18/02/2011

La police genevoise et la clarté d’Euclide

 

Sur le vif - Vendredi 18.02.11 - 19.21h

 

Certains de mes jeunes confrères, très gouvernementaux, instruisent à charge le procès de la police en déclarant « incompréhensible » le mouvement de grogne des gendarmes genevois. Je ne partage pas leur point de vue.

 

Au plus haut niveau politique, que fait-on ? Du marketing. De Beaumarchais à Guillaume Apollinaire, de Figaro en Phénix, on nous vend des opérations-miracles comme de la poudre de perlimpinpin. Délogés d’ici, les délinquants émigrent là. Comme chats et souris, on se déloge. Dans la foulée, on déplace le problème.

 

Les policiers genevois font un travail remarquable. Dans des conditions de plus en plus difficiles. Sur Phénix, le chantier de réorganisation de leur corps, que doivent-ils penser lorsqu’ils voient leur ministre, personne au demeurant fort respectable, articuler des mots qui semblent jaillir des lèvres d’un souffleur : « Zustand », « Sollzustand », « processus itératif » ?

 

Iter. Le chemin. Euclide : la droite. Le plus court chemin d’un point à un autre, quand on émet un message, n’est-il pas celui de la maîtrise de la pensée et de la cristalline clarté du verbe ?

 

Pascal Décaillet

 

19:21 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

ROCHAT DEMISSION ! ! !

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 18/02/2011

"phénix, le chantier de réorganisation de leur corps", vous avez raison d'évoquer les chantiers , un travailleur anonyme vient d'y perdre la vie à Orbe, peut-être qu' évoquer Rimbaud , Balzac et pourquoi pas Zola pourrait nous éclairer.

Écrit par : briand | 18/02/2011

Ou comment l'opacité, comme celle du statut de policier reprochée, est passée dans le camp de hauts responsables qui veulent, à partir de cendres qui ne sont pas les nôtres, du verbe et du secret, faire renaître une police qui était certes politiquement morte, mais opérationnellement bien vivante !

Écrit par : Walter Schlechten | 18/02/2011

Gros problème pour la clarté d'Euclide.
Vous disiez l'autre jour , avec Léo Ferré :
"Il n'y a plus rien ! "
Dites-vous aujourd'hui avec le même Léo Ferré :

"Des armes et des mots c'est pareil
Ça tue pareil
II faut tuer l'intelligence des mots anciens
Avec des mots tout relatifs, courbes, comme tu voudras

IL FAUT METTRE EUCLIDE DANS UNE POUBELLE

Mettez-vous le bien dans la courbure
C'est râpé vos trucs et manigances."

Euclide au feu
Et Décaillet au milieu ?

Écrit par : Zufferey de Cratogne | 19/02/2011

Il est grand temps de remettre la police et la gendarmerie au travail et surtout de les empêcher de partir à la retraite à 58 ans en les obligeant à travailler jusqu'à 65 ans en les occupant à des travaux d'intérêts publics comme le nettoyage et l'entretien des bois de Jussy, des parcs et jardins publics de la ville et du canton de Genève. La nature, le grand air et les travaux manuels les ramèneront à une juste appréciation de ce qu'est un véritable travail.

Seul un individu de très mauvaise foi demandera la démission de Madame Rochat qui est une femme de caractère ne se laissant pas conter fleurette pas une corporation jouissant de privilèges auxquels le commun des mortels n’ont pas droit.

Écrit par : Hypolithe | 19/02/2011

Vu de l'extérieur du canton maudit du bout du lac, le comportement de ces flics est incompréhensible et fait plutôt peur. Ce corps de gens d'armes surpayés, engoncé dans ses privilèges, est une menace pour la démocratie suisse. Ils peuvent cesser de se raser, mais sans uniforme dans la rue, il ne s'agit plus que d'une bande de voyous. Armés.

Écrit par : Géo | 19/02/2011

Rappelons que le projet de réorganisation de la police, demandé par les députés du Grand Conseil qui avaient refusé la partie "organisationnelle" de la révision proposée par Moutinot, aurait dû être présentée cet hiver.

N'ayant aucune idée sur la question, Mamy Rochat a réuni un "nucleus" d'experts qui doivent lui mâcher le travail et elle présentera sa "vision" avec, seulement, une année de retard.

Un "magnifique" sondage a été adressé à l'ensemble des policiers, mais la profession commence à avoir l'habitude de ces interrogations successives qui n'apportent rien, voir sont interprétées à l'envers !

Ses experts enfoncent des portes ouvertes : leur contribution, jusqu'ici, a été de constater que la police manquait de moyens (personnel), ce que tout le monde sait depuis longtemps.

Mamy Rochat, elle, change les règles en cours de partie, supprimant les anciennes et ne mettant rien à la place. Un petit exemple parlant : les horaires sont gérés par un logiciel acheté à grand frais (COPP). Les règles de rémunération des heures supplémentaires ont été supprimées au début de l'année passée. De nouvelles règles ont été négociées, mais jamais validées : depuis plus d'un an, les heures supplémentaires ne sont plus rémunérées comme elle le devrait. Le logiciel, faute de validation, n'en tient aucun compte et les heures doivent être comptabilisées pratiquement manuellement, en attendant une hypothétique validation ... Double travail administratif dû à l'absence de décision. Certes, de nombreuses réunions ont lieues et les responsables s'épuisent à demander une déscision pour pouvoir enfin traiter le problème, mais rien ne vient.

Les rares décisions obtenues depuis l'entrée en fonction de Mamy, l'ont été la veille d'assemblée générale de l'UPCP ... Peut être, n'aime-t-elle pas travailler sous la pression, mais c'est le seul moment où elle prend des décisions !

La police travaille régulièrement sous pression et obtient des résultats, espérons qu'il en sera de même pour Mamy Rochat !

Écrit par : Clyde | 19/02/2011

Moi, voyez-vous, je suis "fils de", je ne suis peut-être pas le mieux placé pour donner un avis objectif (Ceux des autres blogueurs le sont-ils d'ailleurs ?)mais parler d'une corporation de voyous, de privilégiés, surpayés,et autres balivernes, je ne suis pas sûr que tous les contempteurs de nis flics auraient aimé avoir un père absent - très souvent - à Noël, à Pâques, les week-ends plus souvent qu'à leur tour, sans oublier les nuits. Etre "fils de" m'a peut-être évité aussi quelques désagréments et apporté quelques privilèges : il y avait dans une rue avoisinante un pédophile qui a dû voir les murs de St-Antoine plus souvent qu'à son tour. Alors moi, "fils de" j'ai été épargné. Un privilégié, un fils de flic, presque une honte...

Cela dit, je ne sais pas si les gendarmes ont raison de faire grève. Je ne sais pas non plus si Mme Rochat a raison de s'obstiner à ne rien écouter. Il me semble néanmoins qu'il appartient toujours au chef (Pardon à la Cheffe !) d'aller au devant de ses collaborateurs, de les défendre (on ne fait pas la grève juste pour emmer... le monde) de les écouter et non pas les entendre seulement. Mais Mme Rochat a déjà pris le pli de tout bon politicien : elle s'entête car l'entêtement tient lieu - pour les politiciens et beaucoup de chefs d'entreprise - d'intelligence et d'aptitude à la décision.

Sbagliando s'imparà. Hélas pas tout le monde.

Écrit par : MIchel Sommer | 19/02/2011

Bravo ! Chère Madame ROCHAT ! Finalement, l'essentiel est non que la population ait peur de vous Madame, ou non que la police ait peur de la population, mais surtout que les malfrats d'outre frontière n'ait peur ni de vous, ni de la population, ni de la police. A vous entendre, on a bien peur pour vous ! Genève n'est pas Thônex-village où il vous suffisait de froncer du porte-monnaie pour tous prennent peur ! Remplacez-y par une vraie police les pieds nickelés qui croient épauler le frêle police municipale, désemparée au premier coup de feu !
Quand vous aurez fait ne serait-ce qu'une semaine de l'inspecteur lambda bien de chez nous, votre estime pour nos agents fidèles et dévoués remontera toute seule, sans même y penser.Les privilégiés ne sont pas là où vous le dites : tournez-vous sur votre droite; que voyez-vous ? Et pour résumer.. à bientôt.. en novembre prochain ! Caveant consules...

Écrit par : Tonio | 19/02/2011

Caveant consules...ou cedant arma togae, puisqu'on est dans le petit latin de cuisine. Ce n'est pas au petit peuple de voyous armés qui constitue la police genevoise de dicter sa loi.

Écrit par : Géo | 20/02/2011

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