31/03/2011

Alexandra Cohen

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Sur le vif - Jeudi 31.03.11 - 14.32h

 

Alexandra Cohen m’a succédé, l’automne dernier, aux Matinales de Radio Cité, que j’avais assumées de 2008 à 2010. Elle vient de présenter, ce matin, sa dernière émission, et s’en va voler vers de nouveaux horizons, qu’on lui souhaite les meilleurs.

 

Avec sa motivation, la clarté cristalline de son jugement, sa puissance de travail, Alexandra est l’un des espoirs du journalisme radiophonique en Suisse romande. Presque tous les matins, avec Alexandra Cohen et un autre grand espoir du micro, Olivier Francey, devant un café, nous refaisons le monde. Ces deux-là ont prodigieusement envie d’en découdre, dans les années qui viennent, avec ce métier passionnant et difficile, au cœur de la Cité. Ces deux-là se battent et, déjà, ne demandent rien à personne. Déjà, ils ne craignent plus guère les ennemis, les pressions.

 

J’ai beaucoup apprécié les Matinales d’Alexandra. Et me réjouis de découvrir celles d’Olivier. Ils savent, ces deux-là, comme Audrey Breguet et la plupart des gens que je côtoie dans l’audiovisuel privé, qu’on peut faire beaucoup avec très peu de moyens. Juste l’enthousiasme. Un immense amour du métier. Et la passion.

 

Pascal Décaillet

 

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Le patronat vote Bertinat

 

Sur le vif - Jeudi 31.03.11 - 09.50h

 

La Fédération des Entreprises Romandes vient d’adresser à ses membres ses recommandations de vote pour l’élection à l’exécutif de la Ville de Genève. A l’issue d’une lettre d’une page, qui condamne au vitriol le bilan politique de la gauche, le patronat appelle à voter, comme on s’en doute, pour Pierre Maudet, Florence Kraft-Babel et Michel Chevrolet. Mais aussi, pour Eric Bertinat.

 

L’économie a moins d’états d’âme que la tiédeur de certaines sacristies. Beaucoup plus en phase que la classe politique genevoise avec les réalités suisses, notamment alémaniques, la FER a simplement quelques mois d’avance. Elle a, pour sa part, déjà déplacé le curseur.

 

Pascal Décaillet

 

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30/03/2011

Le Conseil d’Etat veut gouverner – Et il a raison

 

Sur le vif - Mercredi 30.03.11 - 16.28h

 

Dans son communiqué hebdomadaire (un art tout en finesse, dont nous avons relevé récemment l’infinie poésie), le Conseil d’Etat fait part, aujourd’hui, de sa réponse à la consultation sur l’avant-projet de Constitution. Il y relève des lacunes, donne le point de vue suivant : « L’avant-projet affiche l’ambition d’un parlement qui administre et d’un gouvernement qui s’exécute. Le Conseil d’Etat prône à l’inverse un parlement qui légifère et un gouvernement qui gouverne et exécute les lois ».

 

En l’espèce, comment ne pas donner 100% raison au Conseil d’Etat ? La République a besoin d’un exécutif fort. Un gouvernement qui décide. Le rôle du parlement n’étant en aucun cas de décider à sa place, mais bel et bien de faire des lois. Et, à travers ses commissions de contrôle (Finances, Gestion), de veiller au bon fonctionnement de l’exécutif.

 

Sur le principe, l’actuel Conseil d’Etat a donc totalement raison de remettre les pendules à l’heure. La République, c’est le contrôle du gouvernement par les élus du peuple. En aucun cas, sa paralysie. Dommage que ce Conseil d’Etat-là, pour des raisons très précises liées au mode électoral et à certaine alliances transversales (plus ou moins tacites) passées à l’automne 2009, soit totalement incapable de mettre en pratique ce qu’il prône lui-même, c’est-à-dire gouverner de façon claire et lisible.

 

Plutôt que de prôner un improbable régime parlementaire de type « Quatrième République », la Constituante ferait mieux, comme ne cesse de le préconiser Pierre Kunz, de donner à l’exécutif les véritables moyens de gouverner. Cela passe par une réforme du mode électoral. Et, surtout, une véritable politique d’alternance, avec des gouvernements cohérents, menés toute une législature par le même chef. Et pouvant, bien sûr, être renversés en bloc en cas de dysfonctionnement. Cela existe dans toutes les démocraties du monde. Pourquoi pas, un jour, à Genève?

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

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29/03/2011

Le délicieux lapsus d’Eric Bertinat

 

Sur le vif - Et en glissant sur le parquet ciré - Mardi 29.03.11 - 17.25h

 

Dans un blog qu’il vient, à l’instant, de publier, le candidat UDC à la Mairie de Genève, Eric Bertinat, attaque le programme « Une Ville pour tous », qu’il attribue à… l’Entente ! Sans doute aura-t-il corrigé d’ici là. Mais son premier jet, la puissance de son premier lapsus, c’était bien « l’Entente ».

 

En fait, « Une Ville pour tous », c’est le programme de l’Alternative. Et M. Bertinat a confondu ! Ô Vienne des années folles, ô divan, ô Docteur Freud, de grâce ne nous abandonnez pas. Aidez-nous à comprendre l’acte manqué par lequel le bon Eric Bertinat jette, pêle-mêle, dans le même panier la droite et la gauche, le (faux) ami et l’ennemi, le même et l’autre, ce qui passe l’oreille (l’Entente) et ce qui rend sourd.

 

Sans doute, ce soir, un petit cours privé, avec votre colistière… Sur fond musical… Excellente suite de campagne, M. Bertinat !

 

Pascal Décaillet

 

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Quand les radicaux excommunient

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Sur le vif - Et face au peloton - Mardi 29.03.11 - 11.31h

 

Viré du parti radical, parce qu’il brigue la Mairie de Vernier aux côtés du MCG et de l’UDC! François Ambrosio, vieux militant radical de Vernier, fait l’objet d’une procédure d’exclusion de la part de son président cantonal, Patrick Malek-Asghar. Le candidat à l’exécutif de la deuxième ville genevoise jouerait « solo » en s’alliant au MCG, parti « dont les radicaux ne partagent pas les valeurs ».

 

Une excommunication fort singulière. D’abord, parce que le même parti cantonal applaudit la candidature du libéral Pierre Ronget, qui part, toutes voiles dehors, avec la gauche (Verts + socialistes). Ces valeurs-là seraient-elles davantage « partagées » par les grands penseurs radicaux que celles du MCG ? Si oui, il faut le dire franchement, avec cohérence cantonale, voire fédérale, et songer une bonne fois à passer à gauche.

 

Et puis, et surtout, à entendre, hier soir, le représentant de l’Association radicale de Vernier, le fidèle militant Jean-Claude Huggel, expliquer comment se passe la procédure d’exclusion (qu’il qualifie de quasi-stalinienne), on découvre le vrai visage d’un parti cantonal aux ordres d’un seul cabinet noir, au service exclusif des écuries électorales d’une ou deux stars.

 

Huggel : « Le président et le comité directeur ne nous ont jamais approchés pour nous dire de ne pas aller avec celui-ci, ni celui-là… Il n’y a eu aucune discussion préalable. A aucun moment, on ne nous a appelés pour nous faire part d’un problème. Ce que nous avons eu, ce sont des propos comminatoires dans la presse, et c’est tout. »

 

Avec Ambrosio, « on » a voulu, comme dans le film de Losey, faire un exemple. En temps de guerre, on ne pactise pas avec l’ennemi. Soit. Mais alors, pourquoi avec la gauche ? La sélection des traîtres, serait-elle, chez les radicaux genevois, comparable à la membrane de nos cellules : sélective et orientée ?

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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28/03/2011

Teresa et ses disciples

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Lundi 28.03.11 - 16.17h

 

La chaîne s’appelle « Mezzo », et c’est justement la tessiture de Teresa Berganza. Elle fut l’une des plus grandes. Et là, elle transmet aux plus jeunes. C’était en 2008, à la Villa Viardot. Et c’était, samedi, de 23h à minuit, un inoubliable documentaire musical de 57 minutes, signé Dominique Brard.

 

La chaîne « Mezzo », d’un bout à l’autre de ses programmes, est un enchantement. Avec « Une leçon de chant de Teresa Berganza », c’est une petite heure d’intense bonheur, d’infinie précision sur l’art du chant, sa composante physique, anatomique, ce qui vient du ventre et court se caler jusque sous les résonances voutées du crâne. Le chant, musique issue du corps, destinée aux corps des autres. Il n’y a plus ni chair ni esprit, plus de démarcation, il n’y a plus que l’extase matérielle, sa durée, son rythme, ses coupures. La musique.

 

Il faut voir la fusion de cette immense cantatrice avec ses quelques élèves venus des horizons du monde. Note après note. Syllabe après syllabe. Le sens d’une attitude, dans « Carmen » : fierté d’une cambrure, possibilité d’un sourire, fureur d’un regard. Triés sur le volet, ces disciples d’un jour sont déjà des surdoués de la musique. Auprès de Teresa, que viennent-ils chercher de plus ? L’élévation. La rigueur. La précision. La folie du personnage.

 

Folie qui se crée. Se compose. Se restitue. S’extrapole. Au prix de milliers d’heures de travail. Toute la vie des élèves. Toute celle du maître. Pour un jour, sur une scène, oser prétendre, quelque part à Séville, que l’amour n’a jamais connu de loi.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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Salika Wenger

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Lundi 28.03.11 - 10.15h

 

Salika Wenger ne pleurniche jamais. Les soirs de votations, qui sont souvent des soirs d’échec, elle ne vient jamais se lamenter, accuser le peuple d’avoir mal voté, la partie adverse d’avoir eu trop d’argent, le monde d’être méchant. Salika Wenger est une combattante. Elle se bat.

 

Salika Wenger ne sombre jamais dans la scélérate, la mortifère confusion entre le grave et l’aigu, infantile maladie d’une certaine gauche genevoise. Elle ne dit jamais « dèbat », ni « compètente », ni « dèfavorisè », n’utilise d’ailleurs aucun de ces trois mots, et quand bien même elle faiblirait à en user, elle placerait l’aigu là où il faut. Avec la précision d’une broche, sur un tailleur.

 

Salika Wenger est l’une des rarissimes personnes de la classe politique genevoise à parler juste et bien, un français clair en simple, sonore. Rien de précieux pourtant : le subjonctif imparfait, style ancien bâtonnier, n’est pas pour elle. Elle a mieux à faire.

 

Salika Wenger écoute l’adversaire, ne l’attaque jamais personnellement, se délecte simplement à en démantibuler l’argumentaire, un peu comme un enfant cruel qui arracherait, une à une, les ailes des guêpes, en sifflotant. Ses phrases ont un début, un développement et surtout une fin, cette fameuse chute qui manque tant chez les leaders politiques.

 

Chez Salika Wenger, chaque syllabe est posée. Dans son phrasé, il y a des notes et il y a des silences, la consonne est mise en valeur, la voyelle, en couleur. Une virgule est une virgule, la respiration l’accompagne. Un point est un point. La joie, la colère, l’indignation, n’existent que redoutablement théâtralisées.

 

Il y a quelques milliards d’années-lumière entre l’efficacité rhétorique d’une Salika Wenger et l’aphasie de certains politiques genevois, jusqu’au plus haut niveau. Elle n’a pas besoin, elle, d’engager des boîtes de communication, ni dans le privé, ni dans le public.

 

Salika Wenger ne nous emmerde pas avec l’épicène, elle est de cette génération où on étudiait encore la grammaire, le masculin tient du neutre, et on n’en fait pas une maladie. Féministe, elle déteste les jérémiades. Femme de gauche, elle abhorre le relâchement vestimentaire. Elle a juste envie, très fort, de vivre et de se battre. Et cela se sent. Et cela se voit. Dans la chambrée des torpeurs, elle sonne le réveil. Le tocsin. Et cela s’entend. Très fort. Et très loin.

 

Pascal Décaillet

 

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La corde, l’éclusier

 

Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Lundi 28.03.11

 

Entre les Bulletins de la Grande Armée, où Bonaparte, d’Italie, faisait savoir à quel point il était génial, et l’inventaire du matériel remis à l’arsenal le dernier vendredi d’un cours de répétition de l’armée suisse, il y un océan qui s’appelle le style. Ou le souffle. D’un côté, la puissance d’une idée. De l’autre, la désespérance de l’énumération, quelque chose comme les notes testamentaires d’un éclusier, sur le point de se pendre. Pour d’étranges raisons, c’est ce dernier mode que le Conseil d’Etat genevois choisit, de plus en plus, pour la rédaction de ses communiqués hebdomadaires.

 

Qu’il pleuve ou qu’il vente, que Tripoli s’embrase, que le Japon disparaisse de la carte, le Conseil d’Etat communique le jeudi. Un monceau de nouvelles sèches, sans mise en perspective, juste alignées, sans la moindre hiérarchie, la première annonce étant souvent la plus insignifiante.

 

Morne catalogue, d’où n’émerge nulle vision, nulle ambition, nulle priorité. Juste la juxtaposition des actes administratifs de sept Départements. Gouverner, ça n’est pas cela. Communiquer, ça n’est pas cela. On a juste l’impression que chaque ministre vivote dans son coin, a passé avec les six autres le pacte de ne pas trop s’emmerder mutuellement. Le règne, souverain, de la barbichette. Je te tiens, tu me tiens. Et le souffle de l’Histoire, ce sera pour une autre vie.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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25/03/2011

A Anières, le 22 ne répond plus

 

Sur le vif - Et sans plomb - Vendredi 25.03.11 - 16.42h

 

Chez les braqueurs, l’existence précède l’essence. On se pointe dans une station-service, on brandit une arme de poing, on file au turbo avec la caisse. Scénario huilé, vidangé, répétitif comme dans Bonnie and Clyde, la magie des visages de Faye Dunaway et Warren Beatty en moins. Hier, nous révèle la Tribune de Genève, c’était Anières. Dix-huitième brigandage de l’année sur Genève. En général, les commerces attaqués se trouvent à proximité de la frontière.

 

A ce rythme, le job de pompiste confine à l’apostolat. Et l’augmentation des effectifs des gardes-frontière, une impérieuse nécessité. Bien sûr, nulle douane ne sera jamais étanche. Bien sûr, il y aura toujours des braquages. L’urgence, c’est qu’il y en ait sensiblement moins. Tant que cet objectif n’aura pas été atteint, les documents Power Point des conférences annuelles sur les chiffres de la criminalité, les mots savants soufflés par des experts, tout cela restera lettre morte. Et le crédit de l’autorité politique élue, dévasté.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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24/03/2011

Dame de fer et verbe d’or

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Sur le vif - Jeudi 24.03.11 - 15.47h

 

Elle parle français mieux que nous. Juste et clair. Syllabe sonore, chromée, mots liés comme dans une partition, la petite musique de sa phrase aiguise les sens, ravit l’oreille. Voilà une dizaine d’années que je connais Karin Keller-Sutter, depuis qu’elle est ministre de la Justice et de la Police à Saint-Gall. J’ai souvent eu l’occasion de l’interviewer – encore ce matin – et chaque fois, la précision de ce verbe qui fuse m’estourbit.

 

Et, au fur et à mesure que s’envolent ses mots, je me dis, désespérément, la même chose : « Mais pourquoi diable ne l’ont-ils pas élue au Conseil fédéral ? ». La Suisse tenait là une femme politique d’exception, à la fois de poigne, de rigueur, d’intelligence et d’élégance, le Parlement a préféré choisir un homme dont j’ai oublié le nom et dont j’ignore d’ailleurs s’il vit encore, et à quoi il passe ses journées. Entre lui et le grisâtre successeur de Pascal Couchepin, le grand parti qui a fait la Suisse a réussi à disparaître de toute prétention à l’existence. Le parti de Jean-Pascal Delamuraz !

 

Il fut un temps, hélas lointain, où les radicaux produisaient de formidables tronches. Nuques raides de vignerons vaudois, minoritaires valaisans rompus au combat frontal, colonels surgis tout droit de la chanson de Gilles. On les aimait ou non, mais ils portaient haut le verbe, brandissaient l’oriflamme, fiers et drus comme dans les festivals de fanfare. Aujourd’hui, au mieux, ils administrent.

 

Et là, avec KKS, soudain, l’envol du verbe. La qualité d’une rhétorique au service de l’action. Hier, Karin Keller-Sutter annonçait sa candidature au Conseil des Etats. Les deux sièges saint-gallois y seront très chers : l’excellent PDC Eugen David brigue sa propre succession, le socialiste Paul Rechsteiner, président central de l’USS, est dans la course. Et le président national de l’UDC, Toni Brunner, s’y lancera sans aucun doute. Si la Dame de fer réussit son entrée à Berne, nul doute qu’elle y tiendra, dans les années qui viennent, un rôle de premier plan. Comme il sied – oui comme il devrait seoir – aux meilleurs.

 

Pascal Décaillet

 

 

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L’Entente, ça rend sourd

 

Sur le vif - Et dans l'éblouissant fracas du silence - Jeudi 24.03.11 - 10.30h

 

Il n’y a plus ni marteau, ni enclume, ni étrier. Il n’y a plus rien. L’Entente se meurt, Monsieur. L’Entente est morte.

 

Au-delà de ces Décombres, que n’eût pas reniés la plume de braise d’un Lucien Rebatet, autre chose se construira. Le déplacement du curseur aura coûté très cher. C’était sans doute le prix.

 

Le 17 avril, à Genève, la gauche, une fois de plus, triomphera. Pour peu qu’elle ne parte pas trop vite en vacances, et qu’elle écoute le tocsin sonné hier soir par le vieux combattant Gérard Deshusses. Tant mieux pour elle. Il n’y a rien à lui reprocher.

 

Le 18 avril, la droite genevoise, une fois digérés les Alka-Seltzer de l’une des plus formidables gueules de bois de son histoire, pourra peut-être, doucement, se remettre à ce à quoi elle a totalement renoncé depuis une éternité : réfléchir.

 

D’ici là, je veux dire déjà d’ici midi (il reste exactement 90 minutes), il y aura des listes de traverse, des dogues et des dagues, des biffes et des baffes, des cliques et des claques. Il y aura un effet Bonny jusque chez les libéraux (au fait, que devient M. Jornot ?). L’Histoire s’écrira. Mais à l’envers. En partant des Hedge Funds. Et en remontant la pente, avec la triste ivresse d’un mulet, vers l’âge de feu. L’âge de glace. L’âge d’or.

 

Pascal Décaillet

 

10:30 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Imprimer |  Facebook | |

Les noces de Calvin et de Torquemada

 

Chronique publiée dans le Nouvelliste - Jeudi 24.03.11

 

Déjà, du côté de la gauche et des sacristies centristes, on parle de l’entrée des loups dans la Ville de Calvin. On évoque les derniers sursauts de la République de Weimar, la marche sur Rome, les pleins pouvoirs au Maréchal, la bataille de l’Ebre. Déjà, on débloque avec une printanière fureur, on bourgeonne de folie, on se fait peur avec des mots d’Apocalypse. Pourquoi ? Parce que, pour la première fois depuis le Paléolithique, les libéraux ont accepté que leur candidate à l’exécutif de la Ville, Florence Kraft-Babel, fille d’un inoubliable (et, Dieu merci, encore vivant) pasteur de la Cathédrale Saint-Pierre, figure sur la liste UDC. Elle aurait tiré en rafales, à l’aveugle, dans les Rues-Basses, à l’heure de pointe, la réprobation n’eût été pire.

 

Organiste et cheffe de chœur, c’est bel et bien une double partition que cette politicienne municipale, spécialiste des affaires culturelles, va devoir exécuter d’ici l’élection du 17 avril. D’un côté, elle figurera, avec le PDC Michel Chevrolet et le radical Pierre Maudet, sur la très sage et très convenable liste de l’Entente. Mais aussi, sous le sigle « UDC », elle figurera sur les affiches en compagnie d’Eric Bertinat. Un vrai de vrai. Anti-PACS. Anti-avortement. Ultra-catho. Avec la fille du pasteur ! Une sorte d’idylle postconciliaire, une histoire de carpe et de lapin, de feu et de glace : c’est un peu Calvin partageant la chambre de Torquemada. MDR, et LOL, et toutes ces sortes de choses.

 

Face à ces noces, une partie du centre-droit, plaintif et moralisateur, s’étrangle de honte. Et la gauche, elle, se frotte les mains, se réjouit de se retrouver majoritaire, pour une sixième législature consécutive, à la Mairie de la Ville. Une fois de plus, à Genève comme ailleurs, la droite enclenche, avec un rare talent, la machine à perdre. Une fois de plus, elle cède à des scrupules n’ayant jamais étouffé la gauche (alliée, elle, avec ses propres extrêmes), une fois de plus elle s’engage dans la spirale de la défaite. Un mal héréditaire, apparemment incurable. On vit encore sur le mythe du Centre comme pivot. Alors que Genève, comme la Suisse, doucement, se bipolarise. Il existe une gauche. Il existe une droite. Qu’elles livrent bataille, sur des fronts clairs. C’est cela, la démocratie.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

 

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23/03/2011

Policiers frontaliers : la solution

 

Sur le vif - Mercredi 23.03.11 - 11.42h

 

Des policiers frontaliers, Isabel Rochat n’en veut pas. Elle vient de le déclarer spontanément, sans la moindre pression, en ayant anticipé remarquablement le thème, sans donner nullement l’impression de suivisme.

 

Elle a raison de n’en point vouloir, et, pour régler le problème, j’ai trouvé cette nuit la solution. La voici. Créer une police des polices, seule habilitée à pourvoir interpeller un policier et lui demander ses papiers.

 

Bien sûr, il conviendra aussi, de temps à autre, par sondages (mandatés à un institut privé extérieur, si possible cher, j’ai des adresses), de contrôler la police des polices elle-même. Qui pourrait se charger de ce contrôle ? Il y aurait bien la Voirie (sauf en hiver, les jours de déneigement), mais cela grèverait les 81,1 millions (si !) de bénéfice de la Ville. Ou peut-être une société privée externe.

 

Cette dernière piste est en phase d'avant-projet provisoire : un mandataire externalisé planche sur plusieurs documents Powerpoint, qui seront soumis à la sous-commission ad hoc – actuellement au repos – présidée de façon tripartite par l’ex-commandant en second de la section logistique de la police cantonale zurichoise, un externe privé ne souhaitant pas que son nom soit publié, ainsi que l’ancien vice-président de la Société glaronnaise de criminologie amateurs. A moins qu’il ne se rétracte, pour cause de fatigue dorsale.

 

Pascal Décaillet

 

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22/03/2011

Les Philippulus de Carême

 

Sur le vif - Et le pied droit sur la braise de l'Enfer - Mardi 22.03.11 - 11.57h

 

Putain, quatre semaines ! On est parti, à Genève, pour une lune d’érection. Celle des index vers le ciel, style Schtroumpf à lunettes, dans la plus pure position, record du missionnaire pulvérisé, du donneur de morale. Et c’est le 30 janvier 1933, et c’est la marche sur Rome, et c’est l’abandon de la grande bourgeoisie allemande dans les bras d’Hitler, et c’est le Méphisto de Klaus Mann, et ce sont les pleins pouvoirs au Maréchal, et c’est le 10 juillet 1940, chemises brunes par ci, chemises noires par là. Tout cela, pourquoi ? Parce que Florence Kraft-Babel, en plus de la liste Entente, figurera sur la liste UDC. On a les Apocalypses qu’on peut. Allons vite rechercher Paul Aymon. Que fait la police ? Que fait le Prophète ?

 

Il faut toujours se méfier, en politique, de celui qui vient vous faire la morale. Une fois sur cinq, c’est un pur, tant mieux pour lui, mais je ne suis pas sûr que l’essence éminemment ductile de la politique soit pour les purs. Les quatre autres fois, c’est un adversaire qui dissimule ses desseins sous le paravent de la morale. Cela s’appelle un Tartuffe, ou une truffe grise, ou un groin de pénitence, diaphane comme le miasme dans l’eau bénite, comme un Saxon à la bataille de Leipzig, plus impur que puce de chien, moins élégant – encore – que l’épicène dans la clarté de feu des syllabes.

 

La gauche unie – consciente de certaines symétries dans l’ordre de l’Enfer – demeure dans la modération, celle de ceux qui se frottent déjà les mains en apercevant la victoire. Mais les autres ! Radicaux tout heureux de « pouvoir encore se contempler dans le miroir », PDC redécouvrant les vertus du Centre après avoir mené une campagne ultra-libérale sur le monothème obsessionnel du « blocage ». Ils sont crédibles ?

 

Les purs ? Qu’ils filent faire silence sous l’ombre cistercienne d’un chapiteau. Puissent leurs lèvres immaculées murmurer quelques intercessions pour le salut de nos âmes. Les Tartuffes ? Ils vont donner de la voix, c’est sûr. Votons pour qui nous voulons, biffons, gommons, traçons, sanctionnons, effaçons, éradiquons, jouissons de cet infinitésimal pouvoir. C’est le jeu. Mais, de grâce, méfions-nous de ces Philippulus de Carême qui, du haut de leur mât, nous promettent l’imminence du Châtiment.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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21/03/2011

Vernier pour les nuls

 

Le génial poète Henri Michaux (1899-1984) avait prévu la situation politique de fin mars 2011 en ville de Vernier. Voici ce texte prophétique, que nous dédions tout particulièrement à MM Cerutti, Apothéloz, Rochat, Ronget, Magnin, Dulex, etc... Ainsi qu'aux grandes pharmas qui fabriquent l'aspirine! - Bonne lecture - PaD

 

Les Ouménés de Bonada ont pour désagréables voisins les Nippos de Pommédé. Les Nibbonis de Bonnaris s'entendent soit avec les Nippos de Pommédé, soit avec les Rijabons de Carabule pour amorcer une menace contre les Ouménés de Bonnada après naturellement s'être alliés avec les Bitules de Rotrarque ou après avoir momentanément, par engagements secrets, neutralisé les Rijobettes de Billiguettes qui sont situés sur le flanc des Kolvites de Beulet qui couvrent le pays des Ouménés de Bonnada et la partie nord-ouest du turitaire des Nippos de Pommédé au-delà des Prochus d'Osteboule.


La situation naturellement ne se présente pas toujours d'une façon aussi simple: car les Ouménés de Bonnada sont traversés eux-même par quatre courants, ceux des Dohommédés de Bonnada, des Odobommédés de Bonnada, des Orodommédés de Bonnada et enfin des Dovoboddémonédés de Bonnada.


Ces courants d'opinion ne sont pas en fait des bases et se contrecarrent et se subdivisent comme on pense bien, suivant les circonstances, si bien que l'opinion des Dovoboddémonédés de Bonnada n'est qu'une opinion moyenne et l'on ne trouverait sûrement pas dix Dovoboddémonédés qui la partagent, et peut-être pas trois, quoiqu'ils acceptent de s'y tenir pour quelques instants pour la facilité, non certes du gouvernement, mais du recensement des opinions qui se fait trois fois par jour, quoique selon certains ce soit trop peu même pour une simple indication, tandis que, selon d'autres, peut-être utopistes, le recensement de l'opinion du matin et de celle du soir serait pratiquement suffisant.


Il y a aussi des opinions franchement d'opposition, en dehors des Odobommédés. Ce sont celles des Rodobodébommédés, avec lesquels aucun accord n'a jamais pu se faire, sauf naturellement sur le droit à la discussion, dont ils usent plus abondamment que n'importe quelle autre fraction des Ouménés de Bonnada, dont ils usent intarissablement.

Henri Michaux

Extrait de
"Face aux verroux"
Poésie/Gallimard

 

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Le risque de déplaire

 

Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Lundi 21.03.11

 

Pour se la couler douce, sans trop d’emmerdes, dans le monde éditorial genevois, il faut quoi ? Etre avec le pouvoir. Si votre ligne épouse, cahin-caha, celle du centre-droit gouvernemental, ou alors celle des Verts, bref la transversalité triomphante qui régit Genève, vous n’aurez jamais aucun problème. Il faut être, au fond, puissamment centriste, plutôt gauche ou plutôt droite, mais le dogme du Centre comme pivot ne doit pas être transgressé. C’est une forme de dictature du raisonnable. A l’Equerre et au Compas.

 

Si, au contraire, la représentation du monde qui est la vôtre, un quart de siècle de journalisme politique, l’univers de vos lectures, et près de quarante ans de passion pour l’Histoire, vous amènent, pour ce qui vous apparaît comme l’intérêt supérieur du pays, à déplacer un peu le curseur vers l’un des pôles, alors la bien pensance vous tombera dessus. Tel conseiller d’Etat, par spadassins interposés, vous attaquera. Tel patricien fatigué, doué pour la plume comme moi pour l’acrobatie de cirque, vous vomira ses aigreurs. Le microcosme sécrète ses vengeances. Petitement.

 

Prendre la plume, c’est pendre un risque. Celui de déplaire. Avoir des ennemis. Le chroniqueur, l’éditorialiste qui, par peur du conflit, ou pour ménager quelque sirupeuse amitié de cocktail, se dérobera à cette nécessité du risque, a rendez-vous avec l’inexistence. C’est son choix. Pas le mien.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

 

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20/03/2011

Droite genevoise : le curseur déplacé

 

Sur le vif - Dimanche 20.03.11 - 22.42h

 

Cyril Aellen a gagné. Florence Kraft-Babel, la candidate libérale, figurera bel et bien à côté d’Eric Bertinat sur la liste UDC. Décision prise tout à l’heure, au Château de Penthes, par l’Assemblée du parti libéral.

 

Cela n’est pas une révolution. Et n’empêchera pas la gauche, cette fois encore, de gagner en Ville de Genève. Mais cela est une évolution. Pour la première fois, le vieux parti patricien accepte de considérer l’UDC genevoise, section locale du premier parti de Suisse, comme autre chose que comme des gueux. C’est un peu une fortification qui tombe, pour prendre une image fazyste.

 

Le PDC, déjà, regrette cette décision, mais en prend acte. Il a choisi d’autres options, c’est son droit le plus strict. Souhaitons que la droite genevoise sorte renforcée de cette crise. La droite, pas l’Entente. La droite, c’est un système de valeurs, une philosophie politique, qu’on aime ou non, mais qui constitue, depuis la Révolution française, l’un des piliers de l’identité républicaine. L’autre, tout aussi respectable, étant la gauche.

 

L’Entente, ça n’est qu’un compromis électoral. Efficace pendant des décennies, certes. Mais essoufflé depuis des années, n’étant à vrai dire devenu qu’un système à assurer la pérennité des notables. L’Entente n’est pas un but en soi, l’Alternative non plus d’ailleurs. Le but, c’est la clarté des fronts. C’est cela, la démocratie.

 

Pascal Décaillet

 

 

 


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Rossini flingue Ziegler

 

Sur le vif - Dimanche 20.03.11 - 12.12h

 

La Soupe, décidément, devient le lieu de petites phrases qui tuent. Il y a quelques semaines, c’était l’assassinat, d’une balle dans la nuque facturée au parti de la famille, de Dominique de Buman par le jeune et brillant Fribourgeois Emmanuel Kilchenmann. Là, à l’instant, ce fut la mise à mort, à bout portant, du mythique Jean Ziegler par le redoutable chasseur de Nendaz Stéphane Rossini, vice-président du parti socialiste suisse.

 

Comme de Buman, Kilchenmann est PDC. Comme Ziegler, Rossini est socialiste. En politique comme dans la tragédie grecque, on n’est jamais mieux occis que par les siens.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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19/03/2011

Juste un réglage du curseur

 

Sur le vif - Samedi 19.03.11 - 12.08h

 

Les libéraux, demain soir au Château de Penthes, accepteront-ils que Florence Kraft-Babel figure à côté d’Eric Bertinat, sur la liste UDC ? C’est une question aussi ouverte que « Tchen tenterait-il de lever la moustiquaire ? », nous verrons.

 

Dans cette affaire, l’enjeu n’est même plus la victoire du 17 avril, elle sera celle, sans doute éclatante, d’une gauche qui pourra se frotter les mains. Et il y aura encore des roses distribuées par Grégoire Carasso, des sourires au-dessus d’écharpes vertes, et bref, pour quatre ans, c’est reparti.

 

Non. L’enjeu, ce sont les échéances à venir. Et c’est avec vision sur ces dernières que Cyril Aellen a pris date. Élections fédérales le 23 octobre. Bataille des Etats. Élections cantonales, l’automne 2013. Scrutins qui se préparent dès maintenant.

 

Il y a deux écoles. Ceux qui se cramponnent à l’idée que le Centre est le pivot du monde. Ceux qui veulent la clarté des fronts : la gauche, la droite, ça n’est pas, ça n’a jamais été, ça ne sera jamais la même chose. Et à peu près l’ensemble des démocraties du monde, comme le relève régulièrement Pierre Kunz, offrent à leurs électeurs un choix bipolaire, entre deux grandes familles (ou deux grands regroupements) politiques. La Suisse, doucement, mais inéluctablement, glisse vers ce modèle.

 

À Genève, les paravents de morale, les éternelles références – parfaitement ridicules - aux derniers mois de la République de Weimar, camouflent une réalité plus sordide : la peur de quelques édiles – et de leurs cabinets noirs – de perdre un pré carré bien confortable qui leur permettait de survivre par des alliances autrement biscornues que celle des libéraux et de l’UDC municipale genevoise.

 

La Suisse est un vieux pays conservateur. Les deux tiers du Parlement fédéral sont à droite, ce qui est sans comparaison en Europe. Et cela pourrait bien se renforcer encore le 23 octobre. À Genève, le Canton est à droite. Et même en Ville, la gauche a perdu sa majorité absolue. La démarche de Cyril Aellen, c’est, partant de ces réalités, de déplacer en douceur le curseur des alliances, vers la droite.

 

Ni séisme, ni révolution. Juste un petit déplacement du curseur.

 

Pascal Décaillet


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18/03/2011

Une liste Libéraux-UDC

 

NEWS AGENCE DECAPROD - Vendredi 18.03.11 - 21.40h

 

Les choses bougent. Il y aura une liste UDC avec Florence Kraft-Babel et Eric Bertinat. C’est le fruit des négociations entre le président libéral, Cyril Aellen, et la présidente de l’UDC, Céline Amaudruz. C’est un précédent dans l’Histoire politique genevoise.

Tout cela doit être encore entériné d'ici lundi midi.

 

Pascal Décaillet

 

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