30/11/2011

Indignés : bravo, Maudet !

 

Sur le vif - Mercredi 30.11.11 - 16.01h

 

C'est une excellente décision, claire et courageuse, que vient de prendre le Maire de Genève, Pierre Maudet, à propos des « Indignés », qui campent aux Bastions. Voilà un mois et demi que ce mouvement a pris possession de ce parc du centre-ville, près de l'Université. Une occupation tout simplement illicite, si on veut bien - pardonnez l'infâme vulgarité de la démarche - se placer dans la perspective du respect des lois.

 

Pierre Maudet ne condamne pas le mouvement, ne se prononce pas sur ses objectifs, il demande simplement le respect de certaines règles. La Course de l'Escalade approche : elle implique d'élémentaires mesures d'hygiène et de sécurité publiques. Par exemple, Maudet demande aux « Indignés » de se redimensionner dans un périmètre limité, et de retirer leurs baraquements et tentes inutilisés.

 

Alignés sur la mode du temps (surtout ne pas se mettre à dos ce mouvement tellement tendance), ses quatre collègues de gauche continuent d'autoriser l'occupation du terrain, « sans restriction de périmètre, ni de durée ». Dans ces conditions, Pierre Maudet se dessaisit du dossier. Il fait prévaloir le respect de l'Etat de droit. Il a mille fois raison. Il renvoie ses chers collègues à leurs responsabilités. Il y a des moments où la collégialité, je ne vous dis pas ce qu'on en fait, mais vous l'aurez aisément deviné. Bravo, Monsieur le Maire. L'immense majorité de l'opinion publique est avec vous.

 

Pascal Décaillet

 

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Pierre-Yves Maillard, évidemment

 

Chronique publiée dans le Nouvelliste - Mercredi 30.11.11

 

J'ai rédigé ici même, pour le Nouvelliste, il y a des années, une chronique intitulée : « Pierre-Yves Maillard, le meilleur de tous ». Longtemps après, je n'en démords pas : au-delà des positions idéologiques, la Suisse tient, avec cet homme-là, une très grande chance. Un homme de tempérament. Un homme de courage. Une puissance de travail. Une clarté de stratégie et d'engagement. La possibilité d'un nouveau Delamuraz. A l'époque des souris grises, des Burkhalter et des Schneider-Ammann, c'est une occasion très rare. Le Parlement, le 14 décembre, saura-t-il la saisir ?

 

Avant de parler de Maillard, un mot du tandem retenu par les socialistes : ticket de rêve ! Jamais, dans l'Histoire, depuis Ernst Nobs, le premier socialiste conseiller fédéral en 1943, ce parti ne nous a offert un duo aussi lumineux. Berset le brillant, Maillard le fonceur, Berset le cérébral, Maillard l'instinctif, Berset le négociateur, Maillard le frontal. Deux hommes d'une rare valeur, un ticket d'une exceptionnelle complémentarité. Je plaide ici pour Maillard, parce que je crois en son étoile depuis toujours, mais pourrais très bien vivre avec Berset, vous l'avez compris.

 

Surtout, revoilà des hommes qui nous font un peu rêver. Revoilà un parti socialiste qui, pour la première fois depuis très longtemps, recommence à nous donner envie de croire en l'un des siens. Ce parti a donné à la Suisse de grands conseillers fédéraux, on pense évidemment à Tschudi, il nous offre l'occasion de renouer avec ce standard. A côté de l'arrivée d'un Berset ou d'un Maillard aux affaires, la question de la réélection de Mme Widmer-Schlumpf, qui tétanise mes confrères, m'apparaît d'un intérêt bien mineur.

 

Maintenant, Maillard. Pourquoi lui ? Mais enfin, regardez-le ! C'est un Couchepin de gauche ! Un attaquant. Tronche. Tête de lard. Insupportable. Très exactement les ingrédients pour être un chef. Seul contre tous, alors que son parti s'égarait dans un blairisme illisible, incarné en Suisse par la lunaire irréalité d'un Moritz Leuenberger, Maillard ferraillait à propos du marché de l'électricité. Seul, il affrontait les snobinards de salon de son propre parti. Un jour, à Infrarouge, il a même attaqué Couchepin, enfin deux hommes, unis dans l'odeur de la poudre et un respect mutuel qui n'est pas celui des fatigués, mais des combattants.

 

Et moi, qui ne suis pas socialiste, je préfère mille fois être représenté par un type opposé à mes opinions, mais avec une puissance de conviction et de caractère, que par un gentil administrateur de haut niveau, style Burkhalter, qui ne provoque en moi ni désir ni envie, ni projection sur l'avenir, ni envie de mordre le destin. Le temps des souris grises est révolu. Pour affronter les défis qui nous attendent, la Suisse a besoin de trempes. Il se trouve que Pierre-Yves Maillard en est une. Le pays aurait grandement tort de s'en passer.

 

Pascal Décaillet

 

 

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29/11/2011

Procureur : à quoi joue le MCG ?

 

Sur le vif - Mardi 29.11.11 - 14.36h

 

Après-demain, jeudi 1er décembre, en fin d'après-midi, nous devrions connaître le nom du nouveau Procureur, à Genève. Olivier Jornot ? Christian Coquoz ? Dans les deux cas, c'est sûr, un homme compétent, au service de Genève. Je n'ai, pour ma part, strictement aucune préférence entre ces deux candidats : je les trouve, l'un et l'autre, excellents. Je pars de l'idée que M. Schifferli, pour des raisons de mode de scrutin (majoritaire, deux tours), sera écarté. Voilà pour l'essentiel : l'avenir du Parquet, l'avenir de la justice à Genève.

 

Ce qui, depuis le départ de Daniel Zappelli, aura été moins reluisant, c'est évidemment le colossal maquignonnage politicard qui aura entouré la guerre de succession. La gauche s'étant assez vite retirée du jeu, c'est principalement entre partis qu'on imaginait alliés, le PLR et le PDC, que se plantèrent les banderilles. Scénario rêvé pour le MCG : jouir du rôle d'arbitre, faiseur de roi, jouir sur le dos du Procureur. Jouir sur le Parquet.

 

Au final, le MCG a-t-il trop embrassé, mal étreint ? Une chose est sûre : il en a trop fait. A force de surjouir, il a surjoué. A force de faire l'intéressant dans son rôle d'arbitre, il diminue son crédit politique. Pourquoi ? Parce qu'il apparaît de façon beaucoup trop évidente qu'il cherche à négocier des arrangements, des promesses pour le futur. Un deal a même été tenté, sans succès, avec Christophe Darbellay : nous faisons élire Coquoz, vous accordez l'asile politique à Poggia dans votre groupe aux Chambres. A ce niveau-là, côté maquignonnage, ça frise les Comices agricoles, chez Flaubert. Le génie littéraire en moins.

 

Oui, le MCG a commis une erreur. Il aurait dû dire (bien avant jeudi 16h, une heure avant le Grand Conseil, histoire de jouer les matamores et montrer qu'on fait les rois), clairement, le profil qui devait, selon lui, être celui du futur Procureur. Au lieu de cela, il nous livre un spectacle de ficelles et de rouerie digne de la République des petits copains qu'il est, habituellement, le premier à condamner.

 

Pascal Décaillet

 

 

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28/11/2011

L'homme du strapontin

 

Sur le vif - Lundi 28.11.11 - 10.37h

 

Si ses adversaires politiques, et les jaloux de tout poil, s'imaginent qu'ils vont neutraliser Mauro Poggia, à Berne, sous le prétexte qu'il devra siéger sur le "strapontin maudit", sur l'estrade, ils en seront bien vite pour leurs frais. La connaissance des dossiers de ce nouvel élu, notamment dans la défense des assurés maladie face aux pieuvres des caisses, sa capacité de travail, sa rapidité de synthèse, en feront très vite l'un des hommes avec lesquels on a envie de travailler. C'est valable à Berne aujourd'hui. Ce sera valable à Genève, dans les années qui viennent.

 

Pascal Décaillet

 

 

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27/11/2011

"Recherche de la base et du sommet"

 

Sur le vif -Dimanche 27.11.11 - 22.33h

 

Le conseiller d'État chargé des Affaires sociales, à Genève, considère que le peuple genevois fait preuve de sagesse, par rapport au salaire minimum. Du haut de son salaire maximum, le conseiller d'État fait preuve d'une sagesse maximale.

 

Pascal Décaillet

 

22:33 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Imprimer |  Facebook | |

Non, la gauche genevoise n'est pas à terre

 

Sur le vif - Dimanche 27.11.11 - 14.37h

 

A Genève, le corps électoral rejette, par 54%, le principe d'un salaire minimum. Dont acte. En démocratie, la première chose est d'accepter la décision du peuple. Mais tout de même, ce triomphalisme de Pierre Weiss, « La gauche à terre », laisse songeur.

 

Le salaire minimum n'était défendu, dans les partis représentés au Grand Conseil, que par les socialistes et les Verts. Les quatre autres partis, PLR, PDC, MCG et UDC étaient contre. Dans ces conditions, réunir 46% des votants autour du projet, ça n'est certes pas une majorité, mais c'est quand même un ralliement qui va bien au-delà des forces cumulées des Verts et des socialistes.

 

La gauche, sur ce projet, a certes perdu. Mais elle n'est en aucun cas « à terre » : elle marque des points. Si le MCG n'avait pris l'étrange décision de se rallier à la droite sur cet objet, le salaire minimum, à Genève, passait.

 

Prochaine étape : l'initiative lancée, au plan fédéral, par l'Union syndicale suisse. L'idée, avec une certaine force, fait son chemin. D'ailleurs, je l'apprends à l'instant, Neuchâtel vient de l'accepter.

 

Pascal Décaillet

 

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25/11/2011

Maillard-Berset : ticket de rêve !

 

Sur le vif - Vendredi 25.11.11 - 19.28h

 

Maillard-Berset : c'est véritablement le meilleur choix que viennent d'opérer les socialistes. Pour leur parti. Mais surtout pour la Suisse ! C'est un ticket de rêve de la part de ce parti, sans doute le meilleur ticket - avec, en plus, l'intelligence du choix laissé entre deux personnes - depuis les grands socialistes des années 1960, on pense évidemment à Tschudi.

 

Quel que soit, le 14 décembre, le choix de l'Assemblée fédérale, c'est un homme d'une immense valeur qui entrera au gouvernement de la Suisse. Maillard, le meilleur de tous, la puissance de la conviction. Ou Berset, la grande intelligence du microcosme. J'ai, ici même, énoncé une préférence pour Maillard, je la maintiens. Mais j'affirme que l'option Berset nous laisserait, aussi, dans des standards de très haut niveau.

 

Des standards dont l'Assemblée fédérale, ces dernières années, nous a fait perdre l'habitude. Fini, le temps des souris grises. Au Conseil fédéral, il faut les meilleurs. Eh bien le parti socialiste suisse est, de toute façon, en passe de nous en fournir un, mi-décembre.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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Isabel, le Dr Mabut et les belles oranges

 

Sur le vif - Vendredi 25.11.11 - 10.52h

 

« Notre sondage sur Isabel Rochat a été manipulé, nous le savons. Il y a eu, à un moment, un apport soudain de mille voix en faveur de la ministre, au moment justement où elle était à la peine. Tout cela, nous le savons. Cette irrégularité, nous en avons connaissance. Mais hélas, nous ne pouvons rien faire ». C'est, en substance, ce que nous apprend Jean-François Mabut, dans son papier d'hier, sur le site online de la Tribune de Genève. Eh bien, cette explication est hautement insuffisante. D'une bien frivole légèreté. Et appelle une ou deux réflexions.

 

Ou bien, la Tribune de Genève a les moyens techniques, voire juridiques, de remonter la piste de l'auteur - ou des auteurs - de ces manipulations. Et là, elle doit aller jusqu'au bout. Et publier les résultats de l'enquête. Ou bien, cela n'est techniquement, juridiquement, hélas pas possible. Dans cette seconde hypothèse, la Tribune de Genève doit immédiatement renoncer à tout sondage de ce genre.

 

Beaucoup, déjà, et depuis longtemps, se gaussent de ces « pseudo-sondages ». Jean-François Mabut reconnaît lui-même qu'ils n'ont pas de valeur scientifique. Mais alors, quelle autre valeur ? Amuser la galerie ? Faire mousser ? Enfoncer le clou, suite à une enquête maison, d'ailleurs intéressante, dans la Tribune papier du jour, sur la déconfiture de la maison Rochat ? Donc, une valeur éminemment marketing. Donc du vent. Parce que le marketing, la « communication », ladies and gentlemen, ça n'a jamais rien été d'autre que du vent.

 

Et c'est précisément cela, le problème de Madame Rochat : certains, autour d'elle, ont cru qu'avec du marketing, on allait faire passer la pilule. On peut, avec la plus belle voix du monde, envoûtante, séduisante, clamer qu'ici, on vend de belles oranges. Sans oranges, juteuses, sonnantes et trébuchantes, ça ne servira strictement à rien.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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24/11/2011

Jornot n'est pas un Orléans

 

Sur le vif - Jeudi 24.11.11 - 14.04h

 

On aime ou non Olivier Jornot, mais le traiter d'affairiste est une erreur. Traite-t-on Maurras d'orléaniste? Non, Jornot, c'est la droite, toute la droite, rien que la droite. Mais franchement, pas celle de l'Argent. Laquelle se trouve, n'ayons crainte, très largement représentée chez ses amis libéraux.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Parfum d'Automne

 

Sur le vif - Jeudi 24.11.11 - 09.27h

 

Un député qui fait son boulot. Le bon docteur Buchs, élu PDC, membre de la Commission de gestion du Grand Conseil, va poser au gouvernement la question que tout le monde murmure: qui finance les Automnales? Aucun denier de l'État, vraiment? Aucune aide indirecte? Aucune facilitation? Aucune impulsion ministérielle, il y a deux ans, lorsqu'il s'est agi de chasser X pour installer Y? Aucune chicanerie envers X, pour lui faire rendre gorge?

 

L'an dernier, le bon docteur avait déjà posé la question: le Conseil d'État lui avait répondu avec un cinglant mélange de brièveté et de sécheresse, le tout parfumé d'une belle arrogance. Merci au bon docteur de ne pas prendre, lui, la Commission de gestion pour un club ouaté de copains du gouvernement, mais pour ce qu'elle est: l'instance démocratique de contrôle de l'exécutif et de son administration.

 

Pascal Décaillet

 

PS - Puisse le bon docteur ne se satisfaire en aucun cas de la future réponse du Conseil d'Etat, qui va évidemment le mener en bateau. Puisse la Commission de gestion entreprendre toutes choses pour éclairer les liens entre un conseiller d'Etat et le petit monde de Palexpo.

 

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23/11/2011

La Coccinelle sur le Macadam

 

Sur le vif - Mercredi 23.11.11 - 14.23h

 

Humilié deux fois ! Il est bien brave, le bon juge Peila: le brave des braves ! Le maréchal Ney ! Humilié, il y a quelques jours, par une "commission judiciaire du PLR" au demeurant dépourvue de toute légitimité. Repêché, par la grâce d'un bailli de retour de chez les Kanaks. Puis ré-humilié, jusqu'à l'os cette fois, hier soir, par l'Assemblée générale du même parti: 117 voix pour le demi-dieu Jornot, 9 pour le juge ! Il s'est comparé à la coccinelle face au rouleau compresseur. Chétive et touchante métaphore, où flamboient le goudron et les plumes. La possibilité d'un macadam sur le sentier de la gloire.

 

Pascal Décaillet

 

 

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22/11/2011

Procureur: la stratégie gagnante du PLR

 

Sur le vif - Mardi 22.11.11 - 11.38h

 

Donc, le PLR a présenté MM Jornot et Peila. Mais la "commission judiciaire" du PLR a choisi M. Jornot seul. Mais le "comité directeur" du PLR a tout de même auditionné MM Jornot et Peila, l'élu et le recalé. Mais ladite commission a finalement choisi M. Jornot seul. Mais l'Assemblée des délégués du PLR, ce soir, tranchera entre MM Jornot et Peila comme duo, M. Jornot seul, M. Peila seul. Ou M. Jornot, suivi de M. Peila. Ou M. Jornot, précédé de M. Peila. Ou l'âme de Jornot dans le corps de Peila. Ou M. Jornot, adoubé par M. Peila. Ou M. Peila, désisté par M. Jornot. Ou Louis Jornot. Ou Olivier Peila. Ou Louis-Olivier Peilot. Dans cette affaire, le PLR est droit ses bottes. Mais ses bottes, il les a juste mises à l'envers.

 

Pascal Décaillet

 

 

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21/11/2011

Eric et les petits copains

 

Sur le vif - Lundi 21.11.11 - 08.56h

 

La bataille qu'a menée Eric Stauffer, vendredi soir au Grand Conseil, il avait parfaitement le droit de la conduire. La démocratie consiste, très exactement, à opposer des idées contradictoires pour - DANS UN DEUXIÈME TEMPS - tenter de trouver des solutions. Quant aux multitudes d'amendements, est-ce illégal?

 

Quant au ton, je préfère mille fois, pour ma part, la rude franchise du patron du MCG aux salamalecs de politiciens de salon ne songeant, au fond, qu'à maintenir au pouvoir leurs coalitions de fortune, donc leurs prébendes, donc leurs mandats, donc leurs multiples jetons de présence dans les réseaux de copinage horizontaux où ils se fourvoient à longueur d'année.

 

Pascal Décaillet

 

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20/11/2011

Peter et les images

 

Sur le vif - Dimanche 20.11.11 - 09.31h

 

Gratuite, bête et méchante, et je pèse mes mots, l'attaque de Peter Rothenbuehler, dans le Matin dimanche d'aujourd'hui, contre le futur nouvel évêque de Lausanne, Genève, Neuchâtel et Fribourg, Mgr Charles Morerod. A lire le king du people et des émois princiers, le prélat ferait dans le bling bling en ayant accepté de répondre à des journaux, qui souhaitaient simplement le présenter, avec photos..., à leurs lecteurs. Se faire traiter de popu par... Rothenbuehler!

 

Manifestement, mon royal confrère n'a pas lu la belle et simple interview du Courrier, dont je parlais hier, ici même. Ou pas voulu la lire. Évidemment, quand on se contente de passer son temps à regarder des images, chasser des images, détourer des images, publier des images, vendre l'image, on a moins le loisir de se consacrer à la lecture du fond. Alors, on juge sur l'image. On loue l'image. On vitupère l'image. On ne vit plus, on ne meurt plus que pour l'image. En couleur. Et sur papier glacé.

 

Bref, mon ami Rothenbuehler ne fonctionne que sur le registre qu'il a lui-même porté au pinacle. Et qui ruine, avec dévastation, la presse romande.

 

Pascal Décaillet

 

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19/11/2011

Au pied de la Croix, les femmes

 

Sur le vif - Samedi 19.11.11 - 15.33h

 

Catholique, je suis favorable, depuis très longtemps, à l'ordination des femmes. J'avais plaidé dans ce sens dans ma chronique de la Revue jésuite Choisir, no 528, de décembre 2003. Mon texte s'appelait "Le salut par les femmes", faisait allusion à sainte Claire, Thérèse de Lisieux et Simone Weil, rappelait l'éblouissant apport des femmes dans toutes les tâches des communautés chrétiennes, à commencer souvent par les plus frontales, les plus exposées, les plus courageuses. Je me souvenais aussi de la position de l'ancien archevêque de Milan, Carlo Maria Martini, que j'avais interviewé en 1996, pour la RSR: ce grand cardinal se déclarait favorable à l'accès des femmes au sacerdoce.

 

D'où ma surprise, fort agréable, en lisant aujourd'hui la prise de position du nouvel évêque du diocèse de Lausanne, Genève, Fribourg et Neuchâtel, Charles Morerod, dans le Courrier: " Bien que Jésus se soit entouré de beaucoup de femmes, il a choisi exclusivement des hommes parmi ses apôtres. Pourquoi? Peut-être dans le sens d'un vision de complémentarité entre l'homme et la femme. Mais en réalité, je n'en sais rien".

 

Ce "Je n'en sais rien" qui dilue et abolit sémantiquement la première partie de la phrase, je l'ai pris (à tort ou à raison) comme une fenêtre ouverte. Je me suis dit que seule la formation thomiste d'un dominicain pouvait à la fois reprendre l'antienne officielle, et juste après, imaginer qu'elle fût pulvérisée. Parce qu'au moins quelqu'un, plutôt que répéter les théories des chefs, reconnaît son ignorance sur les raisons profondes d'une inégalité.

 

Je me réjouis beaucoup de faire la connaissance de Mgr Morerod: ce sera demain, à l'occasion du GRAND ORAL, qui sera diffusé à 18h, simultanément sur La Télé (VD + FR) et sur Léman Bleu (GE).

 

Pascal Décaillet

 

 

 

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18/11/2011

L'âne qui miaulait - Conte d'automne

 

Vendredi 18.11.11 - 15.12h

 

Bon allez, supposons. Un âne, au milieu d'un pré. A quelques mètres de l'animal, Eric Stauffer et le ministre genevois des Affaires sociales.

 

Stauffer : « Ceci est un âne ».

 

Le ministre : « Mais non. Ceci est un chat. Vous êtes un âne, mon ami ».

 

Stauffer : « Ceci est un âne, je maintiens ».

 

Le ministre : « Vous vous enfoncez. Vous voyez des ânes partout ».

 

Stauffer : « Dans le cas présent, j'affirme et répète qu'il s'agit d'un âne ».

 

Un quotidien bleu : « Epatant, le délicieux petit chaton que vient de repérer notre ministre, dont il convient de rappeler ici toute l'excellence en nomenclature systématique du règne animal. Il a certes de grandes oreilles, mais c'est un chat, soyons-en sûrs ! ».

 

Stauffer : « Je dis et maintiens que c'est un âne ».

 

L'âne (car c'en est un) : « Mais qu'ont-ils tous à me contempler ? ».

 

Le ministre, deux ans plus tard : « A la réflexion, le chaton pourrait, vu sous un certain angle, être perçu comme ressemblant à un âne ».

 

Stauffer : « A la bonne heure ! ».

 

Le quotidien bleu : « Honneur à notre ministre, qui a, le tout premier, su reconnaître l'âne, sous de fallacieuses allures félines ! »

 

L'âne : « Miaou ! ».

 

Le cabinet du ministre : « Hi Han ! Hi Han ! ».

 

Medeiros : « Ouarf, Ouarf ! ».

 

Les mémés des Eaux-Vives : « Hosannah ! In excelsis ! ».

 

Rideau.

 

 

 

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Ecclésiales douceurs

 

Sur le vif - Vendredi 18.11.11 - 09.38h

 

Ce matin, sous la plume de mon estimé confrère David Haeberli, édito aligné couvert de la TG sur la position du ministre genevois des Affaires sociales, et de l'actuelle majorité parlementaire, bref le pouvoir en place. Avec une obédiente (pesons nos minuscules) clarté, l'éditorialiste nous explique à quel point la suppression du RMCAS (Revenu minimum cantonal d'aide sociale) est une bonne chose. Décidément, la case "édito" de ce journal, en page une, se confirme comme la propriété personnelle de ce ministre. Jamais, en aucune espèce, il ne s'y trouve contrarié. D'une même voix, on y chante ses louanges. Cela fleure l'ecclésial, la chapelle, voire la fraternité de crypte. Émouvant, non?

 

D'où la divinité de la surprise en découvrant la page 2. Bonheur de lire la chronique politique d'Olivier Francey. Pour la première fois depuis l'invention du compas, un commentateur de ce journal égratigne le ministre qui, tel M. Jourdain, prône la préférence cantonale en s'interdisant surtout d'en prononcer le nom. Il eût émis des doutes sur Saint François en plein centre d'Assise, l'impertinence n'eût été pire. Bravo Olivier, et ne te laisse surtout Loger à nulle enseigne.

 

Pascal Décaillet

 

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17/11/2011

Bulletins de la Petite Armée

 

Sur le vif - Jeudi 17.11.11 - 14.14h

 

Juxtaposition sans hiérarchie d'objets n'ayant aucun rapport entre eux, le communiqué hebdomadaire du Conseil d'Etat genevois suinte la grisaille, le primat de l'administration, l'envie de se pendre. En vain, on irait y quérir le moindre embryon de vision politique, déclinée en priorités.

 

La dernière performance date d'il y a quelques minutes. Au milieu d'un salmigondis de notices disparates, figurent les félicitations du gouvernement genevois à Raymond Loretan, nommé, par amitiés chrétiennes, président de la SSR. La nomination date du 22 septembre : on apprécie au passage la fulgurante célérité de notre septuor (octuor, en fait) dans l'art de la con-gratulation.

 

On goûte aussi sa précision : le Conseil d'Etat fait mention de « la grande expérience (de M. Loretan) dans le domaine des médias, de la politique et de l'économie ». Pour la politique, rien à dire : l'homme fut diplomate, secrétaire général du PDC, conseiller personnel d'Arnold Koller, et même constituant. Pour l'économie, accordons-lui, par les effets théologaux de la Grâce, ce blanc-seing.

 

Mais « grande expérience dans le domaine des médias » : désolé, mais nous séchons. Remarquez que, pour le poste que va occuper mon éminent compatriote, l'absence de toute connaissance de la réalité médiatique en Suisse figure plutôt au rang de qualité. L'actuel directeur général, centriste canal Euclide et croisé extatique de la cause du Bien, en donne, jour après jour, un exemple éclatant.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

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16/11/2011

Santiago-sur-Arve

 

Sur le vif - Mercredi 16.11.11 - 14.11h

 

La manif des employés HUG, tout à l'heure, devant l'Hôtel-de-Ville, a réussi à faire déménager la Commission des finances du Grand Conseil ! Cette commission, qui se réunit aujourd'hui de 12h à 19h, a commencé ses travaux, non dans la prestigieuse Salle de l'Alabama, au rez-de-chaussée de l'Hôtel-de-Ville, mais au 5ème entresol du 2, Henry-Fazy, à quelques mètres de là. Les commissaires aux finances viennent seulement, il y a quelques minutes, de réintégrer l'Alabama, en passant par derrière, c'est à dire par la terrasse! Protégés par deux policiers portant une véritable tenue d'assaut. La vie parlementaire, décidément, est palpitante. Santiago-sur-Arve?

 

Pascal Décaillet

 

 

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Salaire minimum : je vote oui

 

Chronique publiée dans le Nouvelliste - Mercredi 16.11.11

 

Après mûre réflexion, je voterai, le 27 novembre à Genève, pour l'instauration d'un salaire minimum. J'ai pesé le pour, le contre, organisé des débats sur le sujet, écouté avec intérêt tous les avis : au final, il m'apparaît qu'il faut donner un signal fort contre les abus de certains employeurs, les salaires à vil prix, la sous-enchère (dumping), au fond le bradage du Contrat social, qui implique un minimum de respect entre les parties. Ce signal, j'en conviens, passe par une mesure un peu arbitraire (quel plancher ? 4000 francs ?), à la française, avec une kyrielle de défauts que le patronat ne se gêne pas de nous brandir. Eh bien, tout de même, osons le signal.

 

L'idée d'un salaire minimum, en Suisse, fait son chemin. Dans plusieurs cantons (Neuchâtel et Genève votent le même jour), mais aussi au plan national, avec une initiative de l'Union syndicale suisse. La route promet d'être longue, ardue, tellement ce concept s'oppose à tout ce qui, depuis en tout cas la paix du travail de 1937, fonde nos rapports contractuels : discussions par secteurs, conventions collectives. Un système, il faut l'avouer, qui a bien fonctionné. Mais les temps ont tellement changé : l'entrée en vigueur des bilatérales, l'ouverture des frontières, la libre circulation des personnes, la très claire sous-enchère salariale en zone frontalière (criante, à Genève), tout cela doit nous amener à augmenter la protection sociale pour les plus défavorisés. A Genève, avec 3000 francs pour un plein temps, on ne peut tout simplement pas vivre.

 

Je suis moi-même responsable, depuis plus de cinq ans, d'une petite entreprise : mon bureau indépendant de journalisme. Je sais ce que payer un salaire veut dire. Des locaux professionnels. Investir dans du matériel. Avoir peur, au fond. Alors qu'on est soi-même indépendant, justement démuni des garanties sociales qu'on accorde à son employé. Mais c'est le jeu, justement : on a choisi, soi-même, d'assumer le risque économique. Le salarié, en revanche, doit pourvoir bénéficier de la protection sociale. Payer correctement les gens avec qui on travaille, c'est cimenter un climat de confiance qui, finalement, augmentera les chances compétitives de l'entreprise. Le vrai libéralisme, qui est tout sauf celui du casino, n'est-ce pas quelque chose de cet ordre-là ?

 

On me dira qu'un contrat existe dans la mesure où il est accepté par chacune des parties. Je veux bien, mais c'est une vision absolue. La liberté de fixer les salaires, la manœuvre de négociation, tout cela doit demeurer. Mais encadré par un Etat-arbitre. Qui ne joue pas à la place des joueurs, mais siffle les abus. Le génie du jeu, la volonté de vaincre, doivent rester du domaine des entreprises. Mais ces dernières évoluent dans un champ plus large, celui d'une société. Où il convient que chacun ait sa place. Avec un minimum de décence pour pouvoir vivre.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

08:38 Publié dans Chroniques éditoriales Nouvelliste | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Imprimer |  Facebook | |