02/03/2011

Crime de lèse-épicène

 

Mercredi 02.03.11 - 16.03h

 

En exergue d’un document de dix pages du parti socialiste genevois sur la politique de sécurité, publié ce matin, il est précisé, noir sur blanc, ceci : « Pour des raisons d’efficacité de rédaction, l’auteur du présent regrette de n’avoir pu utiliser systématiquement le langage épicène ».

 

Il est très clair que cet individu doit être immédiatement exclu du parti. Exécuté d’une balle dans la nuque facturée à sa moitié. Ses membres, déchiquetés. Jetés aux quatre vents. Sa mémoire, damnée. Son sexe, neutralisé. Dans du formol.

 

Un peu sévère ? Non.

 

La loi du genre, tout simplement.

 

Pascal Décaillet

 

16:03 Publié dans Epigrammes à 3 grammes | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Cher Monsieur,

Comme c'est de mon sexe que vous parlez si bien, je me permets de vous répondre. La liberté prise ne m'a valu aucune remontrance, ni psychique, ni physique... Cela est sans doute regrettable tant pour moi que pour mon boureau, mais c'est ainsi.

Cela étant, je vous avoue qu'à refaire, j'emploierais aujourd'hui le langage épicène. Il permet mieux de comprendre les enjeux, même s'il peut paraître moins élégant aux yeux de certain-e-s.

Meilleurs messsages,

Arnaud Moreillon, Secrétaire général

Écrit par : Arnaud Moreillon | 02/03/2011

Cher Monsieur,
Pas étonnant que vous parliez de sexe puisque les Socialiste confondent la fonction et le sexe ! « Car, la question reste. Faut-il vraiment purifier la langue, la rendre “propre“ en séparant bien les genres, de manière à ce que femmes et hommes ne se confondent pas ? Jusqu’où ira cet apartheid linguistique ? Après les femmes, faudra-t-il, avec un langage encore plus propre, distinguer les juifs, les noirs, les homosexuels, les enfants, les nains…? Faudra-t-il créer des “Politburos”, des “Offices de la langue” avec des fonctionnaires, autoproclamés experts, qui dicteront, à une foule sans mémoire, les mots pour parler ? » (tiré de mon blog : http://micheleroullet.blog.tdg.ch/ sur le sujet : “Les Socialistes, les mots et l’armée” et “Langue et usages”).

Écrit par : michèle Roullet | 02/03/2011

Suite à la note qui suit le billet de Monsieur Décaillet, toute LA gent masculine et toutes les gentes Dames apprendront que Monsieur Moreillon reste UNE recrue, UNE sentinelle!... Ou l'agent de la langue épicène.
Mais, Dame! le jour où CETTE sentinelle a écrit son rapport, ELLE était recrue de fatigue, totalement sur l'agente...? la gente...? la jante...?
Zut! Je ne sais plus! le français est vraiment une langue difficile!... Mais amusante... et p'is saine, quoi!

Écrit par : Baptiste Kapp | 02/03/2011

La mode épicène est en train de perdre de sa puissance. Il existe encore quelques circulaires, lardées de ridicules, qui continuent à rendre le message moins limpide. Maintenant que certains le regrettent... mais ils ont dû en rabattre "pour des raisons d'efficacité de rédaction". Le bon sens finit par triompher, reste le regret.
Mais aucun regret n'a alourdi un texte.

Écrit par : Jean Romain | 02/03/2011

@Arnaud Moreillon:

Vous devriez arrêter d'écouter les sornettes épicènes.

D'abord parce que "épicène" veut dire "commun". Or, le langage épicène, précisément, n'est pas commun puisqu'il veut diviser le monde en fonction du sexe qu'il donne à chaque mot. Lorsque le code pénal dit: "Celui qui aura intentionnellement tué une personne...", les termes "celui" et "personne" sont épicènes, car ils sont utilisés indistinctement pour les hommes et les femmes. Si vous dites "celui/celle", vous n'êtes pas épicène, vous sexualisez le texte. Pour les féministes épicènes, une personne est forcément sexualisée, et le langage doit nous encourager à nous focaliser sur son sexe. Je n'ai rien contre - mais sont-elles prêtes à assumer?

Ensuite parce que les partisans du prétendu "épicène" font leur travail à moitié. Dans le code pénal, on l'a vu, l'auteur de l'infraction est souvent décrit comme "celui". Or, aucune féministe n'a, à ma connaissance, exigé qu'on écrive "celui ou celle". Mais cela n'empêche pas les intellectuelles qui étudient le "genre" de prétendre que nous vivons dans un monde où les hommes arrangent toujours tout à leur avantage, et l'auraient d'ailleurs toujours fait.

Enfin, parce qu'il existe de très nombreux mots de forme féminine qui désignent des réalités masculines. Chez les Romains, par exemple, agricola (l'agriculteur), poeta (le poète), nauta (le marin) se déclinent comme des noms féminins. Personne ne s'en est jamais plaint. A l'armée (un "bastion" masculin), on dit une recrue, une estafette, une sentinelle. Personne ne s'en est jamais plaint.

Le terme qui met le plus à mal toute l'idéologie épicène, c'est le mot "personne". Vous qui voulez jouer le bon élève épicène, vous devriez demander que l'on accorde ce terme à la sauce épicène, dans le but, comme vous dites, de mieux "comprendre les enjeux". Car "personne", c'est féminin. Si on applique ce terme à un homme, on devrait dire un "person".

Écrit par : Michael Kohlhaas | 02/03/2011

Quitte à me répéter, je ne cesserai de m'étonner que les femmes se satisfassent, sous prétexte de langage épicène, d'apparaître dans les textes sous forme d'appendice au mot masculin.
Faut-il répéter que la langue française est un bien culturel commun que nulle autorité, même pas l'Académie, comme elle le reconnaît elle-même, n'est autorisée à réglementer ?

Écrit par : Clérambart | 02/03/2011

Bourreau ça prend deux r si je ne m'abuse, et pour être épicènement correct, je vous propose bourelle pour le féminin.

Écrit par : Pascal L | 02/03/2011

Votez féministe : VOTONS MEURY !!!

Écrit par : Benoît Marquis | 03/03/2011

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