21/02/2011

Figaro ? – La barbe !

 

Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Lundi 21.02.11



Ils sont bien obédients, mes jeunes confrères, avec le pouvoir en place, dans l’affaire de la police. Et jusqu’à la chronique orangée, hier, de mon ami Rothenbuehler, qui semble juger de si haut et de si loin. A des années-lumière du terrain. A les entendre, Isabel Rochat aurait tout juste, les flics tout faux. Je ne partage absolument pas ce point de vue.

Les policiers, simplement, je les écoute. Depuis un an, on leur balance des noms de code, on les rase avec Figaro, on les illumine avec Phénix, on leur balance des incantations surgies d’un grimoire. Les délinquants, tout au mieux, on les déplace : d’un quartier l’autre, ils émigrent. La réorganisation de la police, qui est un bordel notoire, on la camoufle en Chanson du Mal Aimé, le crime s’en vient, le crime revient, demeure le Phénix qui « s’il meurt un soir, le matin voit sa renaissance ».

Quand on sollicite la parole ministérielle pour désherber un peu ce jargon marketing, on obtient quoi ? « Zustand », « Sollzustand », « processus itératif », bref le charabia d’un souffleur (qui ?), répété sans donner l’impression d’avoir été compris. En politique, c’est l’élu qui doit inventer les mots, et les fonctionnaires qui doivent suivre. Là, c’est le contraire. Face à cette illisibilité du message, le mal-être des flics genevois est parfaitement compréhensible.

Pascal Décaillet


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Commentaires

Je suis solidaire avec ma police !

ROCHAT DEMISSION !

Si Bonfanti pouvait partir aussi par la même occassion ...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 21/02/2011

Si j'interviens ici aujourd'hui, c'est à la faveur d'une actualité journalistique qui, de façon globalement méritée (journal de la Migros), met Pascal Décaillet sous les feux d'une rampe helvétique rangeant résolument les bergers de notre pays sur les rayons d'une Histoire réactivée au son du cor des Alpes ...

Sauf que la gauche y est considérée par Pascal avec la sympathie attendrie et goguenarde que l'on assène sur les ambulances contre lesquelles il n'est plus judicieux de tirer.

Sauf que la droite molle y est accusée aussi de s'endormir très loin des affrontements salutaires où la chaude conscience nationale se réveillerait pour alimenter un patriotisme recyclé sous les auspices apparemment ouverts du pluralisme politique garanti dans les médias par le vibrillonnant Pascal.

Légitimement en embuscade derrière les gesticulations moribondes d'une Suisse sans âme et jugée "trop light", que trouvons-nous miraculeusement, d'après Pascal ?
L'UDC bien sûr, faussement considérée comme un cheval de Troie d'extrême-droite. Judicieusement cataloguée par lui comme une élément salutairement rassembleur dans un pays qui chercherait de nouvelles marques, mieux en phase avec le rugueux Pacte de 1291.

D'autant plus (à lire Pascal Décaillet dans le texte), que lorsqu'il s'agit de la Suisse :
"il ne s'agit pas du tout de repli, juste d'un petit pays qui se bat, qui doit se battre plus qu'un autre. Nous n'avons pas grand-chose. Du vin blanc, de la matière grise, des banques, c'est tout." (fin de citation).

C'est tout ? Ben voyons !
Les banques qui, en Suisse, gèrent les deux-tiers du pognon illégal de la planète, ne pèseraient pas davantage que ce petit vin blanc confidentiel, fût-il miraculeux, que l'on boit sous les tonnelles de Chamoson ?

Écrit par : Santo Cappon | 21/02/2011

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