28/02/2011

Annie Girardot

 

Elle était une comédienne populaire. Parlait droit au cœur des gens. Elle vous faisait pleurer, et parfois rire, c’était selon. Les salles, elle les remplissait. Certains films, par sa seule présence, elle les sauvait du néant. Les dernières années, elle souffrait d’Alzheimer. Ne se souvenait plus d’avoir été actrice.

 

Elle avait pleuré, lors d’une célèbre remise de Césars. Nous avait bouleversés. Elle avait parlé du manque, de ce vide sidéral de la comédienne à qui on « oublie », quelques années, de proposer des rôles. Elle n’avait pas évoqué la plénitude d’un personnage, mais l’horrible vacance de l’intermittence. On ne vous connaît plus, on ne vous reconnaît plus.

 

Mais ce désert-là, elle l’avait traversé. Avant d’en connaître un autre. Ca n’est plus le monde qui t’oublie, mais toi, doucement, tu oublies ton propre monde.

 

Je souhaite que cette grande dame repose en paix. Le cinéma français, cette fois, ne l’oubliera plus jamais.

 

Nous non plus.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

17:18 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Quand certaines voix se taisent, on mesure aussitôt l'assourdissant silence qui en résulte.

Écrit par : MIchel Sommer | 01/03/2011

Les commentaires sont fermés.