Le chardon, l’ortie

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Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Jeudi 09.12.10

 

Au royaume du vote secret, les médiocres sont rois. La vengeance y est petite, la lâcheté, sudoripare. Que Micheline Calmy-Rey ne soit pas facile à vivre, que son caractère soit paré de la grâce du chardon et de l’ortie, c’est possible. Mais c’est une ministre de qualité, vraie patriote, immense travailleuse. C’est peu dire qu’elle ne méritait pas le soufflet de bassesse des rampants.

 

Sale caractère ? Et alors ! Du caractère, au moins, du vrai, âpre à l’ouvrage, comme dans le sillon rugueux d’un verger de montagne. A mille lieues des souris grises, des passe-murailles, des éteignoirs. Le monde politique a justement besoin de sales tronches, trempées, tenaces, qui crochent et qui s’agrippent : Couchepin, Blocher. Des emmerdeurs.

 

On peut discuter des options diplomatiques du DFAE, (feindre de) s’émouvoir de telle ou telle fuite, déplorer le degré zéro d’humour, au reste reconnu comme tel, de la ministre. Mais l’escouade punitive sur la présidence, juste l’élire mais mal, c’est le onzième sous-sol de la politique.

 

Je souhaite à Micheline Calmy-Rey une belle année présidentielle, comme le fut son premier passage à cette fonction. Je lui souhaite de rester ce qu’elle est : une dame qui sert son pays. Avec des hauts et des bas. Mais le regard droit. Je lui affirme ici le respect et l’estime que j’ai toujours voués aux êtres de courage.

 

Pascal Décaillet

 

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Commentaires

  • Je suis très loin d'être socialiste, vous l'aurez remarqué, mais j'aime aussi les têtes de bois.
    Il serait intéressant de chercher quels groupes d'intérêt ont organisé le vote de hier. Et pas forcément pour des raisons très "patriotiques".

  • très bien vu !il n'est pas nécessaire de dire amen a tout et jouer aux moutons de Panurge!
    merci à vous Monsieur Décaillet et bonne journée

  • Pascal,
    Un tout grand bravo pour ce soutien à Micheline Calmy-Rey. Je n'ai pas les capacités rédactionnelles, l'éloquence et la prestance que tu as, mais tu as mis les mots parfaits, là ou il fallait. Tu as écris avec Maestria ce que beaucoup pensent.
    Magnifique Edito.
    Au plaisir de te relire.
    JC

  • Vous défendez votre compatriote ... valaisanne, mon cher Pascal ?

  • Voilà donc le méchant Décaillet qui vole au secours du gentil Longet et qui s'égare. MCR une "grande" conseillère fédérale, indispensable au point qu'on aurait aimé qu'elle aille au-delà de l'âge de la retraite ? Elle aurait pu le devenir, oui. Il aurait fallu qu'elle prenne la succession de Couchepin et qu'elle aille faire ses preuves en lige A du gouvernement. Mais voilà: il est plus confortable d'alimenter la nébuleuse "Genèveinternationale" que de mettre les mains dans le cambouis. Il ne suffit pas d'un sale caractère pour briller, il faudrait, en plus, de la substance.

  • C'est bien de soutenir le Valais, il en a toujours besoin, il ne fait plus le poids : Calmy-Rey 106 voix , Rappaz 58 Kilos , comme aurait pu titrer Charlie Hebdo.
    Je ne manquerai pas toutefois de me manifester très bientôt, quand vous tirerez à boulets rouges sur tout ce qui vient du parti de Calmy-Rey.

  • " A mille lieues des souris grises, ..."

    Sale temps pour les "souris grises" ces temps-ci, m'est avis qu'il est temps de faire appel à un taupier ou un dératiseur, mais peut-être qu'un chat haret, voire une vieille chouette, pourrait tout aussi bien faire l'affaire ...

    Il est vrai qu'en Valais, il y a longtemps qu'on a pris des mesures pour éloigner ces petits rongeurs nuisibles, ceci en plaçant judicieusement de grandes pierres plates sous les mazots ... :

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    Souris grises, tremblez vous êtes dans la mire !... ;o)

  • Le chardon, l'ortie. Ode à l'incompétence...!

  • Si emmerder équivaut à perturber le sommeil des justes qui, ne prenant aucun risque, ne commet aucun mal – alors vivent les emmerdeurs!

    Si être courageux, c'est de dire: je suis insensible à toute critique car je suis Moi et j'emmerde tout ce qui n'est pas moi, alors Machiavel n'a plus qu'à se rhabiller.

    Mais, quand on a ce courage-là, toute aspiration collégiale à un climat de confiance, sous prétexte qu'il pourrait favoriser des décisions et des actions courageuses, c'est-à-dire des prises de risque - toute velléité de ce genre, n'est-ce pas, est un rêve de lavettes.

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