27/08/2011

C'est à l'autorité élue de réparer ses bourdes

 

Sur le vif - Samedi 27.08.11 - 09.40h

 

Une fois de plus, ce matin, c'est Mme Bonfanti qui s'exprime. Claire, précise, dans la Tribune de Genève, elle nous explique comment elle pourra mettre en œuvre les décisions du Conseil d'Etat annoncées cette semaine. Là, elle est dans son rôle, celui de la fonctionnaire de haut niveau, cheffe opérationnelle, chargée d'exécuter une volonté politique. Elle maîtrise son dossier. Son discours est ancré dans le concret. Elle sait de quoi elle parle.

 

Le problème - l'immense problème - c'est que ça n'est pas, en l'état, à elle de parler. Ça n'est pas son tour ! L'autorité politique élue a commis une bourde (c'est, depuis hier midi, le mot consacré, repris en boucle, sublimé poétiquement par les homophonies de Soli Pardo), c'est à elle de venir la réparer. À elle, et à nul autre. À elle, oui, même si la prise de parole n'est pas son fort, l'imminence du lapsus terrorisante, le manque de contrôle du langage, patent. Quand une autorité élue a foiré, elle foire encore plus en laissant un subordonné venir réparer les pots cassés.

 

Pourquoi ? Parce que du coup, c'est ce subordonné qui marque des points. Qui gagne en crédit : « Sur lui au moins, se dit la population, on peut compter ». Tant mieux pour le subordonné, tant mieux pour Mme Bonfanti, dont je n'imagine pas une seconde qu'elle ait parlé à la Tribune sans le feu vert ministériel. Mais ce « tant mieux pour le fonctionnaire », c'est un pas de plus dans la descente aux enfers de l'élu. Dans la ruine de son crédit. Et c'est, plus largement, un échec républicain  face à un corps constitué où la tentation prétorienne (notamment dans certains syndicats) est permanente.

 

Moralité : il nous faut élire, dans les exécutifs, des hommes et des femmes forts. De gauche, de droite, peu importe. Mais des gens qui se fassent respecter de la fonction publique. Des gens, surtout, capables d'inventer le langage. C'est au politique de tenir le diapason. Aux fonctionnaires, de suivre. Et s'ils ne veulent pas suivre, ils doivent se démettre. Maîtriser la communication, porter haut et fort la parole ministérielle, loin d'être un luxe, ou un détail, est au contraire au centre même du dispositif du pouvoir. Aux partis, peut-être, de se tromper un peu moins, à l'avenir, lorsqu'ils désignent leurs candidats. Puissent-ils craindre un peu moins les hommes forts. Aux électeurs, surtout, d'avoir le courage d'élire de véritables personnalités, puissantes, dérangeantes, visionnaires. Des sales tronches, sachant parler, et ne s'en laissant pas conter par les permanents de la fonction publique. Vaste programme.

 

Pascal Décaillet

 

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Commentaires

Comme je regrette le temps de Gérard Ramseyer ...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 27/08/2011

On critique l'attitude des syndicats de police, mais ils font leur travail : la défense des intérêts de leurs membres !

Le problème est qu'ils le font beaucoup mieux que les élus que l'on met à la tête d'un département dont ils n'ont aucune idée du fonctionnement.

Ces syndicats sont les premiers à déplorer la dégradation des conditions de la sécurité à Genève et ont, depuis longtemps, fait des propositions pour endiguer cette inexorable descente aux enfers : la réponse a toujours été la même, l'opérationnel n'est pas de leur ressort.

Et maintenant, ils s'opposent logiquement à ces emplâtres sur une jambe de bois, inventer dans l'urgence sans aucune réflexion, ni concertation.

La solution de Madame ROCHAT pour dégager une réserve de 16 personnes (pas 200) est de remplacer un jour de leur horaire par une nuit.

Même si le nombre d'heures de travail est la même, une nuit de service ne sera jamais égale à une journée ...

Mais peu importe la santé et la vie des subordonnés, pourvu qu'on enraye la déroute qui s'annonce aux prochaines élections. Il faut des policiers la nuit, à n'importe quel prix, pour sauver la carrière de Madame ROCHAT.

Écrit par : Clyde | 27/08/2011

Stauffer pourrait tres bie etre de ce type la.
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Mais il faut aussi des mesures d'exceptions autorisants plus de l'usage du monopole de la violence etatique par la police representante de l'Etat.
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Temps pis s'il y a quelques bavures.
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Il y a un rapport cout/benefice en toute chose ou si vous preferez on ne fait pas d'omelette sans cassez des oeufs.

Écrit par : Anonyme | 27/08/2011

Peut-être mettez-vous là le doigt sur une des causes possibles du "grand cirque" de la police et de l'insécurité grandissante à Genève qui en est peut être aussi le corollaire...

Parce que tout de même les incohérences dans la chaîne de commandement du corps de police à Genève ne sont plus à démontrer...

Voici ce que dit la loi genevoise sur la police :

Art. 7 Organisation militaire de la gendarmerie et de la police de la sécurité internationale

1 La gendarmerie et la police de la sécurité internationale sont organisées militairement : les fonctionnaires qui en font partie gardent l'uniforme et sont soumis à la discipline militaire.

2 Deux officiers de gendarmerie au maximum peuvent être choisis hors des rangs de la gendarmerie, ils doivent être officiers dans l'armée.


Mais ce sont deux femmes qui dirigent aujourd'hui le corps de police... dont l'une à ce que je sache n'a pour passé que d'être issue de la bonne société genevoise et d'avoir été conseillère administrative d'une commune...

Ce n'est pas suffisant... pour diriger un corps militaire dont certaines parties sont fortement syndicalisées...


Et que dire du précédent chef du département, Moutinot, socialiste fumeur de pipe qui se promenait le dimanche avec un bonnet afghan sur la tête...


Pour ne pas parler de l'actuel président de la commission du Grand Conseil sur les affaires judiciaires et de la Police ( le vert Roberto Broggini ) qui comme chacun le saît est très proche des anciens agitateurs du mouvement squat... ( il faut le lire pour le croire... )


Vous dites que Genève aurait besoin d'hommes forts, elles aurait surtout besoin d'un psychiatre, parce que là ça frise la schizophrénie... et le délire...


En fait Genève aurait surtout besoin d'un peuple fort, d'un peuple fort qui puisse empêcher que la classe politique se nomme entre elle aux postes clés et s'attribue les postes en guise de récompenses et d'autres susucres... et qui par la force des choses y placent des gens qui soit n'ont rien à y faire quand tout simplement ils/elles n'en ont pas les compétences...

Écrit par : 022 | 27/08/2011

Si tous les élus sont si mauvais, ne serait-ce pas parce que le peuple est lui-mmême muvais ? Qu'il ne sait pas choisir ses gouvernants ? D'ailleurs la moitié des citoyens ne se dérangent pas pour voter et ne font que râler pendant toute la législature.

Écrit par : gamine | 27/08/2011

Ne dit-on pas que l'on a les élus que l'on mérite ?

Néanmoins, pour aller dans le sens de "022", Madame ROCHAT est la deuxième femme libérale à la tête de ce département et on retrouve les mêmes problèmes, notamment au niveau de la communication.

Madame BONFANTI est une experte en ... balistique !

Écrit par : Clyde | 27/08/2011

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