01/03/2011

Genève est suisse – Elle le dira haut et fort, demain à Berne !

 

Sur le vif - Mardi 01.03.11 - 15.57h

 

Demain, in corpore, le Conseil d’Etat genevois monte à Berne, pour proclamer que Genève est suisse. Opération de séduction, rencontre avec le Conseil fédéral et l’ensemble des parlementaires, sur le coup de 13h. C’est une excellente initiative. Il convient de la saluer.

 

Lorsque je suis revenu à l’observation de la politique genevoise, après tant d’années passées à Berne et dans les arcanes de la politique fédérale, ou dans les politiques des 25 autres cantons, j’ai été frappé de constater à quel point Genève ignorait la Suisse. Comme si ce canton n’en faisait pas vraiment partie. Ou juste quand ça l’arrange. On n’avait d’yeux que pour la « région transfrontalière », comme s’il appartenait à un canton, sans le moindre feu vert fédéral, de passer des accords séparés avec tel Département français, tel Land allemand, telle région italienne. On ne jurait que par la « Genève internationale » : ça fait bien, ça en jette, on se croit soudain si important, à partager des canapés avec des diplomates. On se croit hors-sol, loin des pesanteurs terrestres, loin des émotions nationales.Tout fier, sur le green du cocktail, de se sentir "homme du monde".

 

A lire le communiqué de la Chancellerie genevoise, qui annonce l’événement de demain, on note avec bonheur une nouvelle tonalité : « Avant d’être une ville internationale, Genève est profondément suisse ». J’aime cet « avant », dans les deux acceptions qu’on peut en déduire : préférentielle, ou chronologique.

 

Il est juste, il est bon, que le Conseil d’Etat rompe avec les années d’autisme et d’arrogance où même les communications officielles suintaient l’idée, tellement déracinée, d’une sorte de République libre, n’ayant guère de comptes à rendre à une Confédération à laquelle elle a pourtant choisi de se rallier à la chute de l’Empire.

 

Oui, il est sain de rappeler que Genève est un canton suisse. Et que, dans ce lien, tout le monde est gagnant : la Suisse, d’avoir pu s’étendre, en 1815, à une ville chargée de tant d’Histoire et de culture ; mais aussi Genève, d’avoir su trouver, après l’occupation française (1798-1813), un arrière-pays d’une telle qualité. Un système politique (qu’elle a aidé à construire). Un petit miracle de respect mutuel, par-dessus les différences. Une patrie.

 

Pascal Décaillet

 

15:57 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Genève, en Suisse ? Il fallait y penser.

Écrit par : yves scheller | 01/03/2011

Avec plus de 100000 frontaliers, je ne pense pas que Genève ressemble à la Suisse!

Écrit par : Sam | 01/03/2011

l'arrière-pays naturel, géographique, culturel, de Genève est le Genevois qui se trouve... en France voisine.

Écrit par : Un suisse | 01/03/2011

Figurez-vous qu'à l'étranger dans certains pays, ils ignorent totalement que Genève est Suisse, parce qu'à l'époque on disait la République et le Canton de Genève, on le dis encore maintenant, mais je pense que ce n'est pas officiel et que le mot "République" n'est plus d'actualité, je pense...?
Esmé

Écrit par : Esmé | 02/03/2011

Petite précision : l'article 56 de la Constitution fédérale permet aux cantons de conclure des traités avec "l'étranger" dans les domaines relevant de leur compétence. L'alinéa 2 précise que les cantons peuvent traiter directement avec les autorités de rang inférieur.

Écrit par : Alex Dépraz | 02/03/2011

(suite) Il y a information de la Confédération mais pas expressément "feu vert" si un canton conclut un traité avec l'étranger dans son domaine de compétence.

Écrit par : Alex Dépraz | 02/03/2011

M. Décaillet a parfaitement raison. Genève cultive l'arrogance des petits. Mais l'inverse est vrai également. Je me souviens avoir eu l'occasion de rencontrer plusieurs parlementaires lorsque l'assemblée a siégé à Genève il y a quelques années. J'ai recensé 10 parlementaires qui n'étaient jamais venus à Genève. Ils ne savaient pas qu'il y avait des vignes dans ce canton et certains ont même été étonné de découvrir qu'il y avait de l'agriculture!
J'ai bien aimé aussi l'opération de déplacement à l'OLMA, dans un canton qui souffre des mêmes syndromes que Genève. St Gall a également ses frontaliers, de même que Bâle. Deux villes au même destin et à la situation géographique semblable. Mais qui gèrent sans gémir constamment.

Écrit par : Antoni Mayer | 02/03/2011

A mon avis, il faudrait lancer une initiative en Suisse pour virer ce canton ville de la Confédération. Son seul revenu est basé sur l'extorsion de fonds fiscaux du pays voisin la France, les banquiers genevois étant des huguenots qui des siècles après, cherchent à se venger de la fille aînée du catholicisme, et surtout à se faire des couilles en or un peu facilement. Les effets pervers, c'est la prolifération de parasites en tous genres, des Valaisans pauvres et catholiques qui trustent les places de fonctionnaires et les multiplient à l'infini en se moquant des banquiers protestants et évidemment riches à toute une racaille d'assistés sociaux en tous genre.
Cela finira par mener la Suisse à sa perte, ou Genève toute seule...

Écrit par : Géo | 02/03/2011

Mon Dieu ! Ce "profondément" me reste en travers de la gorge... "Genève est profondément suisse" ? La Chancellerie ( et le Conseil d'Etat ) se moquent ici "profondément" du peuple, et ça ce n'est déjà plus la Suisse.

Etre profondément suisse c'était lorsque nous demandions à nos mères s'il était interdit de jeter des papiers parterre et qu'elles nous répondaient : Non vois-tu, ce n'est pas interdit, mais si tu le fais c'est le monsieur que tu vois là-bas balayer et dont le métier est pénible qui devra les ramasser à ta place.

Etre profondément suisse c'était lorsque nous rentrions et que nos pères nous tançaient pour être rentrés de nuit avec nos vélos sans lumières. Ils nous expliquaient les conséquences d'un accident possible de ce fait et tout le malheur que cela pourrait générer pour les uns et pour les autres, pour nous-mêmes et pour tous ceux qui seraient impliqués.


Etre profondément suisse c'était une manière d'être au milieu des autres, une manière de percevoir nos comportements dans la société, une manière d'envisager le respect des uns envers les autres.


Mais lorsque je regarde Genève il n'y a plus tout ça.


La vie va comme elle va, mais cela n'autorise pas pour autant à dire n'importe quoi. Alors excusez-moi, mais lorsque l'on vient nous dire que Genève est profondément suisse j'ai l'impression que l'on se moque de nous, que l'on nous prend finalement pour des imbéciles.

Ce "profondément" me reste profondément en travers de la gorge.


Que ceux qui ont "profondément" modifié le visage et la mentalité de Genève par leurs décisions politiques durant les dernières décennies ( la libre circulation notamment )assument maintenant et prennent leurs responsabilités mais de grâce qu'ils cessent de venir nous raconter des conneries et de nous prendre pour des imbéciles.

Écrit par : 022 | 02/03/2011

022@ A l'aune de vos critères, je crains qu'il ne faille jeter la partie romande dans son entier hors de Suisse. Ce que les gens qui votent et pensent UDC dans son terreau originel disent depuis longtemps : "la Suisse a 4 millions d'habitants..."
Cela dit, c'est exactement ce qu'a démontré l'initiative sur les armes. Pas de Suisse sans arme à la maison, ce que ne peuvent comprendre les cohortes de naturalisés qui peuplent l'ouest de ce pays. Mais qui dirait-on apprennent à leurs enfants de jeter les papiers par terre...

Écrit par : Géo | 02/03/2011

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