce qui constitue, ce qui relie, ce qui fonde. La droite de marché parce qu'elle n'a jamais compris que l'intangible, le non-calculable, était non seulement nécessaire mais indispensable à la fonctionnalité des grands ensembles nationaux ; on ne meurt pas pour une armée "qui produit de la sécurité", donc une armée, qui ne sait pas susciter de pulsions quasi organiques, est une armée non-fonctionnelle, quelles que soient la modernité de ses armements ou la subtilité de ses concepts.

Écrit par : Paul Bär | 03/11/2010

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