14/12/2011

L'ordre règne à Berne

 

Sur le vif - Mercredi 14.12.11 - 17.22h

 

Ce commentaire va peut-être un peu détonner dans le concert de louanges face à l'élection de ce matin, et d'avance je prie les âmes sensibles de bien vouloir me le pardonner.

 

Depuis plus de vingt ans, déjà lorsque j'étais correspondant parlementaire à Berne, je plaide pour l'élection du Conseil fédéral au suffrage universel. Quatre millions d'électeurs potentiels, évidemment bien informés, et même deux millions pour une participation à 50%, ou même un million six cent mille pour une participation à 40%, me semblent ancrer davantage de légitimité que la combinazione de 246 parlementaires. Cette position qui est mienne, la pantalonnade de ce matin n'a fait que la renforcer.

 

L'ordre règne à Berne. Vous pouvez circuler, il n'y a plus rien à voir. L'emmerdeur, le dérangeur, le vilain petit canard, on la enfoui, bien profond, sous le tas de fumier. On fait comme s'il était mort. Comme si le cauchemar était fini. Comme si on allait enfin pouvoir revivre l'âge d'or des vertes années, les années d'avant le 6 décembre 1992, avant le phénomène de l'UDC blocherienne. Enfin, entre gens convenables ! Comme avant. Comme à l'époque, follement excitante, des Cotti et des Koller, des coteries sans colère. Entre soi !

 

Un certain parti, le 23 octobre dernier, a obtenu 26% des voix. C'est loin devant le deuxième (20%), très loin devant le troisième (14%), à quelques années-lumière du quatrième (12%). On parle de concordance. On prétend, mensongèrement, qu'on lui reconnaît son droit à deux sièges. Par derrière, de façon programmée, préméditée, construite, on ourdit pour qu'il n'en soit rien. Et la coalition des perdants du 23 octobre, PLR et PDC, s'arrange pour que les siens soient reconduits, la seule chose qui compte pour eux, le tout sous couvert de morale, comme le 12 décembre 2007. Et les naïfs y croient ! Et le résultat, c'est que le premier parti du pays (26%) n'a plus qu'un conseiller fédéral, alors que le troisième (14%) continue d'en avoir deux, au demeurant deux ministres sans puissance, ni vision, ni format.

 

Une fois de plus, c'est son propre crédit de grand électeur que le parlement affaiblit. L'opinion publique n'est pas dupe. Et le jour où elle devra se prononcer sur l'élection du Conseil fédéral par le peuple, elle saura se souvenir de ce mercredi 14 décembre 2011.

 

Pascal Décaillet

 

 

17:22 Publié dans Sur le vif | Lien permanent | Commentaires (48) | |  Imprimer |  Facebook | |

Commentaires

L'UDC aurait eu droit à deux conseillers fédéraux. La chose ne s'est pas faite.
Que faudrait-il attendre d'un retrait de l'UDC du gouvernement suisse ? Un blocage généralisé des décisions, combattues par référendum.

Écrit par : Jean Romain | 14/12/2011

tous les partis ont du avalé des couleuvres et se farcir des conseillers federaux qu'ils ne voulaient pas, seul l udc a exclus le sien.

donc l udc a bien 2 conseillers.

est ce un hasard que vous citiez 2 PDC ?? je pense que non, pourquoi tant de haine avec ce parti qui a pourtant fourni de très bons politiques

est ce parce que ce parti ne fait pas du populisme a 2 balles donc pas bon pour l'audimat, je ne vois que cette raison

Écrit par : yanick | 14/12/2011

J'ai une question encore plus pragmatique : combien va coûter la fiesta de ce soir et qui va passer à la caisse ?

Écrit par : Pragmatique | 14/12/2011

Bien vu Pascal

Écrit par : L' Amer Royaume | 14/12/2011

Oui, vous avez raison M. Decaillet, le premier parti a le droit à deux sièges, mais encore fallait il qu'il le veuille. Je passe sur la mascarade Zuppiger et l'alibi Rime. J'ai eu le plaisir d'assister à l'audition de M. Walter par le groupe Vert'libéral aux chambres. Pathétique la prestation de M. Walter, qui se demandait bien dans quelle galère il ramait. Je ne parle même pas de son français inexistant auquel Isabelle Chevaley lui a rappelé que ça fait 12 ans que manifestement, il ne comprend pas les interventions des romands en commission...

Le pouvoir pour l'avoir, il faut au moins le vouloir. Sur ce coup ci, l'UDC à passé son tour.

Laurent Seydoux, Président des Vert'libéraux genevois

Écrit par : Laurent Seydoux | 14/12/2011

@ A Laurent Seydoux
Quand on veut tuer son chien on dit qu'il a la rage, c'est vieux comme le monde.
Il serait plus franc de dire qu'on ne veut plus son chien parce qu'il aboie parfois (à juste titre). La franchise n'es plus de mise au parlement, les menteurs n'ont plus de vergogne. Vive la nouvelle Suisse.

Écrit par : L' Amer Royaume | 14/12/2011

Votre décompte oublie de tenir compte des partis centristes, Pascal. PBD, verts et verts lib, certes, viennent ensuite mais représentent à eux tous une force qui se place en 2ème position. Il est légitime qu'ils aient également un siège et faute de mieux, on peut les considérer représentés par Mme Widmer-Schlumpf. Qui fait du très bon boulot.
La puissance, la vision et le format de M. Maurer, comme d'ailleurs des autres candidats UDC restant accessoirement fort relative. Or il me semble que la qualité des candidats devrait être primordiale dans l'élection du CF.
En tout cas, ce qui est fondamentalement naïf, selon moi, serait de penser qu'une élection par le peuple pourrait garantir à la fois une représentation correcte des minorités linguistiques et de la diversité des sensibilités politiques. Faites élire le CF par le peuple et par les temps qui courent, dans les dix ans qui suivent, la Suisse commence à ressembler à la Belgique.

Écrit par : Philippe Souaille | 14/12/2011

Nous avons le même problème à Vernier, mais au niveau communal.

P.S : 14 sièges et 33.21 % 1 conseiller administratif
Verts : 5 sièges et 11,92 % 1 conseiller administratif
Libéraux : 3 sièges et 9,02 % 1 conseiller administratif

MCG : 12 sièges et 28,42 % pas de conseiller administratif....

Chercher l'erreur : 2 des 3 conseiller administratif ne représentent pas le choix des électeurs...mais celui des arrangements entre copains.
Vernier aura un maire élu avec environ 13 % des voix lors de l'élection municipale... étonnant non ?

Écrit par : Manu | 14/12/2011

Oui, mathématiquement, l'UDC pouvait prétendre à deux sièges. La machine est tellement bien huilée que ce parti semble condamné à perdre lors de toute nouvelle tentative à placer deux des siens. Peut-être qu'un jour le peuple pourra enfin élire son gouvernement.

Écrit par : Mygalon | 14/12/2011

La concordance a été brisée par l'UDC en 2007. Elle avait 2 Conseillers fédéraux, elle a exclu l'une et poussé l'autre à la démission. Quant à sa stratégie de ces derniers jours et particulièrement de ce matin, elle est incompréhensible. Pourquoi mettre deux candidats pour renverser EWS ? S'ils avaient concentré leurs voix et celles du PLR sur M.Walter, peut-être auraient-ils pu obtenir quelques vois d'autres partis et provoquer un 2ème tour. Voulaient-ils vraiment gagner ou préfèrent-ils jouer les martyrs ?

Écrit par : gamine | 14/12/2011

Vous avez oublié d'ajouter l'ennui. L'ordre et l'ennui règnent à Berne. Une bonne raison de ne pas y aller....

Écrit par : piller | 14/12/2011

A confondre mathématique et politique, M. Décaillet, on se fourvoie inévitablement. Que les urnes du Parlement vous aient déçus, je le conçois et pourrais, pour d'autres raisons, partager votre dépit. Toutefois, ce n'est inscrit nulle part dans la Constitution fédérale que le parti majoritaire a droit à la majorité des sièges du gouvernement, ou bien me trompe-je? Et ne serait-ce pas une des explications du "miracle" helvétique? Demain, ce qu'à Dieu ne plaise, vous pourriez être Conseiller fédéral, si le Parlement en décidait ainsi. Permettez-moi simplement de vous dire que je trouve ça très bien, et si ça donne mal aux dents aux blochériens de tout poil (il y en a aussi au PS, rassurez-vous),ça ne m'empêche pas, comme dirait M. Chirac, de m'en gratter l'une sans déranger l'autre.

P.S. : j'ai bien ri à l'allusion des coteries sans colère; avez-vous songé à faire carrière dans l'Almanach Vermot?

Écrit par : Acquarius | 14/12/2011

Un parti qui depuis quatre ans ne rêve que de reconquérir le siège auquel il a lui -même renoncé et est incapable de présenter un candidat un tant soit peu crédible a-t-il sa place au gouvernement ?

Écrit par : alec feuz | 14/12/2011

Il n'y a pas eu une coalition du PDC et du PLR. Mais cela ne change rien à la pertinence de votre analyse.

Écrit par : Cyril Aellen | 14/12/2011

Oui, vous avez raison M. Decaillet, le premier parti a le droit à deux sièges, mais encore fallait il qu'il le veuille. Je passe sur la mascarade Zuppiger et l'alibi Rime. J'ai eu le plaisir d'assister à l'audition de M. Walter par le groupe Vert'libéral aux chambres. Pathétique la prestation de M. Walter, qui se demandait bien dans quelle galère il ramait. Je ne parle même pas de son français inexistant auquel Isabelle Chevaley lui a rappelé que ça fait 12 ans que manifestement, il ne comprend pas les interventions des romands en commission...

Le pouvoir pour l'avoir, il faut au moins le vouloir. Sur ce coup ci, l'UDC a passé son tour.

Écrit par : Laurent Seydoux, Président des Vert'libéraux genevois | 14/12/2011

" L'ordre règne à Berne "

Oui en effet et c'est très bien ainsi !

Parce que l'élection du Conseil fédéral par le peuple, je n'y crois pas, tout au moins pas sans en avoir précisé préalablement les modalités d'application !

Quid du respect des minorités, des régions et du financement des partis ? Faudrait-il découper le pays en circonscriptions électorales ?
Faudrait-il élire le Conseil fédéral sur la base de listes bloquées comportant 7 noms avec un programmes de législature, sans possibilités de latoisage ou de panachage ?

Autant de questions sans réponses à ce jour !

Réformer oui, mais pas n'importe comment, au risque d'induire plus de problèmes que d'en résoudre.

Et puis si ce "certain parti" dont vous parlez, celui qui a obtenu 26% le 23 octobre dernier et qui revendique un second siège depuis quatre ans n'a pas réussi à l'obtenir, à qui la faute ? Pourquoi l'UDC n'a-t-elle pas pu trouver en quatre ans de candidats crédibles ? On ne peut tout de même pas imputer aux autres une grave erreur de casting ? Franchement l'UDC n'avait-elle personne d'autre à extraire de son vivier qu'un Bruno Zuppiger suspecté de prédation, puis d'un Hansjörg Walter que l'on rejette aussitôt dans son bocal en pleine partie de pêche lorsqu'on s'aperçoit que l'alevin n'a pas la taille requise ?

L'UDC doit avant tout s'en prendre à elle-même et viser ses têtes pensantes, en l'occurrence la bande des "3 B", les Brunner, Blocher et Baader, bien piètres stratèges !

Si l'ordre règne à Berne, on ne peut en dire autant du côté de l'Albisgüetli !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 14/12/2011

Comme j'ai moi aussi la mémoire courte, je ne puis rappeler à votre bon souvenir l'un de ces papiers où vous applaudissiez les manoeuvres d'hommes politiques comme Fluvio Pelli entre autres, poussant la délectation jusqu'à faire référence à Machiavel. Mais ce genre était si commun chez les commentateurs politiques que cela n'a pas grande importance.

En outre, parler de combinazione pour ce que toute la Suisse s'attendait à voir, c'est frôler les limites du ridicule. L'UDC est la première à avoir assuré le déroulement de la pantalonnade: le status de victime ajouté à celui de "représentant" du peuple permet une culture de choux bien plus gras que la participation à un exécutif. Freysinger l'a d'ailleurs avoué à demi mots lors de Forums en affirmant que si l'UDC avait vraiment voulu un deuxième siège au Conseil Fédéral elle aurait réussi.

Maintenant, la sainte opinion publique n'est bien entendu pas supposée capable de comprendre cette tactique: la franchise des démagos a des limites !

Écrit par : calico | 14/12/2011

Il est compréhensible de réclamer un siège de plus pour l'UDC. Mais l'UDC elle-même s'en est défait lorsqu'elle a exclu (sans aucune forme de consultation de sa base évidemment) EWS qui ne demandait qu'à y rester. EWS a été élue sous la bannière UDC et par plusieurs membres du groupe UDC. Ainsi le PBD est une création 100% blochérienne, ainsi qu'une pathétique illustration de ce que je tentais de décrire chez vous il y a quelques mois: en politique, l'honneur est le pire des conseiller. Apparemment, CB n'a toujours pas compris la leçon, mais il semble que ses troupes et même certains de ses proches l'aient enfin comprise ce matin.

Quant à réclamer l'élection du CF au suffrage universel (merci de ne pas dire "par le peuple"), ce n'est pour moi ni plus ni moins que la négation de la légitimité du Parlement, qui perdrait là une de ses prérogatives les plus utiles et les plus conformes à notre culture politique fédérale.

Écrit par : david laufer | 15/12/2011

Si l'UDC représente 26% de votants, elle ne représente pas le 74% restant capable de diriger le pays sans ce parti. Cependant, je suis d'accord. Il faudra arriver à former un gouvernement sur un programme politique que le peuple élira. L'UDC pourra alors former une équipe autour d'elle pour proposer un programme choc qui attirera peut-être davantage les électeurs et électrices libéraux qu'une autre équipe organisée autour d'un centre fort ou d'une gauche bien marquée.

La concordance était déjà une concordance de coalition puisque certains partis marginaux n'étaient pas représentés au Gouvernement. Donc nous aurons une nouvelle concordance qui ralliera large pour pouvoir gagner l'adhésion du pays. La Suisse ne sera jamais un pays de bipartisme comme la France (et même la France vacille aujourd'hui autour de ces deux pôles qui risquent de ne point se retrouver au second tour de l'élection présidentielle dépassés par une Marine le Pen et un François Bayrou.

Écrit par : pachakmac | 15/12/2011

Christian Levrat aime bien les amalgames lorsque ça l'arrange: «L'UDC et le PLR ont perdu 16 sièges aux dernières élections...» Et patati et patata...
Aller jusqu'à prétendre que l'UDC a perdu les élections en régressant à 26%, alors qu'aucun autre parti a atteint un tel score ces dernières législatures, faut déjà avoir le cerveau bien embué. Passons sur les arguments les plus suffisants et plus haineux de certains parlementaires et retenons que désormais l'Assemblée fédérale se subdivise en deux camps: la coalition gouvernementale et l'opposition. Nul besoin d'attendre une quelconque décision de l'UDC en janvier, les faits sont là, clairs et précis. La coalition a désormais 6 ministres et l'opposition un seul. Aux Chambres ça se traduit grosso modo par 70% pour la coalition et 30% pour l'opposition (avec divers droite). Et même si pour le gouvernement on l'on résonnait arithmétiquement comme-ça, l'opposition "aurait droit" à 2,1 sièges...
On est donc en plein processus de violation de la volonté populaire. Certainement que le peuple est en train d'«apprécier». On l'a déjà vu maintes fois se rebeller contre la nomenklatura, les choses sérieuses ne font que commencer.

Écrit par : petard | 15/12/2011

Rassurez-vous,aucun pardon ne vous est demandé, je ne suis en politique pas une âme sensible, je n'ai aucun état d'âme. plus de deux lustres de pratique concrète de ce qui s'appelle l'Alternative m'ont immunisé durablement. Ce qui m'interpelle à quelque part comme disent les invertébrés, c'est le vocabulaire que vous employez : "par derrière, la préméditation, ourdir, de façon programmée". "Le tas de fumier" que vous évoquez maurassiennement ne serait-il, selon votre lecture, autre chose que la démocratie ? Politiquement ce bien précieux peut-il se résumer à une stricte et mécanique application comptable du résultat des urnes ? Ce serait vider le politis de son sens. Je pense au contraire que les combinazione que vous tancez porte un autre label : les rapports de force que la suprême autorité, le conseil général, délègue pour interprétation à sa représentation. Sans libre traduction de la volonté du souverain, l'existence de chambres parlementaires ne se justifie plus. C'est une opinion. Le souhait d'une verticalité directe que je perçois dans vos propos "cambe" les institutions que nous nous sommes données et les rends caduques. C'est une autre opinion ; elle induit par exemple la posture du mouvement d'Eric Stauffer qui sera illustrée dès demain au Grand Conseil : au-dessus des lois, de la constitutuiom $$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$nstitution

Écrit par : pierre losio | 15/12/2011

Vous voulez Rochebin, Federer, Blatter et Miss Suisse au pouvoir:-) ?

Rien de mieux, à mon avis, que la halle de décantation et de fermentation d'un parlement pour que celui-ci, après macération, dégage les "moins pires"...me^me si c'est au prix de combinazione.

Les 10 ou 12 partis au Parlement fédéral savent très bien où sont les tocards et les alphas...

Je n'ai pas envie de Bernard Tapie suisses au Conseil fédéral. Pas plus que de vedettes de foot ou de speakerines de la télé.

L'idéal serait que nos élites prennent le risque de s'engager en politique. Mais nos alphas sont déjà tous fort bien placés et rétribués ailleurs...

Écrit par : Jean Dethurens-Groult | 15/12/2011

Une question devrait se poser à l'UDC.
Pourquoi n'arrive-t-elle pas à gagner les voix de la droite lorsqu'elle attaque la gauche?
Car c'est cela qui est arrivé, rien d'autre. Que les verts et le PS préfèrent ne pas élire un UDC, rien de plus normal.

La tête du parti a réellement des questions à se poser.

Maintenant, ce qui me dérange profondément, c'est qu'on prétend à une répartition arithmétique, sans considérer la qualité des candidats qui sont proposés.
Car il est clair que tant Berset que Maillard ont largement plus les compétences et les qualités de chef d'état que Rime ou Walter.

D'ailleurs, je ne peux m'empêcher de penser que l'UDC, volontairement ou non, savait très bien qu'elle n'avait aucune chance avec ses deux candidats là.

Il ne suffit pas d'être du bon parti et consensuel pour faire un conseiller fédéral, il serait temps que cela soit clairement dit et que cela s'applique dans la réalité.

Et je ne suis pas certain du tout qu'une élection par le peuple soit meilleure de ce point de vue là.

Écrit par : lefredo | 15/12/2011

Tout à fait M. Décaillet.

Sous couvert de pseudo arguments cartésiens on nous dit que les candidats UDC n'étaient pas les bons.

On réalise en fait un déni de démocratie comme l'Europe qui nous entoure sait si bien le faire. Rappelez-vous les nombreux référendums perdus en France, Irlande et Pays-Bas. Perdus par les partis traditionnels et contournés pour finalement être favorable à la bien pensance.

On tue le Rock&Roll, car trop rebelle et on nous impose à longueur de journée exclusivement de la musique classique à l'image du voyou du film Orange Mecanique attaché à un fauteuil et mis en rééducation forcée.

Car a bien regardé, tous les conseillers fédéraux ont de belles casserolles qui les suivent y compris le nouveau Berset et son attitude conciliatrice sur les réfugiés illégaux notamment ou sur l'Europe et la libre circulation du chômage. On peut regarder un même objet sous des angles différents et l'ombre sera présente ou pas.

Dans le cas de l'UDC, il ne faut surtout pas se priver de lancer référendum sur référendum, car sinon les partis consensuels le tueront en empêchant l'expression de ses idées.

Écrit par : anonyme | 15/12/2011

Comme l'écrit Stéphane Montabert on est passé du système de concordance à celui de coalition.

http://stephanemontabert.blog.24heures.ch
(voir l'article intitulé "Quand 5.4% égale 26.6%".

Et on a fait ça en cachette sans le révéler au peuple.

Ca me renforce dans l'idée que pour relayer les intérêts de ses 26.6% de votants l'UDC devra proposer une palette élargie de référendums.

Écrit par : anonyme | 15/12/2011

0740 sur la RSR : Adolf Ogi qui "tire dans les pattes" de son propre parti, sous l'amicale supervision du journaliste de service. Et qui conseille, dans son style pittoresque, à "l'animal blessé" et "dangereux" Blocher le suicide (bon la démission) et à l'UDC la voie de la raison : traduction, devenir compatible avec les libéraux de gauche et de droite qui monopolisent désormais la coalition du Conseil fédéral. Autant demander au parti de devenir pro-européen, pro-globalisme, pro-mosquées, bref autant demander au partir de se saborder et de diluer ses forces vers toutes les formations de mollachus du centre-droit ou même du centre (Evelyn Widmer-Schlump vient de déclarer que son parti est désormais "au centre" ; pas au centre-droit, au centre, donc à gauche comme le PDC).

Adolf Ogi, comique alpin, qui, à son poste de conseiller fédéral, avait bien entamé la destruction de l'armée suisse, quasiment achevée par son successeur maintenant au PBD.
Adolf Ogi apprécié par Andy Gross et Ruth Maria-Bernasconi.
Quand un politicien est autant apprécié par les adversaires de son propre parti et par la presse (de l'utilité des boussoles qui indiquent le sud), c'est forcément qu'il est susceptible de trahir (1) (le cas Widmer-Schlumpf) ou qu'il est suffisamment benoît pour être utilisé (le cas Ogi).
Donc, on peut largement se passer de tels conseils.



P.S. j'étais jusque à présent contre l'élection du Conseil fédéral par le peuple, essentiellement par conservatisme et parce que je croyais que notre classe politique avait toujours la "common decency" de choisir une voie équilibrée.
Comme ce n'est manifestement plus le cas, désormais l'élection du Conseil fédéral par le peuple s'impose.



(1) saluons le seul journaliste indépendant de la presse publique en Suisse romande, j'ai nommé Darius Rochebin, qui a demandé, hier soir sur la RSR à un Christophe Darbellay emprunté, "quelles étaient les spécificités d'Eveline Widmer-Schlump outre la trahison et l'intérêt personnel?" !!!!

Écrit par : Paul Bär | 15/12/2011

@ Pierre Losio - A supposer - pure hypothèse - qu'un noir démon antiparlementaire me titille parfois, je devrais être, au fond, ravi de la journée d'hier: le comportement des grands électeurs a vermoulu, davantage que ne le pourraient tous mes discours, le crédit du parlement pour élire le Conseil fédéral. L'idée d'une élection par le peuple, qui fait son chemin, en sort renforcée dans l'opinion publique.

Écrit par : Pascal Décaillet | 15/12/2011

Enfin un journaliste qui ose dire la vérité...

Confions aux peuples la nomination du Conseil Federal et merci aux adversaires de nous avoir donné un argument de plus d'une élection VOLEE au peuple...

Écrit par : Jacques Beaud | 15/12/2011

L’élection d’Alain Berset est une victoire des comitards du Conseil des Etats mais aussi de son frère de lait Christian Levrat et de l’autre membre de la Freiburgische Connection la girouette PDC Urs Schwaller.

Le PS sous la houlette de Levrat a d’abord éliminé d’une façon malhabile Stéphane Rossini afin de pouvoir présenter un ticket composé de représentants du ventre mou de la Suisse. Ensuite, grâce aux magouilles des dzodzets, l’affaire fut réglée en un tour de main et l’Assemblée fédérale a élu à la fois un apparatchik et un comitard d’arrière salle de bistro.

En tant qu’habitant du Vieux Pays, je suis très déçu de cette élection; je suis convaincu qu’avec Pierre-Yves Maillard le bassin lémanique et le Valais auraient été mieux entendu et défendu au sein du Conseil fédéral.

P.S. Quelques langues de vipères prétendent que les lobbys pharmaceutiques, des télécoms et des assureurs maladie auraient fait de fortes pressions au sein du PLR afin qu’Alain Berset soit élu plutôt que Pierre-Yves Maillard.

On peut supposer que Levrat sera candidat au Conseil d’Etat fribourgeois pour remplacer l’arlequin à tête rasée.

Écrit par : Hypolithe | 15/12/2011

un skieur alpin agresse un skieur nautique qui ne voulait pas d'un passager supplémentaire sur le tele-siège.
résultat à prévoir il ne faudra pas beau être ROM- Musulman - Albanais au bord des pistes cet hiver.

Écrit par : briand | 15/12/2011

@ M. Losio
Que la politique pervertisse, je le supposais. Mais alors là, vous me donnez cent fois raison d'avoir arrêté le cirque qui consiste à élire. Parce que la "traduction" des intentions du peuple de la manière que vous la proposez n'est rien d'autre que la méthode du Politburo qui, lui, pouvait revendiquer 99.9% de votes favorables.....
Vous avez pas un copain président au Zimbabwe?

Écrit par : piller | 15/12/2011

Aux partisans de l'élection du CF par le peuple@
Le système politique suisse connait un sacro-saint principe qui provient directement de l'identité politique de la Suisse, qui est une confédération. Aucun changement constitutionnel sans majorité du peuple et majorité des cantons.
Quand vous en appelez à l'élection du CF par le peuple, vous admettez la suppression de l'identité fédérale du pays. Sinon, vous créerez les conditions d'une guerre civile basée sur les frontières linguistiques, problème parfaitement insoluble après 1/100ème de réflexion d'une intelligence très moyenne. Donc le "peuple suisse" (?!?) élira 7 conseillers fédéraux sans tenir compte de frontières cantonales, linguistiques, culturelles, économiques etc...
Nous aurons donc vraisemblablement 5 conseillers zurichois et deux autres suisse-allemands, un de la chimie bâloise et l'autre du nucléaire argovien.

Mais, justement, tout changement constitutionnel passe par la double majorité. Vous pouvez donc continuer à fumer votre moquette de mauvaise qualité aussi longtemps que vous le voulez, cela amuse peut-être les idiots mais cela ne va pas casser trois pattes à aucun canard.

Écrit par : Géo | 15/12/2011

@ Paul Bär, Hypolite,

Très bien dit.

@ Piller,
Très juste, mais il suffit de regarder l'Europe toute proche sans même aller au Zimbabwe.

Écrit par : anonyme | 15/12/2011

Ce matin sur la RSR, Adolf Ogi dans son désormais classique numéro de retraité ravi de la crêche (la politique vue comme sortie de groupe sur une piste Vita, tous ensemble, tous ensemble, hop, hop, hop).
Ce soir à Forum, Ivan Perrin qui nous la joue désabusé-distancié.

Quand la situation est difficile, on reconnaît les bons, les vrais bons, à ce qu'ils savent garder leurs nerfs et ne pas servir la bonne soupe aux médias et au camp d'en face.

Le linge sale, on le lave en famille.
Et surtout pas devant la presse, devant des journalistes qui salivent de plaisir, méprisants et condescendants, à l'exposition de vos failles.



Si j'avais été à la place d'Ivan Perrin, au lieu que de servir un discours personnel larmoyant à des journalistes ravis, j'aurais d'abord rappelé deux faits objectifs :

- la coalition gauche/centre/droite libérale majoritaire au parlement n'avait de toute façon aucune volonté d'élire un second UDC.

- dans un système majoritaire, un parti comme l'UDC n'a globalement aucune chance d'accéder à un exécutif, à moins que de présenter des candidats falots et en renonçant aux valeurs mêmes qui font la structure du parti.

Écrit par : Paul Bär | 15/12/2011

@Géo
Vous n'y êtes pas.
Les listes qui auront des chances de succès seront évidemment les listes des grands partis. C'est donc dire que ceux-ci se livreront au même exercice que maintenant pour l'équilibrage linguistique du Conseil fédéral. À vous suivre, même avec l'élection par les Chambres, il devrait y avoir trois Zurichois et deux Bernois... C'est aux partis de continuer ce qu'ils ont très bien fait jusqu'à maintenant. Comme hier, cela se jouera du genre choix entre un Fribourgeois socialiste et un Fribourgeois UDC... Les primaires des partis seront évidemment décisives. Le jeu des sortants sera aussi déterminant. Rien ne dit qu'il y aura plus de variations que maintenant, où il n'y en a pratiquement pas. En outre, lorsque la loi d'application sera votée, il sera parfaitement possible de fixer des quotas par région linguistique (du genre sont élus les 5 meilleurs alémaniques et les 2 meilleurs latins).

Écrit par : André Baldini | 15/12/2011

André Baldini@ Donc, chaque parti préparerait une liste et on prendrait les 7 premiers en terme de voix ? Cela donnerait exactement ce que j'ai dit. 7 suisse-allemands. Les Vaudois qui voteraient UDC se trouveraient avec une liste de 6 suisse-allemands et 1 Romand, dont le nom serait tracé par une majorité d'électeurs UDC suisse-allemands pour mettre une personnalité connue d'eux et qui parle leur langue...et ainsi de suite pour tous les autres partis. Les premiers radicaux auraient plus de voix que les derniers UDC, mais tous seraient de la partie germanophone, largement majoritaire.

Comment ne pas voir que vous nous préparez une usine à gaz juridique qui, si elle était acceptée par le peuple, ce qui m'étonnerait, ne pourrait qu'être refusée par la majorité des cantons. Ou alors, c'est que la Suisse a décidé de se saborder...

Écrit par : Géo | 16/12/2011

J'ai oublié de répondre sur les quotas : qu'est-ce qu'un Romand ? Urs Schwaller est-il romand ? Jacqueline de Quattro est-elle romande ? Et Ruth Dreyfuss ?

Où mettre la frontière linguistique ? Faut-il créer un mur dans Bienne/Biel ? Un Romand installé depuis trois générations en Suisse allemande aura-t-il le droit de vote ? On entre tout droit dans le genre de problèmes qui font le charme de la ceinture de Bruxelles, où les francophones revendiquent le droit de tenir des assemblées communales aussi dans leur langue dans les villages néerlandophones. Oui, parce que contrairement à une idée fort répandue chez les chauvinistes genevois, ce ne sont pas toujours les francophones qui sont les moins cons...

De plus, il est arrivé qu'il y ait plus que deux latins au CF. Seule la souplesse actuelle permet cela.

Écrit par : Géo | 16/12/2011

Les mots très durs de l'abominable Joly sur la condamnation de Chirac n'étonneront personne, tellement cette femme est caricaturale dans son refus des valeurs humaines les plus basiques. On se prend à comprendre tout un entrelacs de mythes nordiques plus cruels et abominables les uns que les autres rien qu'en la voyant. Bref, l'extrême gauche pastèque a eu bien raison de la choisir pour candidate...

Jean-Marie Le Pen lui aussi est fidèle à son rôle de fossoyeur de la droite, avec ses abominations et ses actes cinglés. Agression physique d'une députée socialiste sous les caméras de la TV, jeux de mots débilissimes du type "Durafour crématoire", ce sinistre représentant des cadres parachutistes spécialistes de la gégène n'aura eu de cesse de discréditer la cause qu'il prétendait défendre. L'invasion de la France par des millions d'anciens colonisés ayant en eux la haine des colonisateurs et d'une religion aux valeurs antagoniques à celles de notre civilisation, il l'a permise par ses outrances qui ont disqualifié toute velléité de résistance.

On sent la même volonté destructrice chez Christoph Blocher et certains de ses acolytes. La tentation de la terre brûlée... C'est oublier qu'à la différence des Français, nous avons le droit de vote. On verra le résultat avec l'élection d'un inconnu UDC contre une inconnue gauchiste sur Vaud, en ce sens qu'on verra jusqu'à quel point les électeurs de droite ou du centre vont se déplacer pour soutenir un inconnu UDC aligné sur la ligne blochérienne...

Écrit par : Géo | 16/12/2011

S'il est vrai que généralement seuls les consensuels de l'extrême centre sont cooptés à Berne, sur ce coup c'est l'UDC qui s'est tiré une balle dans le pied.

Écrit par : Malentraide | 16/12/2011

Oui, mais alors, ce serait quoi l'autre option ?

Elire un UDC qui serait pour l'adhésion européenne, pour la globalisation, pour des mosquées dans chacun de nos villages, un UDC qui serait contre l'armée, pour toutes les nouvelles "évolutions" sociétales, pour la migration etc.. ?
Alors autant élire directement un PDC ou un socialiste, si la dénomination "UDC" ne servirait dès lors plus que d'étiquette formelle, tandis que le contenu du paquet serait fourni objectivement par les autres partis.

Non, il faut être clair, car la situation est claire : la coalition fédérale au pouvoir (concordance, requiescat in pace) ne voulait pas d'un second UDC... qui soit réellement UDC.

Écrit par : Paul Bär | 16/12/2011

La seule bonne gouvernance possible de ce pays est "la barre au centre-droit". Un parti représentant le patronat des PME et les intérêts des professions libérales, avec un grand respect des conditions sociales. Un capitalisme avec des buts sociaux, un peu comme Duttweiler. Comme l'étaient le Parti radical il y a 30 ans ou le PAI. Ce que devrait être une Union Démocratique du CENTRE.
Aujourd'hui, il n'existe aucun parti représentant le centre droit en Suisse, à part le PBD, ultra-minoritaire. Il suffit de voir que Dick Marty, Georg Kreis et ici Serge Melly font partie du PLR (le "L" a qqch d'indécent dans cet acronyme aujourd'hui...)pour savoir où se situe ce parti.
Une politique de centre droit en Suisse signifie sans aucun doute être anti-européen, cela va vraiment de soi, comme il va de soi que le centre gauche des fonctionnaires est forcément pro-européen, et aussi évidemment contre la globalisation (défense des PME oblige), contre le développement de lieux de cultes exogènes et surtout ceux de religions aux valeurs aussi antagoniques aux nôtres que celles de l'islam, l'interdiction des minarets au nom du respect de l'environnement, pour une armée de milice dotée d'une aviation permettant une police aérienne efficace jour et nuit 7 jours sur 7, une politique limitant le plus possible les migrations en raison de l'actuelle surpopulation de ce pays, limitant aussi toute évolution sociétale néfaste, en particulier celle du droit pénal devenu punitif contre les citoyens.

Or qu'a t-on vu de l'UDC ? Un parti fier d'avoir fait couler l'entrée de la Suisse dans l'EEE (EWR), ce qui a fait immédiatement couler Swissair, privée de conditions cadre lui permettant de concurrencer les autres compagnies et obliger ce pays à entrer dans une série sans fin de négociations bilatérales, dont les résultats sont chaque fois contestés par ce même parti UDC.
Un conseiller fédéral en charge de la justice qui fait passer ce droit pénal anti-citoyens, avec jours-amende pour économiser les places en prison.
Quel est donc le but réel de ce parti ? Faire couler l'économie de ce pays ? Faire le jeu par-derrière de quelques industriels internationalistes comme celui qui tient "EMS Chemie" ? Bien malin celui qui pourra nous expliquer tout cela...

Écrit par : Géo | 16/12/2011

"Un capitalisme avec des buts sociaux..."

Comment peut-on concilier le "capitalisme social" (qui sous-entend la protection des classes industrieuses indigènes) avec le libéral-globalisme de droite et de gauche qui implique forcément pression à la baisse des salaires et chômage résiduel élevé comme outil de contention ?

"...contre le développement de lieux de cultes exogènes ..."

Tout l'établissement bourgeois, de droite comme de gauche (sans oublier l'épiscopat ; nos évêques ne sont jamais les derniers à vouloir monter dans le mauvais train) était pour la construction de puissants marqueurs identitaires islamiques dans nos localités.

"...pour une armée de milice dotée d'une aviation permettant une police aérienne efficace jour et nuit 7 jours sur 7..."

Tout l'établissement bourgeois de droite (sans oublier quelques UDC peu compétents en matière aéronautique) était pour une solution inutile et onéreuse, qui aurait laissé le reste de l'armée "à poil dans la cour de la caserne".

"...une politique limitant le plus possible les migrations en raison de l'actuelle surpopulation de ce pays..."

Libéraux de droite comme de gauche s'entendent comme cochons en foire pour ne rien faire de concret contre les dégâts de l'immigration de remplacement. Je me souviens d'un Infrarouge récent où, aussi hargneux l'un que l'autre, un représentant du patronat genevois et un trotskiste local défendaient côte-à-côte la libre-circulation.

"... avec jours-amende pour économiser les places en prison."

Là, oui, d'accord avec vous. Mais cette décision funeste s'explique essentiellement d'une façon "agarienne", car le système des jours-amende permet en fait au crétin de village qui roule trop vite ou au fils du président de commune surpris à tirer sur un joint d'échapper au "zonzon", bref aux bourgeois de campagne d'échapper aux rigueurs de la loi.

Écrit par : Paul Bär | 16/12/2011

Le peuple suisse élit ses représentants et les appareils des partis prennent bien soin de nous amener les plus lisses, ceux qui de préférence n'ont pas trop d'idées mais qui au final, consensus oblige, vont nous conduire à des maigres résultats qui provoquent à juste titre les remarques ci-dessus. Référendum et initiative étant les deux mamelles de la politique de correction de cela. Donc je relève que nous avons beaucoup de droits démocratiques mais qui ne servent à pas grand chose pour une raison simple. Le parlement traite ce qu'il veut quand il veut et un référendum/initiative qui aurait abouti sera traité dans l'année ou dans cinq ans en fonction des intérêts des uns et des autres à Berne, ce qui est un déni de démocratie.
En France, ils résonnent autrement. On élit des parlementaires et on les laisse travailler. Si ce n'est pas satisfaisant, on ne les réélira pas. C'est moins démocratique, encore que... Mais comment expliquer que dans la deuxième partie des années 80 on a fait le TGV atlantique qui a déjà passé plusieurs dizaines de millions de voyageurs alors que rail 2000, lancé au même moment n'est pas encore terminé? Que le permis de construire du CEVA date de plus d'un siècle et que les Grottes à Genève ont été un sujet qui a occupé le bon peuple quelques dizaines d'années, de même que la traversée de la rade?
Lorsque on exproprie pour passer une autoroute en France, on fait fit de l'intérêt privé au profit du bien commun, est-ce mal? Et est-il avisé de critiquer ce mode de faire quand on est incapable dans ce pays de construire assez de logements pour y domicilier ses habitants et ceux que l'on fait venir parce qu'il y a 50 oppositions au km pour les routes, voies de chemin de fer et autant pour les terrains villas où l'on pourrait construire des immeubles?
Peut-on simplement gouverner dans de tels conditions?

Écrit par : piller | 17/12/2011

Paul Bär@ "Là, oui, d'accord avec vous." Mais non, vous êtes visiblement aussi d'accord avec moi sur les points précédents...

Piller@ Je ne connais pas les chiffres exacts, mais je crois que la densité humaine, montagnes comprises, est trois fois supérieure à la densité française. Ceci explique peut-être les différences sur le rapport intérêt public/intérêts privés...
Cela dit, vous êtes Genevois. Et ce que je sais de Genève, c'est que vous voulez le beurre et l'argent du beurre, et les vaches, et la laitière avec la ferme...
Les avantages de la banque suisse, la main d'oeuvre frontalière bon marché, le droit d'habiter en France voisine très bon marché, vivre économiquement à l'extrême-droite et voter à l'extrême-gauche, avec une maire qui refuse de se rendre au salon de l'auto parce que c'est sale...
J'arrête là, cela me donne trop envie de vomir...

Écrit par : Géo | 17/12/2011

@Géo
Vous privez pas pour moi, vomissez tout ce que vous voulez, ça ne peut que vous faire du bien. En revanche, je ne suis pas genevois, mon nom, Piller, est fribourgeois et j'habite au pied du Jura vaudois depuis plus de 20 ans où je me trouve bien. Tout ça ne m'empêche pas de penser. Mais pour connaître le prix de l'immobilier dans le pays de Gex, je peux vous dire que l'incapacité de construire en Suisse a conduit à ce que les prix du pays de Gex se sont alignés sur les suisses et que leurs habitants en sont quasi expulsés, comme le sont beaucoup de genevois qui ne peuvent simplement plus payer les loyers qu'on leur demande. En ce qui concerne les chiffres, grosso modo la France compte 64 millions d'h qui se répartissent sur 530.000 k3 dont une partie (15-25%? sont inhabitables). La Suisse héberge sur 16.000 km2 (superficie totale 42.000k3)8 millions d'h. Une élémentaire cohérence commanderait que l'intérêt public prime en Suisse avec une telle densité.

Écrit par : piller | 17/12/2011

"Une élémentaire cohérence commanderait que l'intérêt public prime en Suisse avec une telle densité."
Si on était en Chine avec un parti autoritaire, ce serait une évidence et on voit le résultat : 100'000 révoltes villageoises par an avec des morts à la clé.
Vous savez, piller, le problème de la politique, c'est que fort heureusement les Grands Simplificateurs, Staline, Hitler et Mao sont morts. Plus on avance et plus c'est compliqué, jusqu'au clash probable et prévisible. Vous avez des tuyaux pour planquer votre fortune ?

Écrit par : Géo | 17/12/2011

@Geo
Il est un âge où l'on pense à vivre peinard et pas à s'enfuir je ne sais où. Donc, en ce qui me concerne, j'espère de tout mon coeur que, malgré nos différences, nous continuerons à nous exprimer sans nous sentir obligés, comme à l'époque des trois sanguinaires que vous évoquez, de nous entre-tuer et pourrons vivre paisiblement dans ce pays et moi parfois un peu en Provence. Ma "fortune" n'étant pas si grande et essentiellement immobilière, il est difficile de la planquer. En revanche, pour mes enfants, je vais aller, si Dieu me prête vie, ouvrir un compte au Canada et y mettre de l'argent en dollars de ce pays. Cet argent sera déclaré en Suisse et paiera l'impôt. J'espère qu'ils n'en auront jamais besoin mais l'histoire nous apprend que la naïveté n'est pas toujours payante. Passez de bonnes fêtes.

Écrit par : piller | 17/12/2011

Excellentes fêtes à vous aussi et à tout le monde. En espérant que mon pessimisme soit complétement exagéré...

Écrit par : Géo | 17/12/2011

Les commentaires sont fermés.