25/09/2011

Les socialistes genevois peuvent oublier le Conseil fédéral

 

Sur le vif - Dimanche 25.09.11 - 09.03h

 

Les socialistes genevois voudraient continuer, sans doute au nom d'une hérédité de robe, d'être représentés au Conseil fédéral. Après Mmes Dreifuss et Calmy-Rey, ils se disent qu'après tout, le rêve (pour tous les autres : le cauchemar) pourrait s'éterniser un peu. Comme s'il existait un droit divin de tel parti cantonal à siéger au gouvernement de la Confédération. Les socialistes genevois se comportent comme des radicaux vaudois de la grande époque.

 

Le seul problème, c'est qu'à part Manuel Tornare, qui ne montre à ma connaissance pas d'intérêt pour le poste, ils n'ont personne de crédible à proposer. Personne de taille à faire pièce à un Alain Berset ou un Pierre-Yves Mallard. Charles Beer semble survoler le DIP, de plus en plus, comme s'il était observateur - et non acteur - de son propre règne, en sifflotant. Les deux élus à l'exécutif de la Ville, assurément talentueux, sont trop jeunes dans leur fonction municipale pour prétendre foncer à Berne. Je passe sur les actuels conseillers nationaux ou aux Etats, notamment sur un épouvantail absolu, haï par la droite, et (plus tacitement) une partie des siens. Juste chouchouté - au-delà de la caricature - par les médias de service public.

 

Alors, quoi ? Alors la relève, dans ce parti, elle existe ! Il faut aller la chercher chez les jeunes, par exemple un Grégoire Carasso, au Municipal. Mais c'est musique d'avenir ! La vérité, c'est que ce parti cantonal, naguère auréolé d'un certain succès, est demeuré engoncé dans d'intangibles certitudes. Il a mis mille ans, par exemple, à cesser de parler de « sentiment d'insécurité », il a souvent été trop lent dans l'action politique, la célérité n'étant pas l'atout majeur de son actuel président. C'est dommage, car cette famille de pensée, qui a largement contribué à faire la Suisse moderne (pensons à un Tschudi, un Chavanne) et qui a sa place dans la vie politique de ce pays, mérite mieux que les tristes certitudes genevoises. La preuve, les talents existent. Ailleurs. Ils s'appellent, par exemple, Pierre-Yves Maillard et Alain Berset.

 

Pascal Décaillet

 

*** PS 1238h - Mon confrère Mathieu Cupelin, RSR, a contacté Manuel Tornare, ce matin, qui lui a confirmé ne pas être intéressé. Cupelin avance le nom de Liliane Maury Pasquier, qui m'apparaît comme un clone de Ruth Dreifuss. Ca n'est pas le profil dont l'Assemblée fédérale, cette fois, voudra. Le microcosme genevois (membres du PS et journalistes) semble avoir un peu de peine à se sortir de l'invariable formule: femme + gentille + aimable + socialiste. Les recettes de 1991 - déjà très contestables - ne sont plus celles de 2011. Pourquoi pas un homme, vaudois, colérique et tranchant?

09:03 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Et pourquoi oubliez-vous volontairement le valaisan Rossini ?
Il est tout aussi capable que le vaudois et le fribourgeois, non ?

Écrit par : Hypolithe | 25/09/2011

Auriez-vous des nouvelles du Tessin?

Écrit par : Johann | 25/09/2011

Encore un valaisan , mais MCR était valaisanne ? Non ???

Écrit par : Corto | 25/09/2011

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