04/04/2011

La puce à l’oreille

 

Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Lundi 04.04.11

 

Il y a des mots qui ne veulent rien dire. Par exemple : « Alternative ». Alternance à quoi ? A soi-même, vingt ans aux affaires, désespérément. Ou encore : « Entente ». Oui, ils ont osé garder cette étiquette, alors qu’il n’y a plus, dans la ville de Saussure, ni émetteur, ni récepteur, ni d’ailleurs message. Il n’y a plus ni puce à l’oreille, ni même l’éblouissant bruissement du silence.

 

Pourquoi ne dit-on pas : « la gauche, la droite » ? Ces mots font-ils peur ? En a-t-on honte ? Les politiques d’aujourd’hui  sont-ils trop incultes pour avoir entendu parler de la percée de la Montagne, au printemps 1793 ? N’ont-ils jamais lu Michelet ? Sont-ils trop Verts pour avoir une Histoire ? Trop rose pâle pour avoir entendu parler de Jaurès ? Qui sont-ils, ces libéraux qui n’ont jamais ouvert Tocqueville, ces radicaux ignorants de Fazy, ces PDC incapables de disserter sur Léon XIII, ou le Sillon ?

 

N’y a-t-il plus, à Genève, que Salika Wenger, François Longchamp ou Pierre Maudet avec qui on puisse encore avoir une conversation « de racines » sur l’Histoire des idées ? Ou Pierre Weiss ? Ou Olivier Meuwly ? Ou Philippe Bender, en Valais ? Ce qui tue le crédit du politique, c’est l’inculture de trop de personnages politiques sur la puissance de leurs propres origines. Comment voulez-vous, dans ces conditions de vide référentiel, qu’ils parviennent à nous convaincre ?

 

Pascal Décaillet

 

08:57 Publié dans Chroniques Tribune | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

tout juste

Écrit par : mathieux | 04/04/2011

Pierre Weiss ? Laissez-moi rire !

Écrit par : Cosagip | 04/04/2011

Vivre sans références culturelles n'est guère imaginable. Les difficultés commencent au moment de définir ce qui est indispensable. C'est là que se mesurent la générosité du coeur et l'ouverture d'esprit.

Une seule certitude : la compagnie des cuistres ou des pédants n'est qu'humiliation, alors que la fréquentation des gens vraiment cultivés est ressentie comme une élévation.

Écrit par : Zufferey de Cratogne | 04/04/2011

La droite a des idées et des intérêts ; elle a surtout les intérêts de ses idées.
Effectivement la binarité gauche/droite simplifie la pensée....dans ce cas de figure où pose-t-on le candidat PDC en ville de Genève qui est tjrs à la recherche de son GPS ?

N'est-ce pas Prieto (Pertinence et Pratique) qui explique que le sens du message est chez le récepteur et non pas chez l'émetteur ? Je crains que la vacuité des messages n'empêche hélas pas "du sens" de circuler et de tomber dans des sonotones improbables.
bonne fin de journée

p.l.


Bonne fin de journée.

Écrit par : pierre losio | 04/04/2011

Les commentaires sont fermés.