12/11/2010

De quoi se mêle Viviane Reding ?

 

Sur le vif – Vendredi 12.11.10 - 18.39h

 

Vice-présidente de la Commission européenne, la Luxembourgeoise Viviane Reding, de passage en Suisse et interviewée à l’instant par la RSR, vient d’incarner avec un rare talent tout ce que Bruxelles peut avoir de méprisant pour la souveraineté des peuples. Ceux qui font partie de l’Union. Et, bien plus délirant encore : ceux qui, comme la Suisse, ne sont pas du club, et n’ont donc strictement aucun compte à lui rendre.

 

On se souvient déjà de l’ingérence de Mme Reding dans la souveraineté nationale française lors de l’affaire de Nicolas Sarkozy avec les Roms. Et de la comparaison – proprement hallucinante – que la donneuse de leçons de Bruxelles avait cru bon d’établir avec l’Allemagne de la Seconde Guerre mondiale.

 

Mais la coupe a débordé, il y a quelques minutes, lorsque la no 2 de la Commission européenne a doctement expliqué à ces rustauds attardés de Suisses que le mode actuel de leurs relations avec l'UE était caduc et poussiéreux: « Les bilatérales ne sont pas adaptées au monde moderne… Pour être efficace, il ne faut pas des systèmes du 20ème siècle, mais du 21ème… Vous devez être au milieu de la prise de décision, et non pas sur le côté… Ces accords sont statiques, et dépassés déjà au moment où l’encre sèche… ».

 

Madame Reding a peut-être raison, chacun jugera. Le seul problème, c’est que la décision de poursuivre ou non la politique des accords libéraux dépend d’un seul souverain, dont la Luxembourgeoise ne semble pas avoir beaucoup entendu parler. Et qui s’appelle le peuple suisse.

 

Pascal Décaillet

 

18:39 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (19) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Et le peuple Suisse est maître chez lui.

Écrit par : chauffat albert | 12/11/2010

Madame Reding ne fait que donner son avis, elle n'a donné aucune directive, rien ordonné. Elle n'a indiqué aucune représaille si elle n'était pas entendue.
Mais évidemment cette Dame n'a pas à donner son avis. Il n'y a que Monsieur Pascal Décaillet qui puisse le faire. C'est son droit, un droit régalien, même divin qui n'appartient qu'à lui!... Donc, un comble, selon son billet, j'aurais des comptes à lui rendre!

Écrit par : Baptiste Kapp | 12/11/2010

Rien d'étonnant à cela quand on réalise que l'Europe de Bruxelles, ce n'est jamais qu'une version soft de l'AMGOT (ce qui illustre bien l'abyssale naïveté de nos pro-européens locaux, généralement anti-américains) et que la plupart des "grands Européens" n'étaient en fait que des agents d'influence de la thalassocratie étasunienne. Là...

http://fortune.fdesouche.com/23907-l%E2%80%99ue-et-les-reseaux-politiques-et-financiers-de-jean-monnet

... Jean Monnet, mais on se souvient aussi, plus près de nous, de Javier Solana passé directement du Sécrétariat de l'OTAN au poste de responsable des affaires extérieures européennes.

Ces gens-là, qui n'ont pas été élus démocratiquement et qui représentent globalement des intérêts extérieurs à notre continent, sont en fait tout simplement des "Gauleiter". Devant lesquels les derniers pays réellement indépendants en Europe, la Suisse en premier, ne doivent surtout pas plier !

Écrit par : Paul Bär | 12/11/2010

Ce que j'ai trouvé surtout frappant, c'est la prestation de la journaliste. Quelle confusion, quel galimatias dans sa précipitation pour fayoter contre la Suisse...
A côté de cette démonstration de haine de soi - ou plutôt de nous Suisses -, j'ai trouvé que Mme Reding se comportait plutôt bien. Purée, quand on pense qu'on est obligé de payer une redevance à ce ramassis de nullards...
PS. Veuillez noter mon nouvel e-mail pour éviter les contre-façons...

Écrit par : Géo | 12/11/2010

Cela rappelle ce mot, étonnant mais pourtant peu célèbre, bien qu’il ait été prononcé devant un parterre de journalistes, le 10 juillet 2007, par le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso (je traduis son anglais au plus près):

«Parfois j’aime bien comparer l’Union européenne, en tant que création, à l’organisation d’empires. (…) Aujourd’hui nous avons 27 pays qui ont intégralement (fully) décidé de travailler ensemble, de mettre en commun leur souveraineté (sovereignty).»

C’est très clair. L’administration européenne entend abriter, représenter et probablement aussi incarner la souveraineté (commune) des pays membres. Mais il ne nait que très peu d'excellents souverains parmi les hommes et c’est sans doute ce qui fait la qualité centrale et la plus durable de la démocratie bien comprise. Y en aura-t-il assez, et pendant combien de temps, en Europe, pour éviter que cet «empire européen» en construction ne finisse par mériter pleinement ce qualificatif?

Écrit par : Alain Jean-Mairet | 12/11/2010

J'abonde aux propos de Mme Viviane Reding sur certains points:

« Les bilatérales ne sont pas adaptées au monde moderne… Pour être efficace, il ne faut pas des systèmes du 20ème siècle, mais du 21ème… Vous devez être au milieu de la prise de décision, et non pas sur le côté… Ces accords sont statiques, et dépassés déjà au moment où l’encre sèche… ».

Allez, on liquide ces accords désavantageux (Schengen y compris) pour la Suisse, on ferme la porte à cette disgracieuse personne et basta!

Comme le souligne @chauffat albert:

"Et le peuple Suisse est maître chez lui."

Écrit par : Mireille Luiset | 12/11/2010

Bravo pour votre texte. Tout le monde a oublié que la Suisse ne fait pas partie de cette "UE", autrement dit : kolkhoz UE" ...
Merci à vous pour être un vrai journaliste !
amb

Écrit par : amb | 12/11/2010

Etant entendu que le milieu des décisions, c'est tout sauf le peuple, mais des personnes qui n'ont aucune légitimité démocratique: les dictateurs européens n'ont jamais été élus par les peuples de l'Europe. C'est rien que du marchandage et du copinage et des fromages à se partager.

Écrit par : Johann | 12/11/2010

Technocrate, impolie et même grossière. Cela fait beaucoup.

Écrit par : Mère-Grand | 12/11/2010

Monsieur Décaillet,

Votre façon d'accuser Madame Reding du pire pour mieux vous offusquer ressemble beaucoup à du Toni Brunner ou à du Hans Fehr. Que l'on sache, Madame Reding n'a pas l'intention d'imposer au peuple suisse son point de vue, encore moins une décision quelconque. Elle ne demande pas non plus qu'on lui rende des comptes. Elle a exprimé son opinion. Elle en a, elle aussi, le droit.

Écrit par : Gilbert Tuescher | 13/11/2010

Ce matin à la première heure j'ai lu un article publié sur le blog " Le Carton rouge du citoyen" plus virulent que le vôtre. L'auteur lui rappelle que son rejeton étudie en Suisse et que nous avons déjà eu un exemple négatif avec le sardinier portugais Barroso!

http://www.cartonrougeducitoyen.ch/index.php/component/content/article/1-nouvelles-quotidiennes/1151-reding-leuro-fetichiste-qui-menace-la-suisse#comments

Écrit par : Hypolithe | 13/11/2010

Il me semble avoir entendu Mme Redding dire aussi que la Suisse était un pays souverain et qu'elle n'avait aucun conseil à donner. Dès lors qu'elle n'empiète pas sur notre souveraîneté nationale, je ne vois aucun inconvénient à ce que cette femme donne un avis, son avis ou celui de la CE.

Et si un jour, la CE décide d'abandonner la voie bilatérale avec la Suisse, souverain ou non, il faudra bien se résoudre à explorer d'autres voies ! Et - peut-être - écouter d'autres voix que la nôtre pour sortir d'une impasse qui pourrait se révéler calamiteuse à terme.

Écrit par : Michel Sommer | 13/11/2010

"Elle ne demande pas non plus qu'on lui rende des comptes. Elle a exprimé son opinion. Elle en a, elle aussi, le droit."

Certes, mais qui lui dénie ce droit? Qui lui a dit de se taire? Elle a parfaitement le droit de venir faire la leçon à nous autres Suisses. Comme nous avons le droit à notre tour de lui dire ce que nous pensons de ses déclarations.

Entre les lignes, je comprends qu'elle vient nous dire que nous sommes de sales cons ou des débiles de ne pas vouloir adhérer à l'empire européen. Alors je ne lui retourne pas le compliment, car ce serait lui faire trop d'honneur. Mais ce qui est inquiétant, c'est que certaines voix ici même soient prêts à sauter dans un wagon impérial. Heureusement ces voix anti-démocratiques (car l'empire ne fonctionne que contre la démocratie telle que nous la pratiquons) sont très minoritaires et bien trop souvent le fait de bi-nationaux.

Il n'est que de voir sur un blog voisin qui attaque ce blog à un tel point que ça en devient une fixation. Au point d'écrire:

"En prétendant la censurer, lui dénier le droit à la parole."

J'ai beau lire et relire le texte ci-dessus, je n'y vous aucun appel à la censure, mais seulement la dénonciation d'une ingérence de quelqu'un qui n'a aucune légitimité démocratiquee et que les décisions du peuple doivent être respectées.

Écrit par : Johann | 13/11/2010

"Que l'on sache, Madame Reding n'a pas l'intention d'imposer au peuple suisse son point de vue, encore moins une décision quelconque."

Mme Reding a clairement indiqué que le choix de la Suisse était inadapté. Et elle l'a fait en tant que vice-présidente d'un organe qui influe directement sur l'avenir de ces négociations. Elle n’a pas besoin de faire quoi que ce soit d’autre: elle a d’ores et déjà compromis les bilatérales, par sa simple déclaration publique.

Il ferait beau voir comment ces gens en apparence si confiants réagiraient si le vice-président de la holding qui chapeaute leur entreprise déclarait publiquement que leur emploi est inadapté, dépassé, accuse un siècle de retard…

Écrit par : Alain Jean-Mairet | 13/11/2010

" « Les bilatérales ne sont pas adaptées au monde moderne… "

Le surendettement des États de l'UE et leur menace de faillite n'est pas non plus adapté au monde moderne. Qu'elle balaie devant sa porte avant de nous faire une morale à deux balles.

D.J

Écrit par : D.J | 13/11/2010

Pas d'accord avec votre commentaire. Bilatéral est bien un mot qui doit indiquer qu'il y a deux parties, ici la Suisse et l'Union européenne, non ? Pourquoi l'Union européenne n'aurait rien à dire sur sa relation avec la Suisse ?

Écrit par : Michel Rogg | 13/11/2010

Pour avoir entendu Viviane Reding s'exprimer dans l'émission "Forum" sur RSR1 ce vendredi soir, je trouve qu'elle a fait preuve de beaucoup de réserve à propos de l'adhésion de la Suisse à l'UE et à l'avenir des accords bilatéraux, et ceci malgré la pugnacité de la journaliste, laquelle à l'évidence cherchait à lui faire cracher le morceau ...

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 13/11/2010

Sans vouloir polémiquer avec vous, la lecture, tranquille et à tête reposée de l'interview de Viviane Reding dans "Le Temps" ne fait qu'aller dans le sens de ce que vous exprimez, et avec clarté.

L'Union Européenne se construit plus vite que le rythme, très lent, des négociations bilatérales. L'Union Européenne n'attendra pas la Suisse pour se construire. Il appartient au gouvernement suisse de prendre clairement (lui aussi!) position et de choisir, une fois pour toutes, si le pays doit rester en dehors de cette construction ou, au contraire, s'y associer. Dans cette dernière hypothèse, il faudrait alors accélérer le rythme. Rien là qui ne soit du registre le la banalité.

Cependant, un appel à la clarté n'est pas une atteinte à la souveraineté de la Suisse. Dès lors, le ton inutilement agressif de votre billet s'apparente, bien malheureusement, aux propos tonitruants de partisans d'un non catégorique et définitif à toute idée d'appartenance de la Suisse à l'Union. Soit, c'est votre droit. Mais de grâce, n'ajoutez pas d'huile sur le feu.

Bon week-end.

Écrit par : Déblogueur | 14/11/2010

"Il appartient au gouvernement suisse de prendre clairement (lui aussi!) position et de choisir, une fois pour toutes, si le pays doit rester en dehors de cette construction ou, au contraire, s'y associer."

Ah oui ? Et vous pensez sérieusement que cela fait partie des prérogatives de notre gouvernement ? Dans quel pays vivez-vous, déblogueur ?

Écrit par : Géo | 14/11/2010

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