30/11/2010

Pardo s'empare du Mossad !

After eight years as head of the Mossad, Meir Dagan will step down in the coming weeks after Prime Minister Binyamin Netanyahu on Monday announced the appointment of Tamir Pardo as the next head of the espionage agency.

The announcement ended weeks of speculation as to who would succeed Dagan.

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28/11/2010

L’original, la copie

 

Sur le vif - Dimanche 28.11.10 - 18.46h

 

La victoire de l’initiative UDC sur le contreprojet est celle, classique en politique, de l’original sur la copie. Le thème de la criminalité étrangère a été empoigné dès les années 1990 par l’UDC, par l’UDC seule, par l’UDC contre tous. En ce temps-là, la gauche, déjà, criait au fascisme. Mais pire : les partis dits de « centre-droit », libéraux, radicaux et PDC, faisaient semblant de ne pas voir le problème. Ils savaient bien, pourtant, qu’il en existait un, mais ne voulaient pas salir leur costume trois-pièces de notables dans la fange de ce caniveau-là.

 

Sur ce thème, comme sur pas mal d’autres, ce « centre-droit qui a fait la Suisse » est devenu, dans les quinze dernières années, le champion toutes catégories du contreprojet. Plus nuancé, à coup sûr, plus atténué, plus « présentable » dans un salon que les textes bruts de décoffrage du premier parti de Suisse. Le problème, c’est qu’un contreprojet, aussi achevé soit-il, c’est déjà le suivisme. C’est déjà la politique par le rattrapage. C’est la copie, face à l’original. Le peuple suisse n’est pas dupe : tant qu’à faire, il choisit l’original.

 

La vérité, c’est que « le centre-droit qui a fait la Suisse » ne la fait plus du tout. Au Parlement, les alliances gauche/UDC se multiplient. Et l’addition, de toute manière, des forces des deux anciens ennemis du Sonderbund, n’arrive qu’à un tiers de l’électorat. Le deuxième tiers, c’est la gauche. Le troisième, c’est l’UDC. Il y a donc, ce soir, plus que jamais, trois Suisses.

 

Le grand vainqueur de ce dimanche soir, c’est la vieille Suisse conservatrice que ne cesse de mépriser, depuis vingt ans, à vrai dire depuis la campagne du 6 décembre 1992, tout un monceau d’arrogance urbaine à prétention éclairée, internationaliste, délivrée de l’archaïque notion de frontière. Oui, il y a ce soir une revanche de la Vieille Suisse, et ceux qui ont étudié le Sonderbund, notamment en Valais, savent à quoi je fais allusion. Cette Suisse, profonde, ne cesse d’avaler des couleuvres, ronge son frein pendant qu’on la ravale au primitivisme. Mais, quatre fois par an, elle se rappelle à notre bon souvenir. Dans une liturgie qui s’appelle les votations.

 

En octobre de l’an prochain, on la retrouvera, cette vieille dame-là. Dans un autre rite : les élections.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

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27/11/2010

Charles Beer aime l’Iliade « à titre personnel »

 

Sur le vif - Samedi 27.11.10 - 18.45h

 

« Les grands textes » de retour à l’école : dit comme cela, comment ne pas acquiescer ? « Les grands textes », c’est la formule magique de Charles Beer, lorsqu’il parle de l’enseignement du « fait religieux », dans les classes genevoises. M. Beer vient, il dit « grands textes », le récepteur se trouve comme magnifié par le puissant envol de ces deux mots-grimoires, il se dit que quelque chose de fort va traverser l’école genevoise, aussitôt il aimerait en savoir plus. Hélas, néant. Silence.

 

En termes de marketing, c’est redoutablement rassembleur : qui d’entre nous, sauf à vouloir passer pour un plouc, un apôtre du petit, un éradiqueur du savoir, un Khmer du nivellement par l’ignorance, pourrait-il s’opposer à ce que les élèves de nos écoles se frottent et se piquent un peu au souffle des « grands textes » ? On ne va tout de même pas sublimer la lecture de l’annuaire, ni de l’insignifiance, ni de la prose qui sentirait l’ail de discount : « grands textes », ça en jette un peu plus.

 

De quoi s’agit-il ? D’initier les élèves au rôle joué dans l’Histoire par quelques grands courants. Judaïsme, christianisme, Islam, bouddhisme, hindouisme, confucianisme, apparition du monothéisme dès la pensée platonicienne, polythéisme des Grecs, des Romains, mythologie antique, que sais-je encore ? J’en oublie. Et assurément, chacun de ces exemples se trouve porté par de très « grands textes », ici la Bible, là le Coran, ailleurs encore l’Iliade, les Hymnes homériques, Hésiode et sa Théogonie, la pensée zoroastrienne, les Lumières, l’Aufklärung, la philosophie de l’athéisme, l’agnosticisme, et justement la Gnose, en j’en oublie encore, des tonnes. A coup sûr, les professeurs chargés d’un tel enseignement n’auront que l’embarras du choix. D’ailleurs, ils l’ont déjà aujourd’hui, et beaucoup les proposent déjà, des extraits de ces « grands textes », à l’enseigne, par exemple, de l’Histoire ou de la philosophie. L’embarras du choix, oui.

 

A tel point que Charles Beer se garde bien de donner lui-même, ministre, le moindre exemple, la moindre consigne, le moindre repère de ce qui pourrait, de près ou de loin, ressembler à un « grand texte ». Tout au plus, quand on lui murmure « L’Iliade », acquiesce-t-il « à titre personnel ». On dirait qu’il marche sur des braises, apeuré à l’idée d’un faux pas. De qui, de quels gourous de l’intérieur, craint-il les immédiates foudres ?

 

Ce signal d’hyper-prudence du ministre élu n’est pas bon. Il ne me gênerait pas, pour ma part, en République, que le chef de l’Instruction publique ose quelques exemples de ce qu’il appelle lui-même les « grands textes ». Il fut un temps, entre 1882 et 1914, à l’époque de Ferry et de ses successeurs, où l’Etat (français, en l’occurrence) n’était pas tétanisé de peur en brandissant lui-même des modèles. Il se trouve, pas tout à fait par hasard, que ces trois décennies de hussards noirs et de missionnaires de la transmission furent (un demi-siècle après Guizot) le plus grand moment de l’Histoire scolaire française.

 

En s’abstenant de donner lui-même le moindre exemple, en déléguant la responsabilité du choix aux seuls experts (aussi brillants, pertinents, soient ces derniers), M. Beer déçoit. A l’entendre, diriger l’Instruction publique se limiterait à en assumer la conciergerie, faire construire de nouveaux bâtiments scolaires, en rénover d’autres, s’occuper des effectifs, se battre pour un budget, toutes choses certes essentielles, mais l’autorité d’un ministre, ce doit être aussi une part, même symbolique, de magistère. Il ne s’agit pas, bien sûr, de rendre obligatoire, tel jour à tel heure, dans toutes les classes de France, telle lettre (au demeurant bouleversante) de Guy Môquet. Il ne s’agit pas d’opérer les choix à la place des profs. Il s’agit juste de donner un ou deux signaux de maîtrise du sujet.

 

Il ne s’agit pas de transférer les cendres de Jean Moulin au Panthéon. Ni de rendre hommage aux morts des Glières. Non. Juste un ou deux exemples, d’en haut. De la part du ministre. Pour donner un sens. Fixer un cap. En République, cette tâche incombe aux élus du peuple. Pas aux fonctionnaires.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La neige, le voile

 

Samedi 27.11.10 - 10.15h


Genève n’est jamais plus belle que sous la neige. Il n’y a plus ni lac, ni ciel, seulement ce blanc qui nous étreint. Ici et là, toit qui fume, passage de la mouette ou de la corneille noire. Il n’y a plus ni rade, ni lisière. Ni horizon, ni frontière.

 

En abolissant ce tableau pourtant si achevé des beaux jours, Salève, Jura, Voirons, Môle, Mont-Blanc, et jusqu’à l’Aiguille Verte, en voilant ce miracle du paysage genevois, celui des peintres et des photographes, en prenant congé de la lumière, le temps de neige nous invite à la contemplation du plus proche. L’horizon du visible, oui, une centaine de mètres, délivré de l’arrière-pays. Notre province à nous, l’éternité de notre quartier. Notre condition de passants. Lignes du tram, noires sur fond blanc, qui jamais ne se rejoignent.

 

Genève, sous la neige, demeure-t-elle Genève ? Réduite à l’anonymat du paysage d’hiver ? Ou plutôt, sublimée par le désir de ce qu’elle nous crypte ? Une affaire du voile. À l’horizon de la frontière abolie, il y aurait l’éternité blanche. Ou, simplement, la vie qui va.

 

Vers quels rivages ?

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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26/11/2010

Jean-François Duchosal, un homme sur la terre

 

Sur le vif - Vendredi 26.11.10 - 19.12h

 

Mon ami Jean-François Duchosal, 74 ans depuis le 23 octobre dernier, vient de m’envoyer un message : après des semaines de marche, 1300 kilomètres à pied, il vient d’arriver à Cordoue, en provenance de… Saint-Jacques-de-Compostelle ! L’Espagne, du nord au sud, en saison déjà bien fraîche, avec au fond de l’âme la tenace folie du pèlerin.

 

Duchosal, déjà, est allé à Saint-Jacques, à pied, en partant du Grand-Saconnex. Du même point de départ, il a cheminé jusqu’à Jérusalem, et même Emmaüs, un peu plus loin, où se déroule l’une des scènes les plus saisissantes du Nouveau Testament. Une fois encore, il est allé à Lisieux, voir sa fille, religieuse. Toujours à pied.

 

Je ne connais personne qui sache aussi bien parler du chemin. A cet effort d’endurance, il donne un sens. Là, par exemple, de Saint-Jacques à Cordoue, du christianisme à l’Andalousie des Lumières, si chère à Maurice-Ruben Hayoun, qui l’attendait à l’arrivée. Quelques humains, hommes et femmes (dont Gabrielle Nanchen), cheminant au nom d’un lien spirituel qui dépasse les clivages.

 

Jean-François, je me réjouis de te revoir. Pour que tu nous racontes, simplement, le chemin.

 

Pascal Décaillet

 

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25/11/2010

Le Loup et le Chien

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Un Loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
"Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. "
Le Loup reprit : "Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. "
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
"Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. "
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.

 

Jean de LA FONTAINE (1621-1695)

 

 

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23/11/2010

Le méchant Décaillet répond au gentil Longet

 

Sur le vif - Mardi 23.11.10 - 11.57h

 

Chère et ravissante victime,

 

Vous avez raison, je suis un homme méchant. Enfant déjà, j’imaginais les pires supplices pour mes adversaires, j’adorais les poètes, détestais le socialisme. J’aimais l’histoire des guerres et des traités, la littérature du Mal, les récits de meurtre et d’inceste, le loup de la fable, le vertige du « e » muet perdu dans les syllabes et les strophes obscures. Plus tard, j’ai passionnément aimé François Mitterrand, qui était socialiste comme je suis Javanais. J’aimais sa part de noirceur, tellement romanesque. C’était un homme qui savait écrire et qui savait parler. Pour moi, c’est beaucoup.

 

Dans un texte que vous publiez aujourd’hui, vous pleurnichez sur ma méchanceté. Si vous saviez comme je vous comprends ! Croyez-vous qu’il soit drôle d’avoir en soi le Mal, vissé, chevillé, enraciné, là où d’autres, comme vous, semblent nés chérubins, trônes ou séraphins, candides à coup sûr, immaculés, promis au Grand Soir comme d’éternelles fiancées. Je vous envie, René, car la vie est en vous, simple et tranquille, délivrée de la noire puissance du Verbe, promeneuse et sautillante dans un immense jardin de roses. Quand j’étais enfant, on me parlait des limbes, une sorte de paradis ouaté, anesthésié, pour l’éternité des innocents. Les roses sans les épines, la vie sans la souffrance, l’amour sans la mort. L’éternité, sans même le poids des années. La Parole, sans le Verbe.

 

Bien entendu, je continuerai d’être méchant. Car nul, ici-bas, ne se remet de son état. Je résisterai à vos pressions, à celles de vos amis blessés, compagnons de larmes. A ceux, un peu moins gentils que vous, qui manœuvrent souterrainement pour que roule ma tête dans la sciure. A ceux qui colportent la rumeur, de cocktail en cocktail. A ceux, bien plus dévastateurs encore, qui la saisissent, s’en effrayent, s’en confient à moi avec paternalisme. Pour que je m’édulcore. A cette impavide et frémissante félicité des cloportes. Oui, chère et délicieuse victime, je résisterai. A vous, à certaines gardes noires, aux amicales suggestions de mes pairs, à la visqueuse et rampante horizontalité de la parole mondaine, qui est au Verbe ce que ce que le bruit est au murmure. Quelques haillons de néant.

 

Pascal Décaillet

 

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22/11/2010

Le Moa de novembre

 

Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Lundi 22.11.10

 

Vous prenez un ministre des constructions dont on aimerait quand même une fois qu’il construise quelque chose. Ajoutez un avocat, à vrai dire plutôt connu comme député, tiens du même parti, d’ailleurs, que le ministre. Vous touillez. Vous pimentez d’un zeste de pampa, remplacez juste le poivrier par un moulin à vent. Du bout du doigt, goûtez.

 

Surgit un candidat au Conseil administratif, officiellement PDC, en réalité de la même mouvance que le ministre et le député : « Construisez sans entraves ». Vous lui dites bonjour, il vous répond : « Blocages ! ». Vous lui dites Mao, il vous réplique Moa. Il est partout, à la fois Don Quichotte et Sancho Panza, à la fois le cheval et l’âne. Et le moulin à vent, lui, est toujours là.

 

Vous éventez, justement. Pour la sauce, quelques gouttes d’élixir de jeunesse, vous irez le puiser dans l’urne, entre le poivre et le sel de vos propres cheveux, vous en aurez l’usage discret, comme il sied aux condiments de race. Goûtez à nouveau. Contemplez-vous dans glace. Déjà, vous faites vingt ans de moins.

 

Mais le temps presse. A la porte, on sonne. C’est l’avocat, le ministre et le candidat. Par l’odeur alléchés, ils sont montés chez vous. Ils avaient juste entendu des voix. Mais les voix, comme l’urne de l’élixir, c’est plus fort qu’eux : ils n’ont jamais su y résister.

 

Pascal Décaillet

 

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18/11/2010

Une nouvelle tâche régalienne de l’Etat : posséder des dancings

 

Sur le vif - Jeudi 18.11.10 - 17.02h

 

En cet automne qui nous honore de sa clémence, le Conseil d’Etat genevois nous réserve presque chaque jour une rafraîchissante surprise. Aujourd’hui, il nous annonce donc qu’il veut acheter le Moa. Singulière perspective, inattendue, surtout pour qui se passionne, de Philippe le Bel à Carnot, en passant par Louis XI, Colbert et Louvois, pour l’étude de ce qui constitue les tâches régaliennes de l’Etat.

 

Sur ces missions, en 2010, nous sommes tous à peu près d’accord : l’Etat doit s’occuper de sécurité, de santé, d’éducation, de grands chantiers d’infrastructures. J’en oublie sûrement, mais je ne susse pas qu’il appartînt aux collectivités publiques, fussent-elles dévoyées par le désir torréfié du cocktail et de la pampa, d’acquérir un dancing.

 

Voilà donc une nouvelle tâche, on se réjouit qu’on puisse immédiatement trouver à cet effet 14 millions qu’on refusera à d’autres affectations, nouveaux postes dans l’enseignement secondaire, crèches, effectifs de police, et autres menus détails évidemment insignifiants face à la puissance du Pain et des Jeux, quand se lovent les corps et se tétanise la pêche à l’électeur.

 

Autre élément salé : vous avez des problèmes de sécurité, le maelström d’une candidature passe par là, avec ses quarantièmes rugissants et mille tempêtes andines pour vous soulever l’âme, eh bien voilà qu’un deus ex machina appelé « Etat » vient vous tirer d’affaire. « Ne vous en faites pas, j’arrange tout ».

 

Belle folie, à vrai dire, où l’univers de Quinte-Curce se pare du filet du rétiaire et des chants moirés de l’histrion. Peut-être, dans son mouvement vers le monde des sens et du désir, le gouvernement de la République genevoise pourrait-il songer à l’acquisition de ces lieux où suinte l’extase et donc Claudel a dit qu’il existait, pour cela, des maisons.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

 

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Le Moa rachète le Conseil d’Etat ?

 

Sur le vif - Jeudi 18.11.10 - 12.07h

 

L’une des nouvelles les plus hallucinantes d’une année 2010 qui n’en aura pas été avare à Genève : le Conseil d’Etat rachète le Moa ! Il veut acquérir, avec 14 millions de l’argent des contribuables, le terrain de ce dancing. Nous reviendrons dans l’après-midi sur la dérive que représente une telle acquisition de la part d’un Etat, une notion à laquelle nous voulons croire, comme garante de l’intérêt public, l’intérêt de tous.

 

Pour l’heure, contentons-nous d’une question : est-ce, bel et bien, le Conseil d’Etat qui achète le Moa ? Ou n’est-ce pas, peut-être, le contraire ? Question posée avec le sourire, of course, allez disons juste pour taquiner. Juste une histoire d’actif et de passif, de complément d’agent placé à l’envers. Rien de grave, juste la vie qui va.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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Le lait, le miel

 

Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Jeudi 18.11.10

 

Papy Moustache est un homme sympathique. Et il le sait. Alors, il lui arrive parfois de forcer un peu sur le Papy, et le lendemain sur la moustache. Et le plus fou, c’est que ça marche : Jean-Charles Rielle est un homme populaire. D’une popularité qui fait même rêver le pays de Canaan, où coulent pourtant le lait et le miel.

 

Papy Moustache, donc, est sympathique, populaire et charismatique. Et il a un sixième sens pour les sujets compassionnels. Gaza, l’affaire Selimi, l’affaire Rappaz. Non qu’il ait tort, loin de là, mais quel instinct ! Un pif gros comme ça pour humer le thème, quelque part entre vie et mort, exil et royaume, qui tirera les larmes dans les chaumières.

 

Face à lui, un jeune homme de 26 ans qui croit en la loi et en l’Etat, des archaïsmes pas très vendeurs. Il s’appelle Philippe Nantermod, il ne craint ni la solitude, ni l’adversité, ni de passer pour un ringard. Il dit, simplement, ce qu’il croit juste. Et il a du courage. Et il ira loin.

 

Quant à Papy Moustache, on se réjouit de l’entendre aussi, à l’avenir, sur quelques bons sujets bien austères de la vie fédérale, tiens la péréquation, par exemple. Un truc sans lait, ni miel, ni larmes. Juste la dignité d’Etat, sèche et roide, austère. Drue, comme l’extrême Finistère d’une moustache, par un matin de vent glacé.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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17/11/2010

UDC et école : le thème qui va monter en Suisse

 

Chronique publiée dans le Nouvelliste - Mercredi 17.11.10

 

Premier parti de Suisse, près de 30% en octobre 2007, l’UDC s’intéresse désormais à l’école. Au-dessus des barrières cantonales, elle vient d’élaborer des propositions allant dans un sens conservateur. On n’allait tout de même pas attendre de ce parti un panégyrique de la pensée de Bourdieu, des méthodes globales, de l’approche uniquement thématique de l’Histoire, ni de l’obsession climatique dans les cours de géo.

 

Faut-il, pour autant, parler d’école de grand-papa ? Bien sûr que non. Une école plus cadrée, oui, valorisant de rôle du maître, sa place centrale face à la classe et aussi face aux parents. A côté de cela, une mise en avant du dialecte ne concernant que la Suisse alémanique, l’obligation d’une moyenne semestrielle, des examens de passage à la fin de la 3ème, de la 6ème et de la 9ème année scolaires. Enfin, une volonté de placer les polyhandicapés dans des classes spécialisées, mesure plus que discutable, certes, qui a valu à l’UDC des références aux chemises brunes et au Troisième Reich. Ne parlons pas du dessin de Vigousse sur Freysinger, tout simplement nauséabond.

 

L’intérêt de tout cela, c’est l’avalanche de réactions des autres partis, ceux qui tiennent les Départements de l’Instruction publique et la CDIP (Conférence des directeurs cantonaux) : au mieux la moquerie, au pire la haine, en passant par l’arrogance. Voilà qui nous ramène au milieu des années nonante, il y a une quinzaine d’années, lorsque l’UDC, seule contre tous, estimait que le taux de criminalité étrangère, en Suisse, était beaucoup trop élevé. En ces temps-là, et jusqu’à une époque très récente, tout le monde la méprisait, quand on ne la traitait pas de fasciste. Verdict le 28 novembre prochain, avec une initiative et/ou un contreprojet qui ont bien des chances de passer. Eh oui !

 

Pour l’école, ce sera la même chose. L’UDC, on commence par lui rire au nez. Puis, on lui sort les années trente, puis vient le moment où on est bien obligé de se définir par rapport à ses idées. Alors, souvent, on fait des copiés-collés en se bouchant le nez, on se drape de lin blanc, on attend le dimanche électoral. Et là, comme on perd, on dit que l’électeur a mal voté, qu’il a été trompé, et que, de toute manière, ça n’est pas compatible avec le droit supérieur. Et, plus on dit cela, plus l’UDC monte. Ce parti, oui, a de très beaux jours devant lui.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

 

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16/11/2010

Vieux-Grenadiers : Mettan dans la fournaise

 


Sur le vif - Et baïonnette au canon - Mardi 16.11.10 - 11.41h


 

« Et, lanciers, grenadiers aux guêtres de coutil,

Dragons que Rome eût pris pour des légionnaires,

Cuirassiers, canonniers qui traînaient des tonnerres,

Portant le noir colback ou le casque poli,

Tous, ceux de Friedland et ceux de Rivoli,

Comprenant qu'ils allaient mourir dans cette fête,

Saluèrent leur dieu, debout dans la tempête.

Leur bouche, d'un seul cri, dit : Vive l'empereur !

Puis, à pas lents, musique en tête, sans fureur,

Tranquille, souriant à la mitraille anglaise,

La garde impériale entra dans la fournaise. »


Victor Hugo – Waterloo – Les Châtiments – L’Expiation

 


Donc, les Vieux-Grenadiers ont refusé la candidature de Guy Mettan. Le plus fou, dans cette nouvelle, ça n’est pas tant le refus (tout club à ses règles), mais bel et bien que le très débonnaire et très placide président du Grand Conseil genevois ait cru bon de postuler à une instance dont le seul nom, magnifique, évoque à la fois les Soldats de l’An II, l’Empire, l’odeur de la poudre, le courage. L’Empire, oui, que ce fût pour le servir ou le combattre, Genève et la Suisse furent au centre de cette aventure, et nombre de Grenadiers genevois durent servir dans la Grande Armée.

 

Dans cette affaire, de deux choses l’une. Ou bien, les Vieux-Grenadiers incarnent encore ces valeurs-là, qui sont celles de leurs costumes et de leurs armes, de ces ombres immenses dont Victor Hugo (toujours lui) écrit qu’elles « avaient chassé vingt rois, passé les Alpes et le Rhin, et leurs âmes chantaient dans les clairons d’airain ». Et on se demande ce que Guy Mettan viendrait y faire.

 

Ou bien, les Vieux-Grenadiers n’incarnent plus du tout cet élan de grognards d’inspiration profondément républicaine. Et alors, à quoi bon prétendre en faire partie ?

 

Car enfin, si c’est juste pour la camaraderie assise de la choucroute et du cassoulet, où ruminent les commensaux en écoutant le lent travail de digestion de leurs viscères assoupis, point n’est besoin de rêver Valmy, Jemmapes ou Rivoli.

 

Si c’est juste pour être dans un club, un de plus, entretenir l’horizontalité repue des réseaux de connaissances, échanger des cartes de visite, envisager nominations, postes et prébendes, point n’est besoin de raviver les souvenirs de gloire, ceux des temps où les hommes étaient debout.

 

Non, si c’est juste pour cela, la banalité du quotidien suffit.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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15/11/2010

Chanson d’automne

 

Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Lundi 15.11.10

 

Pétillantes d’insolence, de culture et de transgression, les Automnales sont le rendez-vous le plus dionysiaque que Genève ait connu depuis le bûcher de l’ultime sorcière. Les Automnales, c’est la fête, la tragédie, les hurlements d’extase d’un million de moutons qu’on égorge. Les Automnales, c’est la vie et la mort, le désespoir, le bonheur salé d’une nuit d’amour.

 

Les Automnales ne coûtent rien au contribuable. Pas un sou. Elles sont une nécessité absolue, une émanation du désir des foules. Sans les Automnales – les experts sont formels – il y aurait cinq à six cents suicides, pour le seul mois de novembre, à Genève.

 

Non, les Automnales ne sont pas le miroir du pouvoir en place. Non, elles n’ont rien à voir avec le copinage radical. Non, elles ne bénéficient d’aucun espace préférentiel dans la presse. Non, il n’y a aucun lien entre l’Etat et cette fête, câline et libertaire, insoumise, gitane, fugace comme le premier regard, au matin du premier jour.

 

Non, les moutons des Automnales n’ont jamais entendu parler de Marie-Antoinette. Oui, ils aiment qu’on les caresse. Dans le sens de la laine. Non, les Automnales ne sont pas les Comices agricoles de Yonville, non, les brebis n’y sont ni putes ni soumises. Agnus dei, suis-je bête, pardonne-moi cette chronique. Vivement l’hiver.

 

Pascal Décaillet

 

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14/11/2010

Impôts équitables : Alain Berset m’a convaincu

 

Sur le vif - Dimanche 14.11.10 - 18.11h

 

Pour la première fois de ma vie, je vote oui à une initiative socialiste. Après trois semaines d’intense hésitation, après avoir pesé et soupesé, multiplié les débats, confronté les arguments, il me semble que le texte concernant les « impôts équitables » peut être accepté en vue du seul intérêt qui vaille, celui du pays.

 

Bien sûr, je n’aime guère les planchers artificiels (22% d’impôts à partir de 250'000 francs de revenu imposable ; 5 pour mille à partir de 2 millions de fortune imposable). Bien sûr, l’intrusion de l’arrêté fédéral dans le fédéralisme, donc la souveraineté des cantons, me gêne. Tout cela, longuement, a retenu ma décision.

 

Mais enfin, voilà une initiative qui fait preuve d’intelligence et de pondération. J’ai beau écouter les cris et les haros d’economiesuisse, je ne vois pas dans ce texte des têtes au bout des fourches, ni hargne revancharde des pauvres, ni justice de classe. Et j’avoue que le chantage à quitter le pays des « très riches de Suisse », dans la presse alémanique de ce dimanche, me laisse de marbre.

 

En matière fiscale, je soutiens mordicus la souveraineté de la Suisse. Notamment face à de grands et puissants voisins ne nous faisant la leçon que pour masquer l’échec cuisant de leurs politiques confiscatoires. Mais, si la Suisse veut garder la tête haute face à des voisins qui ne lui feront, dans l’avenir, aucun cadeau, elle a tout intérêt, à l’interne, à corriger des extravagances qui permettent à un Ospel ou un Vasella un tourisme fiscal indécent.

 

C’est le conseiller aux Etats fribourgeois Alain Berset, un homme de poids et d’intelligence sous la Coupole fédérale, qui m’a convaincu. Au moment où le parti socialiste suisse donne (Congrès de Lausanne) d’effarants signaux d’errance et d’aventure (abolition totale de l’armée, urgence à ouvrir des négociations CH-UE), il est paradoxal de saluer, en son sein, ceux qui se comportent encore de façon gouvernementale. Oui, le socialisme de M. Berset me semble plus intéressant, pour l’intérêt supérieur du pays, que celui de MM Levrat ou Sommaruga. Le problème, c’est que ce pragmatisme éclairé apparaît, hélas, comme de plus en plus minoritaire.

 

Pascal Décaillet

 

 

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13/11/2010

Slobodan Despot, un homme libre

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Sur le vif - Samedi 13.11.10 - 18.01h

 

C’est un géant étrangement débonnaire, un fou furieux du monde des livres, un promeneur mystique amoureux du Valais. Un homme seul, un homme libre.

 

A 43 ans, Slobodan Despot a déjà plusieurs vies. Les études, puis treize années aux Editions L’Âge d’Homme, aux côtés de Vladimir Dimitrijevic, puis le grand saut pour fonder sa propre maison d’édition, Xenia.

 

Se retrouver seul, décider de lancer sa boîte. Plonger dans le vide. Assumer le risque économique. Investir. Travailler sept jours sur sept. Affronter férocement la concurrence. Tout faire soi-même. Un beau jour, magnifique, engager son premier employé. Se sentir responsable de lui. Crever de trouille qu’un pépin, style santé ou accident, ne vous arrive à vous, le patron, parce que c’est vous, pour le moment, qui êtes au centre. Rénover le matériel, réinvestir, varier les mandats : aucun d’entre eux en doit être prioritaire. Il faut se donner la liberté de pouvoir rompre à tout moment avec un client, sans que votre propre aventure entrepreneuriale soit pour autant mise en danger.

 

Tout cela, Despot a dû le vivre. Il faut imaginer la vie d’un petit éditeur en Suisse romande, demandez à Michel Moret, bourreau de travail, il en sait quelque chose. Mais notre Serbe – et c’est là que je commence à l’admirer un peu plus que la moyenne – est un esprit idéologiquement libre qui ne craint pas les postures minoritaires, ni de se foutre en pétard avec les trois quarts de la République des Assis et des cocktails. Il publie des trucs incroyables, sulfureux, risqués, provocants. Il se fait insulter, étriller, vilipender. Il n’en continue pas moins son chemin, il marche droit.

 

J’aime la solitude, le courage, l’énergie, la liberté de Slobodan Despot. Tellement loin du sirupeux venin des réunions mondaines où jacassent et caquettent les réseaux horizontaux de la Cléricature. Tellement Cyrano, celui des « Non, merci ! ». Seul. Terriblement. Mais debout.

 

Pascal Décaillet

 

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12/11/2010

De quoi se mêle Viviane Reding ?

 

Sur le vif – Vendredi 12.11.10 - 18.39h

 

Vice-présidente de la Commission européenne, la Luxembourgeoise Viviane Reding, de passage en Suisse et interviewée à l’instant par la RSR, vient d’incarner avec un rare talent tout ce que Bruxelles peut avoir de méprisant pour la souveraineté des peuples. Ceux qui font partie de l’Union. Et, bien plus délirant encore : ceux qui, comme la Suisse, ne sont pas du club, et n’ont donc strictement aucun compte à lui rendre.

 

On se souvient déjà de l’ingérence de Mme Reding dans la souveraineté nationale française lors de l’affaire de Nicolas Sarkozy avec les Roms. Et de la comparaison – proprement hallucinante – que la donneuse de leçons de Bruxelles avait cru bon d’établir avec l’Allemagne de la Seconde Guerre mondiale.

 

Mais la coupe a débordé, il y a quelques minutes, lorsque la no 2 de la Commission européenne a doctement expliqué à ces rustauds attardés de Suisses que le mode actuel de leurs relations avec l'UE était caduc et poussiéreux: « Les bilatérales ne sont pas adaptées au monde moderne… Pour être efficace, il ne faut pas des systèmes du 20ème siècle, mais du 21ème… Vous devez être au milieu de la prise de décision, et non pas sur le côté… Ces accords sont statiques, et dépassés déjà au moment où l’encre sèche… ».

 

Madame Reding a peut-être raison, chacun jugera. Le seul problème, c’est que la décision de poursuivre ou non la politique des accords libéraux dépend d’un seul souverain, dont la Luxembourgeoise ne semble pas avoir beaucoup entendu parler. Et qui s’appelle le peuple suisse.

 

Pascal Décaillet

 

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L’Université de Lausanne se couvre de ridicule

 

Sur le vif - Vendredi 12.11.10 - 09.26h

 

À l’Université de Lausanne, le deuxième parti de Suisse, le parti socialiste (un peu moins de 20% aux dernières élections fédérales), a pu tenir, il y a quelques jours, son Congrès.

 

À la même Université, le premier parti de Suisse, l’UDC (un peu moins de 30% aux dernières élections fédérales), ne pourra pas tenir le sien, le 4 décembre.

 

Ça, ce sont les faits. Un parti qui a droit de Cité dans les murs d’une Alma mater. L’autre, qui ne l’a pas. Un qui est perçu comme acceptable, et même comme souhaitable, par les gens qui régissent cette Université. L’autre, hors des murs, au sens grec, ostracisé. Il représente près d’un Suisse sur trois, mais doit aller siéger dehors.

 

L’Université de Lausanne se couvre de ridicule. Rien, même le plus affinée des arguties, ne pourra justifier cette inégalité de traitement. On a peur de remous ? Pour le Congrès démocratique d’un parti qui n’a jamais dû ses succès qu’à ses victoires dans les urnes ? Je ne sache pas qu’il ait, pour l’heure, franchi ni Rubicon, ni Aar, ni Limmat.

 

Quelques étudiants de gauche menacent de faire du grabuge ? Eh bien qu’on les en empêche, comme il se doit, avec un service d’ordre permettant à la liberté de réunion et d’association, l’une des conquêtes des Lumières, de pouvoir s’opérer. Mais baisser son froc devant ces menaces, quand on incarne une institution qui devrait au contraire porter la liberté, la diversité des idées, c’est simplement pitoyable.

 

Ce matin, sur la RSR, mon confrère Joël Marchetti invitait deux universitaires à débattre de cette affaire. Uli Windisch, réputé à droite. Bernard Voutaz, réputé à gauche. Comme d’habitude, ce fut la gauche qui incarna le camp des censeurs. Le sommet fut atteint lorsque M. Voutaz eut l’incroyable culot de signifier à son adversaire qu’il n’avait jamais eu à craindre d’interdiction professionnelle, à l’Université de Genève.

 

M. Voutaz n’a jamais entendu parler de la lettre de Christian Levrat, patron du PSS, à Charles Beer, dans l’intention très claire de faire virer Windisch ? Oui, M. Voutaz, le Berufsverbot, de si sinistre mémoire, ce sont les socialistes, l’an dernier, qui l’ont tenté, de mille manières, pour faire rouler dans la sciure la tête d’Uli Windisch. Alors de grâce, lorsque vous êtes face à ce dernier, ne venez pas parler d’interdiction professionnelle, il sait exactement ce que c’est.

 

L’Université de Lausanne vient de traiter le premier parti du pays comme s’il s’agissait d’un obscur groupuscule néo-nazi. Et pendant ce temps, les braves gens de Vigousse caricaturent Oskar Freysinger, dans un dessin d’une rare finesse, en kapo envoyant des élèves dans une chambre à gaz. Cela, pour illustrer les thèses de l’UDC sur l’école. Université de Lausanne, humoristes bien pensants, continuez : chacun de vos actes apporte des voix supplémentaires à ce parti. En vue du 28 novembre. En vue, surtout, du mois d’octobre 2011.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

 

 

 

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11/11/2010

Charles et les « Maos »

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Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Jeudi 11.11.10

 

Nous n’étions pas si nombreux, dans les années soixante, encore moins dans la décennie suivante, à nous réclamer de Charles de Gaulle. A l’Université de Genève, qui ne pensait en ces temps-là que structuralisme et abandon de la notion de grands hommes, le nom du Général n’était jamais cité. Pas plus que ceux de Péguy, Barrès, Emmanuel Mounier, sans parler de Maurras.

 

Aujourd’hui, je les trouve bien nombreux, les gens de mon âge, que j’ai connus « Maos » ou trotskystes en ce temps-là, ou libertaires, qui se parent de la mémoire gaullienne comme d’un fragment inaltérable de leur histoire. Leur conversion, je la salue, et même m’en félicite, mais tout de même, quel virage !

 

Dans les mille sources de la pensée gaullienne, il y a une tradition, très forte, qui s’ancre dans le personnalisme, la primauté de l’individu. Cette école-là, aussi celle du « Sillon », qui n’écarte pas d’emblée les inflexions spirituelles au nom d’une laïcité taillée à l’équerre et au compas, n’avait nul droit de cité dans l’Université des années septante. Oui, la pensée structurelle a formaté une génération.

 

Aimer de Gaulle, vivre avec lui, c’est aimer ses lectures, les auteurs de sa jeunesse, dont certains, loin d’être vieillis, éclatent de présence. Et si les « Maos » de ces années-là se mettent à lire Péguy, celui de « L’Argent » par exemple, je suis prêt à leur offrir un verre. Tiens, au Moa, par exemple.

 

 

Pascal Décaillet

 

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La gauche remplace les policiers par des animateurs culturels !

 

NEWS AGENCE DECAPROD - Jeudi 11.11.10 - 06.50h

 

Hier soir, en commission des finances du Conseil municipal de la Ville de Genève, la gauche, emmenée notamment par les socialistes, a biffé, au moment du vote du budget 2011, 10 des 20 nouveaux postes de policiers municipaux, pour les remplacer par 10 animateurs culturels placés dans le Département Mugny pour faire de la “médiation préventive”. Une information de l’AGENCE DECAPROD.

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