24/10/2011

Poggia : l'exploit

 

Sur le vif - Lundi 24.10.11 - 12.51h

 

23'432 voix : Mauro Poggia est premier ! Membre d'un parti qui n'existait pas il y a quelques années, et qui n'a fait que grimper, l'avocat spécialiste de l'assurance maladie réalise un double exploit : faire entrer le MCG dans l'arène fédérale ; sortir premier de tous, sans la moindre alliance, entouré d'un classe politique qui conspue son parti. L'ampleur de l'exploit, étrangement, est peu mise en évidence dans la presse ce matin. Ainsi, pourquoi la Tribune de Genève, en page 2, dans son tableau des élus avec les chiffres, place-t-elle Poggia, graphiquement, en dernier ?

 

Avec ou sans groupe, il y a beaucoup à attendre de cet homme (ainsi que des deux autres nouveaux, Manuel Tornare et Céline Amaudruz) sous la Coupole fédérale. Le sens politique de Poggia, son pragmatisme, sa connaissance des dossiers sur les assurances sociales, sa rapidité de synthèse pourraient assez vite faire de lui un élu signalé. Quel chemin parcouru ! Pour lui, et pour son parti ! Voilà un homme qui était seul contre tous. Constamment rabroué par certains PLR ou PDC, ses collègues du Grand Conseil, aujourd'hui non élus, et loin derrière lui. Il n'a bénéficié d'aucune alliance, il a simplement fait campagne avec une énergie phénoménale, droit dans ses bottes, beaucoup d'habileté aussi.

 

Alors voilà, ce matin, comme la plupart de mes chers confrères oublient de souligner l'exceptionnel mérite de ce résultat, ici par distraction, là par alignement sur tel conseiller d'Etat, moi je lui dis simplement bravo. Et bonne chance à Berne.

 

Pascal Décaillet

 

12:51 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

poggia est premier car son nom etait noté 2 x d'office, c'est l'unique raison

contrairement aux autres candidats qui eux etainet noté seulement 1 x

Écrit par : jp Domanti | 24/10/2011

et rien sur le très bon score de Luc Barthassat aux etats

Écrit par : lance | 24/10/2011

Ce score est purement artificiel et votre commentaire frise la désinformation. Ou traduit une grave méconnaissance des mécanismes électoraux genevois. Tous les bulletins de son parti lui rapportaient deux voix. Car ils n'ont présenté que cinq candidats. Du coup avec 7500 votants MCG, il part avec un socle de 15 000 voix, là où les socialistes ou les libéraux, avec 11 000 votants, partent avec ces 11 000 voix de base.
C'est peut-être un calcul habile, mais cela ne traduit absolument pas une popularité exemplaire. C'est juste un attrape-gogos, à l'image de la propagande habituelle du MCG et de Me Poggia, qui laissait entendre qu'avec lui à Berne, nous n'aurions plus d'assurance maladie à payer !!!

Écrit par : Philippe Souaille | 24/10/2011

Sur les remarques pertinentes de JP Domanti et ph. Souille, j'ai fait le calcul.

Il impossible de savoir sur les 21 autres listes si des électeurs ont indiqué 2x Poggia ou les autres. Mais en supprimant les doublons de la liste de chaque candidat élu..

avec 15557 personnes qui ont voté pour M. Poggia, il se retrouve à la 9e place entre(doublons déduits) U. Lenenberger 15375 et C. Aumaudruz 15874.

Écrit par : Philippe C | 24/10/2011

Personne n'avait, ce me semble, l'obligation de cumuler M. Poggia, ni, dans d'autres partis, l'interdiction de cumuler tel candidat, ou d'en biffer tel autre... Les règles du biffage, du cumul et du panachage sont les mêmes pour tous les candidats et partis. Je n'ai jamais entendu dire que les voix issues d'un cumul seraient moins valables que d'autres, ni même plus faciles à obtenir, ou que, de manière générale, on relativise le score d'un candidat qui aurait été beaucoup cumulé... Je ne vois pas où seraient, dès lors, la mauvaise compréhension et la désinformation que M. Souaille reproche à M. Décaillet.

Écrit par : Michael Kohlhaas | 24/10/2011

Monsieur Décaillet,

Sans vouloir ternir " l'exploit " de Mauro Poggia, il convient de préciser que l'heureux élu était cumulé sur la liste MCG, ainsi que tous les autres candidats de cette liste.
Il est dès lors logique que Maître Poggia termine à la première place en terme de suffrages nominatifs, ainsi que l'ont relevé d'autres intervenants et la journaliste de la TSR, Françoise Chuard, hier soir sur la chaîne.

L'avenir nous dira s'il y a beaucoup à attendre de Mauro Poggia, comme de Céline Amaudruz ou de Manuel Tornare à Berne ?

Quant à moi c'est sur la base de résultats concrets que je jugerai en méditant le proverbe :

" C'est au pied du mur que l'on reconnaît le maçon ! "

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 24/10/2011

Aux dernières nouvelles, il semble que M. Poggia ait obtenu 39% de ses voix en dehors de son parti. Il serait ainsi la deuxième locomotive électorale du canton... Voilà qui classe l'affaire.
Quoi qu'il en soit, les avis exprimés ci-dessus par M. Souaille et M. d'Hôtaux sont totalement absurdes. D'ordinaire, ce sont les seconds couteaux des grands partis qui (quoique non élus à cause de la proportionnelle) font plus de voix que les cadors des petits partis (que ceux-ci encouragent le cumul ou pas). Que le candidat d'un petit parti (ou indépendant) réunisse davantage de suffrages que les cadors des grands partis, c'est là quelque chose de très rare (on peut penser à un Corminboeuf à Fribourg).

Écrit par : Michael Kohlhaas | 24/10/2011

Si vous remettez en question la légitimité de la règle du cumul, il vous faut également remettre en question la possibilité de créer des alliances qui, elles, peuvent être cumulées en plus avec la règle du cumul...

De plus 39% de suffrages hors parti me semble être une sacrée preuve de sollicitation par les électeurs. Il est d'ailleurs fort peu probable qu'ils l'aient doublé sur la liste de leur parti préféré.

Écrit par : Neogoth | 27/10/2011

Tiens, enfin quelqu'un qui se rend compte qu'au MCG, mais aussi chez son petit frère le MCVD, il y a des personnes très capables qui se soucient de la santé.

Que ces gens ne sont pas forcément d'affreux racistes et autre que l'on a diabolisé,voir boycotté, mais qui se préoccupent aussi de la sécurité et des emplois des citoyens.

Merci Monsieur Pascal Décaillet.

Écrit par : Tiziana Cordani | 27/10/2011

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