21/10/2011

A J-2 la petite bombe de la Commission de gestion

 

Sur le vif - Vendredi 21.10.11 - 17.45h


A l'avant-veille des élections fédérales, c'est une petite bombe contre le gouvernement que nous sort la Commission de gestion du National. Cette instance parlementaire, chargée de contrôler l'activité du Conseil fédéral, estime que ce dernier a mal piloté, et trop tard, les fameuses mesures d'accompagnement aux bilatérales. Pas de stratégie, pas de choix clairs, pas d'indicateurs objectifs lorsque s'expriment le Conseil fédéral ou son bras armé, le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco).

 

Une bombe, parce que nous sommes là, précisément, dans la zone de divergence la plus importante au sein des droites suisses : l'UDC ne cesse de dénoncer les effets néfastes des bilatérales ; le PLR ne cesse d'en chanter les bienfaits, admettant tout au plus (et encore, récemment) qu'il faut renforcer les contrôles, et augmenter le nombre d'inspecteurs du travail. Le PLR, au plus haut niveau de responsabilités, dans cette affaire.

 

Quels que soient les résultats de dimanche, une chose est sûre, pour la prochaine législature : il faudra reconsidérer les bilatérales. Les Suisses les plus prétérités par une concurrence sauvage, d'ailleurs à sens unique, notamment ceux qui habitent en zones frontalières, ne peuvent plus se satisfaire de s'appauvrir, ou de perdre leur emploi, à cause d'une application dogmatique (oui, il existe un dogmatisme libéral) de la libre circulation des personnes.

 

Les libéraux purs, libertaires sans frontières, affairistes, plus sensibles à leurs actionnaires qu'à la cohésion sociale d'un peuple, ne pourront plus nous asséner que les bilatérales ont élevé le niveau de vie en Suisse, Punkt, Schluss. Le niveau de vie de qui ? De quelle catégorie sociale ? Ou professionnelle ? L'économie de marché oui, personne (ou presque !) ne songe à réintroduire le Plan, mais une économie nationale, au service du bien commun. Avec l'Etat comme arbitre. Pas acteur : arbitre !

 

Le rapport de la commission de gestion, dévoilé aujourd'hui, confirme l'image d'un gouvernement qui ne s'est pas franchement foulé pour s'attaquer aux effets néfastes des bilatérales. Parce qu'il était dans une idéologie. Oui, le libéralisme pur et dur en est une, comme une autre. Et parce qu'il avait à ses côtés un grand patronat fort heureux de faire des bénéfices sans entraves.

 

Quels que soient les rapports de force issus des urnes après-demain, le temps d'une régulation plus étroite est venu. Réinventer l'intérêt commun, voilà qui n'est pas le plus banal des projets. De gauche ou de droite, se retrousser les manches pour que l'avenir appartienne aux citoyens. Pas aux baillis. Ni à leurs suzerains économiques ou financiers.

 

Pascal Décaillet

 

PS - 18.32h - Maria Roth Bernasconi (PS, GE), présidente de la Commission de gestion, indique en direct sur la RSR que cette prise de position à été prise à l'unanimité des commissaires.

 

17:45 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

Ce que vous dites est l'expression du bon sens. Et le bon sens n'est ni de gauche ni de droite.Il est bon, un point c'est tout. Il faut que la droite comprenne que le l'on ne peut pas avancer "le nez dans le guidon", et tabler sur le bénéfice à court terme au mépris du niveau de vie de la population. Il faut que la gauche comprenne que l'internationale des travailleurs de la "lutte des classes" est révolue, à supposer qu'elle ait existé ailleurs que dans l'esprit des théoriciens socialistes, et que l'on ne peut pas exposer nos travailleurs, notamment les jeunes en fin de formation, à une concurrence, non seulement salariale, mais d'expérience, qui est résolument déloyale, sans que la responsabilité personnelle des travailleurs en provenance de l'UE soit en cause.
C'est pourquoi les mesures d'accompagnement, qui doivent nécessairement être améliorées, ne sont pas suffisantes, et qu'elles doivent être accompagnées de la réintroduction d'une priorité en faveur des demandeurs d'emploi résidents en Suisse, ce qui n'empêchera pas nos entreprises d'aller chercher la main-d'oeuvre qualifiée là où elle se trouve, si elle n'est pas présente ici.

Écrit par : mauro poggia | 21/10/2011

Eh oui Monsieur Décaillet.

On a mis en concurrence 7.5 millions de suisses avec 500 millions d'européens dont la plupart gagnent 2 à 8 fois moins que nous pour un job équivallent.

Le premier cours d'économie est que ce qui est rare est cher, mais ce qui se trouve en abondance non.

Et là, nous avons une sur-offre de travailleurs ce qui fait baisser les salaires.

Voilà ce que nous ont amenées les bilatérales 1 et 2 et Schengen.

Il est temps de changer tout ça pour le bien de notre Peuple.

Écrit par : Anonyme | 21/10/2011

Ce qui est logique à faire est toujours balayé par des dogmes.

Les dogmes et idéologies sont fait pour des gens intellectuellement paresseux ou stupide, qui préfère sortir des solutions prêtes plutôt qu'adapter les solutions à la réalité. D'autant plus, si un zest de complexité les empêche de trouver une solution en 3min.

En résumé, on s'appuie sur des dogmes ou idéologies pour se déresponsabiliser.

Écrit par : roket | 21/10/2011

La presse et les médias soumis aux interets du patronat affairiste qui a perdu conscience de toute notion de cohésion sociale a passe sous silence les effets néfastes des bilatérales. La plupart des travailleurs étrangers dernièrement recrutes dans notre pays ne sont pas bien formes; ils coutent simplement moins cher ce qui permet aux patrons peu scrupuleux d' exercer une pression sur les salaires des nationaux. Les affairistes sont désormais démasques; nous avons un des meilleurs système éducatif du monde et nous avons par consequent pas besoin d' importer massivement de la main d' oeuvre étrangère. J espere que cette idéologie libérale poussée a l extreme sera désormais remise en cause. Cela sera tout bénéfice pour notre jeunesse et pour la cohésion sociale dans notre pays.

Écrit par : Edric Speckert | 21/10/2011

Bravo à M. Décaillet d'avoir rappelé ce constat dont voici un commentaire:

http://www.udc.ch/g3.cms/s_page/79910/s_name/communiquesdepresse/news_newsContractor_display_type/detail/news_id/2742/news_newsContractor_year/2011

Écrit par : Christian Weber | 21/10/2011

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour M. Décaillet,

alors là... ?! vous faites très fort :o)

Et je ne ferai qu'un mini commentaire qui se résume en un mot : B R A V O

Bien à vous et sans doute à bientôt pour d'autres aventures,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 22/10/2011

Cher Pascal,
Votre analyse est correcte, mais un peu trop manichéenne.

Vous oubliez que le Parti socialiste, favorable aux bilatérales, a insisté à maintes et réitérées reprises pour qu'elles soient encadrées, précisément sur les points que vous mentionnez (contrôles, etc...), mais s'est trouvée face à un refus de la majorité PLR-PDC-UDC.

Pendant ce temps l'UDC n'a en effet pas fait grand chose... trop contente de pouvoir profiter d'une main des méfaits du dumping salarial (en tant qu'employeur, puisque la plupart des ténors sont de grands patrons), de l'autre de la grogne qui en résulte (en tant que parti).

Ca me fait penser à une histoire de garde-frontières tout ça...

"Plutôt que de répéter sans cesse à l'enfant que le feu brûle, consentons à le laisser un peu se brûler : l'expérience instruit plus sûrement que le conseil."

André Gide ne s'applique malheureusement pas à la politique...

Écrit par : Félicien | 22/10/2011

Sur cette affaire et ce n'est pas nouveau, la gauche et l'extrême-droite se rejoignent, ce qui historiquement est de mauvaise augure. Le PS mène une bataille en règle contre la croissance, quitte à sacrifier son idéal internationaliste, l'extrême-droite réclame du protectionnisme, quitte à sacrifier la croissance. Au final, nous allons tous payer les pots cassés de cet aveuglement à courte vue. Car contrairement à ce que dit M. Poggia, c'est bien les protectionnistes qui ont le nez dans le guidon, l'oeil rivé sur le compteur des perspectives électorales. Qui certes expriment les volontés populaires nationales, mais pas nécessairement l'analyse ouverte de toutes les données en présence qui conviendrait.
Faire ce que dit M. Poggia, c'est casser les bilatérales. Ce qui signifie fatalement un recul clair net et précis de nos performances économiques. Parce que nos partenaires européens n'auront plus aucune raison de nous faire de cadeaux: accès aux Universités étrangères bloquées, pressions sur la place financière accrue, marchés fermés à nos entreprises partout où ce sera possible, fin de la possibilité pour les suisses de vivre en France voisine, d'où ruine de ceux qui ont acheté là-bas et pression considérablement accrue sur le marché de l'immobilier genevois et nyonnais, fuites d'entreprises internationales qui ne pourront plus embaucher qui leur convient et seront soumises à des tracasseries douanières dans leurs flux avec l'UE...
Bref à moyen terme, un appauvrissement de la Suisse et des Suisses, qui malheureusement ne pourront plus émigrer en Europe... Combien l'on parie que si les bilatérales sont dénoncées en 2012, l'Euro frise les 2 CHF en 2022 ??? Du moins s'il survit. Parce que pour l'heure, l'UE aurait plutôt besoin de notre soutien. Ce n'est pas l'un contre l'autre, c'est l'un avec l'autre.
Comme me le disait hier Jacques-André Schneider, ancien numéro 2 du WEF, reconverti dans le développement durable et observateur de premier plan de la situation internationale: "Les gens n'ont toujours pas compris que nous sommes tous sur le même bateau. La Suisse, l'Europe, le monde, tous habitants de cette petite planète. Nous devons tous apprendre à ramer ensemble, si nous voulons nous en sortir, sinon, nous coulerons tous. Tous ensemble."

Écrit par : Philippe Souaille | 22/10/2011

Le CF a commis une faute grave en omettant d'actionner les clauses de sauvegarde en temps utiles. Avant que la calamity notamment, puisse se débinner, il fallait que cette annonce soit faite. (couchepin, déjà, a largement pu se mettre à l'abri.)

Les débordements depuis 2 ans sont énormes, et comme l'a prévu l'UDC, il faut maintenant renégocier la libre circulation; pour certaines de ses clauses, afin d'éviter "l'étouffement de notre pays" dans tous les sens du terme, pour les petites années à venir.

Écrit par : Corélande | 22/10/2011

Ce n’est pas possible ! Des choses pareilles ! Vous faites de la pub pour le dinosaure du PS. Voilà une féministe, ennemi du mâle, que les citoyens genevois se doivent impérativement de ne plus réélire à Berne.

Écrit par : Jolivet F.H. | 22/10/2011

Mélangez du rose et du vert et vous verrez en couleur ce populisme criminels dessiner le futur de notre pays !!!

Écrit par : Corto | 22/10/2011

@Anonyme
"Le premier cours d'économie est que ce qui est rare est cher, mais ce qui se trouve en abondance non"

Le deuxième cours d'économie est que pour vendre il faut avoir accès au marché et en respecter les règles.

ABE

Écrit par : antoine | 22/10/2011

Dites donc, l'ami Félicien ! Un peu trop facile de raconter que les socialistes n'ont fait qu'approuver les bilatérales, et ce sans en endosser les conséquences sociales, mais renvoyant pour la crise de l'emploi au profit politique que l'UDC est censée en retirer: le PS allume un incendie et puis accuse ceux que la fumée fait tousser ? N'est-elle pas un peu grosse cette dernière ficelle du PS ? J’interprète : on ouvre grandes les vannes, mais on ne laisse rien passer; voilà ce qu'à produit la tactique socialiste; ensuite on n'incrimine pas les bilatérales, car ce serait remonter à leur initiateur le PS et à MCR ! Hé ! oui ! Plutôt incohérent...

Écrit par : Tonio | 23/10/2011

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