26/07/2011

Couchepin-Nantermod : le sage et le pur-sang

 

Sur le vif - Mardi 26.07.11 - 19.01h

 

Entre radicaux valaisans, on s'entraide. Très clairement, tout à l'heure, dans sa chronique sur la RSR, en dialogue avec Philippe Revaz, l'ancien conseiller fédéral a soutenu la croisade du surdoué de Morgins (devenue celle du PLR, mais avec résistances internes) contre le prix unique du livre. Couchepin, qui est pourtant un grand lecteur et qu'on ne soupçonnera pas de poujadisme culturel, voit, dans la forme « d'exception » que constituerait un tel prix unique en système libéral, une peur de la concurrence, mauvaise conseillère. Je crois pour ma part qu'il a raison.

 

Au-delà de cette querelle, certes difficile à trancher, et où on trouve des deux côtés de bons arguments, on notera le petit coup de pouce, en pleine période électorale, à l'un des jeunes espoirs les plus énergiques, les plus déterminés, du PLR en Valais. Philippe Nantermod est né dans la marmite. La politique, c'est sa vie. Il a du courage, du verbe, des arguments, et surtout une formidable envie d'en découdre. Jamais il n'insulte. Avec les mots, il se bat. Un pur-sang dont on espère vivement voir très vite (pourquoi pas en cours de législature, voire... dès le début !) bénéficier le Conseil national.

 

Pascal Décaillet

 

19:01 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Il insulte, mais en privé, ce petit malin.

Écrit par : Sébastien Chazaud | 26/07/2011

Voilà qui a le mérite d'exposer plus clairement votre position sur le prix unique du livre, contrairement au billet précédemment consacré à cet objet. Tout bien pesé, vous êtes contre. Point.
Et cela, quelles que soient les contradictions d'un PLR à tendance "bourgeoise livresque", où qu'en soient les réflexions de ce même parti sur les limites du libéralisme.
Merci pour l'effort de clarté.

Écrit par : Robin Majeur | 26/07/2011

Les Mardis Gras de la TSR m’ont toujours laissé pantois. Les programmateurs de la sainte chaîne ont une imagination qui frôle le couchepinage.

Il est à craindre que le pur-sang soit issu des marmites à confitures du Couchepin, car il nous conduirasserait assurément dans une mélasse verbale et de l’assurance maladive chronique digne de l’octodurien en chef.

Écrit par : Cyclochepin | 26/07/2011

Merci de cet excellent billet. Les radicaux ont raison de se soutenir et je les soutiens également de tout mon coeur...

Écrit par : Géo | 26/07/2011

Il se trouve que j'ai relativement bien connu l'auteur du projet pour le prix unique du livre...

Il était genevois et cette idée lui est venue suite au constat dramatique des fermetures successives et irrémédiables des petites librairies sédunoises qu'il aimait tant fréquenter, phagocytées par les monstres de la grande distribution, Payot, FNAC etc.

Ironie du sort, ce sont aujourd'hui des valaisans, certes octodurien pour l'un, morginois pour l'autre, mais valaisans quand-même, qui dénigrent ce projet.

L'auteur, disais-je, aimait la littérature sous toutes ses formes, mais appréciait d'autant plus le bouquin minutieusement choisi, puis dévoré, suite aux conseils avisés, personnalisés et surtout passionnés de l'artisan avec qui il s'entretenait, parfois longuement. Flâner dans les rayons, chiner "LE" manuscrit était devenu, plus qu'un plaisir, un moyen indispensable de vivre réellement la littérature.

En un mot comme en cent, rien ne remplacerait jamais, à ses yeux, les charmes discrets de la petite librairie de quartier, la relation privilégiée, complice, qui peut naître autour d'une même passion, le plaisir de pouvoir discuter et donc partager des lectures qui, a priori, paraissent souvent solitaires.

C'est peut-être finalement aussi simple que cela les relations humaines.

Fréquenter les librairies: Nulle meilleure façon, disait-il, de tomber amoureux de la littérature et, par voie de conséquence, de la langue française (ou étrangère). Donner le goût du livre. Tels semblaient être les pouvoirs quasi sacrés du libraire, sorte de dernier mage de la maïeutique littéraire.

Qui mieux que les "petits libraires" savent encore prendre le temps de transmettre leur savoir, écouter et s’intéresser aux goûts, parfois encore ignorés, du lecteur franchissant le seuil de leur échoppe?

Au delà de l'aspect purement économique, au delà des règles du marché et des lois de la concurrence, il y a probablement un intérêt publique prépondérant et supérieur incarné dans le projet de loi sur le prix unique du livre. Certains l'appelleront "Culture", d'autres "Savoir"...

Écrit par : Vincent Maitre | 27/07/2011

Cher Monsieur Décaillet,

Parmi les journalistes romands, vous êtes de loin mon préféré. Par votre liberté totale en toutes circonstances, vous faites honneur à votre profession, quitte à claquer des portes ou à vous fâcher avec les pisse-vinaigre.

Mais il y a un thème où assurément votre jugement est moins aiguisé, c'est celui que vous portez à l’endroit du jeune politicien cité dans votre billet.

Un de vos confrères l'avait en son temps qualifié de "Mozart de la politique"; le pauvre Wolfgang Amadeus, déjà enseveli dans une fosse commune, a dû se briser les os en se retournant. Vous le voyez "surdoué". Chaque époque a les élites qu’elle mérite.

Pourtant, ce jeune politique incarne tout ce que vous abhorrez : débutant son parcours en défendant les intérêts neigeux de son papa, directeur de Télé Morgins, il a depuis pour unique ambition de montrer sa face à tout-va. M’as-tu-vu, donneur de leçons, people rupestre, rhétoricien de troisième mi-temps, il agace jusque dans ses propres rangs, où en aparté les pontes du PLR avouent qu’ils donneraient cher pour qu’il retourne à ses occupations professionnelles.

Il maîtrise et utilise à merveille ce temps des blogs où tout le monde croit dire des choses profondes, des vidéos tournées par le politicien lui-même qui se met en scène, des applications I-Phone à la gloire du candidat, des apparitions publiques intéressées, des affiches où l’on expose sous un jour faste sa bobine soulignée d’un slogan pour illettrés, du racolage, des pique-assiettes, des cirages de pompes de journalistes qui n’ont plus à chercher l’information et à l’analyser – l’on vient à eux. Tristes temps. Démocratie de trottoir.

Écrit par : Néron | 28/07/2011

Cher Monsieur Décaillet,

Ami de Philippe quoiqu'adversaire farouche en politique, je ne peux pas m'empêcher une petite pique à votre encontre, dont vous ne me tiendrez pas rigueur je l'espère.

Vous faites l'apologie du candidat Nantermod qui se bat pour une "juste" concurrence. Soit. Ce matin, il réitère son attaque, mais contre le cartel "Migros-Coop". Normal. Mais là où j'ai rit d'une ironie douce, c'est que lorsque je me suis connecté sur votre blog, une publicité pour la migros trônait en haut à droite. Amusant de porter aux nues un candidat dénonçant les cartels en tout genre et de se faire sponsoriser par ce dernier, non?

Meilleures salutations.

Écrit par : Baptiste Hurni | 28/07/2011

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