26/05/2011

L’Homme debout

 

Sur le vif - Jeudi 26.05.11 - 10.52h

 

En politique, mais au fond partout aussi dans la vie, j’ai besoin d’avoir face à moi des hommes debout. Quand je dis « hommes », c’est bien sûr « hommes ou femmes », ne venez pas m’emmerder avec l’épicène.

 

Restons à la politique. Christian Grobet est un homme debout. A 70 ans, il se bat comme au premier jour. Rude, rugueux, insupportable. Détesté. C’est sa grandeur. Un homme qui cherche à être aimé est déjà mort. Il vivra une autre vie, sans doute agréable, qui ne m’intéresse pas.

 

Pierre-Yves Maillard est un homme debout. Mon ami Vincent Pellegrini, qui paye très cher la solitude de ses options spirituelles, et néanmoins ne les renie pas, est un homme debout. Philippe Barraud, seul sur son site comme Siméon le Stylite au milieu du désert, est un homme debout. Les moines, les sœurs, les ordres mineurs sont des congrégations d’hommes et de femmes debout. Parce qu’ils ont choisi. Mon autre ami Jean-François Duchosal, qui chemine en pèlerin, est, avec une inimaginable puissance, un homme debout. Alberto Velasco est un homme debout.

 

Il y a tant d’hommes et de femmes debout, dont il faudrait parler. Dans les marges. Marge de gauche (Salika est une femme debout), marge de droite, irrédentistes préconciliaires, vieux fous, imprécateurs, défenseurs des pauvres et des malades, infirmières d’EMS, tant d’anonymes à qui je veux, ici, rendre hommage.

 

Et puis, quelque part au niveau du sol, il y a l’homme couché. Horizontal. Celui qui ne vit que par le réseau, le cocktail. Oui, il y a la nauséabonde multitude des faux amis, tout comme il y a, chez Verlaine, le sublime poème des « faux beaux jours ». Lumière, étincelante, de la syllabe.

 

Uli Windisch, attaqué de partout par la cléricature, est un homme debout. Tout comme Jean Ziegler est un homme debout. Freysinger, Despot sont des hommes debout.

 

Cyril Aellen est un homme debout. Qu’on retrouvera, un jour.

 

Je n’ai parlé ici ni des saints, ni des héros, ni d’ailleurs des salauds. L’homme horizontal, l’homme de cocktail, n’est même pas un salaud. Il y a, chez le salaud, comme une majesté du mal dont l’homme en réseau n’est même pas digne.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

10:52 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

A vous lire, on comprend que vous vous entendez aussi debout...

Écrit par : Anne-Marie Brunner | 26/05/2011

Monsieur Décaillet,

Ces hommes ne sont pas plus debouts que beaucoup d'autres. Pas plus debouts que toute la partie de la population qui trime chaque jour et qui permet ainsi de nourrir vos "statues en pied". Statues qui toisent les sans-grades du haut de leur "grandeur". Ils ne sont certainement pas moins "cocktails" que la plupart des notables horizontaux. Les cocktails sont des endroits de la verticalité, il n'y a que les vieilles Dames de plus de ... qui ont le droit de s'asseoir.

Ces hommes, vous ne les faites simplement que tels que vous désirez qu'ils soient et non tels qu'ils sont. Ils sont vos Golems... Vos hommes de boue.

Écrit par : Baptiste Kapp | 26/05/2011

Entre les hommes debout, les hommes de bout, les hommes au bout et les hommes à bout, je préfère aussi les premiers. Honni souaille qui mal y pense!

Écrit par : Clean | 26/05/2011

Monsieur Baptiste Kapp ne doit pas comprendre ce qu'est une métaphore. Pardonnez-lui!
Oui, être un homme debout, c'est ne pas plier face à la flatterie ou au bâton.
En un mot, c'est savoir résister.

Écrit par : Michèle Roullet | 26/05/2011

voire les Grandes Gueules film de Georges Lautner sauf erreur, relire Char et comprendre la différence entre exciter-exister et résister.
Debout les morts!

Écrit par : briand | 26/05/2011

Etre debout, serait-ce aussi: être PLR, entré par la porte radicale, ET (plutôt que "mais") se réjouir de ce que Pascal Décaillet, soit lui aussi un homme debout, tout faillible soit-il.

Pour information: la racine de "faillir" est le sanscrit sphal, vaciller. "Le latin fallere a passé aisément du sens de tromper à celui de faillir."

Source: http://www.dico-definitions.com/dictionnaire/definition/9893/Faillir.php

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 27/05/2011

Non, cher collègue, être debout ce n'est pas porter une étiquette, la meilleure soit-elle! Etre debout avec ou sans, à travers, au travers, envers et malgré toutes les étiquettes, c'est être soi, jusqu'au bout. Mettre sa griffe, son poinçon. Créer sa propre marque.
Alors, on n'aura pas servi à rien.

Écrit par : KRAFT-BABEL Florence | 28/05/2011

Peut-on reellement dire d'un opportuniste prêt à tout pour parvenir a ses fins qu'il est un homme debout? ?Face au miroir, peut-etre, mais sinon, j'en doute... Je parle de freysinger, pour qui n'avait pas deviné...

Écrit par : Lanthemann barbara | 28/05/2011

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