13/09/2011

M. Levrat et la cohésion nationale

 

Sur le vif - Mardi 13.09.11 - 12.53h

 

Singulier traitement, à l'instant, de la Radio d'Etat, à propos du rejet, par le National, d'une pétition munie de 146.000 signatures, qui demandait de diminuer de moitié la redevance radio-TV. Cet impôt déguisé, obligatoire, se monte aujourd'hui à 462 francs par an. En tout et pour tout, au 1230h RSR, on n'a entendu qu'une voix : celle de Christian Levrat. Le président du parti socialiste nous assène à la tribune, dogmatiquement et sans la moindre argumentation, qu'une telle réduction équivaut à « une attaque en règle contre la cohésion nationale ». Et basta, on passe au sujet suivant.

 

Il existe, en Suisse, et notamment en Suisse romande, des médias privés qui, avec très peu de moyens, montent des émissions politiques, économiques, culturelles, sportives de qualité. En quoi les producteurs de ces émissions seraient-ils moins sensibles que d'autres à la cohésion nationale ?

 

Le raccourci de M. Levrat, c'est SSR = cohésion nationale. C'est totalement disqualifiant pour les émetteurs privés, radios ou TV, producteurs indépendants. C'est juste garder de bonnes relations, en pleine période électorale, avec le principal pourvoyeur de visibilité. Et tout le reste est littérature.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Commentaires

Il faudrait également observer comment se débrouillent les pays où aucune redevance audiovisuelle n'est perçue. C'est le cas pour l'Espagne, mais aussi pour les Pays-Bas selon l'article ci-dessous. Le Québec a aussi une formule intéressante (crédits d'impôts). La qualité des programmes et la pluralité des vues ne sont dans ces cas ni meilleures ni pires qu'ailleurs, ce qui devrait nous mener à considérer la redevance comme un impôt injustifiable.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Redevance_audiovisuelle

Écrit par : Inma Abbet | 13/09/2011

C'est vrai qu'en plus, cette redevance qui s'apparente à un impôt par son caractère quasi-obligatoire (comme les primes maladie d'ailleurs), étant donné qu'il est par tête (*), à un caractère éminement injuste : en effet, son taux est dégressif en fonction du revenu de celui qui le paye !

Je pense donc qu'il serait plus juste de carrément l'abolir et de le remplacer par un relèvement infime de la TVA, ce qui donnera un prélèvement moins dégressif et donc plus juste. Voire encore carément le financer par l'impôt sur le revenu, progressif, mais la on vie crier au stalino-bolchévisme !

(*) Approximativement, disons, par foyer.

Écrit par : GCwRb | 13/09/2011

@GCwRb : la redevance est dégressive ? Ou ? Pour qui ?

C'est tout de même bizarre que ce soient ceux qui réclament à grands cris des baisses d'impôt qui voudraient supprimer la redevance. On la remplacerait donc par une augmentation d'impôt ? Qui seraient les gqagnants ?

Écrit par : gamine | 13/09/2011

Et pourquoi ne pas mettre en question le principe même d'une radio ou télévision d'Etat? Avons-nous des journaux d'Etat? Et pourtant la presse écrite continue d'exister...

Écrit par : Inma Abbet | 13/09/2011

@ Inma - Vous avez 100% raison!

Écrit par : Pascal Décaillet | 13/09/2011

@gamine

Vous voulez probablement qu'on réponde à tous les cinq de vos questions, je me contenterai de répondre à une seule. Ou plutôt de vous expliquer quelque chose du niveau des maths pour école primaire : dans la mesure où votre salaire augmente et que la redevance reste fixe, cette taxe est diminue proportionnelement.

Trop compliqué ?

Bon, voilà un exempele : vous gagnez 100 mille Frs. par an, la redevance équivaut à 0,426 % de votre salaire. Vous gagnez 200 mille Frs. par an, votre redevance tombe à 0,213 % de votre salaire.

Est-ce clair maintenant ?

Écrit par : Youri Gagarine | 13/09/2011

@gamine,

L'impôt par tête est de taux dégressif à mesure que le revenu augmente. Exemple. Imaginons par exemple qu'un Etat décrête un impôt par tête de 100.- mensuel. Ce qui fait 1200fr/an. Un contribuable "moyen" gagnant par exemple 70'000/an supportera donc un taux d'impôt de 12/700=1.71%. Le même impôt par tête, payé par un contribuable plus aisé, qui gagne par exemple 250'000fr/an, donnera pour lui un taux de 0.48%.

Ainsi, le taux d'impôt payé par le contribuable aisé est plus faible que pour un contribuable moins aisé.

Ce qui permet de conclure que les impôts par tête sont moins juste/équitable que nos autres formes d'impôts, qui peuvent être liées à la consomation (TVA) ou au revenu.

Écrit par : GCwRb | 13/09/2011

Pensez-vous vraiment que, sans la SSR, nous aurions l'immense plaisir de s'en mettre plein les mirettes avec:

- Les Feux de l'Amour
- Plus Belle la Vie

Que des programmes au top. La preuve, il y a même:

- Top Models

Trois magnifiques pépites du programme TV qui oeuvrent con-jointement à la con-hésion nationale.

... Et, de plus, en France, si le Roi Henri IV prévoyait la poule au pot le dimanche pour chacun, c'est pous tous ses sujets que la SSR offre sans supplément de prix, donc compris dans la modique somme de Fr 462.-/an, une émission d'une fa-ramin-bul-euse "granditude":

- La Poule aux Oeufs d'Or

Un jeu d'une intelligence rare et ce, non pas une seule fois par semaine, mais quatre, les lundi, mardi, mercredi et jeudi. Un vrai bonheur, un souper de Roi, c'est aux environs de 18:30h.
Aucune chaîne privée ne saurait nous faire vivre un moment d'une telle qualité!... Pourtant, une chose reste intolérable: la SSR nous prive de cette félicité sans borne trois jours consécutifs. Un calvaire presque sans fin... Heureusement il y a Swiss-Loto pour nous permettre de tenir!

Écrit par : Baptiste Kapp | 13/09/2011

Ben oui, je ne suis pas complètement bornée, je l'avais compris avant vos explications. Mais n'est-ce pas ce que que vous recherchez habituellement ? Plus on gagne moins on paie, c'est le credo de la droite , non ?

Écrit par : gamine | 13/09/2011

On a la télé qu'on mérite... y en a point comme nous... Marie Thérèse Porchet, ça vous fait rire? Moi pas.
Les soirées musicales en Suisse-allemande, avec les effets de zoom sur un public sagement attablé, parmi de gros bouquets de fleurs, avec les présentateurs aux dents étincelantes de blancheur malgré leur grand'âge, ces tables sans un seul verre, et ces centaines de gens qui restent là, souriants béatement...
De tous les programmes télé en Suisserie, celui que je préfère : ce sont les vues aériennes hélicoptèreuses, celles projetées très tôt le matin, alors que les autres chaînes internationales sont déjà actives dans les news, dans le dessin animé, dans les clips, dans la musique : non, chez nous, on se repasse en boucle les vues des paysages de nos monts indépendants, on répète bien que de ces grands monts vient le secours, que la Suisse espère en Dieu toujours, et qu'on garde la foi des aïeux, qu'on vit comme eux, qu'on paie notre écot à ces rigolos de suisse-totos!
(mode humour antipatriotique off).

Écrit par : denise | 13/09/2011

Quand l'information (et la formation) devient une marchandise, c'est la démocratie qui est en danger.

Écrit par : Sandro Minimo | 13/09/2011

Dans la logique, si l'on veut suivre le raisonnement de D. Leuthardt et de Christian Levrat, selon lequel la radio-télévision est un service public comme un autre et que chacun doit y participer, il faudra rendre l'abonnement CFF demi tarif obligatoire pour tout le monde, surtout pour ceux qui ne prennent jamais le train. Ensuite, on pourra donc aisément augmenter le prix du demi tarif à hauteur du plein tarif. Que de réjouissances en perspective!

Écrit par : petard | 14/09/2011

Ce qui est scandaleux, c'est qu'il faudra quand même payer la redevance TV.... sans avoir de télévision !

Écrit par : Paul Bär | 14/09/2011

Levrat de Weck même combat !

M. Décaillet, c'est le moment de lancer une "Initiative Décaillet" contre la propagande d'état, pour la liberté d'opinion, la suppression de la redevance et la privatisation de la radio et télévision. Je la signerai tout de suite.

Vous commencez quand ?

Écrit par : Théophraste Renaudot | 22/09/2011

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