13/01/2011

Pierre Maudet à la Culture ?

 

Sur le vif - Jeudi 13.01.11 - 12.14h

 

Pierre Maudet ne s’en cache même plus : il reprendrait très volontiers, en cas de réélection ce printemps, le Département municipal de la Culture, en Ville de Genève, depuis vingt ans aux mains des Verts (Alain Vaissade, puis Patrice Mugny). Un défi, à coup sûr, à la mesure de son envergure, sa vision, sa capacité réformatrice, sa puissance de travail. « Vingt ans après », c’est le titre d’un roman, au reste superbe, c’est aussi le signal de l’alternance nécessaire.

 

Car il y en aura du boulot, avec ou sans Maudet, quel que soit le repreneur. Oh, bien sûr, si on se contente de la propagande émanant de l’entourage du magistrat sortant, on se laisse, sans broncher, enfiler dans les neurones l’image d’un monde « parfaitement géré » (sic !), où tout ne serait qu’ordre et beauté, cosmos, Nirvana, tous beaux, tous gentils, pas un traître sou jeté par le moindre soupirail. Au Musée d’Art et d’Histoire, au Grand Théâtre, entente parfaite, cœurs purs. Galaxie des nimbes. Archanges et séraphins, main dans la main. Nus, avec juste l’épée comme cache-sexe.

 

Il se peut que la réalité soit un peu moins idyllique. Il se peut que l’ambiance, notamment dans les deux établissements cités plus haut, ait parfois davantage enrichi les pharmas productrices de Prozacs et autres antidépresseurs que le débat artistique. Quant à l’aspect financier, le Département de la Culture est doté d’un tel pactole, chaque année, qu’il confère à ses gestionnaires et apparatchiks un pouvoir sans précédent pour nommer, révoquer, copiner, distribuer postes et prébendes, développer un réseau de clientélisme sans pareil. Pour cette raison aussi, l’alternance est souhaitable.

 

Le repreneur, quel qu’il soit, aura un droit, et même un devoir, d’inventaire. Attention ou ouvrant les placards ! Chaque poste, en haut lieu, est-il vraiment justifié par l’intérêt public ? De rafraîchissantes découvertes ne sont pas à exclure. La vie est peine d’enseignements. Sachons les cueillir, l’âme vierge et frémissante, comme la rosée du matin.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires

Maudet à la culture, ce serait un changement notoire car pour l'instant l'arrosage municipal et le sauproudrage électoralistes sont de mise notamment en matière de subventions culturelles donne une image éclatée de l'offre à Genève. La ville de Genève a un budget de 240 millions de francs beaucoup plus que celui du Canton qui est 3 à 4 fois inférieur. Par exemple, il y a plus de 20 théâtres subventionnés, alors qu'une réduction de moitié voire moins donnerait une meilleure qualité : un pour les pièces contemporaines et d'auteurs, un pour le domaine alternatif et expérimental, un pour les enfants et les jeunes, un pour le lyrique, opéra et danse, un pour la comédie de boulevard.... Des catégories au lieu de la situation actuelle où il y a des chevauchements de genres et de programme. Qui prendrait alors la voirie ? je vois bien M. Chevrolet.

Écrit par : Sirène | 13/01/2011

LE département de la culture en ville de Genève,est depuis vingt ans devenu un désert culturel,vivement un nouveau magistrat à la tète de ce département.

Écrit par : chauffat albert | 13/01/2011

Excellente idée, Chevrolet à la voirie. Le seul problème c'est que pour travailler à la voirie il faut se lever tôt et c'est un travail très physique. Mais je pense qu'il fera un très bon chauffeur de camion-benne.

Écrit par : JBL | 13/01/2011

Pascal, de grâce, ne passez pas de Mugny à Maudet d'un seul coup, comme vous le faites !

Quand à Chevrolet à la voirie, ça ne va pas, partout où il passe, y a des trous !

Non, quitte à le caser, question trous, c'est pas plutôt les travaux publiques ?

Écrit par : Corto | 13/01/2011

Le problème c'est que la Ville de Genève et son magistrat en charge de la culture entretiennent depuis des lustres un électorat captif des subventions et cela fait un paquet de monde, les artistes y compris les fonctionnaires qui y sont liés et on comprend mieux pourquoi le changement en matière de politique culturelle a peu de chance de changer de mains. Qui aujourd'hui en période de crise voudrait perdre ses avantages financiers ? C'est un peu la désespérance totale car la création doit se libérer de l'emprise politique qui récompense les courtisans pour bons et loyaux services et léchage de bottes en règle mais qui autoritairement punit pour un oui et un non selon l'humeur et le caprice du jour.La création artistique a besoin d'argent mais surtout d'émulation et d'indépendance en dehors de la sphère des Elus, décideurs sans concession et souvent sans vision.

Écrit par : Sirène | 13/01/2011

Bah ! Ça ne peut pas être pire que sous Mugny. (Quoique...) Mais les lobbyistes subventionnés sont tellement accrochés à leurs subventions "automatiques" qu'il faudra une personnalité à poigne pour oser leur dire à tel théâtre ou à telle compagnie qu'il/elle n'aura plus sa ligne au budget. Souvenons-nous de la pitoyable opération "marche arrière toute" de Mugny à propos du devenir du festival de la Bâtie. Après des gesticulations et des déclarations "définitives", on a retrouvé les incompétents locaux à leur poste alors que des dossiers venus d'ailleurs avaient été jugés pertinents. (Le magistrat n'avait même pas osé affronter la presse puisqu'il envoya un de ses petits copains défendre son retournement.) Tout politicien roué nommé à un poste discuté sait qu'il faut faire semblant de tout changer pour que rien ne bouge. Genève n'a pas le monopole de l'inertie, mais ici c'est devenu normal.

Écrit par : Malentraide | 14/01/2011

@Sirène a totalement raison. Maudet à la culture c'est une juste récompense, après s'être occupé des poubelles. Avec sa dégaine d'inutile heureux égaré à droite, il peut triompher à la culture. Dans ce domaine, le tri sélectif devrait plaire aux écolos. D'entrée coupons ce budget "nomenklatura" en deux au minimum et ensuite les fonctionnaires qui s'en occupent aussi puisqu'il y a un rapport. Maudet sonne comme mauvais, mais à droite on a visiblement que des reliquats de gauche à présenter.

Écrit par : citoyen | 14/01/2011

Incompétent de gauche incompétent de droite, où est la différence?

Écrit par : domiiniquedegoumois | 15/01/2011

Rumeur entendue hier: il paraît qu'Anne Bisang va se lancer en politique. Dans quel parti ?

Écrit par : Malentraide | 15/01/2011

Espérons surtout un changement en profondeur pour la ville de Genève allant au delà d'un simple changement de fauteuil pour le bouillant Maudet ! Rêvons un peu, renversement de majorité... Florence Kraft-Babel à la culture !?

Écrit par : GHP | 15/01/2011

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